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Le lundi 25 avril 2005, la cérémonie d’ouverture de la 6ème conférence des chefs d’états de l’Autorité du Liptako Gourma (ALP) a eu lieu à Gao, la cité des Askia, dans la salle de conférence de l’école privée catholique  » Sœur Geneviève « . Chacun des trois chefs d’Etat était accompagné de plusieurs ministres, des experts et des responsables politiques et administratifs des régions couvertes par le Liptako Gourma. Le chef de l’état Amadou Toumani Touré a reçu ses homologues, le burkinabé Blaise Compaoré et le nigérien Mamadou Tandja. Actuellement, le président en exercice de l’ALG est Blaise Compaoré, qui a rappelé que la 6è conférence des chefs d’Etat devait se pencher essentiellement sur le bilan de la table ronde des bailleurs de fonds de l’Autorité tenue en mars 2003 à Ouagadougou.

Cette rencontre a été l’occasion de procéder au lancement d’un important programme de développement de l’élevage dans la région du Liptako-Gourma, ainsi de la pose de la première pierre d’un laboratoire d’analyse et de diagnostic vétérinaire, afin d’améliorer les conditions de vie des habitants de la zone du Liptako Gourma.

Les journaux titrent :

 » Sommet du Liptako Gourma : résolument dans le concret
Gao : un accueil délirant « , titre  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

 » Développement sous-régional : l’AGL veut mettre les bouchées doubles « , titre  » L’Essor  » du 28 avril 2005.

 » 6ème Conférence des chefs d’état du Liptako-Gourma, Vers la transformation de l’ALG en un espace économique intégré « , titre  » L’Indépendant  » du 28 avril 2005.

Choix de Gao …
 » Le choix d’une capitale régionale pour abriter une telle rencontre d’envergure résulte de la volonté des présidents des trois pays membres de rapprocher davantage l’organisation des populations bénéficiaires. », écrit  » L’Indépendant  » du 28 avril 2005.

Les Gaois ont reçu les présidents hôtes avec tous les honneurs …
 » En sortant massivement pour acclamer les trois chefs d’Etat, les Gaois ont marqué leur adhésion aux projets de cet instrument d’intégration sous-régionale. Les habitants de la cité des Askia ont réservé un accueil d’une exceptionnelle chaleur aux présidents burkinabé, Blaise Compaoré, et nigérien Mamadou Tandja, venus procéder avec Amadou Toumani Touré au lancement d’un important projet d’élevage à Boulgounjé, le 8è quartier de la ville. Ce lancement s’inscrit dans le cadre du 6è sommet du Liptako-Gourma qui s’est tenu lundi dans la salle de conférence de l’école catholique « Sœur Geneviève » à Gao.

Dès 7 heures, les deux côtés de la route principale qui mène à l’aéroport étaient noirs de monde. Hommes, femmes, jeunes, adultes et vieilles personnes, tous étaient mobilisés. De l’aéroport à l’entrée de la résidence du gouverneur et de là au site du projet, une véritable marée humaine formait deux haies compactes, acclamant les chefs d’État.

C’est à 8h18 précises que le Boeing 737 du président nigérien s’immobilisa le premier sur le tarmac de l’aéroport de Gao. Suivra l’appareil de son homologue du Burkina Faso à 8h27.

Après la cérémonie d’accueil et un petit rafraîchissement dans le salon d’honneur, le cortège des trois chefs d’Etat s’ébranla vers la ville. Des milliers de Gaois massés tout le long du chemin scandaient les noms des chefs d’Etat. Certains suivront même le cortège à pied jusqu’à destination, bravant les consignes de sécurité. Les trois présidents parcourront le trajet jusqu’à leur résidence debout à l’arrière d’un véhicule Toyota pick-up, répondant aux vivats d’une foule au bord du délire.

C’est aux environs de 10h40 qu’ils arriveront sur le site de lancement du projet de développement de l’élevage. Ici aussi, c’était la fête et les Gaois avaient bravé la chaleur écrasante qui semblait vouloir étouffer la ville. « , écrit  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

A leur arrivée dans la cité des Askia, les trois chefs d’État ont gagné le site de lancement du projet sous-régional de développement de l’élevage.

Contexte d’élaboration du programme …

 » Selon une note technique de la direction générale de l’ALG, la production pastorale connaît, depuis des décennies, des bouleversements profonds liés aux effets néfastes des sécheresses. Celles-ci ont, en effet, entraîné une dégradation accélérée de l’environnement et des conditions d’existence des populations et du cheptel. Concertation et coordination faisant défaut entre les différents partenaires et structures, la promotion des activités d’élevage s’en trouve compliquée. C’est dans ce contexte que l’ALG a élaboré ce programme appelé à soutenir les efforts déployés par les pays membres. « , écrit  » L’Essor  » du 28 avril 2005.

