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« ATT-cratie : La promotion d’un homme et de son clan », un livre qui crée beaucoup de remous dans notre pays


A huit mois de la fin de son mandat, le 8 juin 2007, le président de la République Amadou Toumani Touré fait visiblement l’objet de multiples tentatives de déstabilisation avec la publication d’un pamphlet sous le titre accusateur « ATT-cratie : la promotion d’un homme et de son clan », qui a été publié aux éditions L’Harmattan et qui a été signé sous le pseudonyme du « Sphinx ».

La question que tous les maliens se posent est la suivante : Qui sont les commanditaires et les exécutants de ce livre ? Que veulent-ils réellement?

Bref, vu les nombreuses réactions des maliens, publiés dans la presse, nous pouvons dire, que ce livre suscite une grande polémique au sein de l’opinion publique de notre pays.

Les journaux titrent :

Les Echos du 24 octobre 2006 : « Le Sphinx » se dévoile enfin : La Sécurité d’Etat aux trousses d’ATT ».

L’Indépendant du 25 octobre 2006 : « Edito : Comme Oedipe, ATT va-t-il résoudre l’énigme du sphinx ? ».

L’Indépendant du 25 octobre 2006 : «ATT-Cratie: La promotion d’un homme et de son clan», Le Sphinx frappe de nouveau.

Les Echos du 26 octobre 2006 : « Le Sphinx » dédicacera le tome II de « ATT-cratie » au CICB ».

Les Echos du 26 octobre 2006 : « Modèle de gouvernance au Mali, Où est notre ATT ? ».

L’Indépendant du 26 octobre 2006 : « Réaction outragée d’un citoyen lambda face a l’«Att-cratie…» Halte aux théories ostracistes et à l’appel au chaos ! ».


L’Indépendant du 26 octobre 2006 :
« Lettre ouverte au «futur ancien président» du Mali, «Le deuxième tome d’«ATT-cratie…» sera dédicacé au CICB».

L’Indépendant du 26 octobre 2006 : «ATT-cratie : La promotion d’un homme et de son clan», «Au lieu d’inciter les Maliens à la sédition, le Sphinx ferait mieux de se démasquer».

Le Républicain du 26 octobre 2006 : « ATT-cratie : soyons sérieux ! ».

Le sphinx égyptien …

« Tout comme le fit naguère cet être mythique dont la statue colossale trône actuellement sur pyramide de Gizch tout près du Caire. En effet, ce monstre hybride originaire de l’ancienne Egypte qui se présente sous l’aspect d’un chien ailé à Custe et une tête de femme, soumettait une énigme aux voyageurs se rendant à Thèbes et les dévorait s’ils ne trouvent pas la bonne réponse. A ce titre, il était particulièrement redouté par les Grecs. Mais un jour Oedipe réussit à résoudre l’énigme du sphinx et le sphinx accourut.

Aujourd’hui, ATT est confronté au même problème : ou il résout l’énigme du sphinx ou il en prend un sale coup lors de l’élection présidentielle de 2007. Et ce sera la fin d’un règne à Koulouba. Car pour vaincre un adversaire, encore faut-il connaître. Même à l’heure actuelle qui peut parier sur l’identité des auteurs qui se cachent derrière ce monstre même si un groupe de personnes se réclamant de la sécurité d’Etat vient de se signaler à l’attention de l’opinion publique. Aussi, la première énigme du sphinx c’est l’identité du sphinx lui-même.
», écrit L’Indépendant du 25 octobre 2006.


Le sphinx malien, ATT trouvera-t-il la bonne réponse à l’énigme du sphinx …

« Qui est-il ou qui sont-ils ? Ce n’est pourtant pas le monstre du Loch Ness dont tout le monde a entendu parler mais que personne n’a jamais vu. Chacun à sa manière. Des criminologues comme Kissima Gakou, conseiller technique au ministère de la Défense, ont même dressé le portrait-robot de l’être mythique comme s’il s’agissait d’un tueur à gage. Une imagination digne de Sherlock Holmes.

En attendant de mettre des noms sur ces figures anonymes, le sphinx continue de faire d’étranges victimes. Tour à tour IBK, le colonel Sambou Soumaré et Boubèye Maïga ont été accusés d’être les auteurs ou à tout le moins, les inspirateurs de « ATT-cratie, la promotion d’un homme et de son clan ». Silence méprisant du premier, réponse cinglante du second tandis que le troisième a choisi de tester en justice contre son accusateur.

Pendant que le principal accusé, ATT observe un silence de cimetière dans son bunker de Koulouba. Aveu d’impuissance ? L’adage dit que celui qui ne parle pas consent. A force de se taire, le président en rajoute au suspens si l’on sait que les « auteurs » promettent chaque mois de faire des révélations croustillantes. Il joue donc au feu en prêtant le flanc aux critiques. Toutes choses qui vont jouer négativement sur sa côte en 2007.

Et ce serait fort étonnant de la part d’un homme qui a déjà pris goût aux délices du pouvoir, de vouloir faire un grand plongeon dans l’abîme. Ce d’autant plus que se dessine en filigrane un combat d’arrière garde que les ATTcrates ont décidé de mener, par pur esprit de revanche, pour le faire tomber de son piédestal.

Alors de deux chose l’une : ou ATT trouve la bonne réponse à l’énigme du sphinx ou il court à sa perte.
», écrit L’Indépendant du 25 octobre 2006.


Le sphinx frappe de nouveau…

Après la parution du livre « Att-cratie : La promotion d’un homme et de son clan », dans les différentes rédactions de la place, une correspondance a été déposée dans laquelle, un groupe d’agents actifs ou anciens de la Sécurité d’Etat (SE) affirme être l’auteur du livre.
Patriote, il se dit décidé à étaler sur la place publique toutes les bassesses des réseaux mafieux qui gravitent autour du régime en place et qui mettent à terre l’Etat malien aux plans économique, social, culturel et humain. Les pratiques de corruption, de clientélisme, de concussion… sous ATT seront, promet-il, largement évoquées.

Pour lier l’acte à la parole, le groupe aborde aujourd’hui le cas de la Cellule d’appui à l’informatisation du secteur financier (CAISF) …

« Nous sommes « Le Sphinx » !!! Pas besoin de faire déplacer quelqu’un à Paris comme nos élites ont toujours l’habitude de le faire quand l’incertitude prend possession de la conscience. Nous sommes un groupe d’agents actifs et ex-agents de la Sécurité d’Etat (SE) opérant à Bamako et dans un réseau national bien implanté et équipé. Notre rôle n’est pas d’ausculter le caractère d’une personnalité mais de mettre en lumière ses faits et actions dans le contexte de son devoir et responsabilité.

