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22 septembre 2006: Pont de Gao, synonyme de nouvelles perspectives de développement des régions du septentrion malien

La célébration du 22 septembre, fête de l’indépendance du Mali, a été marquée officiellement par, l’inauguration à Gao du pont de Wabaria, la pose de la première pierre de la station ORTM-FM de Gao et le premier de coup de fil symbolique du réseau Malitel à destination de Bourem qui vient d’être connecté au réseau GSM.
Cette année, la fête a été placée sous le signe de l’unité, de la cohésion et de la paix.

Ce jour, restera longtemps gravé dans mémoire des habitants de Gao, car le tout nouveau pont de Gao, ouvre de nouvelles perspectives au développement des régions du nord, aux échanges avec l’Algérie, le Niger, le Nigeria, les espaces communautaires de la Cedeao, de l’Uemoa, du Liptako-Gourma, de la Cen-sad, conforte la Transsaharienne et la « Route des pèlerins ».

Les journaux titrent:

L’Essor du 25 septembre 2006 : « Dépôt de la gerbe de fleurs au Monument de l’Indépendance : Une tradition dans la communion » ; « Inauguration du pont Wabaria : Un accueil délirant » ; « Inauguration du pont de Wabaria : Le progrès passe d’une traite » ; « Gao : L’adieu au bac »,


Les Echos du 25 septembre 2006 :
« Att à l’occasion du 22 septembre, Moins de promesses que par le passé »,


L’Indépendant du 25 septembre 2006 :
« Discours a la nation, ATT annonce la création de nouvelles régions »,

Les Echos du 26 septembre 2006 : « Le mouvement citoyen en deuil, 26 « citoyens » empruntent le train de l’infini »

L’Indépendant du 26 septembre 2006 : « Accident tragique a 22 km de San, le 23 septembre sur la nationale 6, 25 jeunes du Mouvement Citoyen trouvent la mort »,


Fête de l’indépendance à Bamako, la ville des trois caïmans …

Avant de se rendre à la cité des Askia pour l’inauguration du pont de Wabaria, Le chef de l’état, Amadou Toumani Touré, en souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie pour libérer notre pays du joug colonial, a procédé très tôt le vendredi 22 septembre à Bamako, au dépôt de la gerbe de fleurs au Monument de l’Indépendance, …

« Pour la célébration de la Fête nationale, le boulevard de l’Indépendance avait été pavoisé aux couleurs nationales et était le théâtre d’un intense ballet de voitures officielles.

La cérémonie a, en tous points, respecté programme. Le chef de l’État arrive sur l’esplanade du monument de l’Indépendance à 7h35. Il est accueilli par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Nancoman Kéïta, en présence de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et des organisations internationales.

Après le salut au drapeau et l’exécution de l’hymne national, le président Touré passe en revue un détachement militaire. Il s’avance ensuite vers la « flamme éternelle » qui brûle au pied du monument pour y déposer une gerbe de fleurs. Amadou Toumani Touré salue alors les médaillés d’or de l’indépendance et les officiels présents avant de commenter pour la presse le sens de cette cérémonie.

Déjà dans son adresse à la nation la veille, Amadou Toumani Touré avait salué les héros de la résistance qui ont dédié leur vie à la sauvegarde de notre dignité.

Il a également rendu hommage aux différents partis politiques, aux syndicats et aux organisations qui se sont battues pour notre émancipation. Il a étendu son hommage aux patriotes qui non seulement se sont battus pour la souveraineté mais qui ont, par la suite, conduit les premiers pas du pays indépendant.

Le monument qui symbolise notre souveraineté, a-t-il rappelé, est dédié à ceux-ci et à tous ceux qui ont reçu la médaille d’or de l’Indépendance. Le premier geste à accomplir le 22 septembre consiste, dira-t-il, à rendre hommage aux artisans de l’indépendance de notre pays.

C’est un geste de mémoire, de tradition, de reconnaissance et surtout de communion que la nation entière accomplit à l’adresse de ceux qui ont combattu pour que le Mali soit libre. _ Questionné sur la question récurrente des funérailles nationales de Modibo Keita, Amadou Toumani Touré a indiqué que « le moment venu nous en parlerons » tout en réitérant son admiration pour le premier président du Mali indépendant.
», écrit L’Essor du 25 septembre 2006.

