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Le 22 septembre 2005, a été placé sous le signe de “la mémoire préservée et partagée”. Mémoire préservée car le Mali tout entier a décidé de rendre hommage à d’illustres figures historiques et à de valeureux combattants anonymes qui ont opposé une résistance farouche à la pénétration française.
La commémoration du 45ème anniversaire de l’indépendance du Mali a été un
instant privilégié de souvenir de communion et riche en couleurs avec l’organisation d’une soirée artistique et culturelle dans la nuit du 21 au 22; un imposant défilé civil et militaire le matin et la finale de la 45ème édition de la Coupe du Mali de football, le soir.
Me Abdoulaye Wade président du Sénégal accompagné de son épouse, étaient les invités d’honneur du président de la république, Amadou Toumani Touré de cet événement.
Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, le président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéita, membres du gouvernement, du corps diplomatique, et une foule très nombreuse, ont assisté au défilé.
En début de cérémonie, le chef de l’Etat sénégalais a été fait chef suprême des Forces armées maliennes, et 24 heures auparavant, l’inauguration d’une rue de la ville de Sikasso portant son nom, avait également eu lieu.


Les journaux titrent :

« Festivités du 22 septembre a Sikasso, La résistance du Kénédougou revisitée », titre Les Echos du 26 septembre 2005.

« 22 septembre 2005 à Sikasso : une mémoire préservée et partagée », titre Le Républicain du 26 septembre 2005.

« 22 septembre 2005 à Sikasso, La Nation malienne rend hommage aux résistants », titre Nouvel Horizon du 26 septembre 2005.

« Célébration du 22 Septembre, Sous le signe de la mémoire préservée et partagée », titre Soir de Bamako du 26 septembre 2005.

« Célébration du 45eme anniversaire de la fête de l’Indépendance, Le Kénédougou réussit son pari », titre L’Indépendant du 26 septembre 2005.

« Commémoration du 22 septembre, Le Mouvement Citoyen bat le rappel des troupes », titre Soir de Bamako du 27 septembre 2005.

« 22 Septembre 2005, Les Sikassois jouent à la spéculation », titre Nouvel Horizon du 27 septembre 2005.
Population de Sikasso, fortement mobilisée et fière d’accueillir l’événement …

Sikasso, fière d’avoir abrité l’événement …

Sikasso”, ville du doute pour l’ennemi, pour
l’envahisseur, ville au passé glorieux et à l’histoire
prestigieuse ancienne métropole soudanaise, ville
malienne en pleine expansion, a servi de cadre à la
commémoration du 45 ème anniversaire de notre
accession à la souveraineté nationale et
internationale. C’est avec honneur, joie et fierté,
que les braves et vaillantes populations du Kénédougou
ont fêté, en compagnie de Me Abdoulaye Wade président
du Sénégal et son épouse, ce que Tiéba et Babemba
Traoré ont aimé et cherché à savoir l’indépendance, la
liberté, la dignité.
C’est dans une allégresse indescriptible que le
peuple travailleur et intelligent de Sikasso a
accueilli le mercredi 21 septembre 2005 aux environs
de 12 heures le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré et
l’invité d’honneur du Mali à la célébration de la fête
d’indépendance du Mali, Son Excellence Me Abdoulaye
Wade.

Très tôt le jeudi 22 septembre, les braves et
laborieuses populations du Kénédougou, les communautés
étrangères résidants les régionaux, se sont dirigées à
Sanoubougou I sur la route de Bobo Dioulasso, site
retenu pour abriter l’imposant défilé plus de 3
heures.
Sur près de 6 km, la foule était massée des deux
côtés du passage des troupes. Les curieux étaient
nombreux pour vivre en direct l’évènement. Personne ne
voulait rater ce grand évènement.
», écrit Soir de Bamako du 26 Septembre 2005.

Défilé militaire et civil du 22 septembre, une réussite …

« De mémoire de Maliens, jamais un défilé militaire et civil n’a été aussi bien organisé que celui du 22 septembre dernier à Sikasso. Point de convergence de toute la République pour célébrer le 45ème anniversaire de la fête d’indépendance, la capitale du Kénédougou, ville au passé glorieux et à l’histoire prestigieuse, a véritablement réussi son pari. Retraçant avec perfection l’histoire de la résistance à l’occupation coloniale, le défilé civil tout comme militaire, qui a enregistré le passage de tous les corps d’armée, a capté l’attention de nombre de spectateurs au premier rang desquels les couples présidentiels Amadou Toumani Touré et Abdoulaye Wade.», écrit L’Indépendant du 26 septembre 2005.