Programme sous-régional de développement de l’élevage dans la région du Liptako-Gourma

 » D’un coût de près de 26 milliards de F CFA, ce programme vise à assurer la promotion économique des communautés par l’augmentation des revenus. Il contribuera aussi à garantir durablement la sécurité alimentaire à travers des actions touchant à la formation des producteurs, la réalisation d’infrastructures de santé animale et hydrauliques, la mise en œuvre de programmes de gestion des aménagements pastoraux, le désenclavement de la zone et l’amélioration de la communication par les radios locales.

Le programme est conçu pour permettre, à terme, une amélioration de la production et de la productivité du cheptel, la transformation des produits animaux, un appui aux services vétérinaires et aux organisations paysannes, la réalisation d’infrastructures et d’aménagements pastoraux. « , écrit  » l’Essor  » du 26 avril 2005.

 » Le programme couvre le Sahel burkinabé (les provinces du Soum, de Séno, du Yagha et de l’Oudalan), le Gourma malien (Gossi, In Tillit et Tessit) et la région du Centre-Est du Niger (Téra, Tillabery, Dosso et Gaya). Ses objectifs suivent six axes principaux : la formation des producteurs, la réalisation d’infrastructures de santé animale, la réalisation d’infrastructures hydrauliques, la mise en oeuvre de programmes de gestion des aménagements pastoraux, le désenclavement par des infrastructures routières, l’amélioration de la communication par des radios locales.
Le financement est assuré par la Banque islamique de développement (BID) pour un coût total de 26 milliards de Fcfa en vertu d’accords de prêt signés durant le premier semestre 2004. La part des pays dans le montage du financement retient pour le Burkina Faso, près de 5,7 milliards de Fcfa (11,2 millions de dollars), pour le Mali 5,8 milliards de Fcfa (11,5 millions de dollars) et pour le Niger 5,4 milliards de Fcfa (10,7 millions de dollars). Un total d’environ 17 milliards de Fcfa a ainsi été mobilisé par la BID.
Une autre institution financière, le « FRDC », a manifesté son intention de mettre 6,75 milliards de Fcfa au pot. Le FAGACE va examiner la possibilité de bonifier les intérêts des prêts sur financement FRDC.

Les résultats attendus sont l’amélioration de la production et de la productivité du cheptel, la transformation des produits animaux, l’appui aux services techniques d’élevage, aux organisations paysannes par la formation et à l’accès au crédit. L’autorité prévoit de réaliser un grand nombre d’infrastructures dans la zone couverte par le programme et d’aménager les aires de pâturage.
En plus de ce programme, l’organisation sous-régionale a dans ses dossiers plusieurs autres projets parmi lesquels un important volet de communication portant sur la réalisation d’un vaste réseau routier dans la zone couverte par l’organisation sous-régionale. Les experts de l’ALG, cités par la note technique, jugent que la valorisation des potentialités, notamment agro-pastorales, de la région de Liptako-Gourma, passe par une organisation rationnelle de son espace. Celle-ci, précisent-ils, nécessite une infrastructure de communication qui désenclavera la région et mettra en contact les différentes zones.

Ce programme devrait coûter 18,3 milliards de Fcfa. Déjà, la Banque Arabe pour le Développement en Afrique (BADEA) s’intéresse à la réalisation des études de faisabilité socio-économique et environnementale de 441 km de routes (pas loin de 260 millions de Fcfa).

La mise en oeuvre du programme se fera progressivement en fonction de la mobilisation du financement, précise la note qui met l’accent sur la valorisation attendue des potentialités agricoles, pastorales et minières.
Les efforts de désenclavement porteront aussi sur le bitumage du tronçon Ayorou-Gao (243 km) et la réfection de réseaux d’assainissement dans les villages riverains. Les conditions de circulation entre Niamey, Tillabéry, Ayorou (Niger) et Ansongo-Gao (Mali) devraient s’en trouver améliorées. La route assurera une desserte permanente des riverains du fleuve Niger et impulsera leurs activités économiques. Elle favorisera l’importation des marchandises en provenance des ports du Nigeria, du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo en direction du Septentrion de notre pays en transitant par l’ouest du Niger. Un peu plus de 34 milliards de Fcfa seront nécessaires à ce projet. Le FED les fournit et le dossier d’appel d’offres est déjà disponible.

La direction générale de l’ALG a entamé des études de faisabilité pour différents projets du volet « navigabilité » et « télécommunications ». Notre pays, par exemple, s’intéresse à la navigabilité et a déposé une requête de financement auprès de la BOAD pour en financer les études de faisabilité (400 millions de Fcfa).

