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Samedi 11 juin, une nouvelle, des plus importantes de l’année est tombée : Les pays du G8 (France, Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Canada, États-Unis, Japon, Russie), réunis à Londre,s ont conclu, un accord visant à l’annulation de la dette multilatérale de 18 pays pauvres africains et américains très endettés, dont le Mali fait partie.
Cette annulation porte sur la dette multilatérale estimé à près de 40 milliards de dollars américains, que les pays bénéficiaires doivent à certaines institutions financières, tels le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale (BM) et la Banque Africaine de Développement (BAD). Elle ne porte pas sur la totalité de la dette de ces pays.
Grâce à cette annulation, le Mali bénéficiera d’une économie de 1042 milliards de francs Cfa dont 42 milliards pour la seule année 2005.

Les journaux titrent :

« Annulation de la dette : 1042 milliards de francs Cfa d’économie pour le Mali », titre « Le Républicain » du 13 juin 2005.

« ‘annulation de la dette : un acquis.
Quelles retombées sur notre économie ?
», titre « Nouvel Horizon » du 14 juin 2005.

« Annulation de la dette : plus qu’une bouffée d’oxygène », titre « L’Essor » du 15 juin 2005.

« Le G8 annule 22400 milliards de Fcfa, les critères qui ont prévalu », titre « Info Matin » du 14 juin 2005.
« Annulation de la dette des pays du tiers-monde, Des zones d’ombre persisten
t » , titre « Nouvel Horizon » du 16 juin 2005.

La nouvelle de l’année pour les pays les plus pauvres de la planète …

« C’est sans doute, la nouvelle de l’année pour les pays les plus pauvres de la planète. Il s’agit de l’annonce, samedi dernier, de l’annulation par les pays du G8 de la dette de 18 pays pauvres très endettés. L’annonce concerne la dette contractée auprès de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement (BAD) et du Fonds Monétaire International (FMI).
La décision des ministres des finances des pays membres du G8 (l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, l’Italie, le Japon plus la Russie) porte sur l’équivalent de 40 milliards de dollars américains.
», écrit « L’Essor » du 15 juin 2005.

« Les pays du G8 (France, Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Canada, États Unis, Japon, Russie), réunis à Londres ont conclu samedi 11 juin un accord visant à l’annulation de la dette multilatérale de 18 pays africains et américains dont le Mali. La nouvelle a été reçue avec beaucoup d’espoir en Afrique qui compte 14 des 18 pays bénéficiaires. », écrit « Le Républicain » du 13 juin 2005.

« L’annulation de la dette de 18 pays en développement dont 14 en Afrique a été très favorablement accueillie. Cet effort remarquable des pays du G8 : la France, la Grande Bretagne, l’Italie, l’Allemagne, le Canada, le Japon, les Etats-Unis et la Russie représente, à n’en pas douter, une bouffée d’oxygène pour les pays pauvres très endettés (PPTE) dont le degré d’endettement avait poussé, ces temps-ci, des représentants de la société civile à s’organiser au sein des mouvements dont l’objectif fondamental est le combat pour l’annulation de la dette des pays pauvres. Sans mettre fin à un tel combat, l’annulation de la dette représente un motif d’espoir pour nos pays. », écrit « Nouvel Horizon » du 14 juin 2005.

Quels sont ces 18 pays …

« Les 18 pays retenus sont ceux qui ont déjà atteint les objectifs de bonne gouvernance fixés par l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) lancée en 1996 par la Banque Mondiale et le FMI. Ces pays sont : Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Guyane, Honduras, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zambie. », écrit « Le Républicain » du 13 juin 2005.