Oui nous ne pouvons plus servir la médiocrité, mais nous continuerons à servir la sécurité de la nation.
La première menace imminente pour la nation malienne est l’implosion sociale avec tous ses aléas connus. Cette menace est en majeure partie engendrée par l’incompétence vénale des « élites » accompagnée d’une culture de corruption chronique, d’un clientélisme bien orchestré et d’un incivisme inquiétant.

Cependant, nous nous sommes donnés pour tâche de rendre publics les résultats de nos enquêtes que la classe dirigeante nationale met sous censure. Ainsi est scellé le destin de la nation pour et par la sécurité de l’Etat.
Pour aujourd’hui, l’affaire qui va être révélée concerne le ministère des Finances (MEF), la direction générale des marchés publics (DGMP), la Cellule d’appui à l’informatisation du secteur financier (CAISF).

Bien que la plupart des Maliens savent ce qu’est le MEF, la DGMP, très peu savent ce que fait exactement la CAISF. La CAISF est une de ces innombrables cellules dévoreuses de fonds publics que l’élite dirigeante a su mettre en place et de façon légale pour non seulement détourner les fonds des crédits (IDA, Banque mondiale, Fed…), mais surtout pour mettre le Trésor malien à mal.

La CAISF est une cellule qui a survécu à au moins 3 ministres des Finances mais personne au Mali ne sait exactement quel projet informatique a exactement été achevé par cette cellule. Il ne faut surtout pas avoir le malheur de demander après un bilan des activités de la cellule car il n’existe pas sous la forme standard connue.
Comment une telle structure administrative peut-elle survivre à tant de ministres sans être redevable de bilan d’activité ? Ainsi commence notre enquête sur cette structure et ses ramifications.

Depuis 2004 il existait un projet d’informatisation de la DGMP en général et plus particulièrement l’informatisation des procédures de passations des marchés publics. Le directeur de la DGMP était alors M. Binafou Touré. Selon les informations fiables dont nous disposons, les termes de références de ce projet avaient été élaborés à l’extérieur par un informaticien malien au Luxembourg qui, ensuite, les fournissait sans rémunération vérifiable au département informatique de la DGMP.

Un appel d’offre restreint national fut lancé et le marché semblait être accordé à la société de droit malien qui avait élaboré le CD-Rom sur les codes et actes de passations des marchés publics.
L’accord du ministre des Finances en la personne de M. Abou-Bakr Traoré était alors nécessaire pour un projet estimé à 120 000 000 de nos francs. C’est ainsi que le directeur de la CAISF en la personne de M. Chérif Mohamed Kéita sur demande d’avis du ministre ordonna une suite défavorable à l’octroi du marché avec l’argument qu’il n’était pas informé du projet et que le dossier d’un tel projet exige l’élaboration d’un cahier de charges bien « étoffé ».

Quel gâchis pour les membres de la DAF (comité de dépouillement) du MEF qui voyaient impuissamment le gâteau fondre sous leurs yeux.
Alors dans la foulée, la société élaboratrice des CD-Rom fut mise de côté pour des raisons d’usage de faux document.

C’est alors que les démons de l’affairisme orchestré ont commencé leur besogne selon la tradition connue. Ainsi sous l’impulsion de la CAISF et du DG de la DGMP, un nouvel appel d’offre restreint fut lancé.
A la différence du premier, celui-ci semblait être international. Sur la liste des entreprises présélectionnées se trouvaient 2 sociétés sénégalaises (bien sûr sans aucune référence au Mali) une société luxembourgeoise (qui avait élaboré les termes de références et en réalité réalisé les CD-Rom de la DGMP) et le reste était des sociétés maliennes.

Mais comment se sont retrouvées des sociétés sénégalaises n’ayant aucune référence dans le domaine sur cette liste d’appel d’offres ?

Nous avons après 2 jours d’enquête, décelé que ces sociétés avaient été choisies par le DG de la DGMP en personne avec l’appui du directeur de la CAISF. En fait, l’appel d’offre avait été organisé pour fournir une légitimité à la magouille. Les autres sociétés ayant senti très tôt l’odeur du soufre malien n’ont pas jugé nécessaire de postuler pour ce marché de dupe.

On n’a pas besoin d’être un initié pour comprendre qu’il s’agit d’un cas plausible de clientélisme. Il fait noter que le directeur de la CAISF avait servi à la BCEAO à Dakar et qu’il était détaché auprès de l’Etat malien et cela lorsque son ami M. Soumaïla Cissé était devenu ministre des Finances.
Ainsi le marché fut attribué avec l’aval du MEF à une société sénégalaise, comme convenu entre le directeur de la CAISF et le DG de la DGMP.

A l’occasion, le neveu du directeur de la CAISF en la personne de M. Mamadou Koné qui était également l’ami du DG de la DGMP fut nommé en qualité de détaché technique auprès de la DGMP bien qu’il n’avait pas en tant qu’informaticien la compétence requise pour ce projet.

Ce neveu n’étant pas mentionné dans le registre des fonctionnaires ne pouvait être qu’un employé de la CAISF, mais sur la base de quels critères est-il devenu employé de la CAISF ? Tout compte fait, confier un projet de plus de 100 000 000 F CFA à une personne qui avait une formation de bac+2 et sans expérience professionnelle est un acte normal au Mali. Finalement bouffer de l’argent ne nécessite pas d’expérience professionnelle.

Bien évidemment le projet fut un échec et comme toujours aucun bilan n’existe à ce jour et les différents acteurs se sont bien chamaillés, chacun accusant l’autre d’être responsable de l’échec du projet.
Entre-temps le DG de la DGMP a été remplacé par un autre et est devenu conseiller du ministre des Finances.
La CAISF continue d’exister et son directeur peut continuer de savourer l’existence en attendant le projet à dévorer. Finalement il n’a pas de compte à rendre à personne. Vive l’Etat !!!

Les enquêtes n’ont jamais conduit à une prise de décision, le pillage de deniers publics et la délinquance financière étant institutionnalisés au Mali. A bas le peuple !
Ainsi se perpétue la médiocrité de l’appareil administratif, de ce qui reste encore d’un Etat malien et ainsi nos enfants seront contraints de partir loin et très loin et cela même au prix des noyades, de l’humiliation de l’immigration clandestine.

La nation est en péril si l’Etat devient médiocre.

Mais « Le Sphinx » est là maintenant pas pour sauver la nation car seul il ne pourra jamais mais il peut contribuer à choquer l’Etat car les secrets et les censures seront mis sur la place publique et chaque citoyen devra prendre et assumer sa responsabilité. Chaque mois verra son lot de révélations. Inch Allah !

Aucun politicien, politicienne de l’arène nationale n’est actuellement à l’abri de nos révélations avec des preuves à l’appui. Que Dieu nous donne encore le privilège de vivre encore l’après ramadan. « Le Sphinx » !

Pour le salut de la patrie et au nom de la sécurité de la nation. », écrit Les Echos du 24 octobre 2006.