Sans être véritablement engagée, la Banque Ouest Africaine de Développement est déjà partie prenante dans le volet « télécommunications » puisqu’elle va organiser un atelier de concertation entre les opérateurs de télécommunications pour susciter leur intérêt pour les nouvelles technologies de la communication. À l’issue de cet atelier, la BOAD décidera ou non de financer les études de faisabilité du volet « télécommunications ». », écrit  » L’Essor  » du 28 avril 2005.

 » Le programme ainsi lancé va développer l’élevage dans la zone. Le financement de 26 milliards de Fcfa avait été bouclé lors de la table ronde des bailleurs de fonds, tenu le 21 mars 2003 à Ouagadougou. « , écrit  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

Réactions de Blaise et ATT, par rapport à ce programme

 » Dans son mot de bienvenue, le président Amadou Toumani Touré a salué ce tournant dans la vie des quatorze millions de Nigériens, de Burkinabés et de Maliens résidant dans la zone, avant de souhaiter que ce programme remodèle le visage du Liptako-Gourma au profit des éleveurs.
Pour le président burkinabé Blaise Compaoré, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat de l’Autorité, et qui à ce titre a officiellement procédé au lancement solennel du programme, c’est là, le signe de la marche en avant de l’Autorité du Liptako-Gourma. « , écrit  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

Pose de la première pierre d’un laboratoire d’analyse et de diagnostic vétérinaire par les chefs d’états …
 » Après le lancement du projet, les chefs d’Etat ont procédé à la pose de la première pierre d’un laboratoire d’analyse et de diagnostic vétérinaire. Ce laboratoire qui coûtera 450 millions de Fcfa constitue l’une des composantes du programme pour le Mali. Il effectuera toutes les analyses relatives aux maladies bovines dans la zone.
Celles-ci, expliquent les experts du ministère de l’Élevage et de la Pêche, sont effectuées actuellement à Bamako. Les mêmes techniciens relèvent que notre pas est certes un pays d’élevage mais d’élevage extensif. Les animaux se déplacent de pâturage en pâturage et quand une épidémie éclate dans une zone, le temps d’acheminer les échantillons de souche à Bamako, beaucoup de troupeaux sont décimés.

D’où, la nécessité de construire un laboratoire proche des éleveurs. Ce laboratoire servira aussi bien les éleveurs de notre pays qu’à ceux des deux autres membres de l’organisation. « , écrit  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

Extraits des Discours de Blaise et de ATT lors de la cérémonie d’inauguration
 » Dans leurs discours, les présidents Blaise Compaoré et Amadou Toumani Touré se sont félicités de l’évolution de l’Autorité du Liptako-Gourma, laquelle s’impose comme un véritable outil d’intégration régionale. …
Blaise Compaoré (NDLR) a rappelé que la conférence des chefs d’États, tenue à Bamako en décembre 2000, avait décidé de l’organisation d’un sommet extraordinaire et d’une table ronde des bailleurs de fonds de l’ALG pour mobiliser le financement de 8 projets et programmes dont la mise en œuvre contribuerait de façon significative à améliorer les conditions de vie des populations.
Le président Amadou Toumani Touré a indiqué qu’au regard des défis liés à la mondialisation, le processus d’intégration de nos pays constitue un immense chantier qui nécessite beaucoup de volontarisme. A ce propos, il s’est engagé à s’investir activement pour concrétiser cette volonté affichée par notre pays depuis son indépendance. « En mettant en commun nos moyens autour de projets d’intégration comme celui de l’élevage, nous créons les conditions d’un développement solidaire de nos populations », a souligné Amadou Toumani Touré. « , écrit  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

Thèmes traités lors de cette 6ème conférence …
 » Au cours de leurs travaux, les chefs d’Etat ont examiné les conclusions de la sixième session extraordinaire du conseil des ministres qui avait eu lieu le 23 avril et qui avait regroupé Seydou Bouga ministre de l’économie et du développement du Burkina Faso et président du conseil des ministres du Liptako Gourma, Ahmed Diane Séméga ministre de l’énergie, des mines et de l’eau du Mali et Jina Moussa Abdoulaye ministre des ressources animales du Niger. Ce conseil des ministres fut aussi précédé de la rencontre des experts, les 21 et 22 avril toujours à Gao. « , écrit « L’Indépendant  » du 28 avril 2005.

Extrait du communiqué final publié à l’issue des travaux
 » Dans le communiqué final publié à l’issue de leurs travaux, les chefs d’Etat se sont félicités de la mise en œuvre de l’important programme régional de développement de l’élevage.

