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Entrepôts sénégalais au Mali : Un véritable outil d’intégration économique pour les Etats de l’Afrique de l’ouest

Mardi 19 décembre, à Bamako, précisément à la gare des marchandises de Korofina-Sud, la cérémonie d’inauguration des Entrepôts sénégalais au Mali (Ensema) a eu lieu sous la co-présidence des présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Blaise Compaoré du Burkina Faso, et Amadou Toumani Touré du Mali, en présence également du premier ministre du Niger Hama Amadou.

D’un coût de 8 milliards 397 millions de francs Cfa, les Ensema, projet intégrateur qui vient d’être réalisé à Bamako par l’Etat sénégalais, constituent un important outil d’intégration économique pour les Etats de l’Afrique de l’ouest, d’où l’arrivée à Bamako de nos illustres hôtes.


Les journaux titrent :

Le Républicain du 19 décembre 2006 : « Intégration sous-régionale: Wade, Tandja et Compaoré à Bamako aujourd’hui ».

Les Echos du 20 décembre 2006 : « Inauguration des entrepôts sénégalais au Mali : Une logistique de l’intégration en marche ».

L’Essor du 20 décembre 2006 : « Entrepôts du Sénégal au Mali : Un bond en avant pour l’intégration ».

Le Républicain du 20 décembre 2006 : « Inauguration des Entrepôts du Sénégal au Mali : un port sec sénégalais au coeur de Bamako ».


Qu’est ce que les Entrepôts sénégalais au Mali (ENSEMA)…

« La République du Sénégal dispose désormais d’une zone franche dans la ville de Bamako. En effet hier, les pays de l’hinterland à savoir le Mali, le Burkina Faso, le Niger se sont tous donné rendez-vous à Bamako sur invitation du Président sénégalais Abdoulaye Wade pour participer à l’inauguration des Entrepôts Sénégalais au Mali (les ENSEMA – SA). Ce projet intégrateur qui vient d’être réalisé à Bamako par l’Etat sénégalais à travers le COSEC et le PAD appuyé financièrement par la BID et la CBAO a coûté près de huit milliards quatre cent millions (8 397 000 000 F Cfa précisément). Situés à Korofina, au Nord-est de Bamako, les ENSEMA-SA couvrent une superficie de 6 hectares comprenant 14 hangars de stockage dont deux frigorifiques. Sa capacité de stockage est d’environ 70 000 tonnes toutes marchandises confondues. Les ENSEMA-SA mettent à la disposition des opérateurs économiques : 1 hangar pour les matériaux de construction ; 2 hangars à engrais ; 1 hangar à ciment ; 2 hangars à sel ; 2 hangars à céréales ; 3 hangars de produits divers ; 1 hangar de coton ; 1 hangar de produits congelés ; 1 hangar de produits réfrigérés ; un bâtiment administratif qui abrite le personnel de gestion des entrepôts et les bureaux juxtaposés des douanes sénégalaises et maliennes ; des infrastructures de base y compris un parking pour les véhicules particuliers et un parking pour les camions en attente de déchargement ou de chargement et un quai ferroviaire construit le long des hangars. », écrit Le Républicain du 20 décembre 2006.

« Les Ensema qui ont coûté 8,4 milliards de Fcfa, ont été financés par la Banque islamique de développement (pour 4,09 milliards), l’État du Sénégal à travers le Conseil sénégalais des chargeurs (2,8 milliards) et la CRAO (1,5 milliard). Les travaux ont été exécutés par la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE). », écrit L’Essor du 20 décembre 2006.

Personnalités présentes à cette inauguration …

« C’est ce joli complexe construit par la Compagnie Sénégalaise Mer Rail Route d’entreprise pour le compte du Sénégal qui a été inauguré hier matin par les présidents du Mali, Amadou Toumani Touré ; du Burkina Faso, Blaise Compaoré ; le Premier Ministre nigérien, Hamma Amadou, représentant le président du Niger, Mamadou Tandja et du président sénégalais Abdoulaye Wade accompagné pour la circonstance de son Premier ministre Macky Sall ; de son ministre d’Etat, ministre du Commerce maritime et du Transport maritime international, Djibo Laïty Ka ainsi que de son ministre de l’Equipement, Habib Sy. Plusieurs autres personnalités étaient aussi présentes à cette cérémonie officielle d’inauguration des entrepôts du Sénégal au Mali. En plus du Premier ministre Malien, Ousmane Issoufi Maïga ; des membres de son gouvernement ; du président de l’Assemblée nationale du Mali, l’honorable Ibrahim Boubacar Kéïta, on notait aussi la forte présence des responsables du COSEC, du Port Autonome de Dakar, des douanes du Sénégal entre autres. C’est dire comment cet événement était tant attendu par les populations de la sous-région. », écrit Le Républicain du 20 décembre 2006.