Pourquoi avoir écrit un tel livre, à pareil moment…

« A huit mois de la fin de son mandat, le 8 juin 2007, le président de la République Amadou Toumani Touré fait visiblement l’objet de multiples tentatives de déstabilisation : publication d’un pamphlet sous le titre accusateur « ATT-cratie : la promotion d’un homme et de son clan », diffusion de tracts, lynchage médiatique. Le tout sur fond subversif. Une vaste campagne en cours vient s’ajouter à d’autres du genre qui ont émaillé cette année 2006, où ATT a été constamment pris pour cible, notamment après la signature de l’accord d’Alger. Alors questions : qui sont les commanditaires et les exécutants de ces entreprise de déstabilisation ? Que veulent-ils ? Réunir les conditions en vue d’empêcher Amadou Toumani Touré de briquer et éventuellement d’obtenir un second mandat ? Créer les conditions d’une révolte en vue d’écourter son mandat actuel ? Créer des troubles afin d’empêcher la tenue des prochaines élections présidentielles et législatives ?

Notre pays s’apprête en effet à organiser courant 2007 des élections. Il s’agira pour les Maliens d’élire un président de la République pour un mandat de 5 ans et de procéder au renouvellement de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, le constat est là : le Malien moyen de Kayes à Kidal se soucie peu de l’agenda politique. Avoir un toit, faire face aux dépenses d’une famille (généralement nombreuse chez chaque malien), avoir un emploi ou s’émigrer pour les jeunes : voilà, entre autres, les préoccupations essentielles de l’heure d’une grande majorité de nos compatriotes. Eux gardent naturellement leurs distances par rapport à tout ce qui est ou sent la politique.

C’est dire que sur le plan social, malgré les difficultés, règne une accalmie synonyme de paix et de quiétude sociales. A l’opposé, une forte agitation gagne le champ politique. Les élections pointent. Elles s’annoncent rudes. Ce qui explique sans doute cette montée du mercure dans certains milieux de la capitale. Dans cette atmosphère que certains veulent incontestablement rendre délétère, tous les coups semblent permis. Comme dans un champ de bataille, la cible est désignée : Amadou Toumani Touré. Plusieurs scenarii sont mis en oeuvre.

Le visible : c’est, dans un premier temps la publication d’un pamphlet, loin du pays et dont le (s) auteur(s) ont pris soin de (signer ?) à visage couvert. Nul besoin ici d’épiloguer sur le contenu et les motivations réelles de ce pamphlet. Le manque de courage et de vertu (fondement de la société malienne) sont évidents de la part de ceux qui ont pris le Sphinx comme camouflage. Après ce coup d’essai, la deuxième phase de l’opération déstabilisation du président de la République a été enclenchée la semaine dernière.

Elle (l’opération) est exécutée par la diffusion de tracts envoyés dans les salles de Rédaction de certains organes de la place. Des tracts qui accusent, diffament, vilipendent et mettent en indexe un homme, si ce n’est sa famille, son « clan » ou tout simplement son régime. Le masque est tombé : l’objectif recherché par le ou les auteurs de cette vaste campagne est de provoquer la colère des Maliens à tous les niveaux. Si ce n’est un appel à la révolte populaire. Tout y passe.

Rarement dans notre pays un homme politique, une Institution qu’est le président de la République, n’ont fait l’objet d’autant d’attaques, d’insultes, de calomnies. Rarement un chef d’Etat au Mali et ailleurs n’a fait l’objet d’autant d’acharnement de la part d’un « ennemi » invisible, mais visiblement prêt à tout. Pour preuve depuis quelques mois le scénario était enclenché, comme dans une série policière.

Du début à maintenant, le coupable est le même dans la série : Amadou Toumani Touré. Au début était la gestion de la crise de Kidal. Il fut coupable d’avoir signé l’accord d’Alger, coupable d’avoir pacifiquement géré cette crise, coupable d’avoir « vendu » le Mali. Bref : ATT a été accusé de tous les pêchés d’Israël. Faute d’avoir obtenu un soulèvement après la signature de cet accord, il fallait trouver d’autres sources de mécontentement des Maliens. Tiens, un livre à scandale pourrait bien faire l’affaire. Pour quoi pas ? Le schéma est tracé. Il est savamment exécuté, toujours comme dans une série policière.

Dans ce contexte, le Malien ordinaire – celui-là qui a autres choses à faire – ne prête nullement attention aux intrigues et autres luttes de conquête du pouvoir qui ébranlent certains milieux de la capitale. En dehors de Bamako, les Maliens à l’intérieur (ils sont majoritaires) continuent à vaquer à leurs affaires. Le pouvoir est loin d’être leurs préoccupations premières. En réalité l’agitation en cours ne touche qu’un cercle restreint de la capitale. Un cercle qui pour des raisons évidentes est sur le pied de guerre et qui a décidé d’ouvrir les hostilités.

Dans son action, ce cercle exploite à souhait certaines situations actuelles qui ont des allures d’évidences. La première évidence : l’autorité de l’Etat a pris un sacré coup depuis quelque temps. « Il faut prier que le Président puisse sortir de la logique qui est la sienne depuis son accession au pouvoir : ne pas faire de mal et être avec tout le monde », ces propos d’un inconditionnel du Président Touré, traduit en fait un sentiment quasi unanime des Maliens.

La situation actuelle du Mali se traduit malheureusement par un manque ou de l’absence totale d’autorité. Le fait est reconnu à tous les niveaux. Cette situation inquiète plus les partisans du Président que ses pourfendeurs qui en abusent. Un haut gradé de la police fait cette remarque : le désordre profite toujours au voleur… Le manque d’autorité se traduit actuellement à tous les niveaux.

Aucun responsable (civil ou militaire) ne veut ou refuse de s’assumer. Tout le monde a démissionné. L’important pour chacun étant de sauver son fauteuil. Alors tant pis, si le Président prend des coups ! Voilà le leitmotive. Les adversaires du Président Touré, sans doute conscients de cette absence d’autorité, se livrent à coeur joie, sans peur. C’est ici au Mali qu’on peut s’attaquer impunément à toutes les Institutions de la République.

Chez ici, qu’on peut insulter, sans crainte, ces mêmes Institutions. C’est encore chez nous, qu’on s’arrose le droit de traiter le chef de l’Etat, les dirigeants et autres chefs militaires de tous les noms d’oiseaux. En toute impunité. Où est donc l’autorité de l’Etat. Il est temps, sinon grand temps, que chacun s’assume. Le président de la République en premier. A sa suite, certains responsables maliens sont appelés à se remettre en cause. A défaut, ils doivent simplement avoir le courage de rendre le tablier.