Fête de l’indépendance à Gao, la cité des Askia…

La joie était à son comble dans la cité des Askia, la mobilisation a été grandiose, délégations en provenance de l’Algérie, du Niger, du Burkina Faso ont fait le déplacement pour prendre part à l’événement, bref la fête a été belle à Gao…

« En cette journée du vendredi 22 septembre, la joie était à son comble. La journée était très ensoleillée et une chaleur moite enveloppait la ville. Cette météo n’a pas empêché les habitants de la cité des Askias de réserver un accueil délirant au chef de l’État, à son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré, et à la délégation qui l’accompagnait.

Déjà, à partir du ciel, le président Touré et les membres de sa délégation ont pu apercevoir à travers les hublots de leur avion, la marée humaine qui avait investi les alentours de l’aéroport. Hommes et femmes, de tous âges, étaient vêtus qui en tee-shirts qui en boubou affichant la photo du président de la République, au milieu de banderoles saluant la construction du pont.

Pour la circonstance, Gao n’avait lésiné ni sur les moyens financiers ni sur les moyens humains pour donner un éclat particulier à cet événement véritablement historique. Pendant près d’un mois, le comité d’organisation dirigé par le gouverneur de la Région, Amadou Baba Touré, était à pied d’oeuvre. Des semaines furent consacrées aux travaux d’assainissement. Du coup, la ville a totalement changé de visage. Les routes ont été débarrassées des épaisses couches de sable qui les recouvraient. Les caniveaux sont curés. Les carrefours ont été pavoisés aux couleurs nationales, le tronc des arbres blanchi à la chaux. Le portrait du chef de l’État est affiché sur les murs, les troncs d’arbres et les panneaux de publicité. Les bâtiments bordant la route reliant l’aéroport au centre ville sont repeints en rose.

Cette couleur, explique le gouverneur, est le symbole de l’espérance et du nouvel essor qu’imprimera le nouveau pont au développement socio-économique de la septième Région. Cette couleur représente également l’engagement des populations à respecter les ouvrages collectifs et l’environnement.

A l’appel des autorités administratives et politiques de Gao, les habitants des villages et communes environnants du cercle de Gao étaient venus en masse. Des centaines de chameliers s’étaient déployés. Les gouverneurs des Régions de Kidal et de Tombouctou ont également été associés à l’événement. Des invités sont venus des pays voisins : Algérie, Niger et Burkina Faso. _ Le Niger était représenté par les responsables des régions de Tillabery et Tahoua, Idder Adamou et Amadou Zeity, tandis que Digama Billa, gouverneur de la région du Sahel conduisait la délégation du Burkina Faso. Nos compatriotes résidant dans ces pays et même plus loin, ont dépêché des délégations.

En cette période de l’année à Gao, les rayons du soleil dardent tôt le matin. Cette particularité n’a pas empêché, dès 5 heures, une marée humaine de s’agglutiner le long des artères principales. Ainsi à bord des bus et camions affrétés par les compagnies de transport installées à Gao et les autorités administratives et municipales, les populations ont gagné l’aéroport pour accueillir le président Touré.

Les militants des partis politiques et des associations de soutien au président de la République ne sont pas restés en marge de la mobilisation. Habillés aux couleurs de leur formations, ces militants scandaient des slogans favorables au chef de l’État comme « ATT, le bâtisseur ».

C’est aux environs de 9h45 que le vol présidentiel s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Gao. Amadou Toumani Touré sera accueilli par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga (arrivé la veille avec plusieurs membres du gouvernement), le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Kafougouna Koné, et le gouverneur de Gao, Amadou Baba Touré. L’apparition du chef de l’État sera saluée par des roulements de tambours, les notes la fanfare du génie militaire et un tonnerre d’applaudissement.

Après la remise de la traditionnelle calebasse de kolas, le chef de l’État passera en revue un détachement avant de saluer les membres des corps constitués et de prendre un premier bain de foule. Peu après, le cortège s’est ébranlé vers le centre ville. La longue file de voitures avançait au pas sur la nouvelle route bitumée (une des voies d’accès au pont) au milieu d’une marée humaine.

A l’entrée de la ville, juste avant d’arriver à la direction régionale de la douane, le cortège bifurqua vers le site où sera construite la station régionale de l’ORTM (voir article de S Badiaga). Ici, ATT procédera aussi au lancement de Malitel à Bourem et Gourma Rharous, avant de gagner sa résidence au pied-à-terre.
», écrit L’Essor du 25 septembre 2006.

En marge de l’inauguration du pont de Wabaria, le président Amadou Toumani Touré a posé la première pierre de la station régionale TV/FM de Gao. Le lancement des travaux de construction de la station a d’ailleurs été le premier temps fort du séjour de ATT dans la cité des Askia …

« La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, de nombreux membres du gouvernement et d’une foule nombreuse.

