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Le 03 octobre 2005, la rentrée officielle des classes a eu lieu. Mais comme chaque année, depuis l’avènement de la démocratie au Mali en 1991, cette rentrée n’a pas été effective dans tous les établissements scolaires et universitaires, en raison des multiples crises que connaît en ce moment l’école malienne.
L’année scolaire 2005- 2006, s’annonce mouvementée, avec Le Syndicat des Professeurs Contractuels de l’Enseignement Secondaire (SYPCES) qui a déposé un préavis de grève pour les 18 et 19 octobre prochains.
Deux bonne nouvelles sont cependant à noter : professeurs de l’Ecole Normale Supérieure (Ensup) et de la Faculté des Langues, Arts et Sciences Humaines (Flash) qui avaient confisqué les notes d’examens jusqu’à satisfaction de leurs revendications, ont décidé hier, 6 octobre de libérer les notes d’examens et de proclamer les résultats de la première session la semaine prochaine.
Egalement, Jeudi, 29 septembre 2005, le président de la république Amadou Toumani Touré, a procédé à la pose la première pierre des bureaux et salles pédagogiques des nouveaux locaux de la Faculté des sciences juridiques et économiques (FSJE) qui va se séparer en deux entités qui seront logées dans des bâtiments distincts et neufs : les Faculté de Sciences Economiques et de Gestion et de Sciences Juridiques et Politiques.

Les journaux titrent :

« Rentrée scolaire ; La sérénité est loin de prévaloir… », titre Soir de Bamako du 03 octobre 2005.

« FSJE : la réorganisation et, bientôt, le déménagement », titre L’Essor du 03 octobre 2005.

« Rentrée scolaire : de toutes les couleurs », titre L’Essor du 04 octobre 2005.

« Rentrée scolaire 2005-2006, Effective au fondamental et au secondaire », titre Les Echos du 04 octobre 2005.

« Rentrée scolaire 2005-06, Sous de nouveaux auspices », titre Nouvel Horizon du 04 octobre 2005.

« Rentrée scolaire effective dans tous les ordres d’enseignements excepté le supérieur, Bon démarrage des cours en commune V », titre Soir de Bamako du 04 octobre 2005.

« Rentrée 2005-2006 : Yorosso, capitale de l’école malienne », titre L’Essor du 06 octobre 2005.

« Rentrée scolaire 2005-2006, C’est l’argent qui manque le plus », titre Le Reflet du 04 octobre 2005.

Place de l’éducation au Mali …

« Le secteur de l’éducation a toujours été considéré au Mali comme une priorité de l’action publique, en raison de son impact sur le développement. Priorité gouvernementale, l’éducation est en pleine refondation après que les plus hautes autorités aient décidé de donner un enseignement de qualité au maximum de citoyens possible.
Hormis le supérieur, les élèves des différents ordres de l’enseignement préscolaire, fondamental, secondaire, technique professionnel et coranique, reprendront ce lundi 3 octobre 2005, le chemin des classes. Depuis les évènements de mars 1991, l’école malienne a connu une période de turbulence. La mort en 2005 de l’étudiant de la FSJE Mamadou Traoré dit Papou est venue détériorer le calme précaire qui existait depuis maintenant 3 ans.
Les différents gouvernements qui se sont succédé ont fait de l’école leur priorité. …
D’énormes efforts de revitalisation ont été entrepris pour remettre au travail l’école malienne. Depuis trois ans, des actions de grandes envergures sont en train d’être posées dans le sens de sa modernisation.
», écrit Soir de Bamako du 03 octobre 2005.

