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Rentrée gouvernementale: Après un mois de vacances, qu’est ce qui attend notre équipe de dirigeants?


Après, un mois de vacances, le gouvernement malien a fait sa rentrée le 28 août 2006. Cette nouvelle rentrée gouvernementale a été placée sous le signe de la continuité, et s’annonce difficile d’après certains journaux de la place.

Pour certains journaux de la place, vu la situation qui prévaut dans le pays, nos dirigeants ne devaient point aller se reposer, car, ils n’ont point mérité des vacances.

Les journaux titrent :

Les Echos du 28 août 2006 : « Rentrée gouvernementale, Le Premier ministre face à lui-même. »

Le Républicain du 1er septembre 2006 : « Rentrée gouvernementale 2006-2007 : l’ordre de bataille. »

Les Echos du 1er septembre 2006 : « Méchage, Le retour des très « fatigués ».

Cette rentrée gouvernementale, placée sous le signe de la continuité, s’annoncera-t-elle difficile pour l’équipe gouvernementale ? …

« C’est sous le signe de la continuité que le Premier ministre et les ministres de la République ont repris le travail depuis le lundi dernier. Cette rentrée gouvernementale loin de ressembler aux autres s’annonce très difficile. En effet, à quelques huit mois des élections générales, l’équipe gouvernementale est appelée à gérer des dossiers très sensibles. Des dossiers qui sont relatifs aux chantiers du développement, aux élections à venir, à l’apaisement du climat social, à l’école malienne et aussi à l’application de l’accord d’Alger entre autres.

Au lendemain de son accession à la magistrature suprême, le Président Amadou Toumani Touré, conformément à ses promesses électorales, a entrepris des grands travaux à travers le Mali : construction d’infrastructures routières pour désenclaver le pays, aménagement des terres agricoles, construction de barrages et de ponts, ainsi qu’un vaste programme d’habitat social pour ne citer que ceux-là.

Certains de ces travaux qui entrent dans le cadre des « chantiers du développement » du Président de la République accusent du retard. Pour la réception de ces grands travaux, le Président ATT fonde tout son espoir sur l’actuelle équipe gouvernementale. C’est dans ce cadre qu’il s’apprête à remettre au Président de la République le pont de Gao communément appelé « pont de Wabaria » dès le 22 septembre prochain.

La remise des clés de la Cité administrative en construction est aussi prévue pour le 31 décembre 2006. Plus de place donc pour les retards que ce chantier accuse depuis son démarrage. Après la fin des travaux de la Cité administrative, l’équipe Pinochet doit aussi s’atteler rapidement aux autres travaux qui sont connexes à ce grand chantier. Un chantier futuriste qui va fondamentalement changer la physionomie de Bamako et la rendre plus attrayante.

Beaucoup d’infrastructures routières aujourd’hui en chantier sont aussi prévues pour être définitivement réceptionnées avant la fin de ce mandat. Il s’agit entre autres des routes de Koulikoro-Bamako ; Bamako-Bougouni ; Bougouni-Yanfolila ; Bamako-Kita ; Didiéni-Diéma ; Diéma-Nioro ; Kita-Kourounikoto-Diancounté Camara ; Didiéni-Goumbou-Nara ; Gao-Ansongo-Labbezanga.

Deux principaux barrages aujourd’hui en chantier sont aussi attendus pour être réceptionnés : il s’agit du seuil de Talo et du barrage de Taoussa. Ce dernier barrage permettra de réguler le cours du fleuve Niger et de dégager des superficies cultivables pour les régions du Nord.

Quant au seuil de Talo, les populations de Bla, San, Ségou et Djenné qui sont dans la zone d’intervention de ce projet sont déjà impatientes de récupérer leurs terres aménagées et cultivables à tout moment.

Le dossier des élections : la création d’une nouvelle CENI ; la révision des listes électorales ; la confection et le retrait des cartes d’électeurs ainsi que la bonne tenue des élections générales de 2007 seront les priorités du gouvernement. Or, un tel travail ne peut réussir que s’il existe un climat de confiance entre les différents protagonistes.

Les conflits sociaux : l’apaisement du climat social est le soubassement même de la politique de ATT. Face aux revendications sectorielles de plus en plus courantes, la tâche revient à l’actuelle équipe gouvernementale de tout faire pour éteindre les foyers de tension sociale.

