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Grève des internes : Suite à la non satisfaction de leurs revendications, les chevilles ouvrières des hôpitaux passent à la vitesse supérieure

Dans le cadre de leur lutte pour l’obtention d’un statut et une amélioration de leurs conditions de travail, les internes, chevilles ouvrières du fonctionnement des hôpitaux, étaient allés en grève les 30 et 31 octobre 2006. Cette grève avait secoué les grands hôpitaux de la capitale.

Aussi, suite à la non satisfaction de leurs revendications, les internes ont décidés de poursuivre la lutte, en organisant le lundi 13 novembre 2006 un sit-in à l’hôpital Gabriel Touré. Malheureusement, le sit-in a dégénéré en un affrontement musclé entre les grévistes et les forces de l’ordre, faisant trois blessés légers.


Les journaux titrent :

Les Echos du 14 novembre 2006 : « Sit -in des internes, Chasse à l’homme à l’hôpital Gabriel Touré ».

L’Indépendant du 14 novembre 2006 : « Rebondissement dans la grève des internes, Une descente policière au Gabriel Touré fait trois blessés dont un grave ».

Les Echos du 16 novembre 2006 : « Syndrome internes, La tension remonte ».

L’Essor du 14 novembre 2006 : « Grève des internes : L’hôpital Gabriel Touré pris en otage»


Origine du conflit entre la coordination des internes des hôpitaux et le ministère de la santé …

« Le conflit né entre la coordination des internes des hôpitaux et le ministère de la santé n’est pas sur le point d’être résolu. Au contraire, il s’est envenimé après une ultime rencontre entre les responsables des internes et le Secrétaire général du ministère de la Santé.

En effet, le département de la Santé s’était engagé verbalement a accepté trois des quatre points de revendications formulées par les internes. Il s’agit de la connexion des ordinateurs des salles de garde sur Internet, de la vaccination contre certaines maladies, de la gratuité des examens médicaux complémentaires pour les internes.

Quant au dernier point, l’augmentation du pécule quotidien de 120 FCFA par jour et par personne à 500 FCFA, le département avait accepté de porter le montant à 137 FCFA.

On se rappelle que le refus du ministère de la santé de consigner ces points dans un engagement écrit avait provoqué le débrayage du 30 octobre dernier à l’hôpital du Pont G.

La semaine dernière une délégation de la coordination des internes conduit par le secrétaire général du Comité AEEM de la FMPOS, également interne de son état, avait rencontré le Secrétaire général du ministère de la Santé. Les internes étaient venus lui faire part de leur refus d’accepter tout montant au-delà de 500 FCFA.

Selon Ibrahima Sangho, Secrétaire général adjoint du comité AEEM du FMPOS, dès lors, le Secrétaire général du ministère de la Santé a alors conclu à la mauvaise fois des élèves. Il soulignera que désormais, le département revenait sur tous les engagements qu’il avait pris.

Une situation qui renforça les internes dans leur conviction qu’un engagement non écrit ne représentait rien. Le compte rendu de cette rencontre a été porté à la connaissance des étudiants et internes au cours d’une Assemblée générale tenue à la FMPOS, hier matin.

Pour riposter contre cette décision qui ressemble à un mépris à leur égard, les internes ont décidé d’envahir le Gabriel Touré.
», écrit L’Indépendant du 14 novembre 2006.

« Aux dires du coordinateur national adjoint des internes, Moussa Konaté, les autorités maliennes sont insensibles aux problèmes et aux revendications des internes « Au sortir de notre dernière rencontre avec le secrétaire général du ministère de la santé, il nous a été prouvé qu’il n’était pas question de satisfaire nos revendications » a-t- déploré.

La véritable pomme de discorde entre les internes qui assurent, selon une source hospitalière, 80 % du fonctionnement des hôpitaux et les autorités sanitaires, est les 500 FCFA par jour réclamés par les internes conte 120FCFA somme qu’ils gagnent actuellement. Ce qui fait un salaire trimestriel d’environ 12 000 FCFA.
», écrit Les Echos du 14 novembre 2006.

