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Le président Amadou Toumani Touré prend part à la 31ème session du comité alimentaire de la FAO à Rome

Dimanche 22 mai, le président de la république Amadou Toumani Touré s’est rendu à Rome, sur invitation du Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation (FAO). Le chef de l’état, a le lendemain, pris part à la 31ème session du comité alimentaire de la FAO une rencontre internationale organisée par l’organisme onusien sur le thème « Incidence des changements climatiques, des maladies animales et des ravageurs sur la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté ».
Abdel Aziz Bouteflika, président algérien était également présent à la session.
Le chef de l’état a également rendu visite le mardi 24 mai, au secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Angelo Sodano.

Les journaux titrent :

« Visite du président Touré à Rome : agriculture en péril », titre « L’Essor » du 23 mai 2005.

« Comité de la sécurité alimentaire de la FAO, réquisitoire contre les ennemis de l’agriculture », titre « L’Essor » du 24 mai 2005.

« Visite du président Touré à Rome, 16 milliards pour le développement rural », titre « L’Essor » du 26 mai 2005.

Qu’est ce que la sécurité alimentaire et la pauvreté …

« Le sommet mondial de l’alimentation, tenu à Rome en novembre 1996, a établi que « la sécurité alimentaire existe lorsque les êtres humains ont, à tout moment un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active ». La sécurité alimentaire est assurée à la fois par les aliments d’origine végétale (céréales, légumes, fruits, etc. …) et ceux d’origine animale (viande, lait, œuf, poisson, etc…)

Quant à la pauvreté, elle se manifeste par l’analphabétisme, la malnutrition, la longévité réduite, la mauvaise santé, l’habitat insalubre, la participation réduite à la vie économique et sociale. », écrit « L’Essor » du 23 mai 2005.

Etat de la sécurité alimentaire au Mali …

« Le thème de cette rencontre intéresse particulièrement le Mali, un pays sahélien où sévissent la sécheresse et de nombreuses espèces de ravageurs des cultures dont les plus connus et les plus nuisibles sont les criquets qui ont envahi le Sahel l’année dernière. L’invasion acridienne, jumelée à un arrêt précoce des pluies a provoqué un déficit céréalier important et entraîné une réduction des pâturages dans les zones affectées.

Les activités pastorales, agricoles et piscicoles de notre pays dépendent fortement de la pluviométrie. C’est pourquoi, un déficit pluviométrique, ou pire une année de sécheresse, peut entraîner des conséquences graves sur toutes les spéculations agro-sylvo-pastorales. A titre d’illustration, lors de la sécheresse de 1973, le cheptel bovin de notre pays a été décimé à près de 80% dans certaines localités à cause du manque d’eau et de pâturage.

Le Mali dispose de pas moins de 7 millions de bovins, de plus de 11 millions d’ovins. Malgré cet important capital animalier, le développement de l’élevage est entravé par des maladies animales. Plusieurs types de pathologies sévissent encore dans notre pays, fragilisant les disponibilités en ressources animales pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté.

L’impact des maladies animales sur la sécurité alimentaire se manifeste par la diminution du cheptel exploitable, la réduction de la force de travail des animaux de trait, la diminution de la disponibilité en protéines animales, la réduction des revenus des agropasteurs. C’est ce qui explique que la consommation de produits animaux (viande, lait, œuf) est inférieure dans notre pays aux normes établies par la FAO. En faisant de la sécurité alimentaire une priorité, les autorités de notre pays sont engagées dans la lutte contre les effets des changements climatiques, des maladies animales et des ravageurs.

Dans le domaine de l’agriculture, l’accent est mis sur la maîtrise totale de l’eau, afin de soustraire la production céréalière des aléas climatiques. C’est ainsi qu’un vaste programme d’aménagements de 50.000 ha est en cours.
Pour ce qui concerne l’élevage, la politique adoptée par le gouvernement en janvier 2004, ambitionne de contribuer à la fois à l’augmentation de la croissance du sous secteur et à la réduction de la pauvreté des populations concernées. Cette nouvelle politique qui est mise en œuvre par un ministère chargé spécifiquement de l’élevage et de la pêche, est axée sur l’intensification et la diversification des productions animales, l’amélioration de l’alimentation du cheptel, l’amélioration de la santé animale, la promotion de la transformation des produits animaux, etc …
Ces actions permettent à notre pays de passer d’un élevage de thésaurisation à un élevage débouchant sur la création de richesses et d’emplois. »
, écrit « L’Essor » du 23 mai 2005.