La construction de la station régionale de Gao est la concrétisation d’un décret pris le 31 mai dernier en conseil des ministres portant approbation du marché relatif à la réalisation des stations FM à Gao, Tombouctou et Koulikoro.

L’ensemble des travaux, financés par le budget national, coûtera 2,25 milliards de Fcfa. Les trois stations seront achevées durant le premier trimestre de l’an prochain. Les stations régionales de Kayes, Sikasso, Ségou et Mopti ont été construites entre 1991 et 1998 avec le concours de partenaires chinois.

« La station régionale est avant tout un lieu de convergence sociale, un miroir de la richesse culturelle et du dynamisme socio-économique, un impulseur d’énergie et un catalyseur de diversités », a défini le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Gaoussou Drabo. La station de Gao, a-t-il précisé, sera aussi un centre de maintenance zonale et d’appui conseil pour les trois régions du Nord. Le ministre Drabo s’est ensuite félicité du fait que notre pays a la chance de voir les radios publiques et les radios privées entretenir des rapports non pas d’animosité stérile, mais de complémentarité.

La station régionale de Gao qui sera construite dans un délai de 8 mois par l’entreprise BTESA Broad Telecom, supervisée par SAED-SARL, sera bâtie sur 460 m2 et comportera un pylône de 150 m, un émetteur stéréo d’un Kw, un système d’équipement de réception satellite numérique, un studio cabine de diffusion et un système de production, tous deux numérisés. L’entreprise BTESA Broad Telecom a exécuté à satisfaction le marché relatif à l’extension de la télévision et de la radio FM à 23 localités entre 2001 et 2002. C’est grâce à elle qu’une partie considérable de nos compatriotes ont pu suivre la CAN 2002.

Après la pose de la première pierre, le président Touré a adressé le coup de téléphone inaugural au préfet adjoint de Bourem pour lui confirmer l’arrivée de Malitel dans cette localité située à 90 km de Gao.

On se rappelle que lors de sa tournée dans les régions de Gao et Tombouctou en fin 2005, le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga ayant relevé un grave déficit dans la desserte téléphonique et demandé que cette situation soit corrigée. Depuis, Ménaka, Goundam, Diré et Niafunké ont été branchés.
», écrit L’Essor du 25 septembre 2006.


Inauguration du pont de Wabaria …

« C’est dans une ambiance festive que le président Amadou Toumani Touré a coupé, vendredi, le ruban symbolique qui ouvre définitivement à la circulation le tout nouveau pont de Wabaria à Gao. Cet événement qui a dominé l’actualité du 22 Septembre dans notre pays, a mobilisé le gouvernement, les plus hauts responsables des institutions de la République, les ambassadeurs de Palestine et de Chine au Mali, Abderrhamane Abou Rabah et Wei Wenhua, les partenaires au développement, des invités venus d’Algérie, du Niger et du Burkina Faso. Les habitants de la 7è Région qui attendaient avec impatience cette cérémonie d’inauguration depuis plusieurs mois, se sont exceptionnellement mobilisés.

9 MILLIARDS DE FCFA.

Abdoulaye Koïta, le ministre de l’Équipement et des Transports, maître d’ouvrage de ce pont monumental, a expliqué qu’il mesurait 277,70 m et était constitué de 6 travées de 45 m de portée chacune. L’ouvrage propose une chaussée de 7 m à deux voies (3,5 m chacune), deux trottoirs de 1,1 m et un dispositif de protection (glissière et garde-corps) de 40 cm de part et d’autre. Les structures d’appui sont constitué de 2 filets et d’un fil, toutes fondées sur des pieds forés de 1m de diamètre sur une profondeur de 26 à 30 m.

Le pont est doté de 14,5 km de voies d’accès parmi lesquels 6,7 km de voies urbaines. La route de 10 m de largeur présente une chaussée de 7 m de large et deux accotements de 1,5 m chacun. Le revêtement est en enduit superficiel bicouche. Un poste de péage et une aire de pesage ont été aménagés à l’entrée du pont (côté Sévaré). Ce réseau sera bientôt renforcé par la réalisation de 5 km de voies à travers la ville. Les appels d’offre sont déjà lancés. Ce bel aménagement a changé le visage de Gao.
_ Cette importante infrastructure, a rappelé le ministre, a été réalisée grâce à une longue et fructueuse coopération entre notre pays et la Banque islamique de développement (BID). Elle a coûté environ 9 milliards de Fcfa. Le pont et ses voies d’accès ont été financés par un prêt de la BID qui a couvert 88 % des coûts. Le budget national a donc pris en charge 12 % de ceux-ci. L’éclairage public a, lui, été entièrement financé par le budget national.