« Le défilé, qui a duré 3 h 25 (9 h 36-12 h 40), a vu passer la fanfare de la garde nationale, les pionniers, le camp d’excellence, un groupe représentant le comité d’organisation du 23e Sommet Afrique-France, la Cafo de Sikasso, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), qui revenait d’une grève de 24 h.
Le défilé militaire a été l’une des attractions de ce 22 septembre à Sikasso. Encore une fois les forces armées et de sécurité maliennes ont fait la preuve de leurs savoir être et savoir-faire : en offrant une parade somptueuse aux Maliens.

Au plan culturel, les spectateurs ont pu admirer les danses et rituels des sept cercles du Kénédougou (Sikasso, Yorosso, Kadiolo, Yanfolila, Kolondiéba, Bougouni et Koutiala) sur des pas variés soutenus par un seul rythme : le balafon. Le public a eu droit aussi au défilé très remarqué des colonies de la Guinée-Conakry, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Burkina.
», écrit Les Echos du 26 septembre 2005.

« Après l’exécution de l’hymne national, bien coordonné et bien agencé, plus de 100 pionniers (filles et garçons), une centaine d’élèves au concours d’excellence, de femmes de la Cafo et des syndicats (UNTM, CSTM) ont ouvert le bal du défilé. Ce fut ensuite le défilé carnaval et culturel. Là les différents cercles et communes de Sikasso ont puisé du terroir du Kénédougou cette diversité culturelle. Le Gomba de Semana de Bougouni, le Samakoro de Lofigué de Kadiolo, le M’bolon de Kolondiéba, de Mougakolo de Sanguéla de Molobala-Koutiala ont été suivi de la danse avec corps de Zangasso. Aussi, on peut citer le Kouroubi de Kélétiguila (Kaboïla I Sikasso), le Fléni ou danse avec calebasses de Yanfolila, le Zabégué de Douna (Kourry-Yorosso). Sikasso, ville frontière est devenue cosmopolite.
Exemple d’intégration, les colonies du Burkina, de la Guinée Conakry, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ont elles aussi pris part à la fête.

Défilé historique sur la résistance du Kénédougou

Le Président Amadou Toumani Touré dans son discours l’a rappelé. Ce 22 septembre a été placé sous le signe de la mémoire préservée et partagée.
D’autant que la lutte de nos héros, n’a pas toujours reçu l’éclairage qu’elles méritent, ce devoir de génération s’imposait de restituer parfaitement leur bravoure a-t-il indiqué. ATT a rappelé que les hauts faits d’armes de nos héros restent encore méconnus des Maliens eux-mêmes, d’où la nécessité d’inscrire durablement dans notre mémoire collective, des pages à la fois glorieuses et douloureuses de notre histoire.

Imposant défilé militaire

Le Tata étant à la fois l’emblème du refus et le symbole de la liberté, après Tiéba Traoré , ont suivi Babemba Traoré et ses lieutenants expression de la lutte anti-coloniale. Les Sofas, soient 135 personnes, des lanciers, des archers, des fantassins, les amazones de Momo Traoré et les Donsos ont non seulement crée la sensation mais aussi l’émotion. Voila partagé cette mémoire, chose que le Président ATT a rappelé car pour lui, d’autant que cette résistance à la pénétration coloniale s’est exercée sur toute l’étendue de notre pays, tout malien est héritier et dépositaire de cet héroïsme. C’est pourquoi, il a demandé à tout un chacun de rester fidèles aux vertus et valeurs défendues par ceux qui nous ont laissé en héritage, le sens de l’honneur, le goût de la liberté et l’esprit de sacrifice. Il a rappelé que la célébration de la résistance ne se fait pas dans une vision passéiste. Il s’agit plutôt de puiser dans ces valeurs de civilisation, les ressources morales nécessaires pour affronter le présent et nous projeter dans l’avenir. Cette célébration du 22 septembre a été un moment idéal pour renouveler l’hommage de la nation aux officiers, sous-officier et militaires du rang maliens, en opération sous le drapeaux de l’ONU, de l’Union africaine et de la Cedeao. Un autre temps fort où tous les corps de l’armée malienne et de la police ont montré au peuple leur capacité de réaction et leur force de frappe avec des engins, des armes de guerres sophistiqués. Des MIG 21 dans leurs sauts ont provoqué la peur mais ils ont aussi émerveillé.
C’est pourquoi, le Président ATT, à la fin de la cérémonie, dira en somme que cette fête doit demeurer pour nous une occasion privilégiée d’exprimer notre fierté d’être une nation unie, riche de la permanence de ses valeurs, de la qualité de ses hommes et femmes, ainsi que la diversité de sa culture. Tels sont nos atouts a-t-il dit. Et, pour relever ces nombreux défis que nous impose un siècle complexe, qui au cours duquel pour lui, notre pays saisira toutes ses chances. Sikasso a tenu toutes les promesses.
», écrit Le Républicain du 26 septembre 2005.