Par rapport à l’impact des changements climatiques sur la sécurité alimentaire dans le monde, la FAO tire la sonnette d’alarme …

« Dans un document rendu public à l’occasion de la rencontre, la FAO tire la sonnette d’alarme en révélant qu’à cause des changements climatiques, un million d’hectares de terre ont un cycle végétatif inférieur à 120 jours en Afrique. D’ici 2080, la superficie de ces terres augmentera de 5 à 8%. Cela se traduira par une diminution de 11% des terres pluviales cultivables et des pertes de production céréalière de l’ordre de 35 millions de tonnes dans 29 pays du continent.

Dans le cas de l’Asie, l’impact des changements climatiques est mitigé. Tandis que dans les pays industrialisés, les analyses indiquent, qu’en moyenne, le potentiel de production céréalière connaîtra une légère augmentation dans les décennies à venir.

« L’impact des changements climatiques sur la sécurité alimentaire sera durement ressentie dans les pays où le potentiel de croissance économique est faible et qui connaissent actuellement des taux élevés de malnutrition », souligne la FAO, précisant que dans une quarantaine de pays pauvres 450 millions de personnes sont sous-alimentées.

« Ces pays qui sont les plus durement frappés par les effets des changements climatiques, n’ont pas les moyens financiers pour combler le déficit céréalier », fait remarquer l’organisation onusienne.

Les malades animales profitent des changements climatiques pour leur propagation et leur transmission des animaux aux êtres humains. En appui à son constat, la FAO évoque les pertes causées ces dernières années par les épidémies de fièvre aphteuse, d’encéphalopathie spongiforme bovine, de peste porcine classique. L’Afrique est le continent le plus frappé par les maladies transfrontalières des animaux comme la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre porcine africaine, la fièvre aphteuse. », écrit « L’Essor » du 24 mai 2005.

« Les oiseaux migrateurs, les criquets pèlerins, les organismes nuisibles aux végétaux comme les insectes et les plantes adventices sont autant d’ennemis des cultures qui mettent en péril l’agriculture dans les pays sous-développés, souligne la FAO. », », écrit « L’Essor » du 24 mai 2005.

Intervention de Jacques Diouf directeur général de la FAO, Abdel Aziz Bouteflika et Amadou Toumani Touré …

« Son directeur général, Jacques Diouf, a déploré, lors de la cérémonie d’ouverture, que 8 ans après le sommet mondial de l’alimentation, les progrès sont minces dans la réalisation des objectifs fixés par cette rencontre au cours de laquelle les chefs d’état ont exprimé leur volonté politique et leur détermination à réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes souffrant de faim.

Plaidant pour une solidarité internationale dans la lutte contre les ennemis des cultures, le président algérien Abdel Aziz Bouteflika en a appelé au sens de la responsabilité collective de l’humanité toute entière.

« Il est vital et urgent que des efforts de l’ensemble de la communauté internationale soient déployés en vue de renforcer les moyens de prévention et de garantir l’efficacité de la lutte contre le fléau des ravageurs », a indiqué le chef de l’état algérien, ajoutant qu’il était venu pour « partager son angoisse » devant la « fantastique capacité de destruction des criquets pèlerins qui sévissent dans le Sahel de façon récurrente ».

Quant au président Touré, il a tenu à saluer la « bonne inspiration » des organisateurs de cette rencontre dont le « choix du moment est aussi judicieux après un hivernage marqué par l’arrêt précoce des pluies et une invasion acridienne sans précédent depuis des décennies ». Ces calamités, ajoutera-t-il, ont eu pour conséquences, l’insécurité alimentaire, l’accroissement de la paupérisation dans les campagnes qui se vident des bras valides.