Qu’est ce qui a été fait pour réussir la nouvelle rentrée académique 2005-2006 …

« Pour réussir la nouvelle rentrée académique et remettre l’école dans son cadre de formation par excellence, plusieurs actions ont été envisagées. Elles portent sur la construction à coût de plusieurs milliards d’infrastructures, d’équipements modernes, de la formation de qualité, du recrutement à grande échelle… Au niveau de l’éducation de base, plus de 2400 salles ont été construites, reconstruites ou réhabilitées dans les huit régions du Mali et du District de Bamako, sur le budget national et l’apport des partenaires. Dans le même temps, on a constaté depuis maintenant 3 ans que les structures d’encadrement ont évolué. C’est plus de 45 milliards qui ont été investis par les plus hautes autorités dans la construction et l’équipement d’académies d’enseignement, de centres d’animations pédagogiques, d’instituts de formation de maîtres et de centres d’apprentissage dans toutes les régions.
L’enseignement supérieur n’est pas resté en marge. Afin de concrétiser la culture de l’excellence et de faire de l’école le socle du développement, plusieurs milliards ont été investis dans le supérieur pour permettre d’avoir une véritable université à dimension internationale. La dernière action d’envergure des autorités date du jeudi 29 septembre. En effet dans la mouvance de la nouvelle année académique, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré a procédé sur le campus universitaire à la pose de la première pierre de bureaux et salles pédagogiques des nouveaux locaux des Faculté de Sciences Economiques et de Gestion, et de Sciences Juridiques et de Politiques. Le président de la République estime que l’entreprise de la crédibilisation de l’enseignement supérieur au Mali passe par l’élaboration et la mise en oeuvre de mesures au premier plan desquelles figure la construction d’infrastructures universitaires.
Le chef du gouvernement, après avoir entrepris une tournée de prise de contact dans le Mali profond avec les premiers acteurs, a fait l’état des lieux de l’école malienne. Le gouvernement a mis les bouchées doubles et a adopté en sa session extraordinaire du 18 septembre 2005 le projet de loi final pour l’exercice 2006. Une place importante a été réservée au budget de l’Education qui passe de 128,703 milliards en 2005 à 158.490 milliards de FCFA, soit un taux d’accroissement de 23,14%.
Pour l’amélioration de la qualité, plus de 3 millions de livres ont été distribués en 3 ans dans les différents ordres d’enseignement. Cette distribution gratuite va se poursuivre cette année conformément à la politique de performance scolaire.
Les résultats de l’année dernière sont encourageants. Selon les statistiques du département, en 2005, il a été obtenu 57,44% de succès pour le CEP, 51,63% pour le DEF, respectivement 32,85 et 57,47 pour le bac général et le bac technique, 59,53% pour le BT2 tertiaire 95,86% pour le BT2 industrie et 73,57% pour l’IFM. Le niveau du bac général a relativement chuté (32,85%) contre 57,47 pour le bac technique. Les résultats du CAP tertiaire ne sont pas à hauteur de souhait. Les résultats du CAP industrie ont atteint la performance de 68,34%. En BT1, le tertiaire a été de 30,43% et l’industrie de 43,34%. Au cours de ces trois dernières, d’importants actes ont été posés par rapport à l’intégration des personnels enseignants dans le nouveau statut général des fonctionnaires et à la prise en charges des salaires de plus de 7000 enseignants contractuels du fondamental, près de 900 animateurs de CED, plus de 1000 enseignements contractuels du secondaire, près de 6000 enseignants des écoles communautaires et près de 400 éducateurs.
Le 15 juillet 2005 au palais de Koulouba, le gouvernement de la République du Mali et ses partenaires à savoir les syndicats d’enseignement, l’association des parents d’élèves, l’AEEM et la société civile ont signé un accord de partenariat pour une école apaisée et performante. Cet accord pose les principes de base de partenariat entre le gouvernement et les parents d’élèves dans la gestion de l’école. Les différentes parties s’engagent à oeuvrer dans la concertation et le dialogue, pour une école apaisée et performante.
L’AEEM s’est engagée à privilégier la concertation avec l’administration scolaire directement concernée, d’épuiser toutes les voies de dialogue et de négociation avant toute décision unilatérale.
Les syndicats d’enseignants se sont engagés à faire observer par leurs adhérents les règles d’éthique et de déontologie de l’enseignement. Cet engagement des syndicats fait l’objet d’une polémique…
», écrit Soir de Bamako du 03 octobre 2005.