Pour ce qui est du programme d’aménagement du bief fluvial Tombouctou-Gaya, Blaise Compaoré, Mamadou Tandja et Amadou Toumani Touré ont relevé les efforts déployés et exhorté l’Autorité du Liptako-Gourma à s’investir davantage pour jouer un rôle actif dans le pilotage des ouvrages prévus. Ils ont aussi demandé à la direction générale de l’Autorité de focaliser ses efforts sur des programmes et projets majeurs afin de permettre à l’ALG de devenir réellement l’instrument d’intégration capable de réaliser des investissements structurants.

Amadou Toumani Touré, Blaise Compaoré et Mamadou Tandja ont donné instructions au conseil des ministres de mener une étude sur la transformation de l’Autorité du Liptako-Gourma en un espace économique intégré couvrant les trois pays.
Ils se sont réjouis de la disponibilité des partenaires techniques et financiers à accompagner l’Autorité dans ses efforts de lutte contre la pauvreté.
Auparavant, à l’ouverture du sommet, Amadou Toumani Touré s’était félicité dans un mot de bienvenue, du fait que les trois États aient perçus très tôt la nécessité de conjuguer leurs efforts dans la lutte contre la pauvreté et pour l’intégration sous-régionale. La rencontre de Gao offre, a-t-il estimé, une occasion de réaffirmer la conviction que l’Autorité du Liptako-Gourma représente un instrument privilégié de coopération, de développement et de stabilité pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger. ATT saluera le lancement du programme de développement de l’élevage dans la région du Liptako-Gourma, preuve de cette dynamique forte qui s’installe.

A sa suite, le président Blaise Compaoré, dans son discours d’ouverture, rappellera que la 6è conférence des chefs d’Etat devait se pencher essentiellement sur le bilan de la table ronde des bailleurs de fonds de l’Autorité tenue en mars 2003 à Ouagadougou, une table ronde dont il a salué la qualité de l’encadrement technique. En dépit d’un contexte sous-régional et international difficile, l’Autorité du Liptako-Gourma a, en effet, mobilisé de nombreux partenaires au développement en faveur des populations.
Le président du Faso a ensuite invité au maintien d’un dynamisme et d’une capacité d’adaptation dans notre espace sous-régional face aux mutations du monde actuel. « La pauvreté n’est pas une fatalité et c’est à force de travail et d’initiatives créatives que nous pourrons offrir toutes les chances à nos pays de réunir les conditions indispensables à leur développement économique », a dit le président Compaoré.

Dans ce domaine, l’Autorité du Liptako-Gourma est sur la bonne voie. Les fonds mobilisés à ce jour avoisinent les 95 milliards de Fcfa. Même si tous les financements nécessaires à la réalisation des projets identifiés comme prioritaires ne sont pas bouclés, l’espoir reste permis, conclura Blaise Compaoré. « , écrit  » L’Essor  » du 26 avril 2005.

 » Dans le communiqué final issu de leur 6ème conférence, les chefs d’Etat, se sont félicités de la mise en œuvre de l’important programme régional de développement de l’élevage. S’agissant du programme d’aménagement du bief fluvial Tombouctou – Gaya, ils ont exhorté l’Autorité du Liptako – Gourma (ALG) à s’investir davantage pour jouer un rôle actif dans le pilotage de la réalisation des ouvrages.
De même, les chefs d’Etat ont invité l’ALG à focaliser les efforts sur des programmes et projets majeurs afin de permettre à l’organisation de devenir réellement l’instrument d’intégration pour réaliser des investissements structurants.

Tenant compte des spécificités des trois pays membres, ils ont donné instruction au conseil des ministres de mener une étude en vue de la transformation de l’ALG en un espace économique intégré. Par rapport au financement des initiatives allant dans le sens de la lutte contre la pauvreté, la conférence s’est réjouie de l’accompagnement et la disponibilité des partenaires techniques et financiers.

La situation en Côte d’Ivoire et au Togo a été évoquée. Ainsi, pour la première, la conférence a salué la signature récente de l’accord de Pretoria entre les différents protagonistes de la crise. Pour le second, ils ont renouvelé leur soutien aux positions de la CEDEAO et de l’Union Africaine.

Très satisfait des conclusions de cette 6ème conférence, le président du Burkina Faso et président en exercice de la conférence des chefs d’Etat a salué cette nouvelle dynamique amorcée et qui commence à porter fruit avec l’élargissement du cercle des partenaires techniques et financiers et la confiance qui s’est accrue entre les parties. « , écrit  » L’Indépendant  » du 28 avril 2005.

Les présidents Blaise Compaoré et Mamadou Tandja, ont été faits citoyens d’honneur de la ville de Gao.

Rendez-vous a été pris à Tilabery au Niger en 2006, pour la 7ème conférence des chefs d’Etat.