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Pour rappel, le 10 mars 2002, à Sikasso, Amadou Toumani Touré a annoncé officiellement sa candidature pour les élections présidentielles de la même année. Le général a ainsi pu livrer aux Maliens ses intentions et ses ambitions pour le pays…

Les journaux titrent :
« Mars 2002 : retour sur les promesses », titre « Le Républicain » du 07 juin 2005.

« ATT : voici mon bilan », titre « Le Républicain » du 09 juin 2005.

« Le MPR apprécie le bilan d’ATT », titre « Le Républicain » du 09 juin 2005.

« ATT hier à l’occasion du 3ème anniversaire de son accession au pouvoir », titre « Soir de Bamako » du 9 juin 2005.

« 3ème anniversaire du président ATT à Koulouba » titre « Nouvel horizon » du 09 juin 2005

« Le chef de l’état face à la presse, ATT récuse tout remaniement ministériel « titre « Les Echos » du 9 juin 2005.

« Yoro Diakité, président du Bara : «la misère a envahi le pays», titre « Le Républicain » du 7 juin 05

Retour sur les promesses de mars 2002 de ATT …

Le 10 mars 2002, à Sikasso, Amadou Toumani Touré annonce officiellement sa candidature pour les élections présidentielles de la même année.
Le général a ainsi pu livrer aux Maliens ses intentions et ses ambitions pour le pays…

« « La situation actuelle de notre pays et le souci permanent du devenir des enfants m’interpellent très fortement, à l’occasion des prochaines échéances électorales.
C’est pourquoi, en ne prenant en compte que l’intérêt supérieur du Mali, j’ai décidé de proposer aux Maliens et aux Maliennes mon expérience et mon engagement patriotique en me présentant à l’élection présidentielle du 28 avril 2002».
C’est par ces propos que le tombeur de Moussa Traoré, onze ans après avoir remis le pouvoir à Alpha Oumar Konaré, annonçait à Sikasso son intention de briquer la magistrature suprême.
Auparavant, le général Amadou Toumani Touré conformément aux dispositions de la loi électorale, en vigueur chez nous, était parti à la retraite par anticipation, en septembre 2001. Dès cet instant la candidature de l’ancien chef d’Etat, sous la transition se dessinait.
Et nombreux étaient nos compatriotes à fonder un espoir sur un retour aux affaires de l’homme qui conduisit avec satisfaction les pas du Mali démocratique, après plus de deux décennies de dictature. La suite est connue.
En 1992, Amadou Toumani Touré remettait le pouvoir à un régime civil, démocratiquement élu. Le général se mettait en réserve de la République.
Mais restait attentif à l’évolution du pays. «Pendant dix ans, j’ai attentivement observé notre pays et sa classe politique, la société civile et l’Ecole. Je suis resté durant la même période dans l’armée, sans commandement, sans aucune responsabilité militaire. J’ai voulu ainsi accompagner comme il se devait le processus de démocratisation en cours…», confessait ATT lors de l’annonce de sa candidature.
Alors constat de Amadou Toumani Touré : «des progrès dans bien de domaines ont été réalisés durant les dix dernières années, avec des acquis positifs incontestables». Mais tout n’était cependant pas brillant. Le tableau avait ses zones d’ombre. Pour le candidat Touré «la persistance de certaines tares séquelles d’un passé à la fois proche et lointain pèse lourdement sur la vie politique et économique de notre pays».
Autre constat fait par ATT à Sikasso, «depuis la lutte pour l’émancipation de notre pays et la proclamation de l’indépendance nationale en 1960, presque tous les Grands Evénements que le Mali a vécus ont été source d’exclusion systématique d’une partie importante de Soudanais, puis de Maliens, au lieu de constituer un élément d’union, face à un destin communs».
Son ambition, il la livre. C’est d’emprunter avec les Maliens, «le chemin conduisant à un ancrage définitif des valeurs démocratiques, en permettant aux contre-pouvoirs institutionnels d’exercer pleinement la mission qui est la leur, dans un cadre politique, social et économique renouvelé et dynamique. Un cadre qui fonctionnerait avec des règles s’inspirant des valeurs traditionnelles de respect, d’honneur et de solidarité.
Chantier fondamental : réconcilier le Mali «avec ses cinquante ans d’histoire politique tumultueuse, émaillée de luttes fratricides avec son lot de douleurs, d’exclusion, de tragédies, d’intolérance et de déficit de consensus, qui pourtant, constitue une caractéristique marquante des valeurs traditionnelles de notre société». Avec une baguette magique ?
Non: «en réalisant l’objectif fondamental de mon engagement constant : assurer le bien être de toutes les Maliennes et de tous les Maliens et faire du Mali un modèle de bonne gouvernance», promettait Amadou Toumani Touré.
Ce n’est pas tout. Le général promettait également la récompense du mérite partout et à tous les niveaux : «je veillerais à la création d’un Espace propice, permettant à nos cadres compétents et honnêtes d’accéder aux postes de responsabilité en dehors de toute appartenance à un parti politique, ou à un groupe d’intérêt quelconque».
De la même manière, Amadou Toumani Touré avait promis une guerre contre la corruption. Comment ? Accroître les moyens de vérification des comptes et biens de l’Etat.
L’emploi, la restauration de l’autorité de l’Etat, la construction d’une économie plus compétitive et plus diversifiée le désenclavement intérieur et extérieur du Mali, la diplomatie, le rayonnement de la culture malienne étaient entre les chantiers prioritaires du projet de Amadou Toumani Touré.
», écrit « Le Républicain » du 07 juin 2005.