Lundi 03 octobre, rentrée scolaire de l’année académique 2005-2006, effective pour tous ?……

« C’est aujourd’hui, lundi 03 Octobre, qu’a lieu officiellement la rentrée scolaire de l’année académique 2005-2006 au Mali. Mais comme chaque année, depuis l’avènement de la démocratie au Mali en 1991, cette rentrée ne sera pas effective dans tous les établissements scolaires et universitaires, en raison des multiples crises que connaît en ce moment l’école malienne.
Depuis 1991, le 1er octobre n’a plus été la date officielle de la rentrée scolaire au Mali comme ce l’était dans le passé. On assiste plutôt, chaque année, à des rentrées en cascades. Les causes sont connues de tous et sont les mêmes d’année en année.
», écrit Soir de Bamako du 03 octobre 2005.

« La rentrée de cette année ne fera pas exception à la règle. Pour preuve, il existe certaines facultés qui n’ont pas encore bouclé l’année académique 2004-2005 et de ce fait, ne peuvent parler de rentrée ce matin. Il s’agit notamment de l’ENSUP et de la FLASH où les résultats des examens de l’année écoulée ont été pris en otages par le personnel enseignant qui refuse de les diffuser tant que leurs doléances ne sont pas satisfaites par le gouvernement. D’autres établissements du supérieur ne pourront pas non plus respecter la rentrée d’aujourd’hui en raison des multiples crises qui ont émaillé le programme des cours durant l’année écoulée.
De ce fait, si la rentrée de ce matin peut être effective au niveau du primaire et du fondamental, comme à l’accoutumée, au supérieur par contre, la rentrée relèvera d’une décision de chaque décanat. Une situation à laquelle, étudiants, parents d’élèves et simples observateurs, sont maintenant habitués. Quand est ce que la normalisation sera de retour à l’école malienne ? Personne, même pas le gouvernement, n’a réponse à cette question.
», écrit Soir de Bamako du 03 octobre 2005.

Le constat au secondaire

Ce lundi 03 octobre 2005 est la date officielle de la rentrée scolaire et académique sur toute l’étendue du territoire national. L’occasion nous est offerte pour visiter certains établissements publics et privés…
Après une période de vacances de trois mois, les élèves et étudiants ont renoué hier matin avec l’école.
Lorsque nous arrivions au Lycée Lanterne de Sogoniko, la cour était pleine à craquer. Des filles et des garçons sortaient du censorat. Au guichet de l’économat, les élèves se suivaient en file indienne. On nous a fait savoir qu’il s’agissait pour la plupart des élèves de 10e qui s’activent de retirer leurs fournitures scolaires : cahier, bics etc. De la bouche d’un quidam nous avons entendu ceci : “Les bleus à la maison ; demain vous revenez” . Monsieur Sidiki Diarra, Directeur général du lycée Lanterne nous a confié que le démarrage des cours dans son établissement est effectif. Le D.G a dit : “Nous demandons aux parents d’ élèves de nous faire des bénédictions”. Nous avons eu la confirmation des propos du Directeur général après être passés dans des classes où les professeurs étaient déjà en train de dispenser leurs premiers cours de l’année . Au lycée Lanterne, le début de l’année scolaire 2005-2006 est aussi effectif.
Au lycée Kankou Moussa à Daoudabougou, notre arrivée a coïncidé avec celle des autorités compétentes nationales en la matière. C’est ainsi qu’accompagnés des deux Directrices d’Académie de Bamako rive gauche et droite, du gouverneur, du maire du District, du proviseur du lycée et du censeur, nous avons eu accès à des terminales où les premières leçons étaient en train d’être dispensées. Les élèves ont promis aux autorités scolaires une réussite à 100% à l’examen. La visite de la salle informatique, équipée en ordinateurs et de la bibliothèque, a mis fin à la visite du lycée Kankou Moussa. C’est avec un sentiment de confiance que Madame Diallo Fadimata Bintou Touré et Mme Togola Diama Cissouma ont quitté la cour du lycée Kankou Moussa. “Exceptées les classes de 10e où les élèves ne connaissent pas encore leurs matières à option et leurs langues vivantes II (L VII),tout se passe dans les normes ici a résumé le proviseur ”. Au Centre de Formation Kaïra (CFK), sise à Sogoniko, le constat est quasiment le même. Les classes de 2e année, toutes sections, ont connu un démarrage normal des cours ce lundi 03 octobre 2005. Les professeurs et autres chargés d’administration ont tous répondu présents à l’appel. Dans une atmosphère ambiante et avec un sentiment de joie et de satisfaction, le CFK, d’après son directeur des études, M. Dougouzié Sanou, a reçu la visite de la Directrice de l’Académie de Bamako Rive droite. Parlant des difficultés, M. Sanou dira que tout n’est pas rose. Il a évoqué le problème lié au manque d’effectif dans son établissement pour faire face aux charges. Le Directeur des études du CFK a indiqué que le gouvernement prend trop de retard par rapport au paiement des subventions accordées.

