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Les journaux titrent:
Histoire politique du Mali : le PSP accable l’USRDA », titre Le Républicain du 09 août 2005.
Funérailles nationales pour le père de l’indépendance, le PSP dénonce les  » crimes « de Modibo Kéïta », titre L’Indépendant du 09 août 2005.
Evènements du 20 juillet 1962, le PSP réclame la vérité », titre L’Essor du 10 août 2005.
Débat autour des funérailles nationales de Modibo Kéïta, Pour mieux édifier les jeunes générations », titre Nouvel Horizon du 09 août 2005.
Le PSP et le 20 juillet 1962, Rappeler aux Maliens les crimes commis », titre Soir de Bamako du 09 août 2005.

Le réveil des démons …

« Mais ce 8 août fut une exception. Le parti de la Solidarité et le progrès (PSP) a décidé de rompre le silence en remettant tous les dossiers sur la table.
Une journée de témoignage convient mieux pour résumer cette séance du 8 août organisée par descendants de Fily Dabo Sissoko, de Amadoun Dicko, de Moussa Diarra, Marba Kassoum Touré et autres, tous «victimes» du régime de la première République. La rencontre qui a eu lieu au centre islamique d’Hamdallaye rentrait dans le cadre des activités commémoratives des événements du 20 juillet 1962, organisées par le PSP.
», écrit Le Républicain du 09 août 2005.

« Véritable réquisitoire contre le régime socialiste du Président Modibo Kéïta, dont les  » crimes les plus notoires  » ont été mis à l’index par différents intervenants, la conférence-débat était principalement animée par l’historien Boubacar Séga Diallo.
Devant un auditoire des grands jours, l’orateur s’est attaché à faire l’historique des événements du 20 juillet 1962 qui ont conduit à la mise aux arrêts des pères fondateurs du PSP, première formation politique du pays, créée en février 1946.
», écrit L’Indépendant du 09 août 2005.

« Officiellement, la conférence-débat organisée lundi par le Parti pour la Solidarité et le Progrès (PSP) visait à revisiter ce qu’on appelle les événements du 20 juillet 1962, une date mouvementée dans l’histoire de notre pays. Mais la perspective des funérailles nationales annoncées pour Modibo Kéïta, le premier président du pays, sur lesquelles la polémique fait rage, est certainement pour beaucoup dans l’initiative du PSP. », écrit L’Essor du 10 août 2005.

« Ce n’est pas cela le plus important. En effet, ce que l’on constate avec la naissance de ce projet, c’est surtout le réveil de mauvais souvenirs que certains croyaient enterrés pour de bon. A cela, il faut craindre une exacerbation des relations sociales et politiques au Mali, encore que cela est contraire à la démarche et à la philosophie politique d’ATT qui se bat continuellement depuis son arrivée au pouvoir pour la réconciliation de tous les fils du pays. Toute chose qui a d’ailleurs représenté le socle du consensus politique en cours.», écrit Nouvel Horizon du 09 août 2005.

Evénements du 20 juillet 1962, page douloureuse de notre histoire et peu connue des maliens …