Bilan de ATT …

Le chef de l’état a fait son bilan

« Selon le président ATT, ce devoir de rendre compte permet de se parler et de lever quelques équivoques. A trois ans, dira-t-il, vouloir planter un bilan est un exercice pas facile.
D’entrée de jeu, le Président Amadou Toumani Touré fera l’apologie de l’expérience inédite de gestion consensuelle du pouvoir tentée depuis son investiture en juin 2002.
Selon lui, cette expérience a donné au Mali une stabilité intérieure et la paix sociale. «La gestion consensuelle du pouvoir que j’ai souhaité et qui a porté des fruits est à saluer» dira-t-il.
Parlant de son ambition pour le Mali qui tourne autour de deux points essentiels à savoir : le mieux être des populations et le développement durable de notre pays ; ATT estime que des synergies ont été créées pour mieux exploiter les routes, les pistes, les puits, les adductions d’eau, les logements sociaux, l’électrification rurale, les périmètres irrigués, la lutte contre le Sida, l’Education, l’emploi surtout l’emploi des jeunes, la lutte contre la corruption.
Avec la nouvelle loi d’orientation agricole, ATT ambitionne de transformer l’agriculture sociale en une agriculture industrielle. Il se propose aussi de revaloriser les engrais de Tilemsi pour mettre en valeur nos Monts et pistes.
Cependant force est de reconnaître que nos efforts sont confrontés à des limites tant du point de vue de nos ressources propres que de l’aide au développement qui tarit de plus en plus.
Nous sommes confrontés à des adversités qui se caractérisent par d’énormes pertes de nos ressources et des manques à gagner. «Des facteurs exogènes ont fortement ralenti la marche du pays : crise ivoirienne, baisse du cours du Dollar, flambée du prix des hydrocarbures, l’arrêt précoce de la saison des pluies et l’invasion acridienne qui a provoqué un déficit céréalier de 500.000 tonnes en 2002 et 345.000 tonnes en 2004», a indiqué le chef de l’Etat.
Le coton aussi a connu une baisse drastique de 43 % de son cours sur le marché mondial. Le bras de fer avec nos partenaires techniques au développement a causé au trésor Malien une moins-value de 37,8 milliards de F Cfa uniquement sur le point de l’aide budgétaire et la perte de 18 milliards sur les prévisions budgétaires qui auraient pu faire tourner certains services et des petites sociétés.
Cependant malgré, cette morosité, des «efforts importants ont été faits au niveau des salaires et avantages». Sur le plan de la grille salariale, la révision a donné une incidence financière de 10 milliards F Cfa, pour les B1 et B2 plus d’un milliard et pour l’alignement des contractuels sur le salaire des fonctionnaires l’Etat a débloqué 1 milliard 200 millions de F Cfa.
D’autres fonctionnaires ont bénéficié de 1 milliard 300 millions ; les avancements gelés ont coûté à l’Etat 5 milliards de F Cfa. Ce sont donc 20 milliards de F Cfa qui ont été payés par l’Etat Malien moins les indemnités, les régularisation et les ajustements.
Quant à la masse salariale, elle a triplé entre 2002 et 2005. Les personnes âgées ont aussi vu leur pension mensualisée. Les allocations familiales ont été revalorisées. Depuis l’arrivée de ATT en juin 2002, la croisade contre la corruption et la délinquance financière a été relancée.
La Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration a produit 359 dossiers ; l’institution du Vérificateur générale commence à bouger : 9 vérificateurs sur les 11 ont prêté serment.
Les Pôles économiques et financiers ont été mis en place à Kayes, Mopti, Commune III du District de Bamako. Le Contrôle général des services publics a été renforcé. Son budget de fonctionnement a augmenté de 65 %.
Les véritables motifs de satisfaction se trouvent au niveau du Programme multisectoriel de lutte contre le Sida. ATT est parvenu à obtenir à travers ce programme une enveloppe financière de 75 milliards de F Cfa pour la distribution gratuite des médicaments anti-retroviraux ; la multiplication des centres de dépistage anonyme dans toutes nos régions et la multiplication du nombre de centres de Conseil.
Son insatisfaction ? «Ce sont les deux saisons hivernales non réussies que nous avons connu entre 2002 et 2005».
», écrit « Le Républicain » du 09 juin 2005

