Partager

Depuis le 24 juillet passé, le gouvernement de la République du Mali, à la recherche d’une solution à la problématique de la sécheresse, a, sur instruction de son Excellence, Amadou Toumani Touré, mis l’accent sur la promotion de la technologie des pluies provoquées. Ce programme dénommé « opération Sanji » et piloté par la direction nationale de la météorologie, d’un coût global de plus de quatre milliards de francs CFA et d’une durée de quatorze mois, concerne les régions de Koulikoro, Ségou, Mopti.

Les journaux titrent :

Soir de Bamako du 14 août 2006 : « Problématique de la sécheresse: Les pluies provoquées sont-elles une alternative ? ».

Les Echos du 16 août 2006 : « Programme de pluies provoquées: Interrogations sur l’«opération Sanji » ».

Les Echos du 21 août 2006 : « Pluies artificielles au Mali, La sécurité alimentaire en jeu ».

Face à l’incertitude pluviométrique qui prévaut dans notre pays, le Mali doit-il adopter une attitude attentiste ?

« Le Mali, pays à vocation essentiellement agro-sylvo-pastorale, est confronté, depuis les années soixante dix, à l’instar d’autre pays de la sous région, à une sécheresse récurrente hypothéquant le développement du secteur agricole, c’est-à-dire le développement du pays.

Les activités pastorales, agricoles, forestières et piscicoles de nos Etats dépendent fortement de la pluviométrie.

En effet, personne ne peut douter qu’un déficit dans la pluviométrie entraînera la sécheresse, qui peut compromettre dangereusement la production de toute une campagne.

La sécheresse, facteur favorisant la désertification, fragilise les écosystèmes soumis aux effets conjugués du climat et des actions néfastes de l’homme. Elle engendre également d’autres conséquences, telles que la diminution des perspectives de récoltes et la paupérisation des couches rurales.

Quant à la désertification, elle constitue le principal facteur de réduction du couvert végétal, du dépérissement des arbres et des forêts, de la baisse de fertilité des sols, de la disparition d’espèces animales, de la réduction des superficies de terres arables, de l’insécurité alimentaire, de l’exode rural, de l’effritement du tissu social.

La sécheresse et la désertification, phénomènes complexes et multidimensionnels touchant plus d’un milliard de personnes constituent, à n’en pas douter, des problèmes d’environnement et de développement qui affectent l’environnement local et le mode de vie des populations.

Elles constituent à la fois des conséquences du mal développement durable de nos pays. La sécheresse et le déficit pluviométrique qui ont affecté le Sahel pendant la campagne agricole 2004-2005 en sont la parfaite illustration.

Devons-nous face à cette incertitude pluviométrique, adopter une attitude attentiste ?

La réponse est assurément non. Nous devons agir, agir vite car les conséquences néfastes de la sécheresse sont impitoyables.

Nous devons éliminer les réflexes fatalistes et faire comprendre que chacun a la possibilité et le devoir de poser des actions concrètes pour inverser la tendance.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que la recherche de solutions à cette problématique passe forcément par la recherche scientifique en vue du développement de techniques et de technologies pouvant en limiter les effets négatifs, comme l’insécurité alimentaire, l’exode rural…

C’est pourquoi, le gouvernement du Mali, a, sur instruction de son Excellence Amadou Toumani Touré, mis l’accent sur la promotion de la technologie des pluies provoquées. », écrit Soir de Bamako du 14 août 2006.
« Selon Daouda Zan Diarra, chef de division agrométéorologique, cité par des confrères de la place, la fréquence des retards de début des saisons de pluies a nécessité le choix des pluies artificielles.

Suite à une instruction du président Amadou Toumani Touré, les structures techniques avaient été chargées d’élaborer un programme dans ce sens. Cette stratégie paraît comme une option sous-régionale parce que des pays comme le Burkina Faso et le Sénégal ont déjà respectivement quatre et deux années d’expérience dans le domaine.
« , écrit Les Echos du 21 août 2006.

Qu’est ce que les pluies provoquées …

« Le programme « Sanji » d’ensemencement des nuages visant à faire pleuvoir a été adopté en conseil des ministres en septembre 2005. C’est un programme de 5 ans qui couvre l’ensemble du pays. Un autre programme qui couvre l’année 2006 a été lancé le 24 juillet 2006 sous le vocable de « l’opération Sanji » (pluie).

Il concerne les localités de Djenné (Mopti) San, Macina, Bla, Tominian, (Ségou), Nioro (Kayes), Banamba (Koulikoro). Le choix de ces villes s’explique par le fait qu’elles restent des zones de grandes productions céréalières mais tributaires d’aléas climatiques.

La technique utilisée est en phase avec les conditions naturelles favorables aux manifestations pluviales. A en croire M. Konaté, la direction de la météo a installé sur son toit un radar dont la fonction essentielle est de suivre l’évolution des systèmes nuageux qui concourent à donner une quantité suffisante de pluies. Si tous les facteurs sont réunis, le petit avion de type Piper Cheyenne II équipé d’un labo de physique de l’atmosphère monte au ciel pour ensemencer les nuages.