La deuxième évidence presque identique à la première : la situation actuelle s’explique par le choix des hommes opéré par ATT à certains niveaux de responsabilité. De son arrivée au pouvoir à maintenant, le chef de l’Etat a souvent fait confiance à des hommes qui n’ont pas répondu à ses attentes, ni dans la conduite des affaires, encore moins dans leur soutien à son endroit. Ces hommes, dans la plupart des cas, occupent des postes stratégiques dans l’appareil d’Etat. Aujourd’hui, le constat est là : le Président ne dispose véritablement d’aucun fusible. Il est le seul à prendre toutes les « décharges électriques » venant du camp adverse.

Ainsi, des changements à certains niveaux de l’Etat s’avèrent aujourd’hui nécessaires, voire impérieux en vue d’une reprise en main véritable des affaires de l’Etat. Des changements qui doivent inéluctablement commencer par un changement de comportement du principal concerné, Amadou Toumani Touré, lui-même. Après quatre ans d’exercice du pouvoir, ATT doit maintenant se rendre à l’évidence : On ne peut gouverner avec tout le monde. On ne peut s’entourer de n’importe qui, encore moins gouverner dans un cafouillage ambiant où tous se réclament du Président. Enfin la troisième évidence : c’est l’ouverture précoce de la campagne électorale. Si ATT s’est gardé jusqu’ici de se prononcer sur sa propre candidature, c’était justement pour éviter à la fois l’ouverture des hostilités et d’être la cible de ses adversaires.

Peine perdue. ATT doit désormais composer avec l’adversité. La publication du pamphlet et la publication de tracts traduisent un fait : les hostilités ont bel et bien débuté. Dans cette logique la finalité recherchée par les auteurs est sans équivoque : affaiblir l’homme avant qu’il ne se déclare candidat à sa propre succession. Le coup peut être politiquement dangereux pour eux. Car les Maliens ont une sainte horreur de l’acharnement.

Or au rythme de l’évolution de la situation, le sentiment dominant chez nos compatriotes est que quelque part, un homme (seul) est justement victime d’un acharnement dont le seul objectif est la conquête du pouvoir par tous les moyens, y compris ceux déloyaux.

Dans cette atmosphère, les acteurs de tous bords, se doivent de garder à l’esprit qu’au dessus de leurs propres intérêts, il y a l’intérêt du Mali. Cela est-il compris de tous ? C’est là la question. C.H Sylla
» , écrit Le Républicain du 27 octobre 2006.


Réactions de nombreux maliens suite à la publication du livre « ATT-cratie : la promotion d’un homme et de son clan »

« Je suis un citoyen outré à la lecture d’un livre pour lequel je n’ai pas l’intention d’apporter un droit de réponse, mais qui n’impose un devoir de réaction citoyenne.

Je voudrais être très clair dès le départ : je n’ai pas voté pour Amadou Toumani Touré lors des élections présidentielles de juin 2002, je n’appartiens à aucun mouvement de soutien au Président de la République, je ne suis adhérent à aucun parti politique malien et je ne suis pas «de caste» pour autant que cette expression à connotation avilissante sous la plume de «Le Sphinx» ait une signification.
Je suis un citoyen malien outré à la lecture d’un livre pour lequel je n’ai pas l’intention d’apporter un droit de réponse, mais qui m’impose un devoir de réaction citoyenne.

Sur la forme ce livre est, disons le franchement, mal écrit et porte sur une somme étonnante d’informations qui, parce qu’elles ont été rapportées sur le ton de la rumeur, du ragot et de l’expression subjective et haineuse ; sans preuves ni sources exprimées, perdent toute valeur d’informations pour n’être que calomnie. Et tout cela sur quel ton à l’adresse d’un Président de la République en fonction, pour quelqu’un qui s’offusque du non respect par ce dernier des Institutions de la République !

Le respect des institutions d’un pays passe aussi par celui des personnes qui les incarnent, lorsqu’elles sont en fonction tout au moins.

Mon intention n’est pas d’apporter un démenti, ni même une réponse, à ces informations. Il me semble que le « clan ATT » saura le faire car il en est de sa responsabilité, et pour autant qu’il juge qu’il en vaille la peine.

Mon outrage porte sur deux points précis de ce pamphlet : l’un au début et l’autre à la fin de l’ouvrage.

Page 13: «I. L’homme : ATT»

«Issu d’une famille de caste, le Général ATT a connu une enfance difficile. Cette origine sociale est d’une importance capitale dans une société comme le Mali qui est fortement ancré (sic) dans la tradition. En effet, beaucoup de sages au Mali pensent, eu égard à son rang social, que quelle que soit la volonté d’ATT, il ne pourra jamais faire avancer ce pays. De leur avis, les actes posés par un homme de caste sont toujours voués à l’échec : façonné par cette origine sociale qui crée chez lui un complexe d’infériorité qui explique son parcours et l’échec de sa gestion du pouvoir!».

Comment peut on, dans un pays comme le nôtre dont la tradition la vraie, la positive est justement faite de cohésion sociale, de respect des différences ethniques, religieuses, régionales et d’origines sociales ; et dont la stabilité dépend de l’équilibre fragile entre eux, prétendre qu’une partie importante de notre société est vouée à l’incapacité intrinsèque en raison de son appartenance à une «caste»?

C’est donner raison aux racistes de bas vol qui prétendent à l’infériorité intellectuelle innée des noirs. C’est approuver les fascistes qui ont exterminé les juifs pour ce qu’ils sont.
C’est féliciter et remercier les esclavagistes, puis les colonialistes qui ont vendu, asservi et humilié nos ancêtres parce qu’ils étaient noirs et intrinsèquement non civilisés, sauvages, incultes et donc inférieurs…

Comment peut on, dans un contexte africain, voire mondial, où les difficultés de cohabitation ethnique (régionale ou religieuse) ont été à l’origine de génocides, de guerres et de tueries, écrire (donc encourager) et faire accepter ce type d’assertion, sous le prétexte que ce serait notre «tradition» et la parole de «beaucoup de sages au Mali». J’aimerais bien avoir le nom de l’un de ces «beaucoup de sages», ne serait ce que pour vérifier en quoi ils le sont ! Je rappelle que le génocide rwandais pour ne citer que lui, est parti de ce type de conception des choses où une ethnie est considérée par une autre comme inférieure.

Comment peut on être crédible et responsable lorsqu’on part du principe, qui n’est fondé sur rien de scientifique, de culturel ou de traditionnel et, de plus, dénoué de tout bon sens, prétendre qu’une partie importante des fils et filles de notre pays ne sont voués qu’à la médiocrité et à la bassesse de leurs actions, sous prétexte qu’ils sont «de caste» ?

Autant nous le dire tout de suite : pourquoi ne pas épargner à notre pays une perte inutile de temps et d’argent en invitant tous les garçons et filles issus de familles «de caste» à s’abstenir d’aller à l’école ou d’apprendre un métier, ainsi qu’aux hommes et femmes «de caste» à ne pas alourdir le nombre de candidats à la recherche d’un emploi dans les entreprises publiques et privées ou à prétendre à des nominations dans la fonction publique car leurs actions, de toutes façons, seront «vouées à l’échec».