« Plusieurs questions importantes ont été abordées : agriculture, emploi des jeunes, lutte contre la corruption et la délinquance financière, éducation, santé, recherche pétrolière, télécommunication, adduction d’eau… Seul le problème du coton malien a été occulté.
Pour rappel, dans son programme de société, le Président de la République avait, en 2002, mis l’accent sur le développement durable de notre pays, phase transitoire pour le mieux être des populations.
Dans la gestion des affaires publiques, selon le Chef de l’Etat, il faut de temps en temps, s’arrêter, rendre compte, mesurer les difficultés, lever les équivoques, tracer un bilan et présenter les financements réalisés.
Notre pays a été confronté aux difficultés endogènes et exogènes qui ont entravé son élan économique prometteur. A titre d’exemple, ATT a cité pêle-mêle la crise ivoirienne (plus de 70% des marchandises maliennes transitaient par le port d’Abidjan), la baisse des 2/3 des recettes douanières, la chute des cours du dollar, la flambée des prix du pétrole, la sécheresse et la crise acridienne.
Mais ces difficultés n’ont empêché l’Etat de faire face aux dépenses. Pour ATT, l’augmentation de la grille salariale a entraîné une dépense supplémentaire de 10,5 milliards de Fcfa.
Au-delà des crises et handicaps naturels de développement, le Chef de l’Etat a affirmé que l’aide publique au développement qui était de 97,1 milliards de Fcfa en 2003, a chuté à 34,300 milliards de Fcfa en 2004 soit une baisse plus de 30 milliards de nos francs.
Concernant l’expérience inédite de gestion consensuelle du pouvoir, le locataire de Koulouba a dit qu’elle a porté ses fruits puisqu’il en est résulté une stabilité intérieure et une paix sociale avec la cohabitation d’une sensibilité politique et apolitique avant d’ajouter que le cadre tracé a toujours respecté l’identité des collaborateurs.
C’est pourquoi ATT a martelé : “La gestion consensuelle n’est pas une camisole de force encore moins une figure imposée. Si la camisole devient lourde, il faut s’en débarrasser”.
Le problème du coton malien a été occulté par ATT et les intervenants (Issa Doumbia chargé de choisir les journalistes devant intervenir a encore fait des victimes en refusant de donner la parole à des confrères obligeant Sissouma Conseiller à la communication de la présidence et ATT lui-même à opérer des choix) à telle enseigne qu’on s’est demandé si l’or blanc fait vivre réellement 3 millions de Maliens.
Après cette brève parenthèse, il faut dire que les questions des journalistes s’articulaient autour de la corruption et de la délinquance financière, du sport malien, de la pauvreté au Mali, de l’unanimisme politique, du remaniement ministériel…
Par rapport à la corruption et la délinquance financière, le Président de la République a dit qu’il a fallu du temps pour mettre en place des structures. Mais il s’est empressé d’ajouter : “Le Vérificateur Général m’a dit que tout est fin prêt. Je suis donc serein”.
Toutefois, ATT a fait savoir que le dernier mot revient à la justice de notre pays qui doit être compétente et sincère. “A un moment ou un autre, la balle sera dans leur camp” a-t-il renchéri. En matière de justice, ATT est formel : “Il y a une fuite de responsabilité”
Si, concernant la famine qui menace notre pays ATT a indiqué que le gouvernement a donné son feu vert aux opérateurs d’importer 60 00 tonnes de riz exonérés de toutes taxes, pour les casses du 27 mars, il a affirmé que l’irresponsabilité et la provocation gratuite étaient manifestes.
Par rapport à la défaite contre le Togo, des supporters étaient déçus, a-t-il dit, après une forte médiatisation du match et vu la qualité des joueurs maliens. Cependant, le Chef de l’Etat a déploré que des bars soient installés entre deux familles ou près des lieux de culte.
Toute chose qui ne favorise pas la paix sociale. “Retroussons nos manches, il nous faut une Coupe d’Afrique” a-t-il fait savoir volontiers. Puis arrive la question sur l’unanimisme politique et le probable remaniement ministériel, que nombre de confrères et invités attendaient.
Le pays va mal, l’unanimisme a montré ses limites, alors se dirige t-on vers un remaniement ministériel ? La réponse d’ATT à cette question est claire : <>.
ATT est d’autant plus sûr de ce qu’il dit qu’il a donné l’exemple d’un homme politique africain qui est allé le voir et lui demander comment il a fait pour qu’IBK, Tall, Choguel et autres embouchent la même trompette.
A ce sujet, ATT a posé cette question aux journalistes : “Y a-t-il une gouvernance consensuelle “made in Mali” ?
Auparavant, il avait dit que sa plus grande déception n’est pas le 27 mars, mais deux saisons d’hivernage manquées. “C’est ce qui m’a touché” a-t-il précisé, moralement visiblement atteint.
», écrit « Soir de Bamako » du 09 juin 2005