« Ce cycle infernal est un cauchemar pour notre pays », a souligné le chef de l’état qui a rappelé que plus de 70% de nos compatriotes vivent de l’agriculture dont l’apport se chiffre à 42% du produit national brut.

« Vous comprenez donc à quel point nous sommes sensibles aux plans humain, économique et écologique à tout ce qui peut entraver la bonne marche de l’agriculture », a indiqué Amadou Toumani Touré.

Le président de la république a ajouté que les pertes dues à l’action combinée des criquets et du déficit pluviométrique se chiffrent à 422.000 hectares dans notre pays. Ainsi, près de 1,1 millions de personnes dans 101 communes sont en difficultés alimentaires. Pour leur venir en aide, l’état a mis en exécution un programme de sécurité alimentaire d’urgence de plus de 25.00 tonnes de céréales.

« Nous oeuvrons également à la reconstitution de leur capital productif pour la prochaine campagne agricole 2005-2006 », révèlera le président Touré, appelant les participants à la rencontre à trouver des approches appropriées permettant de réduire la vulnérabilité des producteurs.

« Dans ce sens, je voudrais insister fortement sur la dimension régionale dans la formulation des réponses contre l’invasion acridienne et plus globalement, dans la réalisation de l’autosuffisance alimentaire en Afrique », a-t-il conclu. », écrit « L’Essor » du 24 mai 2005.

Mardi 24 mai, le président de la république Amadou Toumani Touré a rendu visite au secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Angelo Sodano dans les locaux du Saint-Siège.

« Les deux personnalités ont eu, en présence de l’ambassadeur du Mali en France, Mohamed Salia Sokona, un entretien d’une vingtaine de minutes au cours duquel, ils ont évoqué les relations bilatérales entre l’Etat du Vatican et notre pays. Ils ont aussi abordé les conflits qui secouent la sous-région ouest africaine et leurs conséquences sur la vie économique et sociale des différents pays.

Le cardinal Sodano s’est félicité du fait que la communauté catholique vit en parfaite symbiose avec les musulmans dans notre pays. Il a ensuite émis le souhait de venir en visite un jour au Mali pour participer au pèlerinage de Kita.
Il a enfin prononcé des bénédictions pour notre pays. Pour sa part, le président Touré a expliqué au numéro deux du Vatican, l’insécurité alimentaire qui menace nombre de nos compatriotes à cause des effets conjugués de l’invasion acridienne et de la mauvaise pluviométrie.
L’ambassadeur du Mali en France a assisté à la rencontre entre Amadou Toumani Touré et Angelo Sodano car le Saint Siège fait partie de sa juridiction.
Pourtant notre pays dispose d’une ambassade à Rome.

« le Vatican n’accepte pas les ambassadeurs accrédités auprès de l’Etat d’Italie. C’est pour marquer sa différence et faire comprendre qu’il ne doit y avoir aucune confusion, bien que le Vatican soit situé au cœur de la ville de Rome », a expliqué Mohamed Salia Sokona.

Le Vatican est un Etat à part entière qui tient à marquer sa souveraineté vis-à-vis de l’Etat italien.
Le souverain pontife qui est le chef de l’église catholique, dirige l’état du Vatican.

Les chefs d’état étrangers sont reçus avec tous les honneurs dus à leur rang par les institutions du Saint Siège, nous a confié un agent du protocole du Vatican. De la revue des gardes suisses, impeccablement vêtus d’un uniforme jaune et bleu, à l’entretien avec les responsables de l’église, le protocole est réglé au millimètre par les services pontificaux.

La rencontre avec le secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Angelo Sodano était le prélude à l’audience qu’a accordée hier le nouveau pape Benoît XVI au président Amadou Toumani Touré après l’audience général qu’il anime tous les mercredi.

Des milliers de pèlerins arrivent des quatre coins du monde pour assister à la bénédiction prononcée par le pape à l’occasion de l’audience générale chaque mercredi.
Le président de la république est le premier chef d’état africain reçu par le nouveau souverain pontife. Benoît XVI a accédé au trône pontifical le 19 avril dernier, succédant au pape Jean Paul II. »,
écrit « L’Essor » du 26 mai 2005