On pourrait même régler le problème crucial du chômage au Mali en renvoyant tous ceux «de caste» qui occupent inutilement un emploi ou des responsabilités pour les donner à ceux biens nés dont les actions seront couronnées de succès car eux ne sont pas «de caste»!
Ce seul paragraphe aurait dû me décourager dans la poursuite de la lecture de ce torchon de calomnies. Mais porté par la colère et un tantinet insouciant je poursuis la lecture de la litanie d’informations subjectives, qui ne cite aucune source crédible, qui se base sur la rumeur, le ragot et le procès d’intention pour tomber, en fin d’ouvrage et en conclusion, sur l’intention réelle de Monsieur ou Madame «Le Sphinx»: encourager l’insurrection et la mise de notre pays à feu et à sang.

Page 138 à 143

«Conclusion»

«Il est aujourd’hui loisible d’affirmer que les éléments d’une nouvelle révolution de la rue sont en train de se mettre en place [ … ]

Suite à la déception créée par les leaders politiques, nous invitons la jeunesse malienne à jeter les bases du renouvellement de la classe politique Nous invitons les militaires [ … ] les policiers, gendarmes, douaniers, enseignants, opérateurs économiques privés, les exclus, les frustrés à se mobiliser pour l’avènement d’un autre Mali [ … ]

C’est compte tenu de toutes ces dérives totalitaires et du manque d’autorité de l’Etat, que nous vous prions [ … ] de ne pas briguer un second mandat en 2007 en évitant à notre pays une autre révolution sanglante [ … ]»

Cette conclusion n’est rien moins qu’un appel à l’insurrection, à la désobéissance civile et pire, militaire, donc au chaos dans notre pays ; reconnu partout pour sa stabilité politique et sociale et qui en fait aujourd’hui un havre de paix dans un environnement régional pour le moins incertain, violent et instable.

Monsieur ou Madame «Le Sphinx», on ne fait pas la révolution tous les jours. Les Maliens sont, dans leur immense majorité, à l’exception d’individus comme «Le Sphinx» qui confirment cette règle, des citoyens responsables, animés d’un minimum de volonté de paix et de vie commune, dans la dignité et la cohésion. Lorsqu’on se sent la mission de faire réagir son peuple, on devrait avoir un minimum de responsabilité et d’intelligence.

Il est vrai que tout n’est pas parfait dans notre pays, loin s’en faut. En existe t il un où c’est le cas ?

Il est vrai que beaucoup de choses restent encore à faire et à mieux faire pour sortir le Mali de la spirale de la pauvreté, mais il faut parfois savoir raison garder et donner à nos concitoyens des informations responsables, vérifiables, documentées et prouvées, des messages d’espoir, de responsabilité et la volonté de progresser ensemble, dans la paix et la concorde. Hamou HAIDARA», écrit L’Indépendant du 26 octobre 2006.

« Nous ne sommes pas contre le principe de la réponse comme formulée dans la « tribune » publiée hier dans un quotidien de la place et qui ne saurait engager une rédaction. La personne a le droit de donner son opinion sur le débat qui se mène actuellement sur « ATT-cratie : la promotion d’un homme et de son clan ». C’est d’ailleurs une bonne chose pour notre démocratie privée de débats contradictoires depuis que la classe politique s’est volontairement noyée dans le consensus. Tout comme elle est libre de garder son « ATT » à lui.

Mais, il y a des faits dans cette tribune sur lesquels des éclaircissements méritent d’être apportés. D’abord « ATT-cratie : la promotion d’un homme et de son clan » ne circule plus sous les boubous et les gens en parlent à haute et intelligible voix. Mieux, un groupe d’agents de la Sécurité d’Etat, actifs ou à la retraite, a revendiqué la paternité du pamphlet (voir Les Echos n°2784 du mardi 24 octobre 2006). Comparaison n’étant pas raison, l’auteur doit se dire que les Maliens ne jugent pas leur président à travers ses homologues du continent ou d’ailleurs.

C’est à ATT qu’ils ont fait confiance en 2002. Et c’est ce dernier qui les intéresse en premier lieu. Ils lui ont fait confiance pour qu’il soit un modèle sur le continent, pour qu’il incarne un autre idéal démocratique en Afrique et dans le monde. Ils lui ont fait confiance parce qu’ils espéraient qu’il allait assainir l’Etat des maux comme la corruption, la délinquance financière, la gabegie, la parodie de justice… Pas certainement pour qu’ils ressemblent aux « autres ». Le Mali, n’est ni les Etats-Unis, ni l’Egypte encore moins la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo, le Burkina Faso, le Tchad…

Ce dont les dirigeants de certains pays se permettent, le nôtre ne peut pas l’accepter. A commencer par le tripatouillage constitutionnel. La seule occasion que le général a eue, c’était certainement pendant la transition politique. Mais, nous sommes au moins convaincus qu’il ne lui est jamais venu à l’idée de se maintenir au pouvoir par le truchement d’une modification constitutionnelle.

Comme il le disait lui-même, « il fallait être fou ou bête » pour essayer de confisquer le pouvoir à l’époque. Et même s’il l’avait voulu, le peuple ne l’aurait jamais accepté. Parce que la démocratie malienne n’est pas un cadeau de dinosaure. Elle n’a pas été édictée par la volonté d’un chef d’Etat. Elle est le fruit d’une lutte populaire. Elle a été obtenue par le peuple au prix d’un énorme sacrifice. Des femmes et des enfants ont donné leur vie pour son avènement. Il fallait être vraiment fou pour essayer de tripatouiller la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

Il est aussi vrai que ce régime n’emprisonne pas les journalistes. Mais, de nombreux confrères ont déjà été convoqués à la SE. Pis, les journalistes maliens sont agressés et régulièrement intimidés. Emprisonner un journaliste ou un opposant pour des raisons de divergence d’opinion n’honore aucun président pour qu’il soit cité en exemple. Personnellement, nous ne doutons pas de la sincérité et du patriotisme de notre président. Il ne nous vient pas non plus à l’idée qu’il est personnellement mêlé aux scandales qui éclaboussent l’Etat depuis le 8 juin 2002. Mais, peut-on en dire autant de son entourage ? Combien de ministres de son gouvernement sont clean aujourd’hui ? Ce que les Maliens reprochent aujourd’hui à ATT, c’est son impuissance à endiguer la corruption et la délinquance financière. C’est son incapacité à se débarrasser de ceux qui sont en train de ternir son image par le vol organisé en système de gestion.

Puisque chacun est libre de choisir son « ATT » sans « situationniste ni laudateur », nous continuerons à chercher le nôtre. Celui pour qui nous avons voté en 2002 parce qu’il incarnait notre idéal de démocratie et de gouvernance. Celui dont le projet de société nous faisait entrevoir un autre Mali. Nous avons voté pour celui qui a incarné, pendant la transition, l’espoir du kokadjè, c’est-à-dire la gestion transparente des affaires publiques.