Effective au niveau fondamental
La rentrée scolaire est effective depuis le lundi 3 octobre 2005 à 8 heures. Les cours ont repris dans plusieurs écoles fondamentales du district. Nous nous sommes promenés dans certaines écoles de la commune VI afin de constater de visu l’effectivité de la rentrée scolaire.
C’est par l’école privée de la Bruyère dont le promoteur est Ojias Koné que nous avons commencé ce périple.
L’école de la Bruyère existe depuis 1991. Elle a ouvert ses portes avec une seule classe. Aujourd’hui, elle comporte le premier et le second cycles et compte un effectif de 415 élèves encadrés par 12 personnes. L’année dernière, à l’entrée en 7e année, l’école a réalisé un taux de réussite de 95% au CEP et 98% au DEF. A notre passage hier, les élèves suivaient les cours. Nous avons tendu notre micro au promoteur- directeur Ojias Koné. “Une rentrée nouvelle se prépare à la fermeture de l’année précédente. Nous n’avons pas attendu ce jour pour appliquer les instructions de l’autorité de tutelle. Tout est fin prêt, les maîtres sont opérationnels, les programmes ont été distribués. Le CAP a donné des instructions pour que démarre effectivement ce lundi 3 octobre, les cours.”
Dans la grande cour de l’école ATT de Faladié où cohabitent plusieurs cycles, les cours ont repris. Le directeur d’un des seconds cycles Aboubacar Haïdara nous a fait visiter les classes pendant que les enseignants dispensaient des cours. L’effectif de cette école tourne autour de 1500 élèves.
Cheick Tidiane Kamia, directeur de l’école fondamentale de Faladié Sema, nous a indiqué que la rentrée est effective depuis 8 heures. “Nous avons communiqué les listes aux enseignants qui ont fait les appels dans toutes les classes de la 1ère à la 6e année. Evidemment, il y a des élèves qui ne sont pas encore rentrés. Du côté du corps enseignant, il y en a qui vont et d’autres qui viennent. Tous les maîtres sont là et il n’y a aucun problème, rassure M. Kamia.
A Banankabougou, Faladié Sokoro, Sogoniko, Sokorodji Daoudabougou et Kalabancoura, c’est le même constat. La rentrée est effective.
A l’école de la Bruyère, nous avons coïncidé avec le passage d’une équipe du CAP de Faladiè. Cette équipe, conduite par le conseiller pédagogique Amadou Abdou Maïga et Sékou Amadou Diarra chargé des cours d’Anglais au CAP de Faladié. Par rapport à l’effectivité de la rentrée, ils ont livré ceci : “on a connu aucun problème. Partout où on a passé, la rentrée a pu être effective. Certes, on a, par endroit, rencontré des problèmes par-ci par-là, mais qui ne sont pas majeurs. A l’école de Faladié Sokoura, on a eu à construire cinq nouvelles classes pendant les vacances. La 4e année B a servi de magasin et n’a pas été complètement débarrassée. Au moment où on quittait, on s’activait à la rendre opérationnelle”.
Pour rendre effective la rentrée, les autorités scolaires avaient instruit de ne recevoir aucun parent afin que la rentrée puisse se dérouler normalement. Les conseillers pédagogiques ont donc constaté recensé les problèmes et demandé aux directeurs comment ils ont fait leur rentrée.
Ainsi, Amadou Abdou Maïga et son collègue ont visité l’école de Faladié Sokoura, groupe scolaire avec trois premiers cycles et un second cycle, l’école Biya, l’école ATT de Faladié Séma et la Bruyère.
Il faut surtout signaler que par endroit, il y a un manque crucial de locaux et de maîtres. Des classes dépassant encore à ce jour, 100 élèves. Pour que la satisfaction puisse être totale, le ministère de l’Education doit s’atteler à la recherche de solution aux problèmes de classes et d’enseignants.