L’avion, qui est doté de cartouche pyrotechnique, libère des produits chimiques à base de sulfate de sodium. Les sels distillés dans les nuages s’agglutinent autour des particules qui forment les nuages et contiennent de la vapeur d’eau. L’opération, aux dires des techniciens de la météo, est toujours suivie d’effet et fait provoquer immédiatement de la pluie dans les 20 à 40 minutes qui suivent.
», écrit Les Echos du 16 août 2006.

Objectif visé par ces pluies artificielles…

« Le but visé par ce programme de pluies provoquées est de réduire les conséquences de la sécheresse afin de garantir la sécurité alimentaire. L’objectif est d’aider à un bon démarrage de la saison agricole.

Signalons que ce phénomène de pluies provoquées demeurait jusque là un rêve pour bon nombre de Maliens. Mais avec la volonté de nos plus hautes autorités, il est enfin devenu réalité.
», écrit Soir de Bamako du 14 août 2006.

« L’objectif visé est de faire face aux poches de sécheresse pendant la campagne agricole, de contribuer à la recharge des nappes phréatiques, d’augmenter les réserves d’eau dans les barrages et autres bassins de retenues d’eau pour l’irrigation, l’élevage, la production d’électricité, entre autres. », écrit Les Echos du 16 août 2006.

« Dans leur volonté de soustraire l’agriculture des aléas climatiques, les autorités maliennes se sont lancées dans une nouvelle aventure technologique : les pluies provoquées. », écrit Les Echos du 21 août 2006.

Malgré les pluies provoquées, les populations ont encore des appréhensions face à la persistance du déficit hydrique. La direction nationale de la météorologie, qui pilote l’ « opération Sanji », se veut rassurante…

« Depuis le 24 juillet, date de lancement de l’opération « Sanji » 2006 par une phase test à Bamako et environs et dans la région de Koulikoro, le constat fait par le citoyen lambda reste toujours l’absence prolongée de pluies. Selon des populations des quartiers périphériques de Bamako, comme Yirimadio, Baguinéda, Sénou, Kalabancoro, etc. le passage de l’avion qui sert à ensemencer les nuages est apparemment sans effet.

Le survol par l’aéronef contribue plus, selon eux, à chasser la pluie. Leur constat se fonde sur le fait que depuis que l’opération a commencé il y a environ deux semaines, les précipitations se font de plus en plus rares. Toujours est-il que le mois d’août abondant en pluies n’a connu jusque-là que deux grandes précipitations à Bamako et environs : les pluies du lundi 7 et celles du mardi 15 août.

A la direction de la météorologie, on se fie plutôt aux données scientifiques qu’à des considérations irrationnelles. Le DG Mama Konaté soutient que les essais réalisés jusque-là dans les zones cibles ont été concluants. Pour preuve, explique-t-il, les données de la situation pluviométrique des 29 et 30 juillet obtenues à l’issue des opérations de bombardement de nuages sont édifiantes.

Ces données indiquent que dans le district de Bamako et la région de Koulikoro les hauteurs de pluies recueillies entre le 29 et le 30 juillet 2006 se situent entre une moyenne de 46 à 9 mm à Koulikoro à 43 à 6 mm dans le district de Bamako.

Les interventions d’ensemencement de nuages se font à la suite des prévisions effectuées par les services de la météo. C’est pourquoi les zones jugées pluvieuses ne sont pas pour l’heure concernées sauf en cas d’extrême urgence.

Le déficit pluviométrique constaté dans le pays et principalement dans les régions habituellement pluvieuses n’a d’autres explications à la météo que celles relatives aux changements climatiques observés dans le monde.

Ces changements climatiques influent négativement sur la production agricole suspendue aux caprices de la pluie. La maîtrise d’eau est l’une des solutions envisagées par le gouvernement pour parvenir à la sécurité alimentaire. Ce qui justifie l’adoption du programme « Sanji » qui s’inscrit dans le cadre de la Loi d’orientation agricole (Loa).
», écrit Les Echos du 16 août 2006.

Le Mali saura-t-il utiliser cet outil comme une alternative efficace contre la mauvaise pluviométrie? …

« Ce phénomène de pluies provoquées demeurait jusque-là un rêve pour les paysans maliens. Le Mali, à l’image du Burkina Faso, saura-t-il l’utiliser comme une alternative efficace contre l’insuffisance, voire la mauvaise répartition des pluies ?

En tout cas bien maîtrisée, cette technologie peut être un atout de taille dans l’acquisition et le renforcement de la sécurité alimentaire au Mali.
», écrit Les Echos du 21 août 2006.

Mais, dans tout cela, quel effet auront ces pluies artifielles sur notre environnement?