Critères pour être éligibles …

« Selon les informations disponibles, cette annulation de la dette est accordée aux pays pauvres qui se sont distingués par des améliorations substantielles dans le cadre de la gestion des affaires publiques, de la tenue de la bonne gouvernance démocratique qui sous-tend des efforts remarquables tant dans la gestion de la situation politique que dans celle des finances publiques et budgétaires. Cela conforte beaucoup le pouvoir actuel qui, malgré les multiples adversités, est en train de faire de son mieux pour renforcer la gouvernance démocratique. », écrit « Nouvel Horizon » du 14 juin 2005.

« Voici les conditions que les pays concernés par l’annulation de la dette ont dû remplir afin d’être éligibles à cette décision. Etre membre de l’initiative PPTE. Les 18 pays déclarés par le G8 Finances comme éligibles à une annulation de 100% de leur dette multilatérale, sont membres de l’initiative dite PPTE ( Pays Pauvres Très Endettés), c’est-à-dire, qu’ils s’efforcent depuis plusieurs années d’obtenir une réduction de leur dette. Le G8 Finances a retenu lors de l’accord intervenu samedi à Londres, 18 pays ayant atteint leur « point d’achèvement » dans le cadre de cette initiative lancée en 1996. Plusieurs étapes ont précédé, qui ont couru sur plusieurs années. Faire face à une dette politiquement insupportable. Pour bénéficier d’une assistance au titre de l’initiative PPTE, un pays doit faire face à une charge de la dette insupportable, hors du champ des mécanismes d’allègement de la dette traditionnellement disponibles. Avoir engagé des politiques de redressement. Il doit aussi donner la preuve qu’il a engagé des réformes et mener une politique économique avisée dans le cadre des programmes soutenus par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale. Atteindre le « point de décision ». Si au bout de trois ans, le ratio d’endettement extérieur de ce pays demeure « insoutenable », le pays est formellement éligible : c’est ce qu’on appelle « le point de décision ». la communauté internationale s’engage alors à apporter une assistance suffisante d’ici au « point d’achèvement » pour que le pays débiteur atteigne l’objectif de soutenabilité de la dette qui lui a été fixé. Une fois atteint ce « point d’achèvement », les pays éligibles peuvent bénéficier d’allègements de dette destinés à rétablir la soutenabilité de la dette. Source :AFP », écrit « Info Matin » du 14 juin 2005.

Montant de l’endettement du Mali …

« Grâce à cette décision du G8, notre pays économisera les 20 milliards de Fcfa qu’il devait payer cette année au titre du remboursement de la dette, indique Boubacar Sidiki Walbani, directeur général adjoint de la Dette publique. Il révèle que le geste de solidarité des pays les plus riches du monde se traduira pour le Mali, par une annulation de 1042,579 milliards de Fcfa. « Ce montant qui constitue l’encours de la dette multilatérale, représente 60% du total de la dette du Mali », souligne-t-il.
Notre pays devait environ 681,246 milliards de Fcfa à la BAD et à la Banque Mondiale.
Nous étions redevables auprès du FMI d’une somme de 61,333 milliards de Fcfa.
Au niveau de la BAD, c’est le Fonds Africain du Développement (FAD) qui « nous donnait plus d’argent » car ses conditions conviennent mieux à notre situation, explique Bakary Konimba Traoré, le directeur général de la Dette publique.
Quant à la Banque Mondiale, ses financements nous parviennent généralement à travers l’Agence Internationale pour le Développement (IDA). Si cette décision d’annulation n’était pas intervenue, le trésor public aurait remboursé cette année à l’IDA la somme de 6,78 milliards de Fcfa. Pour ce qui concerne les fonds prêtés par la CEE à travers l’IDA, nous devions rembourser 178 millions de Fcfa. Enfin, le FMI attendait de nous cette année la bagatelle de 8,448 milliards de Fcfa.
Avant cette annulation de dette, l’initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) avait donné une bouffée d’oxygène à plusieurs pays depuis 1996. Notre pays bénéficie de cette initiative depuis 1998.
Grâce à ce mécanisme, le Mali peut consacrer une bonne partie du remboursement de sa dette aux investissements dans les secteurs sociaux comme l’éducation, la santé, l’adduction d’eau.
», écrit « L’Essor » du 15 juin 2005.