Un mirage au supérieur
Hier lundi 03 octobre était la date officielle de la rentrée scolaire et universitaire 2005-2006. Une rentrée qui se tient dans un contexte socio-économique très difficile marqué par le blocage au niveau de l’enseignement supérieur.
En effet, la situation est loin d’être reluisante au sein de nos facultés et grandes écoles. Et pour cause : des problèmes liés aux revendications syndicales. Dès qu’on parle de l’enseignement, on quitte le profane et le tabou pour ne faire face qu’à ce qui est aujourd’hui une essence et une question de souveraineté parce que sans relève, le pays va vers le chaos. Les différents syndicats du supérieur et l’Etat malien ont-ils conscience de cela ? Aujourd’hui, aucune faculté de l’Université de Bamako n’est prête pour effectuer une rentrée scolaire digne de ce nom. A la Faculté de Médecine, de la Pharmacie et d’OdontoStomatologie (FMPAS), les étudiants attendent la deuxième session de l’année académique 2004-2005, prévue pour le 10 de ce mois. Pour ce qui est de la Faculté des Sciences Juridiques (FSJE), professeurs et étudiants ont dû inventer une nouvelle formule pour achever à la sauvette, l’année académique 2004-2005 dont les résultats sont d’ailleurs toujours attendus. Cette situation à la FSJE fait suite à la non satisfaction des revendications des professeurs par le gouvernement. Quant à la Faculté des lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (FLASH), les résultats de la première session, tenue depuis juin, sont toujours attendus. Le syndicat de cette faculté ayant prôné la rétention des notes pour faire pression sur le gouvernement. Là encore, des questions d’ordre revendicatif seraient à l’origine du blocage. A la FAST la situation est loin d’être rassurante.
Les retards cumulés dans l’exécution correcte des programmes dans nos facultés sont tous dus à des problèmes d’ordre syndical. Ce qui veut dire, en termes clairs, qu’il y a quelque chose qui ne va pas au Supérieur. “Je vais me limiter au seul cadre universitaire qui n’échappe pas, malheureusement, au mal vivre et au mal être de toutes les couches socioprofessionnelles et de l’administration publique du Mali. Nous, enseignants, nous nous sacrifions pour notre patrie depuis des années sans une reconnaissance quelconque de nos différents gouvernements. Sans renoncer à la patrie et à l’amour que nous avons pour notre profession, nous avons dit qu’il est temps de nous mettre dans nos droits. Choses dont le gouvernement malien n’a nullement l’intention de faire”, nous explique un enseignant de la FLASH avec amertume.
“Et en plus de tout cela, on a le temps de se moquer de nous en qualifiant nos revendications de chantage qui ne se serait d’ailleurs pas fait comme l’élégance le recommandait”, a-t-il ajouté avant de se demander “s’il y a du sérieux dans ce pays”. “Autant je n’approuve pas la méthode du syndicat, autant j’accuse le gouvernement malien de vouloir tuer l’excellence dans ce pays, en encourageant la médiocrité, la fuite en avant et le laisser-aller”, renchérit un autre enseignant, qui a certainement des dents contre l’Etat pour sa passivité. Nous voilà donc à la case de départ : l’intransigeance des syndicats et la négligence coupable de l’Etat. Il urge donc que chacun mette de l’eau dans son vin afin qu’une solution urgente et idoine soit trouvée aux problèmes scolaires.
», écrit Soir de Bamako du 04 octobre 2005.