Les travaux de construction du pont et de ses voies d’accès ont été exécutés par l’entreprise chinoise CSCEC pour un montant hors taxe d’environ 7,323 milliards de Fcfa. Le volet éclairage public a été réalisé sous la responsabilité de la société Énergie du Mali S.A. pour un montant de 500 millions de Fcfa. Le contrôle et la surveillance des travaux (1,123 milliard de Fcfa) étaient de la responsabilité d’un consortium de bureaux d’étude tuniso-franco-malien.

L’ensemble des ouvrages a été réalisé en 32 mois. Quelques difficultés ont émaillé le déroulement normal des travaux, a indiqué le ministre Koïta en citant notamment le changement des structures des fondations, la baisse du cours du dollar, la chute accidentelle dans le fleuve du lanceur de poutre qui a nécessité la commande d’un nouvel équipement en Chine.

Idrissa Mahamane Maïga, maire de Gounzourèye et hôte de l’événement, saluera une cérémonie qui ouvre de nouvelle perspective pour sa commune et l’ensemble de la région. Ce pont, dit-il, est aussi visible sur le Niger qu’une lune au quatorzième jour dans le ciel, cet ouvrage qui relevait d’un conte de fée, est devenu une réalité à leur grande satisfaction.

« Grande est singulièrement la joie des populations de notre commune dont le chef-lieu, Wabaria village, a le privilège d’abriter le précieux ouvrage. Celui-ci assure désormais, non seulement la liaison entre le nord et le sud à l’intérieur de notre pays, mais contribue de plus au renforcement du réseau routier transfrontalier, reliant Gao à l’Algérie, le Niger et le Burkina Faso », s’est-il réjoui.

A PORTEE DE MAIN ET INACCESSIBLE.

Il y a trois ans -le 5 juin 2003- le chef de l’État procédait au lancement officiel des travaux de construction du pont. Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, alors ministre de l’Équipement, avait annoncé que la pose de cette première pierre marquait le début de la réalisation d’un rêve. Celui de voir enfin le Gourma et le Haoussa être reliés par dessus la barrière du fleuve, a rappelé le ministre Abdoulaye Koïta. Nombreux étaient ceux qui doutaient de la réalisation du projet, s’est-il souvenu, un doute alimenté par les promesses non tenues dans le passé. Avec l’achèvement de la construction du pont, l’ambition est devenue un résultat, a t-il constaté avant de lister les ouvrages déjà réalisés dans ce domaine. Il s’agit entre autres des ponts de Sankela, Tiendaga, Niénadougou, Siranikoto…etc.

L’ouverture à la circulation du pont de Wabaria met fin au stress sinon à l’angoisse des voyageurs contraints de démarrer avant l’aube de Bamako pour atteindre le port du bac avant 18 heures, sous peine de passer la nuit à la belle étoile sur l’autre rive du fleuve, à 15 km de la ville. Pour ceux-ci, Gao était à la fois à portée de main et inaccessible. La seconde formule très usitée consistaient à passer la nuit à Sévaré avant de reprendra la route le lendemain pour Gao soit deux jours de voyage.

« Finies les attentes interminables au bord du fleuve pour traverser par bac ou par pirogue, finie pour les autorités régionales et les usagers de la route la hantise d’une panne du bac, finis les renversements dans le fleuve lié aux manoeuvres de traversée des gros porteurs avec tous les chargements de marchandises, finie la peur de passer la nuit à la merci de toutes les intempéries à seulement 15 km des portes de cette prestigieuse cité des Askia », a résumé Abdoulaye Koita.
Au delà de la symbolique, a ajouté le ministre de l’Équipement, le pont de Wabaria a un effet structurant indéniable dans le renforcement du dispositif du réseau routier national et sous-régional. « Symbole de paix et d’unité nationale, dira-t-il, ce pont consacre l’effacement à jamais de cette barrière naturelle qui empêchait les populations du nord et du sud de notre pays d’échanger et de commercer librement en tous temps et toutes circonstances. Il ouvre la voie à toutes les perspectives de développement de toutes les régions du nord. Il ouvre aussi d’énormes perpectives pour le brassage des populations et des échanges avec l’Algérie, le Niger et le Nigeria. Au delà des régions et des pays cités, le pont de Wabaria permettra de desservir également toute la zone Est de nos espaces communautaires (Cedeao, Uemoa, Liptako-Gourma et Cen-sad). En outre, il revêt un caractère stratégique, en tant que point de passage de la ramification Alger-Bamako de la route transsaharienne Alger-Lagos, reliant la Méditerranée à l’Océan Atlantique, mais aussi la route transafricaine Dakar-Bamako par le sud, Niamey-Djaména-Khartoum, communément appelée la « Route des pèlerins » (elle relie l’Océan Atlantique à la Mer Rouge)
« .