Historique du 20 juillet 1962 …

« Dans son exposé le conférencier, le professeur Diallo a retracé succinctement l’historique du 20 juillet 1962.
Le 20 juillet 1962, le régime socialiste de Modibo Keïta venait d’écrire une page sombre dans l’histoire politique du Mali. Ce jour-là, le réveil fut brutal pour les nombreuses populations déjà excédées par des mesures économiques impopulaires.
L’arrestation de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadji Kassoum Touré dit Maraba Kassoum et de leurs compagnons d’infortune sonna comme un coup de massue et provoqua des manifestations hostiles au gouvernement. La répression fut brutale et provoqua la mort de deux personnes, plusieurs blessés par balles et l’arrestation des centaines de manifestants.
L’arrestation de ces trois illustres personnalités fait suite à leur opposition à la création de la monnaie malienne décidée par le président Modibo Keïta qui, dans une déclaration devant l’Assemblée nationale, disait : « Depuis le 1er juillet 1962 à 0 heure, la République du Mali dispose de sa propre monnaie ». Cette déclaration intervenait après des étapes bien tumultueuses occasionnées par la rupture avec le Sénégal. Les accords entre le Soudan et la France donnaient à la Fédération du Mali la possibilité de créer son institution d’émission et sa propre monnaie.
L’éclatement de la Fédération puis l’arrestation des dirigeants, à l’époque, ont provoqué le resserrement de la classe politique autour du RDA. Pourtant, bien qu’ayant son point de vue sur les problèmes politiques, économiques et sociaux du pays, Fily Dabo Sissoko avait déclaré au Congrès du 22 septembre 1962 du RDA que lorsque le Mali connaît des difficultés, le sens profondément africain de la fraternité sacrée devait toujours l’emporter sur les divergences partisanes. Mais la logique de « fraternité sacrée » que prônait Fily Dabo n’avait pas son répondant du côté du pouvoir.
Dès 1960, des signes évidents démontraient à bien des égards que la création du franc malien était en préparation en dépit des contestations de la part des commerçants maliens. En effet, en septembre 1960, un Office des changes avait été mis en place chargé de surveiller toutes les rentrées et sorties d’argent du pays, lesquelles étaient subordonnées à la présentation d’une autorisation du gouvernement.
La création de la Somiex le 25 octobre 1960 et de la Régie des transports en 1961, avaient pour objectif la diminution du poids des commerçants et des transporteurs traditionnels dans l’économie malienne.
Frustrés et désabusés après tout ce qu’ils ont fait pour le RDA, ces commerçants, à travers leur syndicat, ont adressé une pétition au Président du Conseil de gouvernement pour manifester leur mécontentement. Ce qui n’arrêta pas le gouvernement, car à partir du 1er juillet 1962, l’Agence de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest devait cesser toutes ses activités et le 03 juillet 1962 à minuit, les signes monétaires en francs CFA n’étaient plus admis comme moyen de paiement.
Conséquences : le Mali quitta l’union monétaire de l’Afrique de l’Ouest.
Après ce délai, des personnes possédant des francs CFA ont été poursuivies soit pour spéculation, soit pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, parmi lesquelles les Dioulas et les alliés du PSP. Les premiers ont refusé de faire le change parce qu’ils avaient suivi avec intérêt le marasme économique en Guinée consécutif à la création de la monnaie guinéenne en mars 1960.
Le franc guinéen, qui s’était rapidement déprécié, avait entraîné la ruine du commerce local. Les seconds ne cachaient pas leur opposition à la création du franc malien. Leur position était partagée par les marchands ambulants et toute cette population flottante vivant de petits travaux dont la situation devenait de plus en plus précaire avec la rareté des produits vivriers.
Les 18 et 19 juillet 1962, les services de sécurité vont procéder à des arrestations de commerçants dont El Hadj Kassoum Touré. Les commerçants et les petits détaillants marchent sur le Commissariat central (actuel 1er arrondissement) scandant des slogans hostiles au régime, les forces de l’ordre tirent à balles réelles provoquant deux morts, plusieurs blessés par balles et l’arrestation de 196 suspects.
A l’intérieur du pays, les arrestations ont eu lieu. Les personnes visées étaient les anciens membres du PSP et, dans certains cas, d’anciens militants du RDA qui n’étaient plus d’accord avec la politique de leur parti.
A la date du 26 juillet 1962, selon un document du Ministère de l’intérieur, 335 personnes avaient été interpellées ; certaines seront relâchées, d’autres graciées ou acquittées. Parmi ces personnes arrêtées, figuraient Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré. Ils seront désignés comme responsables des troubles par la Commission nationale désignée par l’US-RDA pour faire la lumière sur ces événements.
En contradiction avec l’Organisation judiciaire de la République du Mali, un tribunal populaire, présidé par le commissaire politique Mamadou Diarrah, comprenant 39 jurés, n’ayant aucune existence légale fut mise en place pour juger les accusés.
N’ayant en son sein qu’un seul juriste professionnel et pas d’avocats, le tribunal va siéger pendant quatre jours (24 au 27 septembre 1962) dans la salle des anciens Combattants, place de la République. Les accusés au nombre de 94 tenaient difficilement dans la salle. Dans son réquisitoire, le président du tribunal retiendra que Fily Dabo et ses compagnons (dont certains ne savaient même pas pourquoi ils sont dans le box des accusés) étaient à la tête d’un complot visant à renverser le gouvernement légal du Mali.
Le verdict fut sévère : des témoins appelés à la barre furent impliqués et considérés comme membres du brain-trust. Ce fut le cas de Mamadou Faganda Traoré, de Lahaou Touré, de Gaoussou Coulibaly, etc. Fily Dabo, Hammadoun Dicko et El Hadj Kassoum Touré qui furent condamnés à mort. Il y eut 15 acquittements au bénéfice du doute ; 21 condamnations à 1 an d’emprisonnement ; 26 condamnations à 5 ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de séjour ; 6 condamnations à la peine de 10 ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de séjour ; 8 condamnations à la peine de 15 ans de travaux forcés ; 14 condamnations à la peine de 20 ans de travaux forcés. Les condamnations à mort, après une lettre de Fily Dabo, Hammadoun et El hadj Kassoum, adressée au président de la République, furent commuées en détention à perpétuité.
Le 30 juin 1964, on apprenait la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses principaux compagnons. Avant cette date, beaucoup de détenus des événements du 20 juillet, comme on les appelait, étaient décédés des suites de mauvais traitements, de malnutrition. Les événements du 20 juillet 1962 ont marqué une rupture dans l’histoire du Mali . Ils ont creusé le fossé entre le peuple et le gouvernement, avec l’utilisation des armes de guerre contre les manifestants. Les arrestations massives, qui ont touché presque toutes les familles, vont traumatiser les Maliens. La multiplicité des services de renseignements, la délation et les dissensions au sein du parti-Etat ont vite fait d’asseoir un régime policier dans lequel toutes les dérives étaient autorisées.
», écrit Nouvel Horizon du 9 août 2005.