« Défilé historique des résistants

L’un des temps forts de cette commémoration a été le
défilé historique des résistants du Kénédougou
retracant un passé important de notre histoire.
Le commentataire de ce défilé a donné a Me Wade le
sens de Sikasso ou “Sika so” la maison de Sika, cette
vieille femme dont le relais hébergeait les chasseurs.
Le chef de l’Etat du Sénégal a eu le prestige de voir
reconstituer sous ses yeux l’histoire des résistants à
la pénétration coloniale de Sikasso. Me Wade et ATT
ont vu passer Babemba Traoré accompagné de sa fidèle
épouse Kouroukouna Fatouma ; Tiéba Traoré fils de
Massa Daouda Traoré, grand bâtisseur et fondateur du
plus grand royaume Sénoufo du sud du Mali.
“Modéré et diplomate, le Roi Tiéba fut l’allié des
Français dont le résidant le lieutenant Quiquaudon fut
son intime ami. C’est lui qui agrandit le Royaume et
construit le légendaire Tata de Sikasso, une muraille
fantatisque longue de 9 Km et haute de 6 mètres que
les historiens, les chercheurs et les touristes des
quatre coins du monde viennent voir.
L’invité d’honneur du Mali, son épouse et sa
délégation, ont également vu passer le Roi Tiéba
accompagné de ses 9 lieutenants : Wayerma, Kassa,
Kélétigui, Fagnanama Koné, N’Gala Kanté, Tiémoko Toma,
Koloundjougou, Siaka Foroton, N’Fafitini.
Cette reconstitution fut l’occasion aux invités de
voir les officiers et les éléments de l’armée dirigés
par le colonel Audeoud et le capitaine Preti avec les
puissants canons et les soldats de l’époque et qui ont
posé le siège autour de Sikasso le 15 avril 1898. Le
1er mai 1998, à l’aube, les Français sont rentrés dans
la ville de Sikasso.
A Sikasso, on a vu défiler sous le regard admirateur
de Me Wade, Mômô Traoré (soeur de Tiéba et de Babemba)
et ses amazones et qui ont défait la puissante armée
de l’almamy Samory Touré.
En quelques minutes, les historiens ont retracé à Me
Wade l’une des pages de l’histoire glorieuse du
Royaume Sénoufo du Kénédougou.