« Le coordinateur national adjoint des internes et coordinateur des internes de l’hôpital Gabriel Touré, Moussa Konaté soutient que les responsables du département de la Santé ont remis en cause des acquis durant les récentes négociations.

Des ébauches de solutions auraient été trouvées sur trois des quatre points des revendications actuelles des internes. Il s’agit de la gratuité des examens complémentaires, de la vaccination contre l’hépatite B et de la connexion à Internet des salles de garde.

Les divergences qui persistent seraient liées à l’augmentation de l’enveloppe financière globalement affectée aux internes par les établissements hospitaliers. Il faut préciser, à ce propos, que le Point G et Gabriel Touré, allouent chacun trimestriellement à cette fin, 2,6 millions Fcfa aux internes.

Or ceux-ci réclament 500 Fcfa par jour et par interne. Le secrétaire général du département de la Santé, Daba Diawara, avait proposé de porter l’enveloppe globale à 3,5 millions de Fcfa. Moussa Konaté indique que les internes ayant refusé cette proposition, des responsables du département ont remis en cause les acquis sur les 3 autres points de revendication.
», écrit L’Essor du 14 novembre 2006.


Le sit-in des internes devant l’enceinte de Gabriel Touré a dégénéré, au grand dam de tous …

« Après sa grève de 48 heures observée à partir du 30 octobre dernier et qui avait provoqué des échauffourées avec les forces de l’ordre à l’hôpital du Point G, la Coordination nationale des internes fait encore parler d’elle. Elle a organisé hier à l’hôpital Gabriel Touré un sit-in pour exprimer son mécontentement vis-à-vis des résultats des négociations engagées avec le département de la Santé.

Hier donc, les internes ont bloqué les issues de l’établissement hospitalier empêchant les malades et autres usagers d’y accéder. Une escalade dommageable pour la sympathie suscitée par le mouvement et une méthode éminemment critiquable pour de futurs médecins.

Revendiquer de meilleures conditions de travail est légitime mais faire payer le piétinement du dossier aux malades, relève pour le moins de l’abus.

Le directeur général de l’établissement, le professeur Sinè Bayo, a tenté vainement de les calmer hier. « Nous ne pouvons utiliser d’autres moyens que le dialogue, ne nous poussez pas à la violence car elle ne sert à rien », a plaidé le patron de l’hôpital. Il en fallait plus pour dissuader les internes. « Nous sommes prêts à mourir pour nos revendications », répliquera d’ailleurs l’un d’entre eux, très remonté.

Les forces de l’ordre ont été appelées pour dégager les issues. Les échauffourées qui ont alors éclaté entre les grévistes et les policiers et gendarmes présents, ont fait trois blessés légers du coté des internes. Comme lors des incidents du Point G, les blessés ont été immédiatement pris en charge par le service des urgences chirurgicales sur instruction de la direction.
», écrit L’Essor du 14 novembre 2006.

« L’enceinte du centre hospitalier universitaire Gabriel Touré s’était transformée hier aux environ de 9 h en un véritable champ d’affrontement entre les internes et les forces de l’ordre.

Dans le cadre de leur lutte pour l’obtention d’un statut et une amélioration de leurs conditions de travail, les internes ont organisé hier matin un sit-in devant le centre hospitalier universitaire Gabriel Touré provoquant alors un embouteillage sur cette voie généralement très fréquentée.

Les internes en brandissant pour une unième fois l’arme de la grève vis-à-vis des autorités sanitaires et universitaires, qui semblent toujours faire la sourde oreille à leurs doléances, ont trouvé sur leur chemin les éléments de la police appelés par les responsables de l’hôpital.

Se sentant trop exposés aux coups de matraques, les manifestants ont replié dans l’enceinte de l’hôpital croyant qu’ils seront à l’abri.

Pour faire déguerpir les manifestants, les policiers ont eu un renfort des éléments de la garde nationale qui les chassaient jusque dans leur dernier retranchement. Les internes soutenus par leurs collègues du comité AEEM de la faculté de médecine de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) tentaient de leur côté de riposter.