« Sur le plan politique, le président de la République dira dans son exposé liminaire que depuis son élection à Koulouba, il a voulu partager le pouvoir avec l’ensemble de la classe politique. D’où naîtra ce qu’il a nommé par courtoisie “la gestion consensuelle” en lieu et place de l’unanimisme politique. Il a cependant reconnu que les partis politiques ont fait beaucoup de sacrifices pour accepter ce système de 2002 à ce jour. Il n’exclut pas, par ailleurs, que certains partis renoncent au consensus pour suivre leur calendrier propre.
Le Chef de l’Etat a tout de même reconnu l’énormité des efforts consacrés afin de maintenir la stabilité politique, toile de fond de toute bonne gouvernance démocratique.
C’est d’ailleurs ce qui le fera dire que la démocratie occidentale est une “démocratie d’affrontement” contrairement à celle de l’Afrique mal soutenue par une économie fragile.
Selon le président ATT, durant ces 3 années de gestion consensuelle, le pays a connu une accalmie appréciable. Ce qui a occasionné des avancées notables dans nombre de domaines. Il s’est dit partant pour l’unité dans la diversité.
Pour lui, il s’agit d’assurer le bien-être des populations. “La gestion consensuelle que j’ai souhaitée n’est pas une camisole de force”, a-t-il déclaré.
Pour le président ATT, le développement du Mali ne peut se faire sans celui des moyens de production, notamment agricoles. C’est ce qui lui fera dire que notre pays a connu des difficultés incommensurables qui ont accentué l’insuffisance alimentaire.
Il s’agit ainsi de la mauvaise pluviométrie de l’année dernière, de l’invasion des criquets pèlerins la même année (NDLR : ce qui a occasionné le déficit d’aliment bétail et de céréales), la crise ivoirienne ayant freiné plus de 70% des importations et des exportations, la chute du prix du coton sur le marché mondial, la chute du dollar, la hausse du prix des hydrocarbures, entre autres.
Ce qui a occasionné un déficit céréalier d’environ 30 000 tonnes en 2004. Comme solution, ATT évoquera la création de petits barrages de retenue d’eau tels celui de Taoussa et le seuil de Talo en cours. En plus, pour lui, il est nécessaire de rapprocher les zones de production aux consommateurs, d’où le vaste chantier de désenclavement à travers la construction des routes entre les villes du Mali et entre le Mali et les pays frontaliers tels que le Sénégal, la Guinée Conakry, la Mauritanie, l’Algérie. Le désenclavement permettra d’amoindrir les coûts de transport qui semblent un manque à gagner pour les consommateurs. A cela s’ajoute la construction des ponts pour le grand bonheur des zones rurales. En effet, le conférencier a signalé que le budget malien ne peut pas supporter toutes les dépenses et que l’aide extérieure a baissé de 72 milliards à 34 milliards de FCFA en 2005. Cela s’ajoute à l’augmentation de la masse salariale passée de 82 milliards (en 2002) à 140 milliards de FCFA en 2005, a-t-il expliqué.
Et d’ajouter que ce fait est dû à l’alignement des salaires des contractuels sur ceux des fonctionnaires, la revalorisation des pensions, des avancements, des indemnités, à l’augmentation du SMIG entre autres. Parlant de la lutte contre la délinquance financière et de la corruption, le conférencier indiquera que de 2002 à nos jours, sur 359 dossiers reçus certains ont été vidés, d’autres sont entre les mains de la justice ou en attente. Il a reconnu la lenteur de la justice bien qu’elle soit indépendante. Sur le plan du crédit bancaire, Amadou Toumani Touré dira que de 2003 à 2004 le volume a augmenté de 97 milliards 100 à 104 milliards 300 environ, sans pourtant que les Petites et Moyennes Entreprises ou Industries (PME-PMI) en bénéficient. Parlant de la conjoncture évoquée ces derniers temps, le président de la République indiquera que la solution n’est pas forcément un remaniement ministériel bien qu’il ait reconnu qu’il y a des corrections à faire.
