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Loi d’Orientation Agricole (LOA), puissant levier pour faire de l’agriculture le moteur du développement économique du Mali ?

Lundi 7 février, le lancement officiel de la Loi d’Orientation Agricole (LOA), une politique agricole pour le Mali de Demain, a eu lieu sous la présidence de Amadou Toumani Touré président de la république, dans la salle de banquets du palais de Koulouba. Premier ministre, et membres du gouvernement étaient présents à la cérémonie. Mme Lansry Nana Haidara commissaire à la sécurité alimentaire, Seydou Traoré, ministre de l’agriculture et le chef de l’état, ont intervenu durant la cérémonie.

Les journaux titrent :
 » Politique agricole du Mali,  » Je veux que l’agriculture soit le levier de la croissance de notre économie « , a dit ATT « , titre  » Nouvel Horizon  » du 8 février 2005.

 » Loi d’Orientation Agricole, le nouveau chantier d’ATT « , titre  » Soir de Bamako  » du 8 février 2005.

 » Loi d’Orientation Agricole, vers la révolution verte « , titre  » Le Républicain  » du 8 février 2005.

 » ATT a lancé hier le processus d’élaboration de la loi d’orientation agricole, la modernisation de l’agriculture malienne en marche « , titre  » L’Indépendant  » du 8 février 2005.

En effet, le Mali, pays à vocation agro-sylvo-pastorale, regorge d’immenses potentialités dans ces différents secteurs. Avec 80% de sa population qui vit en milieu rural, l’agriculture constitue l’atout majeur de notre pays. Cependant, le secteur primaire reste malheureusement, peu productif avec des contre-performances compromettant l’apport de l’agriculture dans l’économie malienne.

Qu’est ce que la LOA ?
 » A l’issue d’un processus participatif qui impliquera tous les acteurs concernés et même d’éminentes personnes ressources, cette loi sera déposée sur la table de l’assemblée nationale pour adoption lors de la session d’octobre 2005. Elle sera entre les mains du président de la république un puissant levier pour faire enfin, de l’agriculture le moteur du développement économique du Mali.
C’est au cours des premières journées paysannes de 2003 qui avaient pour cadre Koutiala que l’idée de création d’une Loi d’Orientation Agricole a été lancée pour la première fois par le président de la république, se veut un instrument directif et fédérateur pour l’ensemble des dispositions législatives ou règlementaires touchant aux domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la forêt. Il s’agit d’une Loi ordinaire qui vise à dessiner ce que sera le secteur agricole à court, moyen et long terme. « , écrit  » L’Indépendant  » du 8 février 2005.

 » Cette loi d’orientation se veut l’instrument direct et fédérateur pour l’ensemble des dispositions législatives ou règlementaires touchant aux domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la forêt. Des secteurs qui recèlent d’énormes potentialités pour notre pays. Faut-il rappeler que leur apport au produit intérieur brut, au budget ainsi que leur part de contribution dans la création de l’emploi sont considérables. Mais, force est de reconnaître que depuis l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale, ces secteurs sont confrontés à des contraintes et difficultés qui bloquent leur propension. Les maux ont pour nom la précarité des producteurs, la faible valeur ajoutée et les fluctuations incessantes des prix et cours mondiaux des produits d’exportation. Toutes choses qui handicapent fortement nos éleveurs, paysans, pêcheurs et exploitants forestiers. « , écrit  » Le Républicain  » du 8 février 2005.