Historique de la création des Ensema …

« L’idée de créer les Entrepôts du Sénégal au Mali paraissait trop ambitieuse dans un premier temps, au regard des défis que représentait sa réalisation. Mais la volonté commune des chefs d’État, Amadou Toumani Touré et Abdoulaye Wade, ajoutée à la vision prospective du Conseil sénégalais des chargeurs, du port autonome de Dakar et de l’ancienne Société des chemins de fer du Sénégal et la disponibilité des autorités maliennes ont permis la réalisation de cette importante infrastructure.
Petit rappel. C’est en 1993 que fut constatée une baisse persistante du trafic sur l’axe Dakar-Bamako. Une baisse liée à la faiblesse des infrastructures de stockage à Bamako. Les études commanditées par la suite conclurent à la nécessité de créer des moyens d’entreposage de marchandises en provenance du port autonome de Dakar et transportées par la voie ferrée ou par la route.
Un accord fut signé entre les deux pays le 13 mai 1995 dans notre capitale pour la création des Ensema. Un mois plus tard, le protocole d’accord relatif aux avantages consentis aux fonctionnaires et agents du Sénégal dans notre pays était signé. Ces instruments juridiques sont en adéquation avec la convention du 8 juin 1963 par laquelle l’État du Sénégal a consenti au Mali l’acquisition d’installations aux ports de Dakar et Kaolack.
», écrit L’Essor du 20 décembre 2006.


Impact des Ensema sur nos différents pays …

« En effet, les ENSEMA constituent un important outil d’intégration économique pour les Etats de l’Afrique de l’ouest. C’est le sens de l’arrivée à Bamako des trois Présidents sénégalais, nigérien et burkinabé. Le Mali entier met à profit cet événement pour, encore une fois, assener la preuve de sa volonté d’intégration jamais démentie. _ En accueillant les ENSEMA sur son sol, le Mali contribue pour beaucoup dans l’essor économique ouest-africain par l’amélioration de la fluidité du trafic notamment sur l’axe Dakar Bamako, permettant ainsi aux opérateurs économiques sénégalais de se rapprocher du grand marché de l’UEMOA. », écrit Le Républicain du 19 décembre 2006.

« En effet, les ENSEMA-SA qui ont été inaugurés hier permettront désormais le développement des échanges commerciaux au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO à travers des produits divers, tels que le ciment, le sel, le poisson, les fruits de mer sous toutes leurs formes (réfrigérés, frais, séchés, fumés, etc.), les engrais, les matériaux de construction, les fruits secs en provenance ou à destination du Sénégal, à l’intérieur d’une zone franche avec une barrière douanière dont les autorités douanières du Mali et du Sénégal sont chargées de la surveillance. Ils contribueront aussi à l’intégration sous-régionale et à l’amélioration des conditions de transport sur le corridor sénégalais qui offre actuellement sur le Mali, le transport ferroviaire et routier et d’ici 2007 le mode fluvial, à travers la Société de Navigation sur le fleuve Sénégal (SONASE-SA) dont les principaux actionnaires sont le COSEC, la Compagnie malienne de Navigation (COMANAV) et la Mauritanienne de transport maritime (MTM-SA). Il s’agit donc là d’un véritable outil intégrateur qui concerne le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée et leur environnement immédiat. Les ENSEMA-SA sont au coeur d’une vocation multi-modale (Mer-Rail-Route).

Selon le ministre de l’Equipement et des Transports, Abdoulaye Koïta, les Entrepôts du Sénégal au Mali, conçus comme un port sec, c’est-à-dire un terminal intérieur sous douane connecté à un réseau de transport, doté de capacité de stockage et de manutention, permettent de rationaliser les opérations de pré et post acheminement des cargaisons en provenance et/ou à destination d’une région ou d’un port. Selon le ministre Koïta, ce projet a été conçu pour offrir un trafic de plus en plus important entre le Sénégal et les autres pays membres de l’UEMOA. Désormais, révéla-t-il, les infrastructures sécurisées de chargement, de déchargement, d’entreposage et de stockage des ENSEMA permettront d’améliorer la rotation des wagons qui, jadis, étaient utilisés comme des magasins de stockage.