Il a déploré que la plupart des Maliens pensent qu’il faut toujours changer le gouvernement tant qu’ils ne font pas partie. Il a souligné que si certains venaient à quitter le gouvernement car ne voulant pas de la gestion consensuelle, il formerait une équipe qui lui permettra de faire le reste de son mandat. Pour lui, ceux-là qui veulent quitter ne devraient pas attendre 2007 pour se déclarer. S’agissant de la lutte contre le Sida, ATT s’est dit satisfait d’avoir réussi à négocier le financement de 75 millions de dollars avec la Banque Mondiale au titre du Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida (MAP). Ce faisant, les ARV sont désormais gratuits pour les malades du Sida. Sur le plan sportif, le président de la République a souligné la mauvaise préparation de nos équipes cadette et junior pour les compétitions.
….Il a cependant invité les agents de la presse de travailler en conformité avec le respect de la déontologie et de l’éthique. », écrit « Nouvel horizon » du 09 juin 2005
« Pour ses trois années de pouvoir, ATT se dit satisfait d’avoir réussi à mettre en route, le Programme multisectoriel de lutte contre le Sida (Map).
Ce programme, qui s’élève à près de 75 milliards de F CFA, permettra la disponibilité gratuite des ARV, la multiplication des centres de dépistage et de conseil dans les régions.
L’insatisfaction d’ATT vient des deux saisons hivernales qui se sont soldées par un déficit pluviométrique et les ravages des criquets sur les cultures.
L’unanimisme politique, que ATT préfère appeler « gestion consensuelle du pouvoir », n’a pas échappé au débat, surtout la critique du bilan de ces trois années de gestion du pays par certains partis qui mangeaient la soupe du consensus.
Est-ce parce que l’unanimisme est une camisole de force ou y a-t-il des partis qui veulent quitter ce cercle ?
Selon ATT, ceux qui portent la camisole de force sont plus gênés que lui.
« J’assume mon bilan en toute responsabilité. J’ai rencontré les partis pour faire le point. Mais jusque-là, aucun d’entre eux ne m’a dit qu’il ne se reconnaît pas dans mon bilan. Je voudrais qu’il y ait une loyauté. On est dedans on reste ou au cas échéant on sort », a tranché le général président.
ATT ne veut pas perdre de temps avec ceux qui font double jeu. Il invite ceux qui disent être avec lui, mais qui veulent changer de fusil d’épaule parce qu’ils ont un nouvel agenda, de partir.
« Il ne faut pas attendre la fin pour partir. Celui qui décide de partir qu’il parte. J’assume le reste du bilan », clame-t-il.
En tous les cas, il promet de ne pas être ingrat vis-à-vis des partis qui l’ont accompagné jusque-là.
Pour ce qui est d’un probable remaniement ministériel, rien n’est prévu dans l’immédiat, laisse entendre le gardien de Koulouba, qui est quand même favorable à un réaménagement technique de l’attelage gouvernemental dans les prochains jours.
« Ce n’est pas un remaniement qui peut améliorer la situation économique d’un pays », avant d’ajouter ironiquement « qu’il vaut mieux remanier la saison des pluies que de remanier un gouvernement».
A entendre parler le chef de l’Etat, il n’entend pas se lancer dans une aventure dont il ne maîtrise pas les paramètres.
« Je me garderai de m’engager dans un bouleversement tant que je n’ai pas la certitude de savoir qui est avec moi ou qui est sorti du consensus », précise-t-il, avant d’indiquer que pour aller loin il faut qu’il ait toutes les cartes en main.
», écrit « Les Echos » du 09 juin 2005.