« …Un historien a été choisi comme conférencier, il s’agit de Boubacar Sega Diallo, pour mieux appréhender les événements et leurs conséquences.

Le conférencier Boubacar Sega Diallo, l’historien a souligné son projet d’éditer un livre sur les événements du 20 juillet 1962 car dit-il un pays ne peut pas avancer sans réfléchir sur son histoire.
L’historien qui poursuit ses recherches sur cette partie de l’histoire du Mali était bien indiqué pour introduire cette conférence débat. Les événements du 20 juillet concernent des manifestations liées à la création de la monnaie nationale.
Après une déclaration à l’Assemblée nationale faite par le Chef de l’Etat, Modibo Keïta, annonçant la création du franc malien, la circulation de cette monnaie nationale était effective le 1er juillet 1962. Les échanges devaient se terminer le 17 juillet. Très tôt, le franc cfa n’avait plus cours. Ceux qui n’étaient pas favorables au franc malien, qui rechignaient à venir échanger leur monnaie étaient traités par la radio nationale d’apatrides, de comploteurs. Selon l’historien Boubacar Sega Diallo, ses recherches qu’il poursuit toujours au Mali, en France (Quai d’Orsay) et en Allemagne, ne lui ont pas permis de découvrir qu’il y avait effectivement complot.
Les principaux acteurs accusés de complot étaient des hommes politiques du parti progressiste Soudanais (PSP) Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et l’opérateur économique Marba Kassoum. A l’arrestation de ce dernier, son griot en a fait écho au marché, «le lion est pris». Manifestation immédiate des commerçants s’en est suivi et une marche spontanée s’est ébranlée en direction de l’Ambassade de la France en scandant de slogans hostiles au Franc malien : «A bas le franc malien, vive De gaule». Ce beau monde de manifestants a été chargé aux fusils, bilan, 2 morts selon certaines sources, indiquent le conférencier.
300 personnes ont été arrêtées et jugées par un tribunal populaire mis en place par l’Usrda. Selon l’historien, ce tribunal d’exception était présidé par un Commissaire politique et comprenait un seul magistrat.
Il a siégé du 23 au 27 juillet 1962 statuant sur des inculpations de détention de sommes frauduleuses en Fcfa.
C’est à comprendre qu’après les opérations de change, personne en territoire malien ne devait plus être en possession du Fcfa. Marba Kassoum Touré en posséderait encore 101.000 Fcfa et Fily Dabo Sissoko 30.000 Fcfa. Selon l’historien, des sommes importantes du Fcfa se trouvaient sur des Libano-Syriens.
Selon les chefs d’accusation l’hypothèse du complot était qu’à la faveur du soulèvement, des descentes dans la rue auxquelles devaient prendre part Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, la France interviendrait pour mettre fin au pouvoir du président Modibo Keïta.
Le tribunal populaire condamne Fily Dabo Sissoko, Amadoun Dicko, Kassim Touré à la peine capitale ensuite commuée à la prison à perpétuité. Ils moururent en détention dans les bagnes du grand Nord.
Des événements dits les affaires de Sakoïba, de Djitoumou, de Oulessebougou, des victimes de la milice populaire de l’Usrda ont été évoqués lors de cette conférence débat.
», écrit Le Républicain du 09 août 2005.