Rentrée scolaire 2005-2006, période difficile pour les parents d’élèves …

« La rentrée scolaire est effective depuis hier en République du Mali. Si les enfants sont heureux de retrouver leurs copains ou de goûter enfin à la scolarisation, beaucoup de parents ont perdu le sommeil depuis quelques semaines. La période est très éprouvante pour les maigres revenus, surtout dans cette période de crise financière. Encore l’approche du ramadan n’arrange pas les choses pour les familles.
«Je ne sais plus ou mettre la tête. Je suis assaillie de tous les côtés par les dépenses», se lamente Maïmouna Touré, une brave veuve de Niaréla. Elle n’est pas la seule dans cette situation très peu confortable. De nos jours la majorité des parents d’élèves a perdu le sommeil face à l’équation des dépenses de la rentrée scolaire. «On n’est jamais prêt pour faire face à ces dépenses. Il y a toujours des imprévue, surtout que le caprice est dans la nature des enfants», ajoute-t-elle.
«Je suis venu au marché avec 50 000 F CFA. Il ne me reste plus un sou. Heureusement que j’ai payé l’essentiel des fournitures et des habits de mes enfants», se plaint un ébéniste rencontré près du palais de justice de la commune III. C’est dire que la reprise ne s’annonce pas pour les seuls écoliers. Leurs parents sont également sur des brèches en cette période où c’est l’argent qui manque le plus pour la majorité des familles. La rentrée coïncide cette année avec le début du Ramadan, c’est dire que beaucoup de responsables de familles vont pousser des cheveux blancs pendant ce mois d’octobre.
N’ayant pas droit à se soustraire de leurs obligations, les chefs de famille sont appelés à faire à jongler entre les dépenses pour supporter les charges familiales. Imaginez un peu le calvaire d’une veuve abandonnée à elle-même qui doit procéder à l’inscription d’au moins quatre enfants, payer leurs fournitures scolaires et ceux de ses enfants déjà à l’école, acheter des habits ou encore la tenue scolaire, etc. C’est réellement de la mer à boire avec de maigres revenus à repartir entre de nombreuses poches de dépenses.
Fuyant la pléthore dans les établissements publics, ceux qui ont peu de moyens optent pour le privé. «L’inscription de mes deux garçons en première année et au jardin d’enfants m’a coûté près de 50 000 F CFA. Sans compter leurs tenues et les fournitures», témoigne un confrère. Les tarifs varient selon les établissements mais sans commune mesure avec la qualité de l’enseignement dispensé. C’est dire que dans le privé, les écoles les plus chères ne sont pas forcément les meilleures. Une donne qui échappe à beaucoup de parents pour qui l’essentiel c’est d’inscrire leurs enfants dans une structure privée d’enseignement. C’est beaucoup plus une raison de fierté que de recherche de qualité pour beaucoup de gens.
Des fournitures abordables
La seule bouffée d’oxygène est que les prix des fournitures sont presque restés stables. Le paquet du cahier 100 pages était cédé entre 1 250 et 1 500 F CFA samedi dernier au Grand marché et au Dibidani. La douzaine des 50 pages était vendue presque au même prix. Quant aux sacs, le prix dépend naturellement de la qualité. Mais, il y a en pour toutes les bourses. N’empêche que ce n’est qu’à la dernière minute qu’il y a eu une certaine affluence chez les vendeurs. «Les fournitures sont moins cher, mais nous n’avons pas d’argent pour le payer», nous explique une dame rencontrée au marché Dibidani. Un constat fait par beaucoup d’autres interlocuteurs interrogés sur place.
Au niveau de l’habillement, c’est la friperie qui a la côte. «J’ai presque habillé tous mes cinq enfants dans la friperie. C’est moins cher et ce sont des vêtements de très bonne qualité», confesse une mère de famille en essayant de dissimiler des regards indiscrets le soutien-gorge qu’elle venait de s’offrir elle-même. «Depuis une semaine, mes recettes journalières ont doublé voire triplé. La rentrée nous permet vraiment de faire de bonnes affaires», reconnaît Alima, une jeune vendeuse installée devant le tribunal de la commune III. On ne déplore pas de spéculation à ce niveau. «Les prix sont raisonnables par rapport à la qualité des habits proposés», indique une cliente.
La solidarité face aux équations
Dans cette crise généralisée, la solidarité joue beaucoup dans la résolution des équations des dépenses de la rentrée. «Nous nous somme repartis les dépenses mon mari et moi. Je m’occupe des habits, des chaussures… Et il prend en charge les inscriptions et les fournitures. Pour ce qui est du transport, nous avons l’habitude de gérer cela ensemble. La rentrée occasionne trop de dépenses pour être le fardeau d’une seule personne», souligne Mme Oumou Dicko, agent d’une ONG de la place.
«Je n’ai que deux enfants. Mes revenus me permettent donc de faire face à leur scolarisation. Malheureusement, mes sœurs et frères n’ont pas assez de moyens. Je suis obligé de voler à leur secours. Chaque année je leur envoie des fournitures, des habits et souvent de l’argent en liquide. La scolarisation des enfants doit être une affaire de tous. Ceux qui ont les moyens doivent épauler ceux qui n’en ont pas», déclare un jeune cadre de l’administration.
Ce n’est pas en tout cas pour rien qu’Octobre est décrété le mois de la Solidarité et de la lutte contre l’exclusion dans notre pays. Si ce devoir d’assistance des nécessiteux était compris de tous, peu de parents seraient condamnés à des nuits blanches à l’approche de la rentrée scolaire. Aux enfants maintenant de donner le meilleur d’eux-mêmes pour que le sacrifice consenti par les pauvres parents ne soit pas vain !
», écrit Le Reflet du 04 octobre 2005.