Déjà, les différentes rencontres du Premier ministre avec tous les syndicats représentatifs de la place ont permis de résoudre à l’amiable beaucoup de ces revendications socioprofessionnelles. L’insécurité a aussi été circonscrite grâce à la bonne collaboration avec la société civile. Quant à la gestion du monde rural, elle va s’inscrire en ligne directe de la démarche entreprise à l’Office du Niger pour régler le problème de la redevance eau et de la zone CMDT où les cotonculteurs ont été sensibilisés autour de la privatisation de la CMDT qui est en cours.

Pour l’année scolaire 2006-2007, le gouvernement va tabler encore sur l’accord pour une école apaisée et performante qui a été négocié et signé avec tous les partenaires de l’école malienne. Il en sera de même pour la modernisation de l’administration malienne à tous les niveaux.

Sur le plan économique, des efforts seront entrepris pour maintenir le Mali au peloton des têtes des pays membres de l’Uemoa en matière de performance économique. Seulement, la seule question qui demeure depuis des mois est celle-ci : le chef de l’Etat va-t-il ou non garder l’actuelle équipe gouvernementale jusqu’aux élections ?

A ce sujet, en l’absence de réponse, les supputations et le suspense vont bon train.
», écrit Le Républicain du 1er septembre 2006.

Le premier ministre n’a pas démérité, il donne l’impression de bien tenir la barre. …

« C’est en principe ce matin que les derniers ministres reprennent le travail. La bonne mine des uns et des autres permettra de juger de la marche à suivre.

Le Premier ministre est rentré de ses vacances dans son village. Des vacances qui semblent lui avoir fait du bien…

L’activité reprend pour lui, les soucis avec. Déjà, à ce niveau, on peut noter le mouvement d’humeur des camionneurs sénégalais, excédés par les tracasseries policières à la frontière. Si ces tracasseries ne sont pas nouvelles et ont toujours été décriées sans résultat, il n’en est pas de même pour… la route.

En effet, Pinochet est plus facilement jugeable sur le terrain du concret. L’homme n’est pas très politique ou n’a en tout cas pas révélé cette facette de sa personnalité. Par contre, il pousse à la roue le développement des infrastructures.

Au niveau du désenclavement intérieur et extérieur du Mali, Pinochet s’est beaucoup investi. On peut noter d’abord le pont de Wabaria à Gao, pont qui sera inauguré, selon nos sources, le 22 septembre prochain. Il est celui qui a parcouru le monde à la recherche de financement pour cet ouvrage d’art.

Toujours au niveau du désenclavement intérieur, on peut retenir à son actif des routes comme celles de Kita-Saraya, la table ronde de Bandiagara sur le financement de la route du poisson…

Au plan international, le Mali est relié désormais à ses voisins par des routes. C’est le cas par exemple de la route Bamako-Dakar, de Gao-Niger ou encore de Bamako-Conakry.

Pinochet s’est beaucoup investi pour la sécurité alimentaire au Mali. Sa tournée avant le début de la campagne a eu un impact certain. En effet, cette année, il n’y a pas eu de crise alimentaire ou de pénurie lors de la dure période de soudure. La sécurité alimentaire a marché à fond et les stocks de sécurité ont été judicieusement repartis.



Pinochet a surfé sur des vagues favorables, et le fait de ne pas être politiquement marqué, a fini par lui être favorable. En plus, le président étant « envahissant », Pinochet a su jouer sa partition, toute sa partition certes, mais rien que cela. Il a su rester discipliné, méthodique et besogneux, ce qui l’a par exemple épargné des volées de bois verts que subissent ATT et son ministre de l’Administration territoriale.

A équidistance des chapelles politiques, les clans au sein du gouvernement et les querelles d’ego, Pinochet a su se mettre au-dessus de la mêlée politique. Une position qui devrait encore lui être favorable. Déjà difficile à prendre à défaut sur le plan du travail et du travail bien fait, il aura fort à faire dans les jours à venir pour maintenir le cap.