Le Défilé militaire

Il a été imposant de par la qualité et la quantité des
forces en présence. Le défilé militaire a été soutenu
par la fanfare du génie. Pendant près de trois heures,
les populations du Kénédougou ont admiré avec joie et
fierté le passage de nos vaillantes forces armées et
de sécurité.
C’est le colonel major d’aviation Issa Diarra,
commandant les troupes au défilé qui a ouvert le
défilé militaire soutenu par la fanfare du génie
militaire. Il sera suivi des troupes à pied du
prytanée militaire du Burkina Faso, du Mali, des
écoles des sous-officiers, des éléments du SNJ, des
douaniers, des éléments de la conservation de la
nature, de la police, de la gendarmerie, de la garde
nationale, du génie militaire, de l’armée de l’air, de
terre, du service des transmissions des armées, du
service des santé, du régiment des commandos
parachutistes et du bataillon des sports.
Après le passage des troupes à pied, ce sont les
troupes des unités méharistes de la garde nationale de
Gossi qui ont suscité la curiosité de ce 45e
anniversaire. Le chameau est un animal méconnu dans
la région.
Le régiment d’infanterie motorisée a ouvert la marche
des troupes motorisées. Tour à tour, on a vu passer le
régiment blindé, le groupement d’artillerie, le
groupement des transmissions, la section motorisée de
la police et de la gendarmerie, la protection civile.
Le clou du défilé militaire a été le passage des
troupes aériennes avec surtout la parade des chasseurs
bombardiers MIG 21 sur le site du défilé. Leur passage
a séduit plus d’un, surpris et fait peur à ceux-là qui
les voyaient pour la première fois. Est passé en rase
motte, l’hélicoptère, version chinoise, du dauphin
français Z 9-E A, puissant, polyvalent, très maniable,
doté d’un turbo réacteur avec une vitesse de 300
km/heure pour couvrir une distance de 900 km. Son
plafond est 4 000 mètres. L’Antonov 26 destiné au
transport des troupes, au fret, au parachutage des
charges, des soldats. Le défilé a été plein et entier
et le comité d’organisation présidé par le général
Tiécoura Doumbia a réussi le pari de la réussite de
ces festivités décentralisées dans la ville au passé
historique glorieux de Sikasso.
Les attentes ont suffisamment été comblées. La
décentralisation de la fête nationale d’indépendance
du Mali fut une réussite. Vivement le prochain
anniversaire!
», écrit Soir de Bamako N° 2126 du 26 Septembre 2005.

Pourquoi ce devoir de mémoire, de génération …

« Le
président de la République dans son adresse à la
Nation a affirmé que « ce devoir de génération
s’impose d’autant plus à nous, que les luttes de nos
héros n’ont pas toujours reçu l’éclairage qu’elles
méritent et leur bravoure a été souvent imparfaitement
restituée. Leurs hauts faits d’armes restent encore
méconnus des Maliens eux-mêmes, d’où la nécessité
d’inscrire durablement dans la mémoire collective, des
pages à la fois glorieuses et douloureuses de notre
histoire »
Ecrites par ces figures de la résistance à la
pénétration coloniale telles Mamadou Lamine Dramé, El
Hadj Oumar Tall, Firhoun, Almamy Samory Touré, Babemba
et Tiéba Traoré… Mémoire partagée selon le chef de
l’Etat parce que la résistance à la pénétration
coloniale s’est exercée sur toute l’étendue du
territoire.
Incontestablement, le Tata de Sikasso (une muraille)
est l’un des symbole de cette résistance africaine à
la pénétration coloniale; il est à la fois l’emblème
du refus à la soumission et le symbole de la liberté.
Pourquoi donc ne pas leur rendre hommage, quand
ceux-là même qui ont combattu nos résistants leur ont
rendu cet hommage ? Le chef suprême des Armées, le
président ATT a lancé un appel de fidélité aux vertus
et valeurs défendues par ceux qui nous ont laissé en
héritage, le sens de l’honneur le goût de la liberté
et l’esprit de sacrifice.

L’histoire retient qu’un
30 Décembre 1890, l’armée de résistance de Alboury
N’Diaye, le Roi du Djolof (Sénégal) vint prêter main
forte à Cheickou Ahmadou Djoulbé, Roi de l’Empire
Toucouleur (Mali) contre les troupes coloniales de
Louis Archinard lors de la bataille de Mayel à Nioro
du Sahel.
Le bilan de cette bataille fut catastrophique plus de
9.000 combattants Maliens et Sénégalais tombés sur le
champ de l’honneur. Somme toute, des défis demeurent;
pour les surmonter, nous devons rester unis et croire
à nos valeurs culturelles
.», écrit Nouvel Horizon du 26 septembre 2005.


Me Abdoulaye Wade, citoyen d’honneur de Sikasso …

« En marge des festivités du 22 septembre 2005,
marquant les 45 ans d’indépendance célébrés dans la
capitale du Kénédougou, le maire de la commune urbaine
de Sikasso M. Mama Sylla a élevé Me Abdoulaye Wade
président du Sénégal, au rang de citoyen d’honneur de
Sikasso. La principale voie goudronnée qui mène dans
le quartier Mankourani a été baptisée “Rue Me
Abdoulaye Wade”.
En plus de cela, la mairie de Sikasso lui a affecté
une parcelle à usage d’habitation de 100m2. Wade
visiblement ému a promis d’aménager ladite parcelle.
», écrit Nouvel Horizon du 26 septembre 2005.