Lundi 03 octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Mamadou Lamine Traoré, a procédé au lancement officiel de la rentrée scolaire et universitaire 2005-2006, à Yorosso déroulé dans cette ville. Etaient présents à la cérémonie, le directeur national de l’enseignement secondaire général, Gabriel Dabo, le directeur de cabinet du gouverneur de la région de Sikasso, Digo Sangaré, le maire de la commune de Yorosso, Kalifa Goïta, le préfet, du cercle de Yorosso, Fatoma Coulibaly, le directeur de l’académie de Koutiala, Malick Kassé, les collaborateurs du ministre.
Yorosso, capitale de l’école malienne

« En allant à Yorosso, le premier responsable de l’éducation nationale tenait une promesse qu’il a, lui-même, rappelé. En septembre 2003, lors de son passage à Sikasso, Loulouni, Kadiolo et Koutiala, il avait, en effet, souhaité venir à Yorosso. « Aujourd’hui ce vœu est devenu une réalité. Il est heureux que le lancement officiel de la rentrée scolaire et universitaire nous permette d’être avec les hommes et les femmes de Yorosso » a commenté Mamadou Lamine Traoré.
La portée symbolique de ce choix ne pouvait échapper aux élus locaux. « Procéder au lancement officiel de la rentrée scolaire et universitaire chez nous est une marque d’attention des autorités à l’endroit de notre contrée », a souligné le maire Kalifa Goïta. « C’est un honneur, une fierté dont nous mesurons la portée » a assuré l’édile en espérant que cette marque de confiance sera suivie d’effets concrets. Il s’est, pour sa part, engagé à garantir « une année scolaire apaisée et performante » dans la localité.
La rentrée, placée sous le signe de « l’accord de partenariat pour une école apaisée et performante », débute sous de bons auspices à Yorosso comme l’a constaté le ministre Traoré en visitant les établissements de la circonscription. Au groupe scolaire de Yorosso, la présence effective des élèves et des enseignants illustrait la reprise normale des cours dès le début de l’année.
Le taux de réussite aux différents examens de fin d’année 2004-005 est de 51,67 % au CEP et 68,75 % au DEF. Aminata Bengaly, la meilleure élève de tout le Cap de Yorosso à l’examen d’entrée en 7è avec plus de 8/10 de moyenne, a reçu des mains du ministre une bicyclette, un diplôme et un petit pécule. Le Cap a reçu dans le cadre de la caravane du livre 2005, 10.000 ouvrages.
Généralement, les établissements manquent ici de matériel didactique et de personnel et présentent un concentré du quotidien de l’école malienne. « Les classes sont bondées, mal équipées tant au plan matériel qu’humain. Il y a des problèmes certes, mais cela ne doit pas nous faire oublier les progrès réalisés jusqu’ici », a estimé Mamadou Lamine Traoré.
», écrit L’Essor du 06 octobre 2005.

Jeudi, 29 septembre 2005, le président de la république Amadou Toumani Touré, a posé la première pierre de la Faculté des sciences juridiques et économiques (FSJE) qui va se séparer en deux entités qui seront logées dans des bâtiments distincts et neufs. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, des membres du gouvernement, du corps diplomatique et d’une foule nombreuse d’étudiants.