Ces entrepôts du Sénégal au Mali qui pourront approvisionner le Mali, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le nord de la Côte d’Ivoire et même la Guinée constituent pour le ministre Koïta une réponse appropriée à la satisfaction de nombreux défis au regard de la mondialisation des échanges.

Pour le Président Amadou Toumani Touré, les ENSEMA-SA jouent un rôle de régulation du trafic et permettent à ce titre de réduire les coûts de transit et de surcroît les coûts de revient des marchandises.

Ils visent, selon ATT, à réguler le transport à l’importation et à l’exportation en rendant disponible l’outil de transport en vue d’augmenter les capacités de desserte. Un bel exemple de coopération entre un pays à façade maritime et un pays de l’hinterland pour lever de nombreux défis liés aujourd’hui à la mondialisation des échanges et à la globalisation de l’économie. Les Entrepôts du Sénégal au Mali qui dispose d’un terminal des conteneurs à Korofina ambitionne de compter au nombre de ses usagers des opérateurs économiques des pays sans littoral que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger ; mais aussi les hommes d’affaires du Bénin, un pays pourvu de port maritime. Il s’agit donc de faire de Bamako une sorte de locomotive économique. », écrit Le Républicain du 20 décembre 2006.

« Comme l’ont fait ressortir tous les discours prononcés à la cérémonie d’inauguration, les Ensema devront permettre le développement des échanges commerciaux au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO. Cela à travers des produits divers comme le ciment, le sel, le poisson, les fruits de mer, les engrais, les matériaux de construction… Grâce aux entrepôts, les conditions de transport sur le corridor sénégalais seront facilitées. Ce corridor reste à ce jour le seul qui allient transports routier et ferroviaire. A ces deux modes de transport pourra, à l’avenir, s’ajouter le transport fluvial avec le volet navigation de l’OMVS. », écrit L’Essor du 20 décembre 2006.

« Pour le président Amadou Toumani Touré, « les Ensema sont incontestablement un vecteur important de renforcement des échanges entre nos différents Etats ». Selon lui, l’outil est certes implanté au Mali, mais il a la vocation de servir le Niger, le Burkina et le Mali. A en croire ATT, les Ensema constituent la porte d’entrée naturelle du Sénégal sur le vaste marché de l’Uémoa.

Les Ensema ambitionnent de faciliter la desserte du Burkina, du Niger, entre autres à partir du Mali », indique Bara Sadi DG du Port autonome de Dakar (Pad), qui ajoute que son pays manifeste sa solidarité sur mer au service des pays sans façade maritime. D’où le qualificatif collé aux Ensema d’être « une logistique au service de l’intégration » et qui a été repris par son DG, Ibra Guissé, citant le ministre d’Etat, ministre sénégalais chargé des Ressources maritimes, Djibo Laïty Ka.

Le taux de rentabilité estimé à 22 %, dès la première année de fonctionnement, fait des Ensema un projet viable qui devra connaître un développement croissant à en juger par l’importance du trafic routier avec plus de 1000 camions par jour. Un chiffre qui pourrait augmenter avec la fin prochaine de la route Bamako-Dakar. Il y a beaucoup d’espoir placé aux Ensema avec le transport ferroviaire et routier dans un premier temps et fluvial plus tard.», écrit Les Echos du 20 décembre 2006.
», écrit Les Echos du 20 décembre 2006.

« Dans l’allocution qu’il a prononcée, le président de la République … a souligné le chef de l’État pour qui les Ensema seront un vecteur de renforcement des échanges du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Plus que jamais, le Port autonome de Dakar va jouer son rôle de porte naturelle du Mali, a relevé Amadou Toumani Touré.

Dans le même temps et en sens inverse, notre pays va mériter son surnom de « porte d’entrée » du Sénégal dans l’UEMOA. Le président Touré a insisté sur le fait que les Ensema vont réguler le transport sur le corridor et réduire le coût du transport. Ledit corridor est appelé à prendre davantage d’importance avec les nouveaux axes routiers reliant Bamako à Dakar par le nord et par le sud.

Pour le chef de l’État, grâce au dynamisme des opérateurs économiques, le corridor a de beaux jours devant lui.

C’est le Premier ministre du Sénégal, Macky Sall, qui a lu le discours du président Wade dont la voix était prise après une série de conférences en France. Dans cette intervention, Abdoulaye Wade a exprimé sa « profonde fierté » pour cette « belle réalisation » qui est une des meilleures voies de l’intégration africaine. Sa conviction est que l’Afrique doit emprunter le chemin de l’intégration pour aller vers un développement intégral. Et le transport occupe « une place stratégique » dans ce processus.
Envers les pays sans littoral, c’est un devoir de solidarité agissante qui s’impose, a poursuivi le chef de l’État sénégalais. Le Sénégal l’a compris en mettant à la disposition du Mali un espace portuaire dès 1963. Un autre espace sera bientôt réservé au Burkina Faso. Le Niger pourra aussi en bénéficier s’il en émet le souhait.