En effet, à la veille des échéances de 2007, certaines familles politiques (heureusement ?) ont des réminiscences de leurs missions et commencent à s’agiter. Au risque de mettre son autorité en jeu, il devrait ou descendre dans l’arène politique ou user de la guillotine. Dans les deux cas, il faudrait qu’il ajoute à sa gestion le politique. Dans son acceptation populaire au Mali, cet aspect ne peut pas le desservir. Pinochet a su composer avec tous ceux qui composent son équipe.

Il n’est pas un adepte de la langue de bois. Il a déjà fait ses preuves dans biens de domaines. Aussi, s’il a encore le temps et les coudées franches, Pinochet peut encore révéler d’autres facettes de sa personnalité.
Les mois à venir seront difficiles sur le plan politique. Les partis politiques commencent à s’agiter et à faire valoir leur opinion. En effet, certains en ont miraculeusement maintenant. Des divergences dans l’opinion qui ne manqueront pas de déteindre sur le gouvernement et son action si le chef ne fait pas preuve de poigne.

Quoi qu’il en soit, Pinochet donne l’impression de bien tenir la barre. La rentrée de ce matin, avec l’orientation et les tournures que prendront les premières sorties des uns et des autres vont nous édifier sur la couleur du climat politique.
», écrit Les Echos du 28 août 2006.

Dans Les Echos du 1er septembre 2006, Tiégoum Boubèye Maïga, dans sa rubrique hebdomadaire Méchage estime que les ministres n’ont pas mérité leurs vacances, car les vacances, doivent survenir après des mois de labeur et de sueur …

« Il y a des habitudes qui ont la vie dure, à tel point qu’elles finissent par se transformer en tradition. Je prendrai juste un exemple, un seul. Cette habitude qui consiste à envoyer les ministres en vacances, même quand, de toute évidence, ils n’en ont pas besoin. Voyons un peu le cas de nos ministres à nous.

Rares sont les Maliens qui n’ont pas exprimé un peu de surprise en apprenant qu’ils sont en vacances (je dois dire que c’est une surprise renouvelée à chaque départ de vacances gouvernementales). Parce qu’à mon entendement, et je sais que je ne suis pas le seul, les vacances, ça se mérite ; elles surviennent après des mois de labeur et de sueur.

Pourrait-on dire, objectivement, sur la base de ce que je viens d’énoncer que nos ministres méritent des vacances ? Nos ministres ont certes sué, beaucoup sué même, mais ont-ils vraiment travaillé ? Ils ont fait du tapage, beaucoup de tapage même ; ils ont fait du tape-à-l’œil et joué au m’as-tu-vu mais pour quel résultat ? Je suis tenté de dire d’eux qu’ils font plus les bravaches qu’autre chose. Pour cela, je me contenterai de deux ou trois exemples.

Le premier exemple concerne la situation que nous imposent quelques déserteurs de notre armée nationale dans la zone de Kidal. Loin de moi l’idée de remuer le couteau dans la plaie. Mais s’il est une affaire mal emmanchée et mal négociée, c’est bien celle-là. Présentée au départ comme une insignifiante indiscipline militaire qui sera traitée comme telle et qui ne mérite pas que les esprits s’échauffent, on se retrouve à l’arrivée avec une affaire d’Etat où l’on tente vainement de convaincre les Maliens qu’en fait c’était une situation de guerre qu’il fallait désamorcer.

Pour cela, rien ne fut épargné aux Maliens en termes de propagande (hélas, ça continue toujours !). L’idée consiste à mettre dans la tête des Maliens qui ne mesurent pas le bonheur qu’on leur offre sur un plateau que « les guerres qu’on gagne sont les guerres qu’on évite », que « la paix n’a pas de prix », etc.

Qu’on évite de faire la guerre, d’accord ; que la paix n’ait pas de prix, re-d’accord ; mais est-ce une raison suffisante pour s’enflammer et vouer aux gémonies tous ceux qui ont le tort de penser autrement et qui déclarent qu’on aurait pu mener cette affaire autrement que par des oukases ? Je pense que c’est justement parce que la paix n’a pas de prix qu’il faut se garder de la brader.