« Ce jour là, le régime socialiste de Modibo Kéïta venait de marquer une page sombre de l’histoire politique du Mali par l’arrestation de Fily Dabo Sissoko, de Hammadoun Dicko, d’El Hadj Kassim Touré et d’autres opposants directs opposés à la création du franc malien.
En fait, Fily Dabo et Hammadoun Dicko, à l’époque, avaient eux aussi leur vision socio-économique du Mali. Pour eux, vouloir créer une monnaie nationale dans un pays entouré de 7 pays appartenant à la zone CFA, relevait de l’utopie. C’était la mort programmée des fondements économiques de notre pays lesquels ont comme piliers les commerçants. En effet, avec un pays coupé du monde, les commerçants maliens devaient fermer boutique si une monnaie nationale venait à être créée. Un autre aspect qui confortait les Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassim Touré, dans leur choix, était la pauvreté du Mali. Comment un pays pauvre qui venait de sortir des années de colonisation pourra soutenir la devise d’une monnaie nationale ? Pourtant, le 1er juillet 1962, Modibo Kéïta, dans une déclaration, étalait la création du franc malien malgré les contestations des commerçants. Frustrés et désabusés, après avoir tout donné à l’US-RDA, les commerçants, à travers leurs syndicats, ont adressé une pétition au Président du Conseil du gouvernement pour manifester leur mécontentement depuis 1960. Ce qui n’a pas empêché le gouvernement à aller vers la création d’une monnaie nationale. Conséquence : le Mali quitta l’Union Monétaire Ouest Africaine.
A partir du 17 juillet 1962, le régime Modibo procédera à des arrestations des personnes possédant le franc CFA soit pour spéculation, soit pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat. Les tirs visaient surtout les Dioulas (commerçants) et les alliés du PSP de Fily Dabo Sissoko. Si les premiers ont refusé de faire le change (l’exemple guinéen ne leur incitait pas à cela), les seconds n’ont jamais caché leur opposition à la création d’une monnaie nationale. Le régime socialiste venait ainsi de trouver une occasion d’en finir avec ses adversaires politiques comme l’avait déjà recommandé Modibo Kéïta en 1961 à ses commissaires de gouvernement qui devaient à tout prix mettre en échec leurs adversaires politiques. C’est ainsi qu’El Hadj Kassoum Touré a été arrêté le 18 juillet 1962. Les commerçants protestent, deux d’entre eux sont morts par balles et 196 autres arrêtés. Un nombre qui devait atteindre près de 335 le 26 juillet 1962. Parmi les personnes arrêtées figuraient Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko désignés comme responsables des troubles. Un tribunal populaire sous la coupe de l’US-RDA est mis en place pour un jugement de farce avec comme chef d’accusation contre FIly Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et nombre de leurs compagnons « complot visant à renverser le gouvernement légal du Mali ». Le verdict est sévère : Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré sont condamnés à mort, une peine qui a été commuée en détention à perpétuité.
Pourtant, Fily Dabo Sissoko disait lors du congrès de l’US-RDA du 22 septembre 1960 à la veille de l’éclatement de la Fédération du Mali : «Lorsque le Mali connaît des difficultés, le sens profondément africain de la fraternité sacrée devait toujours l’emporter sur les divergences partisanes». Cette logique de «fraternité sacrée» que prônait Fily Dabo n’avait pas son répondant du côté du pouvoir.
» écrit Soir de Bamako du 09 août 2005.