Nous cherchons ce général à la retraite qui nous avait beaucoup séduit par sa volonté de nous rassembler autour de ce qui nous unit : le développement, le bien-être socioéconomique, l’amour de la patrie…
Nous ne le reconnaissons plus en ce président qui, régulièrement, déclare dans les discours son impuissance à guérir l’Etat de la gangrène de la corruption et de la délinquance financière. Nous ne nous reconnaissons pas en ce chef de l’Etat qui assiste impuissant au détournement de ses idéaux, de ses projets de développement à d’autres fins. Nous ne pouvons surtout comprendre qu’il puisse fermer les yeux sur les agissements de son « clan » qui ne se ménage plus pour réduire ses efforts à néant. Il est lui-même conscient que la majorité de ceux qui l’entourent ne sont là aujourd’hui que pour leurs intérêts personnels.

De nombreux politiciens chantent ses louanges aujourd’hui alors qu’ils le lâcheront à la première occasion. Doit-il accepter de décevoir son peuple pour ces gens-là ? Qu’attend-il pour se débarrasser de rapaces qui se sont alliés avec des opérateurs économiques véreux pour dépouiller le pays de ces maigres recettes ? De quoi a-t-il peur ? De Dieu et donc du peuple ou du clan ? Les « nègres » du régime ont le droit légitime d’exprimer leurs opinions et de défendre celui en qui ils croient ! Mais, pas d’essayer de gaver l’opinion nationale et internationale de contrevérités.
», Les Echos du 26 octobre 2006.

«ATT-CRATIE : LA PROMOTION D’UN HOMME ET DE SON CLAN»
«Au lieu d’inciter les Maliens à la sédition, le Sphinx ferait mieux de se démasquer»

Dans cette contribution à l’allure plutôt dithyrambique, le dramaturge Gaoussou Diawara invite les auteurs de «ATT-cratie» à jeter bas le masque, descendre dans l’arène au même titre que les partis politiques pour atteindre leurs objectifs inavoués au lieu de continuer à salir un homme.

Les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs. «ATT-cratie» signé le Sphinx vient à point nommé pour illustrer cet adage car l’œuvre qui est loin d’être une réussite tant sur le plan du fond et de la forme met à nu la nature vulgaire et prétentieuse de ses auteurs. On ne se réveille pas subitement analyste politique.

Ecrire c’est poser un acte sans compromis avec sa conscience. Tout écrivain se démasque par sa manière de se dire. Il y a écrivain et écrivain. L’écrivain a des yeux pour voir la réalité dans ses manifestations, des oreilles pour entendre et comprendre son époque et un cœur pour battre avec les pulsions du monde.

L’écrivain signe des titres comme ATT-cratie. Et répondre même à un tel tas d’éclaboussures, c’est jeter des perles aux pourceaux.

Cette publication m’a rappelé une comédie du dramaturge anglais William Shakespeare «Beaucoup de bruit pour rien» tant elle a pris des proportions qui se réduisent à peu de rien. On l’a dit : Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Le Sphinx autoproclamé, qui écrit sur ATT, ignore tout du Sphinx d’Egypte et de la Grèce antique. Il ne sait pas pourquoi Amadou Toumani Touré tient en main les destinées de notre pays. Mais Dieu qui l’a désigné à ce poste sait pourquoi il l’a fait. Ou bien ?

Dieu, le Tout Puissant qui nous a créés tous, qui nous connaît à fond, individuellement et qui décide de la destinée de chacun de nous, en toute souveraineté n’a pas choisi par hasard ATT comme Timonier du Bateau Mali, après le départ du Professeur Konaré.

Oui ! Dieu le sait. Et ATT, de même, en âme et conscience sait que sa victoire du 8 juin 2002 aux élections présidentielles est d’abord et avant tout la victoire du peuple souverain du Mali, la victoire de la Mémoire, des valeurs séculaires de solidarité, la victoire des idéaux élevés de la nation, la victoire de ce que Montesquieu appelait «l’Esprit des Lois».

A quelques encablures de la fin de son brillant premier mandat, œuvre conjuguée de son peuple et de son équipe, voilà que des spectres, j’allais dire des fantômes se signalent dans la vie politique sereine du Mali pour se faire voir derrière un sphinx.

Après les révolutionnaires de la 25è heure, les patriotes à la petite semaine, les démocrates du dimanche et les manifestants des fêtes foraines, voilà que surgit au cœur de la campagne présidentielle de 2007 un Sphinx venu de nulle part, crachant force injures, des vagues enflammées de menaces à l’endroit des citoyens honorables.

Il compile des flonflons, des cancans et des fausses rumeurs qu’il enveloppe dans des mystères. Ses seules sources : «les milieux généralement bien informés». Ainsi, il roule tous ses lecteurs dans la farine et prend les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Au comble de l’intoxication, il pousse les Maliens à attraper un chat noir dans une chambre noire.

D’entrée de jeu, ce monstre à corps de lion et à tête humaine prévient ses lecteurs : «Notre ambition n’est pas de faire le bilan du régime. Ceux qui souhaitent y trouver les réalisations chiffrées de juin 2002 à nos jours seront déçus. Mais seront satisfaits tous ceux qui sont soucieux du devenir du Mali».

Sur la base de quels critères fiables peut-on envisager un devenir sans bilan ? Toute analyse objective d’une situation donnée comporte nécessairement une reconnaissance des acquis, des points en création, des difficultés et des perspectives. Ici, aucune maïeutique pour atteindre sa cible.

Le Sphinx qui prend sûrement le soleil pour son étoile a ses raccourcis pour contourner la vox populi et la vox déi.

Ce comportement s’apparente plutôt à une personne énigmatique qu’à un Sphinx. Le Sphinx du Plateau de Gizeh au Caire en Egypte, tout comme le Sphinx de Thèbes en Grèce étaient des puits de savoirs et de sagesse. C’était des gardiens des Temples et étaient visibles.

Celui de Thèbes a été largement connu à travers la légende d’Œdipe-Roi, une tragédie écrite par Sophocle (496-406).

Avant de tuer sa victime à l’entrée de Thèbes, le Sphinx lui posait trois questions qui avaient chacune valeur de symbole. Qui séchait devant ces questions n’entrait pas dans la ville.

Voici l’énigme en question : Quel est l’animal qui, le matin, marche à quatre pattes, à midi, marche à deux pattes, le soir, marche à trois pattes ? La réponse, c’est l’homme. Le matin, c’est l’enfant qui roule à quatre pattes. Il va à la vie, la thèse posée en vue d’une explication.

A midi, c’est l’adulte sur ses deux pieds qui, incarnant l’anti-thèse, affronte la vie et ses difficultés pour se bâtir une identité.