Donc sur ce terrain, hormis l’activisme du ministre Kafougouna Koné chargé de régler la question parce que, ultime explication, c’était une question de maintien de l’ordre (on ne rit pas s’il vous plait), donc de son ressort, on n’a senti aucun autre ministre. Ni le Premier, ni le dernier. Ceux qu’on a pu voir, c’était plus pour meubler le décor parce qu’ils ne connaissaient ni les tenants ni les aboutissants de ce qui, pour beaucoup de Maliens, constitue une abdication en rase campagne.

Non seulement ils ne savaient pas, mais gare à celui qui se plaindrait à haute voix. C’est donc par ces temps de tempêtes que les ministres sont partis en vacances au moment où le sort de notre pays demeure plus que jamais incertain dans sa partie septentrionale. Ils sont revenus trouver que rien n’a évolué dans le bon sens par rapport à ce dossier.

Au contraire, il y a une sorte de ni paix ni guerre propice à l’enlisement (on a des militaires parqués à Kidal dont le moral oscille entre les fluctuations de leur prime globale d’alimentation et qui coûtent en terme d’entretien). Un enlisement que les déserteurs mettent à profit pour mieux s’organiser.

Conscients qu’ils sont les acteurs d’un véritable marché de dupes, ils n’ont non seulement pas encore regagné les rangs, mais renforcent leur position sous la forme d’une deuxième armée de fait dans notre pays. Personne ne sait comment la situation va évoluer.

Le deuxième exemple concerne l’école. Les élèves et leurs professeurs s’apprêtent à reprendre. Si au niveau du secondaire et du fondamental, on constate moins de remous, c’est loin d’être le cas du supérieur. En effet, au niveau du fondamental et du secondaire, les problèmes sont récurrents : pléthore dans les classes malgré les efforts et les engagements, insuffisance de l’encadrement, indiscipline généralisée, fuites lors des différents examens avec un taux de réussite qui frise le ridicule, etc.

Au niveau du supérieur, c’est une autre paire de manches. Il y a des établissements où il est arrivé qu’on ne sache même pas dans quelle année scolaire on se trouve. Le chevauchement des années étant devenu une première. Il y a des établissements où les étudiants ont bouclé l’année scolaire sans toucher un kopeck au titre des bourses. Il y a des établissements où c’est des fenêtres que certains étudiants suivent les cours.

Je ne parle même pas de la pléthore dans les classes et du manque de l’outil didactique. Sans oublier les bras de fer engagés avec certains syndicats qui attendent de connaître leur dénouement. Une année après la signature du partenariat pour une école apaisée et performante, je crois qu’au regard des objectifs, on est loin du compte.

Le dernier exemple que je prends concerne toutes ces sociétés vendues mais qui continuent à poser problème. Qu’il s’agisse de Transrail ou de Huicoma, les questionnements restent intacts. Dans le premier cas (je signale en passant que jusqu’à présent les députés ruminent parce que la privatisation a été opérée sans leur accord préalable), les syndicats et les repreneurs sont à couteaux tirés. Il ne passe pratiquement pas un jour sans que les travailleurs ne dénoncent le non respect des engagements pris.

Dans le second cas, de toute évidence, il semble qu’il y ait eu tromperie sur la marchandise. A tel point que le repreneur se trouve coincé entre l’Etat, qu’il soupçonne d’avoir maquillé les chiffres, et les travailleurs, qui l’accusent de vouloir se débarrasser d’eux.

Dans les deux cas, l’Etat est obligé de jouer les pompiers pour éteindre des feux dont il n’ignore pas le départ. Dans les deux cas, l’UNTM, qui se garde d’utiliser les gros mots, attend qu’on lui fasse les comptes des sociétés privatisées.

Je terminerai par le sport, plus précisément le football. Ce week-end marquera le retour des Aigles sur la scène internationale. Je suis frappé par la lucidité de l’entraîneur qui ne manque aucune occasion de rappeler aux uns et aux autres que c’est sur le terrain que se bâtit la notoriété de grande équipe.

Tout en fixant ses objectifs (prendre six points contre la Sierra Leone), Jodar essaye d’inculquer la culture de la victoire chez ses poulains. Espérons qu’il soit entendu par ceux-là mêmes qui se voyaient, et nous avec eux, à la Coupe du monde et qui se sont retrouvés devant le petit écran. Comme nous.
», écrit Les Echos du 1er septembre 2006.