Plusieurs partis politiques de la place bien qu’ayant jugé le bilan de ATT positif, suite à ces trois années passées à la tête de l’état, estiment que beaucoup reste encore à faire. Ce sont le MPR, le regroupement politique ACC.
Par contre le Bara, unique parti de l’opposition bien que louant la volonté de désenclavement intérieur et extérieur du pays et la recherche d’énergie, sans lesquels il n’y a pas de développement durable, fustige le consensus politique qui prévaut au Mali, ainsi que le gaspillage énorme des ressources nationales, et la misère qui a envahi le pays …

«  Il y a en outre, un gaspillage énorme des ressources nationales dans des activités non essentielles et non urgentes, telles la construction de maisons de loisirs onéreux ; la création d’institution onéreuses à efficacité douteuses telle le Vérificateur national ; la mobilisation à tout vent et onéreuse des déplacements du Président de la République à l’intérieur et à l’extérieur parfois ; l’entretien onéreux de l’élite minoritaire et bureaucratique de l’Etat ; tout cela au détriment de la construction d’écoles, de centre de santé, de recherche de points d’eau, et de mise en place de politiques en faveur des plus démunis à la campagne, et dans le périmètre urbain.
Ce qu’il y a de négatif au plan politique sur ces trois ans, c’est d’abord la mise en route d’un consensus politique où visiblement tous les protagonistes ne sont pas honnêtes ; c’est de persévérer ensuite alors que l’on sait que le bateau du consensus est fissuré et a pris l’eau de partout.
Mais le Bara s’est longuement et à maintes occasions expliqué sur cette question, inutile d’y revenir. Au jour d’aujourd’hui, malgré les efforts louables déployés par le gouvernement et le président ATT en personne, la pauvreté s’est installée dans notre pays et la misère aussi.
La famine ne frappe plus seulement à notre porte, elle a envahi le pays, prenant à la gorge les plus démunis. S’il y a un aspect positif de toute cette activité débordante du Président ATT sur tous les fronts, avec à la clef une option libérale renforcée de l’économie malienne, c’est que le Président ATT a compris, mais pas encore suffisamment que le monde a changé, que la marge de manoeuvre qui existait pour les pays du tiers-monde sous la guerre froide, a diminué de façon drastique, et que la domination planétaire économique est capitaliste et ultra-libérale.
Ce qu’il y a de positif encore dans cette activité débordante, c’est la volonté de désenclavement intérieur et extérieur du pays et la recherche d’énergie, sans lesquels il n’y a pas de développement durable.
Mais cette pratique est encore timide à nos yeux car elle va de paire avec le gaspillage énorme de ressources nationales dans des activités non essentielles comme je l’ai souligné plus haut.
», écrit « Le Républicain » du 7 juin.