« Selon un document du ministère de l’intérieur, à la date du 26 juillet, 335 personnes avaient été interpellées. Certaines seront lâchées, d’autres graciées ou acquittées. Parmi les personnes arrêtées, figuraient Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré. Ils seront désignés comme responsables des troubles et accusés de vouloir renverser le gouvernement légal. En contradiction avec l’organisation judiciaire du pays, un tribunal populaire comprenant 39 jurés et n’ayant aucun fondement légal, fut mis en place pour juger les accusés, a rappelé le professeur Diallo.
Le verdict fut sévère : Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, El Hadj Kassoum Touré furent condamnés à mort. Ces condamnations furent ensuite commuées en détention à perpétuité. Mais le 30 juin 1964, on apprenait leur mort
.», écrit L’Essor du 10 août 2005.

« C’est ainsi que le 18 juillet 1962, les services de sécurité vont procéder à des arrestations en masse de petits commerçants. El hadj Kassoum Touré, tout comme Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko furent arrêtés à leur tour et jugés par un tribunal populaire  » illégitime « .
Ils furent condamnés à la prison à vie avant de voir leur peine commuée à la prison à perpétuité. C’est alors que l’on apprenait, le 30 juin 1964, la mort de Fily Dabo Sissoko et des ses principaux compagnons. Avant cette date, beaucoup de détenus des événements du 20 juillet, comme on les appelait, étaient décédés des suites  » de mauvais traitement, de malnutrition « .  » Ces événements ont creusé le fossé entre le peuple et le gouvernement qui s’apparentait à un régime policier dans lequel toutes les dérives étaient autorisées « , déclare le conférencier.
», écrit L’Indépendant du 9 août 2005.

Ce débat sur l’organisation de funérailles nationales pour Modibo Kéïta, permettra d’édifier les jeunes générations d’aujourd’hui sur cette page de l’histoire du Mali …

« Les nouvelles générations qui savent très peu de choses sur le président Modibo Kéïta, la première République, auront sans doute l’opportunité, à travers le débat contradictoire en cours, d’être mieux édifiées sur l’état de la nation de cette période décisive de l’histoire du Mali. La première République a, en effet, posé les jalons du développement socio-économique du pays et de la diplomatie. Elle représente de ce point de vue un repère historique qui mérite une attention particulière.
En effet, au stade actuel du processus démocratique au Mali, il importe que, de temps à autres, on jette un regard rétrospectif sur les actes posés afin de mieux s‘orienter, d’éviter, par la même occasion, les erreurs du passé.
», écrit Nouvel Horizon du 09 août 2005.