Les affrontements ont fait trois blessés légers du côté des grévistes dont le secrétaire général du comité AEEM de la FMPOS, Joseph Sagara.
», écrit Les Echos du 14 novembre 2006.


Version de la direction de l’hôpital Gabriel Touré …

« Le directeur général de l’hôpital Gabriel Touré souligne, pour sa part, que les négociations ne se déroulent plus au niveau des hôpitaux et constate que certains points de revendication pouvaient être pris en charge immédiatement.

La direction explique aussi que le département de la Santé, avait donné instruction à la Section immunisation, ancien Centre de transfusion sanguine (CNI), de mettre à la disposition de l’hôpital des doses de vaccin contre l’hépatite B. Celles-ci sont aujourd’hui disponibles à l’hôpital, confirme le patron de la Section immunisation, le Dr Nouhoun Koné.
Sinè Bayo pointe la présence d’extrémistes parmi les étudiants. Ce sont eux, dit-il, qui ont demandé de bloquer les portes de l’hôpital. « Je ne peux accepter cette attitude car elle pénalise la population que l’on doit soigner », avertit le patron de Gabriel Touré qui s’avoue surpris par l’agressivité verbale de certains internes.
», écrit L’Essor du 14 novembre 2006.

« Hier en milieu de journée, le calme était revenu au sein de l’établissement, mais les internes et agents des forces de l’ordre se toisaient toujours. Néanmoins, les usagers pouvaient pénétrer sans le moindre problème dans l’enceinte de l’établissement.

Signalons que des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie qui ne sont pas dans la situation de « faisant fonction d’interne », ont rallié le mouvement.
», écrit L’Essor du 14 novembre 2006.

Après l’affrontement dans l’enceinte du Centre hospitalier Universitaire Gabriel entre les forces de l’ordre et les internes le lundi dernier, la tension est encore montée le mercredi 15 novembre au Point G, où les internes ont encore manifesté leur ras le bol par rapport à leur situation en affrontant les forces de l’ordre dans une panique générale. Bilan cinq blessés dans le rang des manifestants…

« La coordination nationale des internes désormais soutenue par le comité AEEM de la faculté de médecine, pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) dans leur revendication portant principalement sur l’acquisition des 500 FCFA par jour (les internes perçoivent actuellement 120 FCFA par jour) a organisé un sit-in hier matin devant l’hôpital de point G.

Venus pour maintenir de l’ordre, les éléments du 8e arrondissement appuyés par la gendarmerie nationale ont repoussé les manifestants jusque dans leur dernier retranchement.

Selon, le coordinateur national des internes Chaka Keita, les revendications des internes ont été rejetées en bloc au sortir de leur dernière rencontre avec le secrétaire général du ministère de la santé.

Or d’après lui, les revendications avaient abouti à une révision de l’enveloppe actuelle qui est environ 2.500 000 FCFA octroyés tous les trois mois aux internes, une somme qui reste invariable même avec l’augmentation du nombre des internes.

Les internes dénoncent cette pratique et exigent le payement de 500 FCFA par jour.
« Les négociations étaient sur la bonne voie, mais, nous avons été surpris à la dernière minute que les autorités ont tout rejeté » regrette Chaka Keïta.

De l’avis des observateurs, la grève des internes a paralysé les hôpitaux, confirmant l’information qui soutient que les internes assurent 80 % du fonctionnement des hôpitaux.

De sources sûres, l’hôpital Gabriel Touré, incapable de prendre tous les malades en charge continue de renvoyer certains vers d’autres structures sanitaires pour bénéficier des prestations.

En attendant, les internes n’entendent pas baisser les bras « Nous allons mener la lutte jusqu’au bout » a averti le coordinateur national des internes.

Dans la même perspective, le comité AEEM de la FMPOS a décrété une grève de 48 heures.
», écrit Les Echos du 16 novembre 2006.