UN PONT A KOULIKORO.

Le président Amadou Toumani Touré ne pouvait qu’être honoré des remerciements que lui ont adressé les populations de Gao à travers leurs mandataires. Il leur dira, en retour, sa reconnaissance pour leur implication dans l’exécution du projet du pont, une gratitude qu’il étendra à la BID et à ses dirigeants (dont le représentant a réitéré la volonté de l’institution d’accompagner les efforts de développement de notre pays), à la CSCEC et à l’ambassade Chine, aux techniciens et décideurs nationaux, au premier rangs desquels le chef du gouvernement, et à tous ceux, nombreux, qui ont contribué à la réussite de l’entreprise.

Les routes, a-t-il souligné, figurent parmi les plus visibles des grandes réalisations en cours de notre pays mais l’on oublie souvent que celles-ci ont besoin de ponts pour exercer la plénitude de leur fonction. C’est dans ce cadre, a annoncé ATT, qu’il a instruit au gouvernement de faire de la construction des ponts le second axe de sa politique de désenclavement.

Le président Touré a saisi l’occasion pour rappeler les réalisations qui ont jalonné les quatre ans et demi écoulés de son mandat. Il a, à ce propos, insisté sur les logements sociaux. « En quatre ans et demi nous avons réalisé 3650 logements sociaux pour 41 milliards de Fcfa » a-t-il indiqué. Le budget de l’État, précisera-t-il, a apporté 25,2 milliards de Fcfa, le reste étant supporté par l’Office malien de l’habitat et l’ACI (qui n’a participé qu’au financement de la première tranche de 1001 logements). La Banque de l’Habitat du Mali n’a pas apporté un centime à la réalisation des logements sociaux, a tenu à préciser Amadou Toumani Touré, pour confirmer que les raisons de la déconfiture de l’établissement étaient à chercher ailleurs. L’État, a-t-il annoncé, se prépare à recapitaliser cette banque à hauteur de 25 milliards pour lui permettre de jouer son rôle dans le système financier de notre pays.

Dans la foulée, le président de la République a aussi annoncé la construction d’un pont à Koulikoro (précisément à Kayo), de trois autres sur le tronçon Bamako-Dakar par le sud et le financement des études sur le troisième pont de Bamako.

Toujours au chapitre du désenclavement, il a souligné que la densité des télécommunications s’est accrue de 130 % grâce au dynamisme des deux opérateurs de téléphonie mobile.

La fête s’est poursuivie dans la soirée autour d’un dîner fastueux offert par le gouverneur Amadou Baba Touré et par un feu d’artifice. Auparavant, le chef de l’État a visité le chantier du complexe culturel de Gao.
», écrit L’Essor du 25 septembre 2006.

Adieu, cher bac de Gao…

Vendredi matin, avec l’ouverture officielle du pont, le bac indispensable jusqu’alors pour traverser le fleuve Niger n’a plus d’utilité, du moins à Gao. Si tout le monde se réjouit de la construction du pont, l’adieu au bac provoque quelques petits pincements au coeur chez les nostalgiques…

« Le bac a donc effectué ses ultimes traversées vendredi matin. Au nombre des derniers passagers, le gouverneur de la Région du Sahel du Burkina Faso, Bila Dipama, qui, à la tête d’une forte délégation, participait à la cérémonie d’inauguration du pont. La directrice des aéroports du Mali, Mme Tabara Kéïta faisait également partie des derniers usagers du bac.

A leur retour, ces personnalités n’ont pas emprunté le bac que les natifs de Gao évoquent déjà avec un fort accent de nostalgie. Il faut dire que l’histoire récente de Gao se confond avec celle du bac. Jeudi, les Gaois croisés à Wabaria et Bilali Koïra, ne tarissaient pas d’éloge pour l’embarcation dont ils soulignaient le caractère fédérateur. Tout en désenclavant en partie les régions du Nord, il a contribué au renforcement de l’unité nationale.