Abdoulaye Wade s’est dit satisfait de ce « jalon important » dans la consolidation des relations fraternelles. Il a précisé avoir demandé aux ministres concernés de faciliter le transit des marchandises en direction ou en provenance des pays sans littoral et appelé, par ailleurs, à réduire les entraves à la libre circulation des personnes et des biens sur le réseau international.

Ce port sec à Bamako, qui est appelé à jouer un rôle de carrefour au cœur de l’Afrique de l’ouest, est une opportunité pour les opérateurs économiques qui doivent tirer le meilleur parti de cette infrastructure que les États ont bâtie pour eux. Le président Wade rêve, à ce propos, d’un axe Dakar-Bamako-Ouagadougou-Niamey libéré de toutes tracasseries. », écrit L’Essor du 20 décembre 2006.

Accueil de nos hôtes de marque : la mobilisation comme de coutume, n’a pas fait défaut à Bamako…

«Ces illustres invités étaient venus participer à l’inauguration des Entrepôts du Sénégal réalisés dans notre pays par le gouvernement sénégalais.

Peu après 9 h, l’avion du président du Faso, Blaise Compaoré, s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport international de Bamako Sénou. Le président Compaoré a été salué à sa descente d’avion, par son homologue malien Amadou Toumani Touré, qui avait à ses côtés le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, le gouverneur du District, Ibrahim Féfé Koné, et le maire de Bamako, Moussa Badoulaye Traoré.

Comme le veut la tradition, une calebasse de colas et un bouquet de fleurs sont offerts à l’arrivant. _ Les deux chefs d’État s’immobilisent sous un dais pour le salut aux couleurs, passent en revue les troupes qui rendent les honneurs, saluent les membres du gouvernement, les présidents des institutions de la République, les membres du corps diplomatique et les officiers supérieurs des Forces armées et de sécurité.

Environ 30 minutes plus tard, le Boeing 737 du Premier ministre nigérien, Hama Amadou, se pose à son tour. Celui-ci est accueilli au bas de la passerelle par son homologue, Ousmane Issoufi Maïga qui l’accompagnera tout le long du cérémonial officiel.

10h20 : atterrissage de l’avion du président sénégalais. Abdoulaye Wade est accompagné d’une forte délégation comprenant notamment le Premier ministre, Macki Sall, le ministre d’État, ministre des Infrastructures de l’Équipement et des Transports maritimes intérieurs, Habib Sy, le ministre d’État, ministre du Tourisme et des Transports aérien, Ousmane Masseck N’Diaye.

Il faut signaler que tout comme, le président Wade, Blaise Compaoré et le Premier ministre nigérien étaient accompagnés de leurs ministres du Commerce, respectivement Bena Ouattara et Sala Habib. _ Djibo Ka, le ministre d’État, ministre des Transports maritimes du Sénégal, était déjà dans nos murs depuis lundi.

Après un bref entretien au salon d’honneur, le cortège officiel s’est ébranlé en direction des entrepôts où était prévue la cérémonie d’inauguration. A leur arrivée, Amadou Toumani Touré, Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré et Hama Amadou ont été accueillis par le Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, le ministre de l’Équipement et des Transports, Abdoulaye Koïta, le maire de la Commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia et le directeur des entrepôts du Sénégal au Mali.

Comme d’habitude, les Bamakois ont été nombreux à former une haie d’honneur de l’aéroport au site de la cérémonie. Un accueil qui marque à la fois l’hospitalité due à des hôtes de marque et l’appréciation positive des entrepôts prêts à être inaugurés. L’opinion a saisi la dimension « projet de développement » pour les deux pays mais aussi et surtout la dimension « facteur d’intégration » de la sous-région. Les pays de l’hinterland, (Mali, Burkina Faso et le Niger) sont sensibles à tous les facteurs qui contribuent à briser leur enclavement. Aujourd’hui l’essentiel de notre commerce transite par le port de Dakar et par le Burkina Faso (pour les ports de Tema, Lomé ou Cotonou). Les Bamakois sont gré à ces pays d’avoir suppléé la Côte d’Ivoire au plus fort de la crise qui frappe ce qui fut notre principale ouverture vers la mer.
», écrit L’Essor du 20 décembre 2006.