Intervention à la télévision nationale du ministre malien de l’économie et des finances Abou Bakar Traoré suite à cette annonce

Retombées pour le Mali de l’annulation de la dette…

«Dans son intervention à la télévision nationale le ministre de l’économie et des finances Abou Bakar Traoré s’est montré très satisfait.
A l’en croire le Mali bénéficie d’une économie de 1042 milliards de francs dont 42 milliards pour la seule année 2005.
Cette annulation porte sur la dette multilatérale que les pays bénéficiaires doivent a certaines institutions financières : le Fonds monétaire international (FMI), la Banque Mondiale (BM) et la Banque africaine de Développement (BAD). Elle ne porte pas sur la totalité de la dette de ces pays.

Quel peut être l’intérêt d’une telle annulation pour notre pays ? Pour le ministre de l’économie et des finances cet allégement «nous permet de financer nos projets de développement, renforcer les services de santé, l’éducation et les infrastructures». En effet l’argent qui est consacré d’habitude au service de la dette va désormais servir à améliorer la vie des populations.
», écrit « Le républicain » du 13 juin 2005.

« Il semble qu’à ce niveau, il existe encore quelques imprécisions. Mais d’ores et déjà, ce que l’on peut retenir, c’est que les pays bénéficiaires de la mesure d’annulation de la dette ont désormais le fardeau allégé pour ce qui est de la dette multilatérale avec les trois institutions financières : Banque Mondiale, Fonds Monétaire International et Banque Africaine de développement. Cela signifie que l’Etat malien doit beaucoup moins à partir de cette mesure à ces bailleurs de fonds. Ce qui constitue des avantages économiques certains, en terme de réaffectation des sommes dues dans des secteurs prioritaires de développement comme l’éducation, la santé, l’agriculture entre autres.
Du moins, c’est à cette hypothèse que beaucoup de Maliens pensent en ce moment. Mais peut-on dire que tout sera rose pour notre pays, les autorités et les populations à partir de cette annulation de la dette ? Sûrement pas car, le problème fondamental auquel se bute notre économie est relatif au financement des investissements. Il demeure entier quand on sait que la commission du G8 qui a décidé de l’annulation de la dette a été dissociée de celle qui travaille sur les questions relatives à l’amélioration substantielle de l’aide publique au développement. Cette question reste pendante, mais, dans tous les cas, il est attendu par les autorités de nos pays une augmentation de l’aide publique au développement, à défaut de son doublement par les pays du G8.
L’augmentation de l’aide publique au développement est vivement sollicitée par nos pays pauvres qui ont des charges de plus en plus nombreuses et élevées en raison de la très forte demande sociale et de l’impérieuse nécessité d’investissement en faveur du développement socio-économique harmonieux et durable. Toutes choses qui sont indispensables à l’étape actuelle du processus démocratique pour la consolidation de la paix sociale et de la stabilité politique.
Lorsqu’on se réfère aux propos du ministre de l’Economie et des finances Abou Bakar Traoré et aux informations disponibles à ce département, on se rend compte qu’il faudra encore attendre un peu pour être suffisamment imprégné des retombées de cette mesure d’annulation de la dette sur l’économie nationale.
En effet, même du côté du ministère de l’Economie et des finances, au moment où nous mettions sous presse cette information, on était en train de multiplier les contacts pour recueillir suffisamment d’informations fiables auprès des institutions financières relatives à l’annulation de la dette multilatérale, à ses impacts sur notre économie, de même que la part annulée en fonction des différentes institutions financières. Dans tous les cas, conformément à l’adage qui dit « qui paie ses dettes s’enrichit », on comprend que cette annulation représente une aubaine pour les pays bénéficiaires.
», écrit « Nouvel Horizon » du 14 juin 2005.