Le soir, c’est le vieil homme appuyé sur une canne. Il fait la synthèse de son parcours grâce à la sagesse. Il réunit les éléments de la thèse et de l’antithèse en un tout. C’est l’opération inverse de l’analyse.

Le philosophe allemand Hegel vulgarise son système dialectique à travers ces trois termes (thèse, antithèse et synthèse).

Le Sphinx vous jugeait à partir de votre maîtrise des valeurs du passé, du présent et de l’avenir.
Mais le Sphinx d’ATT-cratie condamne à partir des préjugés et des a-prioris.

Si le Sphinx de Thèbes avait condamné Œdipe, un héros maudit, ce dernier n’allait pas accomplir son destin en tuant son père sans le savoir et en épousant sa mère qu’il ignorait. En découvrant son identité et celle de ses parents, il se crève les yeux. Les yeux extérieurs se ferment et s’ouvrent ceux de l’intérieur grâce à la psychanalyse.

Le Sphinx-calebasse de Bamako évite les hauteurs dans les idées. Il excelle surtout dans l’art de radoter et de comploter.
Dès la mise en marche de la gestion consensuelle du pouvoir et du dialogue social par ATT et son équipe, le Sphinx prend le maquis. Il a des yeux qui ne voient rien, des oreilles qui n’entendent rien et un cœur insensible au changement.

Au moment où héroïquement notre peuple lutte contre aléas climatiques, conséquences de la crise ivoirienne, hausse du prix du carburant, crise acridienne, chute du prix du coton, le Sphinx affûte ses armes pour en découdre avec le régime. A l’affût des ragots et des tintamarres, il accumule non les acquis démocratiques, l’avancée dans le bien-être social, mais des histoires de chiens écrasés dans les journaux et les grins feutrés où des gourous qui n’ont pas su perdre accusent les tenants du pouvoir de tous les péchés d’Israël.
Si la parole est un bien public qui circule bien au Mali et à visage découvert, le Sphinx utilisera l’auto-censure et préfèrera les coups bas, les peaux de bananes contre ses cibles.
Des hommes de courage ont signé des témoignages explosifs au prix de leur vie pour alerter la conscience universelle. C’est le cas de Ibrahima Ly (Toiles d’araignée) Jean Alata (Prison d’Afrique) Mamadou Diawara (Le manifeste de l’homme primitif) Steve Biko (Que personne ne pleure) écrit avec son sang avant sa mort dans une cellule de l’Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid.
Mais «ATT-cratie», cet ouvrage qui est, selon ses auteurs, le fruit de trois années de collecte, d’information, de questionnement etc demeure au pays de la parole libérée des paroles sans père.
Vide sur les plans intellectuel, philosophique et littéraire, l’œuvre, de l’incipit à l’excipit (ou du premier au dernier mot) n’apporte à ses lecteurs qu’un seul sentiment : la nécessité d’une indifférence face à la jalousie et à la méchanceté humaine.
Truffé de contradictions, ce livre l’est. Ses auteurs reconnaissent «qu’en 1991, l’arrivée de ATT au pouvoir était perçue comme une providence». Mais comment comprendre leur virage à 180° dès la première année de son quinquennat en tant que Président ? Ils rêvent de le voir partir pour «redonner un second souffle à la démocratie malienne».
Oublient-ils qu’une transition de 18 mois comporte moins de contraintes qu’un mandat présidentiel de 5 ans ?
Reconnaissent-ils que par son savoir-faire, son esprit de composition, ATT a mis les nouvelles institutions de la République en marche sous la transition alors qu’aujourd’hui la République Démocratique du Congo court depuis 18 ans derrière une vie politique normale ?
Revenu en 2002 à l’appel du Mouvement Citoyen appuyé par l’ossature de la classe politique malienne, ATT a réussi au Mali grâce au consensus ce qui est ailleurs qualifié de miracle, à savoir le renforcement de l’Etat, des institutions et de la démocratie à l’image de notre peuple. Des actes chaque jour sont posés dans la lutte contre l’exclusion, la pauvreté, le chômage.
Comme cela se dit : petite pluie abat grand vent. L’entente entre Maliens fait qu’aujourd’hui ce pays surmonte toutes ses difficultés, la solidarité aidant.
Qui se ressemble s’assemble. Autour des idéaux de paix, d’unité dans la diversité, de tolérance et de justice, notre peuple ne se laissera pas divertir par des Enchanteurs Merlins. Notre route est certes dure et longue, mais l’espoir est permis.
Les prophètes de mauvais augures qui, hier, ont baigné dans l’océan des privilèges au compte de l’Etat, n’entendent pas que les vagues du changement les ramènent à la berge. Oui au flux. Non au reflux.
Ils font feu de tout bois contre tous ceux qui émergent du lot. Ils refusent le fait qu’être homme c’est d’abord être digne. Ils ont oublié la leçon du stoïcisme du loup d’Alfred Vigny. «L’homme est un apprenti et la douleur est son maître. Nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert».
Opposés à cette philosophie, ces aigris sociaux, des auteurs qui cherchent à faire une révolution dans un verre d’eau profitent de la quiétude que vit le Mali d’aujourd’hui pour attirer l’attention sur des méthodes diffamatoires dont certains politiciens peuvent user pour semer le doute dans la conscience de leurs électeurs.
Ils s’improvisent auteurs, trempent leur plume dans du vitriol et salissent des citoyens dans 30 thèmes étalés sur 147 pages. Ils veulent, à défaut de grives, manger des merles. Ils déshabillent Pierre pour habiller Saint Paul. Ignorant que l’enfer est pavé de bonnes intentions, ils veulent «libérer la démocratie malienne à laquelle ATT a imprimé un coup de frein», selon leurs propos.
La cécité politique du Sphinx a atteint un degré inquiétant. L’expérience démocratique du Mali inspire aujourd’hui sans contexte de nombreux pays. Même en Europe où avec 2000 ans de recherche, aucun modèle démocratique exportable n’est créé. Parce que les Grecs ont inventé la démocratie politique directe dans laquelle les citoyens prennent eux-mêmes les décisions concernant la cité (polis) en fonction de chaque réalité. Et la formule de Rousseau semble avoir une dimension universelle. «Si l’avis contraire au mien l’emporte, cela prouve simplement que ce que j’estimais être la volonté générale ne l’était pas et je dois donc m’incliner».
Au lieu d’inciter les citoyens maliens à la sédition contre une institution légale solidement implantée dans le peuple, le Sphinx ferait mieux de se démasquer et de descendre dans l’arène politique pour atteindre ses objectifs par la voix des urnes. Quand on prend la plume, c’est pour fusionner. «N’insultez pas car selon Victor Hugo, le mot c’est le verbe. Et le verbe c’est Dieu». Et les Saintes Ecritures mettent en garde : «N’humiliez pas car Dieu venge l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et jusqu’à la 4ème génération».
En guise de conclusion, il faut reconnaître un fait : les démocraties africaines souffrent d’un certain nombre de tares qui demeurent de véritables dangers pour nos communautés. Elles ont causé le malheur du Biafra en 1967, du Tchad en 1987, du Rwanda en 1994. Tous les conflits meurtriers qui ont anémié le Liberia, la Sierra Léone, l’Ethiopie, la Somalie, le Soudan et la Côte d’Ivoire de nos jours sont issus de ces phénomènes qui sont au nombre de trois :
1) L’Afrique souffre d’un manque grave de culture de nation ;
2) Le déficit culturel influe dans la quête de la démocratie sur la gestion ethnique qui conduit au désastre ;
3) La possession, la guerre, le pouvoir naissent là ou la culture de la citoyenneté a déserté.
Ces trois dangers habitent les instincts du Sphinx et expliquent son raisonnement et son cheminement opérationnel.
Lavoisier a raison : «La nature a horreur du vide». Occupons notre peuple contre les francs-tireurs en l’armant avec la culture de la nation. Gaoussou DIAWARA-Dramaturge.
», écrit L’Indépendant du 26 octobre 2006.