 » La Loi d’Orientation Agricole concerne l’ensemble des activités économiques en milieu rural-agriculture, élevage, pêche continentale, sylviculture, cueillette, transformation, commerce, service) ainsi que leur impact social et environnemental. Les politiques développées dans chacun des sous-secteurs sont partie intégrante de la politique générale de développement agricole.
Les professions agricoles doivent être reconnues et sécurisées afin de permettre au secteur qui emploie le plus grand nombre d’actifs d’occuper la place qui est la sienne dans l’économie nationale.
L’exploitation agricole se définit comme une unité économique permettant de développer une activité de production ayant comme support l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’exploitation forestière ou les activités connexes. Elle doit être dotée d’un statut juridique clair. Il faut conserver et encourager les exploitations de type familial en créant les conditions pour qu’elles se modernisent, qu’elles accroissent leurs ressources et continuent d’être le facteur de perpétuation des générations.
Une politique d’installation dans le secteur doit prendre en compte à la fois, la transmission dans le cadre familial pour les exploitations familiales (héritage et la création d’exploitations agricoles par de nouveaux exploitants, en particulier, par des jeunes. En parallèle, il faut encourager dans certaines filières, l’émergence de grandes exploitations de type industriel. Celles-ci doivent être capables de faire des investissements privés durables, de déployer des moyens importants et modernes de production, de créer des richesses et des emplois stables.
La Loi d’Orientation Agricole doit permettre de développer et de faire coexister plusieurs types, telles les exploitations familiales, commerciales et industrielles. La Loi d’Orientation Agricole doit permettre d’adopter un régime de protection sociale des agriculteurs adapté aux besoins et aux capacités du pays.
Les producteurs sont organisés au sein des Organisations Professionnelles (OP) espaces de dialogue, de solidarité et de représentativité de diverses professions du secteur rural. Elles doivent être développées et renforcée et leur rôle mieux défini.
Tous les acteurs du monde rural doivent accéder à la formation, qu’ils soient femmes ou hommes, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, exploitants forestiers, agents de chambres consulaires, d’organisation professionnelle ou interprofessionnelle.
L’enseignement et la formation professionnelle agricoles ont pour objet d’assurer une formation générale, professionnelle, technologique, primaire, secondaire et supérieure dans les métiers ruraux (production, transformation, commercialisation, services et aménagement de l’espace agricole, pastoral et forestier, gestion de l’eau et de l’environnement…)
La Loi d’Orientation Agricole doit favoriser une politique d’équipement des producteurs en matériels et technologies modernes de production. Un programme ambitieux d’équipement du monde rural doit être élaboré. Des unités de fabrication de matériels agricoles modernes doivent permettre de satisfaire au mieux les besoins des exploitants. « , écrit  » L’Indépendant  » du 8 février 2005.

 » La loi d’orientation agricole (LOA) est construite autour de cinq thèmes : le premier décrit les objectifs généraux et les stratégies du développement agricole ; le deuxième aborde les questions liées au statut des exploitants agricoles, aux organisations de la profession agricole et à la formation des facteurs de production ; quant au quatrième thème, il concerne d’une part les stratégies de développement de la production dans les domaines agricole, animal, halieutique, forestier et faunique ; et d’autre part, la promotion des filières et des marchés ; et enfin le cinquième traite du cadre institutionnel qui accompagnera l’entrée en vigueur de la nouvelle loi. La finalité recherchée est la création d’un Conseil Supérieur de l’Agriculture présidé par le chef de l’état pour assurer l’autosuffisance alimentaire synonyme d’une réduction de la pauvreté. « , écrit  » Nouvel Horizon  » du 8 février 2005.

 » Le chronogramme d’exécution des travaux élaboré par le ministère de l’agriculture a fixé l’atelier de formation des animateurs des débats en mi-février. Cette formation sera assurée par la Compagnie Malienne de Développement Textile (CMDT). Le début du mois de mars sera consacré aux concertations locales ; à partir du 15 mars, c’est la préparation des concertations régionales et dans le district de Bamako. En mai, ce sera la synthèse nationale des concertations régionales. », écrit  » Nouvel Horizon  » du 8 février 2005.

Intervention de Mme Lansry Nana Haïdara, commissaire à la sécurité alimentaire …
 » Dans son intervention, Mme Lansry Nana Haïdara, commissaire à la sécurité alimentaire a fait un exposé clair et concis sur le processus d’élaboration de la Loi Agricole. A cet effet, elle a mis l’accent sur les potentialités qu’offre notre monde rural notamment avec de grandes zones agro-écologiques pour des productions ciblées, un potentiel d’aménagement hydro-agricole sur près de deux millions d’hectares, dont 1 million dans la zone de l’Office du Niger. Elle a aussi évoqué nos différentes filières compétitives, les ressources forestières, fauniques et halieutiques avec de nombreuses filières porteuses que sont le karité, la gomme arabique et la pisciculture.
Selon Mme le commissaire à la sécurité alimentaire, l’agriculture constitue l’atout majeur de notre pays, assure sa sécurité alimentaire et sa croissance économique. Mais, ce secteur primaire, a-t-elle affirmé, reste peu productif et enregistre des contre performances qui compromettent son apport à l’économie nationale.
Malgré l’initiation des cadres de politiques agricoles et de sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana a indiqué que les performances du secteur restent faibles face aux potentialités. Cette situation s’explique par les multiples contraintes au nombre desquelles la grande sensibilité du secteur aux aléas climatiques avec ses conséquences sur la production, la pauvreté des sols, le faible développement des marchés, l’accès insuffisant aux nouvelles technologies, la faiblesse des investissements, l’inexploitation des opportunités de l’intégration régionale et internationale.
Face à ces contrastes, dira Mme Lansry Nana, le chef de l’état du Mali a depuis 2002 fait du secteur rural le moteur de l’économie nationale pour une croissance forte et durable à travers diverses actions. « , écrit  » Soir de Bamako  » du 8 février 2005.