Si cette nouvelle d’annulation de dette a été accueillie par beaucoup dans la grande joie, ONG, experts de la dette, conseillers du Ministère de l’Economie et des Finances et même économistes de la Banque Mondiale au Mali ont opté pour la prudence par rapport à ses conséquences …, qu’en sera-t-il de l’aide publique au développement …

« Pour les ONG, l’initiative PPTE n’est guère plus qu’une « mascarade » destinée à légitimer les programmes d’ajustement structurels imposés par les grandes institutions internationales, et son « échec » est jugé patent.. », Source :AFP, écrit « Info Matin » du 14 juin 2005.

« Mais l’autre volet que les pays du G8 se sont bien garder d’aborder concerne l’accroissement de l’aide publique au développement. Il est aussi important que l’annulation totale de la dette des pays pauvres. », écrit « Le républicain » du 13 juin 2005.

« Les experts de la dette, les conseillers du Ministère de l’Economie et des Finances et même les économistes de la Banque Mondiale au Mali ont opté pour la prudence en ce qui concerne les conséquences de la décision d’annulation de la dette. Le représentant résident de la Banque Mondiale au Mali M. Alassane Diawara nous a affirmé qu’il faut attendre trois à quatre mois pour y voir un peu plus clair. Le ministre de l’Economie et des Finances M. Abou-Bacar Traoré présente deux situations : le montant qu’on ne paiera pas sera comptabilisé dans l’enveloppe de l’aide ; dans ce cas le Mali n’aura rien ou recevra peu. Cela permet de résoudre à court terme le financement de la dette mais le problème ne sera pas résolu puisque le pays sera obligé de s’endetter encore pour le financement de son développement.
L’autre cas de figure est que ce sont les pays du G8 qui vont rembourser à la place des pays pauvres. La portée de cette mesure est également très réduite. En l’absence du contenu de la dette et des modalités
de remboursement, plusieurs zones d’ombre persistent encore.
», écrit « Nouvel Horizon » du 16 juin 2005.

Pour Mme Barry Aminata Touré, présidente de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) ex-Jubilé 2000, malgré l’annulation de la dette, tant que le commerce n’est pas juste et équitable, les pays africains ne s’en sortiront jamais .
Réaction de Mme Touré dans « Nouvel Horizon » du 14 juin 2005 suite à la décision d’annulation de la dette …
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« … Le groupe des pays les plus riches du monde avec à leur tête les Etats-Unis d’Amérique et la Grande-Bretagne appelé <> vient de décider de l’annulation pure et simple de la dette des 18 pays qui comptent parmi les plus pauvres du monde dont le Mali et 13 autres pays africains. Par rapport à cette décision importante que d’aucuns qualifient d’”historique”, nous avons rencontré à chaud la présidente de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) ex-Jubilé 2000, Mme Barry Aminata Touré.
Dans l’interview qu’elle nous a accordée au siège du CAD-Mali sis à Djélibougou, elle nous parle de la portée de cette décision, des actions menées par Jubilée 2000 dans ce sens, du commerce mondial, des subventions des pays développés à leurs agriculteurs, des mesures qui doivent accompagner cette décision…

Nouvel Horizon : Quel commentaire faites-vous par rapport à la décision des pays du G8 d’annuler 100% de la dette de 18 pays, comptant parmi les plus pauvres du monde dont le Mali ?

Mme Barry Aminata Touré : Cette décision est la bienvenue et qui nous réconforte d’ailleurs dans notre lutte. Vous savez, Jubilé 2000 n’a de raison d’existence que le combat de l’annulation totale et sans condition de la dette des pays du tiers-monde. Mais nous pensons qu’ils peuvent mieux faire ; la dette est un fardeau.
Au lieu de rembourser illégalement des dettes injustement contractées ; ces sommes pourraient servir à autre chose. L’annulation ainsi décidée, donnera quand même un souffle nouveau aux budgets de nos Etats.