Le premier conducteur fut un certain Keïfa Coulibaly, indique Mahamadou Tirado, enseignant à Wabaria. Cela remonterait à plus de 60 ans. Les enfants de ce « Coulibaly perdu dans le désert » résident toujours à Wabaria où ils se sont définitivement installés. L’un d’eux est même le gardien de la berge.

Des notables de Wabaria qui ont installé leur nouveau « grin » non loin du poste de péage racontent qu’au début des années 1960, le président Modibo Keïta, lors d’une visite à Gao, put traverser le fleuve grâce à un bac doté de moteurs puissants spécialement dépêché sur place.

Si tous vantent les mérites de l’engin, les mêmes notables soulignent qu’il ne faut pas oublier que plusieurs bacs ont fait naufrage avec, souvent, morts d’homme. Plusieurs embarcations reposeraient ainsi au fond du fleuve. Le dernier naufrage date de 1997 quand une barge de 70 tonnes coula. Elle n’a jamais été renflouée.

La vie était bien organisée autour du bac. Bouchers, étalagistes et autres vendeurs tiraient ainsi profit de sa présence car ses usagers étaient astreints à un arrêt prolongé, devenant ainsi des clients. Il n’empêche, tous saluent aujourd’hui l’ouverture du nouveau pont et prévoient de réorienter leurs activités vers le nouveau site, en étant toutefois persuadés que l’ambiance ne sera pas la même qu’avant. Ils espèrent qu’ils parviendront à cohabiter avec les agents chargés de la gestion du péage.

Le jeune conducteur du bac, Mohamed Maïga, que les téléspectateurs ont découvert à travers l’excellent reportage de notre confrère Alassane Souleymane de l’ORTM, ne regrette rien. Il assure qu’avec le bac, il accomplissait un « devoir patriotique ». Que va devenir l’embarcation ? Il n’en sait rien pour le moment, peut être sera-t-il redéployé. Lui, ne s’inquiète pas sur son sort personnel, étant agent de service public, en l’occurrence les Travaux publics.
», écrit L’Essor du 25 septembre 2006.


Selon le journal Les Echos, dans son message à la nation du 22 septembre 2006, le chef de l’état a été moins prolifique en promesses, contrairement aux autres années. Le président Touré a évoqué la situation au Nord du Mali, les Accords d’Alger, les élections générales de 2007, la décentralisation, le nouveau découpage administratif en vue, l’intégration africaine, les Maliens de l’extérieur, le renforcement des capacités, le renforcement de la bonne gouvernance …

« Même s’il ne démord pas de sa foi en l’avenir, le président Amadou Toumani Touré a été assez réaliste dans son message à la nation du 22 septembre 2006. Moins prolifique en promesses, contrairement aux autres années, il a brossé son bilan sans emphase.

Le Mali a célébré vendredi dernier son 46e anniversaire au moment où l’unité nationale est sérieusement menacée par une nouvelle insurrection irrédentiste du Nord. Une situation naturellement évoquée par le président de la République dans son message à la nation à l’occasion du 22 septembre 2006. « La célébration du 46e anniversaire de notre indépendance est placée sous le signe de l’unité, de la cohésion et de la paix, qu’il nous faut préserver et consolider ».

Pour ce faire, le président de la République reconnaît implicitement que les Accords d’Alger ne sont pas une panacée. Aussi a-t-il annoncé l’organisation à Kidal d’une « conférence sur le développement concernant les trois régions du Nord avec pour thème, la sécurité par le développement. Le progrès économique et social est un besoin vital propre à toutes les régions du pays ».

Le président ATT a également tenu à assurer les Maliens que « l’armée sera partout présente, au nord comme ailleurs, pour la défense de l’intégrité territoriale et la sécurité des populations ».

Les élections générales de 2007 ont eu une place de choix dans le message du chef de l’Etat pour qui, « la consolidation de l’indépendance nationale va de pair avec l’approfondissement de l’Etat de droit et de la démocratie. Les élections constituent toujours une occasion idéale de marquer notre adhésion au système démocratique que nous avons librement choisi ». Le président ATT a donc exhorté les populations à s’inscrire sur les listes électorales.

Quant aux partis politiques, aux élus, aux notables, aux organisations de la société civile, aux Maliens de l’extérieur, aux mouvements et associations de femmes et de jeunes…, ils ont été invités à œuvrer au succès de la révision du fichier électoral. Cette opération va s’étendre du 1er octobre au 31 décembre 2006.