Intervention de Seydou Traoré ministre de l’agriculture ….
 » Dans sa présentation, le ministre Seydou a souligné la composition du secrétariat permanent, ses missions en terme d’assistance au comité technique national et fait une présentation des cadres chargés d’animer cette structure dirigée par le Dr Daouda Diarra, vétérinaire et ingénieur d’élevage. Par rapport aux concertations dont les objectifs doivent permettre de débattre l’ensemble des questions liées à la Loi Agricole, de s’assurer de la prise en compte des spécificités régionales, d’élaborer et de communiquer les résultats au comité technique national, le ministre de l’agriculture a précisé que les concertations seront organisées à trois niveaux (local, régional et national). Pour lui, le respect de l’équité, du genre, de la diversité d’opinion et de la représentation sont des principes à prendre en compte.
Après s’être longuement étendu sur le déroulement des concertations, le ministre a entretenu les invités sur la formulation de la loi. En effet, l’avant-projet de la Loi d’Orientation Agricole
sera rédigé par le secrétariat permanent, sous la supervision du comité technique national. Cet avant-projet sera soumis avant son dépôt sur le bureau de l’assemblée nationale.
Le budget prévisionnel du processus d’élaboration de la Loi d’Orientation Agricole est de 198.140.000 Fcfa. Pour harmoniser tous ces travaux, un calendrier prévisionnel et un calendrier d’urgence de déroulement du processus a été conçu par le département de l’agriculture. Il s’étale du 7 février 2005 au mois d’octobre 2005.
Le ministre de l’agriculture mesure l’importance de la mission c’est pourquoi, il a souligné toute la fierté que ressent son département pour conduire ce nouveau chantier du président de la république lequel doit dessiner le cadre du développement rural lors des vingt prochaines années. « , écrit  » Soir de Bamako  » du 8 février 2005.

Intervention du président de la république …
 » Le président de la république M Amadou Toumani Touré pense  » qu’une autre agriculture est possible  » avec l’ambition d’assurer la prospérité des producteurs éleveurs, paysans, pêcheurs et exploitants forestiers qui font en réalité la richesse de notre pays. La seule zone de l’Office du Niger offre au Mali un potentiel de plus de 1 million d’hectares de terres irrigables. Plus de la moitié du riz, du sucre et de l’oignon provient de cette zone. Le blé est produit au Nord du pays et le coton au Sud, dont le Mali est le premier producteur en Afrique avec plus de 600.000 tonnes de coton graine. Le cheptel malien est parmi les plus importants de l’Afrique de l’Ouest. Les ressources forestières, fauniques et halieutiques apportent à notre économie des filières porteuses. Les statistiques révèlent que 43% du Produit Intérieur Brut (PIB) ont pour source les recettes d’exportations agricoles.
 » L’agriculture constitue donc l’atout majeur dont notre pays dispose pour assurer sa sécurité alimentaire et sa croissance économique « , a affirmé le président ATT.
L’une des ambitions du président de la république est de faire de l’agriculture le moteur du développement.  » Je veux que l’agriculture soit le levier de la croissance de notre économie, et source de richesses pour nos populations, dans le cadre d’un Mali exportateur de produits agroalimentaires, transformés et labellisés « , a-t-il dit. La Loi d’orientation dont il est question sera élaborée après des débats et échanges à trois niveaux différents.
…  » Si nous réduisons la faim de moitié, nous allons réduire la pauvreté de moitié également « , a conclu le président ATT. « , écrit  » Nouvel Horizon  » du 8 février 2005.