« On peut dire que la naissance du projet d’organisation des funérailles nationales et officielles pour l’ancien président Modibo Kéïta est en train de faire monter la pression au sein de l’opinion publique.
Ce qu’il ne faudra pas perdre de vue, c’est que cette ambition est venue mettre un piquant au débat existant qui se focalisait surtout sur l’insécurité alimentaire, les efforts en cours par les autorités actuelles pour l’endiguer, mais aussi les relations entre les pouvoirs publics, les commerçants et les populations au sujet de l’approvisionnement correct, régulier et à moindre coût des consommateurs en céréales. Au-delà de ces aspects, il y avait les questions relatives à la situation interne des partis comme l’ADEMA et le BDIA, le remue-ménage au sein du Mouvement Citoyen après la création du PCR. L’organisation des funérailles nationales et officielles pour l’ancien président Modibo Kéïta semble avoir ravi la vedette à ces événements qui étaient pourtant au coeur de l’actualité nationale. Les cas ce débat majeur est d’intérêt national, car il porte sur le Père de l’indépendance du Mali. Il offre une chance aux jeunes d’aujourd’hui qui ont beaucoup entendu parler de Modibo Kéïta, mais savent très peu de choses sur lui, de feuilleter certaines pages de notre histoire.
En fait, la vie et l’oeuvre du Père fondateur du Mali ont un lien très étroit avec l’histoire récente du peuple malien.
Peut-être faudra-t-il saisir l’opportunité du débat en cours, qui, selon toute vraisemblance, ne perdurera pas, pour éclairer davantage la lanterne des jeunes générations, futurs bâtisseurs de la nation. Cela est important si cet exercice est fait à bon escient avec l’objectif spécifique d’en tirer les meilleures leçons pour l’avenir. Les temps ont changé, mais cela ne saurait nous amener à oublier notre passé, notre histoire, si riche avec des périodes tumultueuses.
En effet, dans toute société, il y a la cohabitation du bien et du mal, il en est de même de tout pouvoir, de tout régime. Il convient à cet effet, de faire la part des choses, mais en prenant soin de ne pas occulter la spécificité de chaque équipe, les contours des droits et libertés individuels et collectifs.
», écrit Nouvel Horizon du 11 août 2005.

Les intervenants à la conférence-débat, sont-ils opposés à l’organisation de funérailles nationales pour Modibo Kéïta …

« La plupart des intervenants à la conférence-débat, comme Oumar Hammadoun Dicko, ne se sont pas opposés au principe mais réclament au préalable, le rétablissement de la vérité sur l’histoire de cette période. », écrit L’Essor du 10 août 2005.

Que toute la lumière se fasse !

« Qu’on parle aujourd’hui des funérailles nationales pour Modibo Kéïta, «d’accord», disent les responsables du PSP, mais que «la vérité soit dite d’abord sur les crimes politiques commis par le régime RDA». De la même manière, on doit, selon le PSP, mettre fin à la falsification de l’histoire du Mali. Et cela constitue pour le Parti pour la Solidarité et le Progrès, un devoir de mémoire pour les Maliens, pour la génération future, et pour l’unité et la cohésion au Mali. », écrit Soir de Bamako du 09 août 2005.

On ne peut pas faire des funérailles nationales et officielles pour Modibo Kéïta sans dire ce qu’il a fait dans ce pays notamment les aspects positifs et négatifs de son régime. Nous n’avons pas envie de nous venger, notre objectif est de faire en sorte que la vérité soit rétablie. Nous sommes des croyants, on ne veut pas déterrer nos morts, mais qu’on leur fiche la paix afin qu’ils dorment en paix”
Les propos sont de Oumar Hamadoun Dicko, président du Parti pour la solidarité et le progrès (PSP) à l’occasion d’une conférence débat animée hier au Centre Islamique d’Hamdallaye.
», écrit Nouvel Horizon du 09 août 2005

« Fils de Hamadoun Dicko, mort derrière les barreaux sous le règne de Modibo Kéïta, Oumar Hammadoun Dicko demande que toute la lumière soit faite sur toutes les pages, soient -elles sombres de l’histoire du Mali.
 » On ne peut pas se taire face à la falsification de l’histoire. On ne peut pas se pardonner sur du mensonge. Ils veulent ouvrir une seule fenêtre de notre histoire (allusion aux funérailles de Modibo Kéïta) « , déclare l’actuel ministre des Maliens de l’extérieur.
S’exprimant également lors de la conférence-débat, Cheick Modibo Diarra, le navigateur interplanétaire, dont le père (Moussa Diarra) fut aussi victime du régime, n’a pas manqué d’égratigner certains historiens qui s’accordent à  » modifier notre histoire et à raconter des histoires « .
Selon le scientifique, qui se souvient encore de l’incendie de sa maison familiale quand il n’avait que sept ans,  » il est temps de dire toute la vérité sur ce qui s’est réellement passé « . Quant au doyen Mamadou Niang, compagnon de route de Fily Dabo Sissoko, il a égrené un long chapelet de crimes qu’il attribue, volontiers, au régime du père de l’indépendance.
De Moussa Diarra, père du navigateur Cheick Modibo Diarra, à Mamadou M’Bodj, premier sénateur élu du Soudan français, la liste des victimes du régime Modibo est longue.
Un intervenant aux débats chiffre à plus de 1023, le nombre de victimes de Modibo Kéïta.
», écrit L’Indépendant du 9 août 2005.