Nouvel Horizon : En tant que présidente d’un groupe de pression à savoir Jubilé 2000 devenu Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) les questions de dette vous ont toujours intéressés. Quel a été le rôle joué par votre mouvement dans ce combat de l’annulation de la dette ?

Mme Barry Aminata Touré : Jubilé 2000 a été créé pour l’annulation totale et inconditionnelle de la dette des pays du Tiers-Monde. Dans ce sens, nous avons fait beaucoup de recherches, nous avons informé et sensibilisé l’opinion publique dans ce sens. Nous sommes également parvenus à organiser un séminaire à l’intention des députés. Nous sommes membres de plusieurs réseaux qui luttent pour l’annulation de la dette dont Jubilé Sud Internatonal, le Réseau Sous-Régional Ouest Africain pour les Alternatives Dettes et Développement. Nous sommes également intéressés par l’AGOA. L’Accord de Cotonou. Jubilé 2000 est l’initiateur du forum des peuples qui est à sa 4è édition.

Nouvel Horizon : Quelles peuvent être les portées d’une décision d’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde ?

Mme Barry Aminata Touré : La décision d’annuler à 100% la dette des pays les plus pauvres par les plus riches n’est qu’une réaction à leur propre promesse.
Depuis 1999, les pays les plus riches n’ont fait que des promesses. Mais ce que je veux dire, il faut être prudent, ces gens-là sont très malins. Quand ils donnent par la main droite, ils retirent par la main gauche. Tant que le commerce n’est pas juste et équitable, les pays africains ne s’en sortiront jamais. Ils subventionnent leurs agriculteurs et ils fixent à vil prix, le prix de nos matières premières.

Nouvel Horizon : Si vous me permettez l’expression, on peut dire que l’annulation du service de la dette du Mali avec d’autres pays est un acquis. Pensez-vous que cela est insuffisant et qu’il faut des mesures d’accompagnement ?

Mme Barry Aminata Touré : Oui bien sûr, la décision d’annulation est un acquis, s’il y a acquis, mais elle est très insuffisante. Ces pays qui se disent riches subventionnent leurs agriculteurs et en même temps, ils empêchent les dirigeants des pays du Tiers-Monde de subventionner leurs agriculteurs ; mieux, beaucoup de nos services qui aidaient nos agriculteurs ont été fermés sur décision de ces mêmes pays qui se disent “riches”. C’est grâce à notre pression qu’il y a eu cette annulation. Pour le moment, c’est une déclaration d’intention ; il faut qu’on voie d’abord cette annulation décidée par le Premier ministre Britannique Tonny Blair et Washington.

Nouvel Horizon : C’est aussi une décision de la France ?

Mme Barry : Non, l’initiative n’est pas française, c’est une décision unilatérale de Londres après avoir consulté Washington. La France quant à elle avait demandé une taxation sur les transactions financières ; des taxations sur les vols des compagnies aériennes pour éponger le service de la dette.

Nouvel Horizon : A votre avis, quelles peuvent être les mesures d’accompagnement de la décision des pays du G8 ?

Mme Barry : Ce dont les pays pauvres et pourtant producteurs des matières premières ont le plus besoin, c’est le commerce équitable et juste entre le Sud et le Nord. Il faut également un dédoublement, une augmentation non conditionnée de l’aide publique au développement ; le rapatriement des biens volés de nos Etats. Que les pays riches acceptent que les pays pauvres protègent leurs économies et leurs frontières… Voilà quelques mesures d’accompagnement.

Nouvel Horizon : Votre mot de la fin ?

Mme Barry : S’il est admis que le Mali est un bon élève du FMI et de la Banque Mondiale, c’est parce que nous acceptons tout ce qu’ils nous demandent. De toutes façons, nous, nous allons continuer à mettre la pression. », écrit « Nouvel Horizon » du 14 juin 2005.