 » …le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Lamine Traoré, a donné les raisons de la séparation en deux entités de la FSJE créée en 1996 sur les cendres de École nationale d’administration. A son démarrage, cette faculté comptait 3150 étudiants, a expliqué Mamadou Lamine Traoré. Mais depuis, cet effectif ne cesse de grossir. Ainsi, durant l’année scolaire universitaire passée, environ 13 000 étudiants étaient inscrits en droit et en économie. Cette année, 5000 nouveaux bacheliers sont attendus, ce qui portera les effectifs à plus de 17 000 étudiants. Or, la faculté ne possède que 9 salles de travaux dirigés de 50 places chacune, un amphithéâtre de 200 places et 8 grandes salles de 80 à 150 places chacune, soit une capacité d’accueil quotidienne de 1450 étudiants au maximum. « Depuis sa création, la FSJE exploite les salles de classe d’autres structures -notamment les lycées Askia Mohamed, Ba Aminata Diallo, Alfred Garçon et Technique- pour les travaux dirigés, les amphithéâtres d’autres facultés et la salle Bazoumana du Palais de la culture pour les cours magistraux » a-t-il rappelé.
Mamadou Lamine Traoré a aussi souligné le nombre restreint du corps professoral qui comprend 212 enseignants dont un seul professeur, une douzaine de maîtres de conférence, quatre maîtres assistants et une quinzaine d’assistants et 180 contractuels.
C’est pour toutes ces raisons que le gouvernement a adopté le principe de l’éclatement de la FSJE en deux entités : une faculté des sciences juridiques et politiques et une faculté des sciences économiques et de gestion. Les deux facultés seront logées dans des bâtiments distincts et neufs qui seront bâtis sur une superficie de 48 960 m2. Elles comprendront chacune un amphithéâtre de 560 places, 18 salles pédagogiques de 50 places chacune, 2 salles de 200 places chacune et des bureaux pour le personnel enseignant, administratif et technique. Le coût total de l’ensemble s’élève à 4,5 milliards de Fcfa. Le financement est assuré par le budget national et le délai d’exécution du chantier est de 18 mois.
« Le rédimensionnement de la FSJE, à défaut d’apporter la solution à tous les maux qui minent le sous secteur de l’enseignement supérieur, permettra de dispenser à nos étudiants des formations de qualités mieux adaptées » a assuré le ministre de l’Éducation nationale.
», écrit L’Essor du 03 octobre 2005.

Message du chef de l’état aux élèves, étudiants et corps enseignant …

« Les élèves et étudiants ont repris hier le chemin de l’école. A cette occasion, le président de la République a adressé un message aux élèves, étudiants et au corps enseignant, dans lequel, il souligne qu’il « s’agit là d’un moment important, pour vous-mêmes, pour vos familles et pour le pays tout entier ». « Je forme donc le vœu, au nom de toute la nation, d’une année scolaire 2005-2006 entièrement dédiée à l’amélioration de l’apprentissage et du rendement scolaire », poursuit le message.
« C’est le sens de l’Accord de partenariat pour une école apaisée et performante, signé le 15 juillet dernier, qui crée les conditions d’un consensus national sur les questions d’éducation. J’exhorte tous les acteurs du monde scolaire -élèves, étudiants, personnel enseignant- à ne ménager aucun effort pour l’application dudit accord », invite le chef de l’État qui assure que l’État, pour sa part, mettra tout en œuvre pour le respect scrupuleux des engagements souscrits.
« Dans cette quête d’une école performante, le soutien des associations de parents d’élèves, des associations de la société civile et des ONG n’a jamais fait défaut aux pouvoirs publics. Je suis sûr qu’elles continueront d’œuvrer pour l’apaisement continu de l’espace scolaire », assure le message.
Le président de la République relève que l’école est l’un des biens les plus précieux de la nation et qu’elle n’a pas seulement vocation à former des hommes et des femmes, mais qu’elle doit aussi contribuer à promouvoir l’égalité des chances entre tous les enfants du Mali, sans distinction de leurs conditions sociales.
« A tous les élèves et étudiants, ainsi qu’à mes amis les tout-petits, qui attendent la rentrée avec fébrilité et enthousiasme, je souhaite une bonne année scolaire 2005-2006 », conclut le message.
», écrit L’Essor du 04 octobre 2005.