Actuellement, le Mali connaît une crise alimentaire due à la mauvaise pluviométrie ainsi qu’à l’invasion acridienne de l’année dernière.
Pour certains, le président de la république a bien fait de célébrer la fête de notre indépendance, pour d’autres, il ne le devait pas …, réactions de quelques maliens par rapport à cette célébration…

« Les festivités commémoratives de
l’indépendance du Mali se tiennent à un moment où le
pays traverse une conjoncture économique difficile
corsée par une crise céréalière sans précédent. La
célébration du 22 septembre avec faste était-elle
nécessaire dans ce contexte socio-économique
difficile? Nous avons donné la parole aux Maliens.

Sékou Traoré, ancien chauffeur à l’hydraulique :
Le 22 septembre marque l’indépendance de notre pays
et doit, de ce fait, être fêté. On vient de le faire,
cette année à Sikasso, ville considérée comme symbole
de la résistance à la colonisation. Pourquoi des rois
comme BaBemba, ont-ils préféré la mort à la
domination des Blancs? Pour préserver, dit-on,
l’honneur et la dignité de l’homme noir. Ce qui est
intéressant, c’est de savoir si nous nous avons fait
comme eux dans la mesure où nos dirigeants ne sont que
des « exécutants » d’ordres de l’Occident. Où se
trouvent nos grandes sociétés d’Etat qui faisaient la
fierté de tout un peuple? Par ailleurs, au regard des
problèmes dans lequel les Maliens se trouvent
aujourd’hui, je pense qu’ATT pouvait se limiter à
faire un discours à la nation au lieu d’une fête
grandiose à l’intérieur avec un coût aussi élevé. Le
22 septembre c’est bien de le fêter, mais je pense
qu’il faut aussi tenir compte du quotidien des
Maliens. Or, en la matière, la majorité des Maliens
vous dira aujourd’hui qu’on pouvait surseoir aux
festivités de la fête de l’indépendance eût égard à la
crise qui prévaut dans notre pays.

Issiaka Ouattara, Historien :
Ne pas fêter le 22 septembre, c’est entaché la
mémoire des pères de l’indépendance, ces hommes et ces
femmes qui se sont battus pour que le Mali soit. J’ai
déjà entendu certains dire que le 22 septembre ne
devait pas être commémoré cette année. Je dis non ! Si
les Mamadou Konaté et les Fily Dabo Sissoko avaient
renoncé à la lutte, nous n’aurions pas pu faire une
entrée glorieuse dans l’histoire après l’éclatement de
la Fédération du Mali. Alors pourquoi renoncer
aujourd’hui à célébrer le 22 septembre parce que nous
faisons face à des difficultés? Célébrer le 22
septembre, c’est rendre hommage à ceux qui ont
sacrifié leur vie pour le Mali. Célébrer le 22
septembre, c’est nous ressourcer nous-mêmes et
réaffirmer la souveraineté du Mali.

Aminata Koné, ménagère :
Moi je ne peux rien dire sur ce sujet. D’après ce
que nous écoutons à la radio, le gouvernement a
déboursé beaucoup d’argent pour la fête à Sikasso. Je
ne peux pas dire que ce n’est pas bien, mais si on
pouvait trouver une solution à la cherté des prix des
céréales, je pense que tout le monde sera content.

Idrissa Berthé, enseignant :
je vous dis tout de suite que si nous avions des
autorités qui se souciaient un peu seulement du
bien-être des Maliens, le 22 septembre ne serait pas
fêté cette année. Et imaginez que c’est des centaines
de millions qui ont été dépensées inutilement et à un
moment où le peuple crève de faim. La grève de l’UNTM
n’était autre que l’expression d’un malaise social. Un
point qui ne semble préoccuper aucunement le régime
ATT qui préfère aller faire des démonstrations de
force à Sikasso, quand bien même, il n’a pas pu
trouver une solution à la crise céréalière qui sévit
en ce moment. Faire une fête de telle envergure
pendant que le peule a faim, on appelle ça faire « la
fête sur le dos du peuple ».