« Pour le président du PSP Oumar Hammadoun Dicko, il s’agit aujourd’hui, non pas de faire payer, mais de rétablir la vérité. Les faits historiques sont têtus dit-il. «Au PSP nous sommes restés réservés sur la question pour regarder vers l’avenir comme nous enseignait Fily Dabo Sissoko. Je n’ai pas de problèmes avec ceux de l’Usrda, mais j’ai des problèmes avec l’interprétation de l’histoire. On ne peut pas se taire indéfiniment lorsqu’il y a des gens qui falsifient l’histoire», a martelé Oumar Hammadoun Dicko.
Des moments pathétiques lorsque le vieux Mamadou Niang a décrit l’assassinat du sénateur Mamadou NBodj, l’incendie chez Moussa Diarra le 2 février 1959 lorsque son enfant Cheick Modibo Diarra (le navigateur de la Naza) avait 7 ans.
Cheick Modibo Diarra s’en souvient
Le jour où on a brûlé ma maison après l’avoir aspergé d’essence, j’étais là dedans, je me souviens et personne ne m’a jamais entendu en parler. «En tant que citoyen de la République du Mali, je suis très concerné par l’histoire de mon pays. Un pays où on ignore les faits, où les historiens transforment l’histoire pour raconter les histoires. Au lieu d’être humble face à ses victimes, les gens deviennent de plus en plus arrogants. L’histoire est en train d’être manufacturée…
Nous avons une Nation à bâtir, nous devons expliquer le passé, se pardonner, exorciser le passé et avancer. On ne peut pas continuer à pousser la poussière de son salon sous les tapis pour dire que la maison est propre…» a déclaré Cheick Modibo Diarra.
D’autres intervenants comme Abdoulaye Amadou Sy et le Colonel Youssouf Traoré, tous deux anciens ministres de Moussa Traoré (2è République) ont invité les historiens à dire la vérité. Le premier propose une conférence vérité réconciliation. «Il faut éviter la falsification de l’histoire car le mensonge ne construit pas et la vérité finit toujours par triompher», a dit le second.
», écrit Le Républicain du 09 août 2005.

« Après son exposé certaines personnes ont fait des contributions, particulièrement les rescapés de l’époque ou les descendants des victimes.
Ils ont dit :
Oumar Hamadoun Dicko : « On ne peut pas se pardonner sur le mensonge. Il s’agit pour nous de dire les faits. Je n’ai pas de problème particulier avec les gens de l’USRDA, mais c’est l’interprétation qu’on donne aux faits qui n’est pas juste.
On ne peut pas faire des furénailles nationales et officielles pour Modibo Kéïta sans dire ce qu’il a fait dans ce pays, notamment les aspects positifs et négatifs de son régime. Nous n’avons pas envie de nous venger, notre objectif est de faire en sorte que la vérite soit rétablie. Nous sommes des croyants, on ne veut pas deterrer nos morts, mais qu’on leur fiche la paix afin qu’ils dorment en paix ».
Mamadou Niang : « Ayant vécu
les évènements, 40 ans après, il a apporté des témoignages. Il a parlé de l’assassinat du senateur Mamadou Bodj le 2 septembre 1958. Cet assassinat est le fait de Modibo Kéïta qui a endoctriné les gens pour le tuer, j’en ai été temoin oculaire », a-t-il ajouté. Enfin il a martélé haut et fort que Modibo avait un regime policier.
Cheick Modibo Diarra, navigateur interplanétaire à la NASA: « Je suis concerné par l’histoire mon pays. Un pays ou des historiens modifient les faits du pays, où les gens n’ont pas de remords envers leur victimes. Il est temps dans ce pays de dire la vérité aux gens », a dit le savant.
Son père et son oncle ont disparu à Ségou lors de l’évènement. Leur, concession a été brûlée alors qu’il se trouvait dans la cour de la famille. Il n’avait que 7 ans.