« D’abord un tract, sous forme de livre, ensuite un article de presse diffamatoire et agressif, voilà la nouvelle trouvaille «des nouveaux» adversaires politiques du Président Amadou Toumani Touré. A défaut d’arguments solides contre un mandat, dont d’ailleurs est comptable l’ensemble de la classe politique, certains esprits malins commencent déjà les attaques amphibies.

Eh bien, qu’ils sachent qu’au Mali, les gens ont encore de la mémoire. S’il est de nos jours possible de s’exprimer librement, cela est du en grande partie à celui sur qui on tire à boulets rouges : ATT. L’insulter, sous le couvert de l’anonymat, est lâche mais tolérable à la limite, de la part d’un malien mais permettre à un blanc bec (son nom n’en est-il pas la parfaite illustration : Lepigeon, d’insulter la première institution du pays, c’est faire preuve d’indignité, de forfaiture.

Soyons sérieux, ATT ne doit pas être la cible des politiques. Ils doivent plutôt le laisser en paix afin qu’il continue son œuvre d’édification du pays. Ils doivent se poser les vraies questions qui d’ailleurs, nous interpellent tous : à qui d’entre eux ATT va t-il léguer le Mali ? Sont-ils capables de surmonter leurs divergences ? Pourtant de la réponse à ces questions fondamentales dépend l’avenir de tout un peuple. Comment prendre au sérieux l’accusation genre Gbagbo donne de l’argent à ATT. Qu’est ce qui empêche ATT de prendre là ou Gbagbo prend : les caisses de l’Etat ? Bien que moins riche que la Côte d’Ivoire, le Président du Mali a aussi des moyens qu’il peut utiliser, s’il est mal intentionné, à ses propres fins. Pour vous permettre d’être en phase avec ma logique, un rappel sur l’histoire politique de notre pays s’impose : Acte 1 : le phénomène ATT C’est suite au refus d’ouverture démocratique du pays par le régime de l’ex-Général Moussa Traoré, qu’une insurrection populaire est déclenchée au Mali. Des grèves illimitées en passant par des marches jusqu’aux fameux événements du 26 mars, le bateau Mali a fortement tangué. Un certain Amadou Toumani Touré, Lieutenant Colonel de son Etat, décide de prendre ses responsabilités. Après une transition très courte, il remet le pouvoir à un Président démocratiquement élu, faisant ainsi du Mali, un modèle de démocratie dans le monde. Acte 2 : Mandat Adéma 1 Le mandat de ce Président démarre dans un contexte de totale démocratie. Face au parti majoritaire se dresse très rapidement, une opposition regroupée au sein du COPPO. Les empoignades commencent et aboutissent à l’incarcération des leaders du COPPO. C’est dans ce contexte de tension qu’arrivent les élections de 1997. Acte 3 : Mandat Adéma 2 Le deuxième mandat permet à l’Adéma de mieux s’installer. IBK obligé de rendre doublement le tablier (Primature et Présidence du parti) crée sa formation politique. Acte 4 : ATT gagne Candidat contre toute attente, ATT arrive premier au premier tour. Il doit affronter Soumaïla Cissé au deuxième tour . Les tractations commencent et IBK accorde son soutien à ATT au détriment de Soumaïla. Acte 5 : ATT réunit la classe politique ATT refuse toute exclusion et parvient à rassembler l’ensemble des acteurs politiques autour de son programme. Grâce à sa clairvoyance, à sa sagesse, les ennemis d’hier, se retrouvent autour d’une même table et pour une même cause : servir le Mali. Alpha à l’Union Africaine, IBK à l’Assemblée Nationale, Soumaïla à l’UEMOA, le Mali démontre au monde, qu’en politique le consensus est possible. Acte 6 : Elections de 2007 Les élections de 2007 pointent à l’horizon. Hier sous Alpha, aujourd’hui sous ATT, les conseils malveillants finissent par convaincre IBK que son heure est arrivée. N’est ce d’ailleurs pas son droit de vouloir participer aux élections ? Mais comment trouver l’argumentaire sans être accusé de trahison (après avoir participé à tous les Gouvernements) ? Les provocations commencent avec le décès de feu l’honorable Kadari Bamba où le pouvoir est accusé d’avoir commandité l’accident. Le Rubicon est franchi au moment de la signature des accords d’Alger. Le RPM, membre du Gouvernement, détenant la Présidence de l’Assemblée Nationale, ne trouve d’autre moyen que de critiquer ces accords qu’il aurait dû défendre bec et ongles : c’est est de trop du côté de Koulouba, c’est la rupture. La parution dans un tel contexte, aux éditions «Harmattan» d’un livre-tract «ATT-cratie» et plus récemment l’article de l’homme oiseau (Lepigeon) rendent inéluctable une suspicion envers le RPM. L’analyse qui découle de ces différentes étapes de l’évolution politique du pays nous amène à croire que certains hommes politiques pensaient trouver en ATT, un homme lige, manipulable à souhait. Ces hommes convaincus d’être à la base de son élection pensaient co-gérer le pays ? C’était mal connaître ATT pour qui sagesse n’est point faiblesse. A mes frères et sœurs maliens, je recommande la vigilance. Le mensonge, l’approximation, l’affabulation, l’intimidation ne doivent plus s’installer dans notre pays. Le Mali est arrivé à ce stade au prix de beaucoup de sacrifice(…) André Malraux disait : «on ne fait pas de politique avec de la morale ; mais on en fait pas davantage sans». Amadou Toumani Touré a de la morale et aime le Mali alors, de grâce foutez lui la paix ! Abdoulaye Bassolé Rue 16 Porte 1479 Missira.
», écrit Le Républicain du 26 octobre 2006.