Sounko Diarra, Etudiant :
je pense que si les possibilités le permettent, on
doit vraiment célébrer le 22 septembre avec faste en
tant que jour anniversaire de l’indépendance de notre
pays, le Mali. Le Malien a tendance à dramatiser les
choses. On n’aurait pas célébré le 22 septembre, vous
alliez entendre d’autres formes de critiques fusées de
toutes parts. Autant accepter les critiques et faire
ce qui est bien pour le Mali. C’est comme ça que j’ai
compris la commémoration du 22 septembre 2005 et je
pense que c’est une bonne chose. Au lieu de critiquer,
si chacun apportait sa pierre dans l’édification du
pays, le Mali allait se porter mieux.
», écrit Soir de Bamako N° 2126 du 26 Septembre 2005.

Origine de Sikasso …

« Les historiens nous racontent que Sikasso tire son
nom de “Sika so” la maison de Sika, cette vielle femme
dont le relais hébergerait les chasseurs, “Solo
Khaana” en sénoufo, c’est la ville des éléphants.
Ville du doute pour l’ennemi, pour l’envahisseur,
ville au passé glorieux et à l’histoire prestigieuse,
elle est aujourd’hui la capitale du Kénédougou avec
des cantons célèbres tel le Zéguédougou, le
Kapolondougou, le Folona, Natié, Molasso, Fama,
Kaboïla, Bougoula.
La métropole soudanaise que fut Sikasso, aujourd’hui
une ville en pleine expansion, a reçu l’honneur, avec
joie et fierté de fêter ce que ses fils ont toujours
défendu, ce que Tiéba et Babemba ont aimé et cherché :
l’Indépendance, la Liberté, la Dignité. L’histoire
retient que la ville a perdu des milliers de ses fils
un 1er Mai 1898 pour repousser l’envahisseur, pour
préserver son Indépendance. Sikasso, ville martyr dont
le roi ce brave et vaillant Babemba Traoré accompagné
de sa fidèle épouse Kouroukouna Fatouma a préféré la
mort à la honte, de l’esclavage est bien placée pour
fêter l’indépendance.
Les témoignages révèlent que Tiéba fut le fondateur
du plus grand royaume Sénoufo au sud du Mali. Modéré
et diplomate, Tiéba fut l’allié des Français dont le
résident le lieutenant Quiquandon fut son ami. Il
agrandit le royaume et construit le Tata cette
fantastique muraille longue de 9km et haute de 6
mètres. Les Sikassois, lors du défilé du 22 septembre
2005 nous ont retracé l’histoire du royaume. L’armée
coloniale française conduite par le colonel Audeoud et
le Capitaine Piétri et forte de puissants canons et de
soldats surarmés pose le siège autour de Sikasso le 15
avril 1898 et donne l’assaut final le 1er Mai 1898 à
l’aube. Ce jour là, nous racontent les historiens le
tabalé retentit plus fort que d’habitude et Sikasso
resistera au son et rythme du tam-tam et du balafon,
des chants et des danses.
Le héros de cette farouche résistance est le Roi
Babemba Traoré entouré de sa cour. Fidèles aux idéaux
de la mère-patrie, déterminés à aller jusqu’au bout de
l’ultime sacrifice pour le Kénédougou, les Sofas, sous
le commandement de Kélétigui Kourouma Berthé, Gombélé,
Tiécourou, Fo Traoré, Madou son frère, Saaba
Tiémoko… Ils se sont montrés braves et vaillants,
faisant preuve d’un mépris absolu des canons, des
fusils et de la mort. Mômô Traoré, soeur de Babemba et
ses amazones ont périt l’arme à la main. Il est
aujourd’hui difficile de trouver la trace de ces
braves femmes qui ont également fait face à la
puissante armée de l’Almamy Samory Touré.
L’armée du Kénédougou, c’est aussi les “donso” ou
chasseurs détenteurs de savoir mystique et qui sont en
fait de vaillants combattants. L’assistance a été
visiblement émue par cette mise en scène de la
résistance du Kénédougou à la pénétration coloniale.
Les sacrifices de ces ancêtres resteront à jamais d’un
sujet de fierté et un exemple pour la postérité.
», écrit Nouvel Horizon du 26 septembre 2005.