Par rapport à la non prise en compte des propositions des femmes par les députés dans l’adoption du nouveau Code électoral, ATT s’est dit convaincu que « une plus grande présence des femmes dans les instances de décision, serait un facteur d’enrichissement du débat politique et démocratique ».

Conscient que « le développement n’a de sens que lorsqu’il est centré sur l’homme et son bien-être », le chef de l’Etat dit accorder « une attention toute particulière » au Projet d’extension du système de sécurité sociale (à travers l’assurance maladie obligatoire), à l’amélioration des capacités de gestion des institutions de sécurité sociale et au développement des mutuelles et autres formes d’organisation, de protection sociale basées sur la solidarité.

Si le pays veut réellement décoller économiquement, il doit consacrer plus de moyens à son agriculture. ATT a touché du doigt les efforts consentis par l’Etat au niveau de secteur vital de l’économie nationale. Il voit en la Loi d’orientation agricole, un « instrument fédérateur qui doit permettre les mutations nécessaires » afin de « transformer radicalement les conditions de vie et de production ».

Pour le locataire de Koulouba, « la décentralisation est un des leviers essentiels de la gouvernance. Elle participe à la réduction du seuil de pauvreté dans notre pays, grâce aux importantes réalisations des collectivités territoriales dans différents domaines, créant ainsi un environnement adéquat, permettant aux populations d’avoir accès aux services sociaux de base et d’accroître leurs revenus ».

Dans les jours à venir, il faudra s’attendre à un nouveau découpage administratif du Mali devenu nécessaire pour consolider les acquis du processus de la décentralisation. « Notre vision du développement intègre les aspirations de chaque couche sociale et chaque partie de notre pays, sans exclusive aucune. Cette politique doit prendre en compte les atouts de chaque entité, dans le cadre d’une redéfinition de la carte administrative de notre pays », a justifié le président ATT.

Ainsi, à l’issue d’études techniques approfondies et de concertations avec les autorités politiques, administratives et surtout les populations, on avance inexorablement vers la création prochaine de nouvelles régions administratives, de nouveaux cercles et de nouveaux arrondissements. L’objectif de ce redécoupage est de rapprocher l’administration des administrés et de corriger certains dysfonctionnements.

L’intégration africaine, les Maliens de l’extérieur, le renforcement des capacités, le renforcement de la bonne gouvernance… ont été largement abordés par le président de la République dans son message à la nation. Un discours sobre pour une fois.
», écrit Les Echos du 25 septembre 2006.

Quant au journal « L’Indépendant », lui estime que le speech présidentiel ne s’est pas envolé au-dessus de la langue de bois traditionnelle…

« Ceux des Maliens qui attendaient que le président de la République leur annonce, dans son discours à la nation, à l’occasion du 46e anniversaire de l’indépendance du Mali, des mesures concernant une amélioration substantielle pour leurs conditions d’existence, en ont été pour leurs frais. Le speech présidentiel qui, il est vrai, n’était pas très attendu, ne s’est pas envolé au-dessus de la langue de bois traditionnelle.

Au chapitre des nouveautés, les Maliens ont eu droit à l’annonce de la création de nouvelles régions administratives, de nouveaux cercles et de nouveaux arrondissements.

Ce redécoupage, a assuré, le président de la République, aura l’avantage de rapprocher l’administration des administrés et de corriger certains dysfonctionnements.

En attendant une analyse approfondie sur le bien-fondé et les conséquences d’une telle initiative, l’on peut constater, en lisant entre les lignes, un frémissement dans le sens de l’affranchissement du locataire de Koulouba par rapport à l’Accord de Kidal dans lequel il s’était enfermé.

Dans cette optique, il a déclaré qu’une conférence sur le développement concernant les trois régions du Nord sera organisée à Kidal, avec pour thème «la sécurité par le développement. Le progrès économique et social est un besoin vital propre à toutes les régions du pays» a-t-il souligné en substance.

L’on voit qu’on est bien loin des accords dits d’Alger qui avaient limité la conférence en question à la seule région de Kidal.

Mieux, ATT, pour une fois, s’est montré intransigeant par rapport à la pérennité de la présence de l’armée sur l’ensemble du territoire national. «Je tiens, cependant, à rassurer notre peuple tout entier, que l’Armée sera présente, au Nord comme ailleurs, pour la défense de l’intégrité territoriale et la sécurité des populations» a martelé le président ATT dans son discours à la nation.