Les conférenciers ont souligné que Modibo Kéïta n’a jamais été le président de la République du Mali, car de 1960 à 1968 aucune élection n’a été organisée. Il a été plutôt Chef d’Etat. Ensuite ils ont révélé le nombre de ses victimes qui s’élève à 1023 personnes.
», écrit Nouvel Horizon du 09 août 2005.

Réactions de représentants d’autres partis politiques lors de la conférence-débat…

«Pour Abdoulaye Amadou Sy, Président du Parti MPlus Ramata, rien ne sert, à présent, de raviver des plaies que l’on pensait cicatrisées.
L’homme politique souhaite l’organisation de Conférence Vérité Réconciliation, comme ce fut le cas en Afrique du Sud.
Les bourreaux ont affronté leurs victimes, dont la plupart ont pu alors pardonner.
S’exprimant également à son tour, le Colonel Youssou Traoré, ancien compagnon de Moussa Traoré, tombeur du régime Modibo Kéïta, pense qu’il faut regarder dans le rétroviseur pour faire toute la lumière sur les différents crimes et assassinats politiques perpétrés au fil des régimes dans notre pays.
 » Il faut souvent éviter de regarder dans le rétroviseur. Il y a des pages de l’histoire qu’il faut tourner, sans cependant les déchirer. Chacun doit accepter de pardonner « , déclare Hamadoun Ousmane Cissé, du parti UMP qui dit n’en vouloir aux régimes de Modibo kéïta, du CMLN, de l’ADEMA et de ATT.
», écrit L’Indépendant du 9 août 2005.

«  Abdoulaye Amadou Sy: « Le président de MPLUS RAMATA a dit que l’organisation des funérailles nationales et officielles pour Modibo Kéïta est en train de raviver les plaies.
Le Colonel Youssouf Traoré a affirmé que le CMLN a rencontré le pouvoir dans la rue et il n’était avec personne, quand ils l’ont pris, ajoutant que lorsque l’avenir du pays est compromis il faut s’attendre à des évènements. Il s’est demandé si on peut continuer à régler les contradictions politiques par des assassinats. La méthode communiste ne convient plus
. », écrit Nouvel Horizon du 09 août 2005.

Que va-t-on faire …

« Alors que va-t-on faire ? Poursuivre la réalisation de ce rêve ? C’est le temps qui nous édifiera. Mais en attendant, au sein de l’opinion publique nationale, le débat est animé autour de la question, de l’opportunité même du projet au state actuel de notre processus démocratique. Au demeurant, nul ne conteste le fait que Modibo Kéïta fut une grande personnalité de l’histoire malienne, voire africaine, qu’il fut un patriote.
D’ailleurs, ce sont toutes ces qualités qui lui ont valu la reconnaissance déjà officielle à travers l’érection d’un mémorial en son nom. La salle des spectacles Modibo Kéïta du Palais de la Culture et le Stade Omnisports Modibo Kéïta sont tout autant des symboles de la reconnaissance des qualités et des efforts de l’ancien président pour sa patrie.
A ces occasions, il y a eu peu de réactions négatives tant ses mérites d’homme d’Etat sont sans équivoque. Mais avec l’organisation de funérailles nationales et officielles pour lesquelles d’ailleurs une commission d’organisation a été mise en place, les réactions se multiplient et elles ont cette spécificité de relancer le débat sur les oeuvres du défunt président, tous les actes qu’il aura posés le long de son règne. Ce qui est indéniable, c’est que chez tout humain, il y a le côté face et pile, le bon et le mauvais côté.
», écrit Nouvel Horizon du 09 août 2005.