A quelques encablures des élections générales de 2007, ATT a saisi l’occasion pour exhorter les populations à s’inscrire sur les listes électorales et inviter les partis politiques, les élus, les notables, les organisations de la société civile et les Maliens de l’extérieur, les mouvements et associations de femmes et de jeunes, à œuvrer pour le succès de l’opération de révision du fichier électoral, qui s’étendra du 1er octobre au 31 décembre prochain.

Le nouveau code électoral, adopté récemment par l’Assemblée nationale, devrait aider à une bonne organisation des élections à travers les nouvelles dispositions, parmi lesquelles le renforcement du rôle de la CENI, la réduction du nombre d’électeurs par bureau de 700 à 500 électeurs, entraînant une augmentation du nombre de bureaux de vote et, enfin, l’introduction du système de parrainage pour l’élection présidentielle.
», écrit L’Indépendant du 25 septembre 2006.

Au lendemain du 22 septembre, la nation malienne était en deuil.

En effet, vingt-six militants et sympathisants du Mouvement citoyen (une association qui soutient l’action du président de la République ATT), partis à Gao pour prendre part aux festivités du 22 septembre, ont trouvé la mort dans un accident de la circulation entre Somo et San (région de Ségou) dans la nuit du 23 au 24 septembre. Ils ont été portés en terre le lundi 26 septembre 2006 au cimetière d’Hamdallaye. Des funérailles officielles ont été organisées à leur mémoire …

« …L’accident dans lequel ont péri les 26 jeunes Maliens est survenu dans la nuit de samedi à dimanche dans le village de Somo à 25 km de la ville de San lorsque le mini-bus du Mouvement citoyen, qui revenait de l’inauguration du pont de Gao, a été percuté de plein fouet par un car de la compagnie Djiguiya Transport, qui arrivait en sens inverse. Le choc a été favorisé par la mauvaise visibilité due à la pluie qui s’abattait sur la région. Le chauffeur d’un des cars voulait éviter un charretier…», écrit Les Echos du 26 septembre 2006.

« Selon les témoignages recueillis sur place, il pleuvait, la route était glissante et pus grave encore, la visibilité était très faible. C’est dans ces conditions qu’un bus de transport en commun qui venait de San, voulant éviter une charrette, a percuté le minibus du Mouvement citoyen.

Le minibus avait à son bord une quarantaine de jeunes qui venaient juste de quitter Gao où ils avaient pris part aux festivités marquant la commémoration de notre indépendance et en même temps l’inauguration du pont de Gao.

La violence du choc fut telle que les deux véhicules finirent leur chute sur le bas-côté droit de la route. Le bilan de cet accident est assez lourd, 25 tués et une quarantaine de blessés dont 24 graves.

Les secours furent aussitôt organisés : les blessés ont été évacués aux hôpitaux de San et de Ségou, les morts transportés d’urgence au moyen d’une benne à destination de Bamako.

Une fois alertée, les autorités administratives et politiques de notre capitale ont réagi très promptement. La Direction de la protection civile a aussitôt dépêché sur les lieux, quatre ambulances et un véhicule de liaison, renforcés par quatre autres ambulances des CSCOM de la place. Le transfte des corps des victimes de la benne dans les ambulances sera, par la suite, faite en présence du Ministre de la Culture Cheick Oumar Cissoko, rejoint quelques instants plus tard par le Ministre du Développement Social, de la Solidarité et des personnes âgées Djibril Tangara.

Il s’agit des corps de: Issiaka Abdoulaye, Lansana Bagayogo, Vieux Samaké, Amadi Maïga, Boubacar Touré, Abdul Fata Traoré, Salif Niamakoro Fofana, Mohamed Uri, Bakari Coulibaly, Tidiane Kanouté, Famagan Kéita, Boubacar Labasse Touré, Diatigui Fofana, Issiaka Abdoulaye, Faty Seydou Kaza, Mohamed Lamine Koné, Abdoulaye Camara (chauffeur), Moctar Samaké, Moumoutou Diakité, Abdoulaye Sidiki Diakité, Pari Traoré. Plus quatre corps qui n’ont pas été identifiés sur place.

Au niveau de Kasséla, les motards venus escorter les ambulances, facilitèrent leur parcours.

A l’hôpital Gabriel Touré, les plus hautes autorités du pays marquèrent de leur présence l’arrivée du convoi. Il s’agit du président de la République, du Premier ministre, du Ministre de l’Administration territoriale des directeurs et chefs de service sans compter presque tout Bamako qui est sorti en masse.

Des funérailles officielles furent organisées à la mémoire des victimes, le lundi 25 septembre 2006, au cimetière d’hamdalaye.
», écrit L’Indépendant du 26 septembre 2006.