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Fête du travail: L’UNTM et la CSTM montent le ton

Mardi 1er mai, le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célébré la journée internationale du travail. L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a commémoré sur le boulevard de l’indépendance, le 121e anniversaire de la fête du travail. Comme à son habitude, la principale centrale syndicale du Mali a égrainé le bilan de ses revendications assorties de deux nouvelles doléances: une augmentation des salaires et l’élaboration et la mise en œuvre d’un chronogramme de travail décent au niveau tripartit, ainsi que d’une menace de grève.

De même, la confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), la deuxième puissance syndicale, a organisé un défilé sur la  » promenade des Angevins  » à Bagadadji. Elle et n’a pas manqué de dénoncer les promesses non tenues du gouvernement.


Les journaux titrent :


Les Echos du 02 mai 2007 :
« Défilé du 1er mai : L’UNTM revendique et menace de grever ».

L’Indépendant du 02 mai 2007 :  » Siaka Diakité, SG de l’UNTM, lors de la fête du 1er mai: « Les salaires actuels ne permettent pas aux Maliens de sortir de la pauvreté »

L’Indépendant du 02 mai 2007 : « Fête du 1er mai : La CSTM dénonce les promesses non tenues du gouvernement ».

Nouvel Horizon du 02 mai 2007 : « 1er mai 2007: L’UNTM demande une augmentation générale des salaires ».

L’Essor du 02 mai 2007 : « Fête du travail : La CSTM prône le respect des engagements ».


L’Essor du 02 mai 2007 :
« L’UNTM entre félicitations et revendications ».

Le défilé de l’UNTM…

« Comme il est de coutume, l’UNTM a célébré la fête du 1er mai par un grand défilé sur le Boulevard de l’Indépendance. Plusieurs membres du gouvernement dont celui en charge du travail, de la fonction publique et des réformes de l’Etat, le président du Conseil national du patronat malien, la présidente de la Cour suprême, l’ambassadeur de France au Mali et plusieurs autres hautes personnalités ont pris part à cette manifestation riche en couleurs.

Les militants des 13 syndicats fédérés à la première centrale syndicale et leurs démembrements, habillés en tenue imprimée pour la cause, ont défilé au rythme de la fanfare nationale du monument de l’indépendance jusqu’au niveau de la Bourse du travail où la loge officielle était installée.

Pendant trois heures d’horloge, l’assistance a observé le passage, entre autres, des pionniers, femmes travailleuses, des aides ménagères, les 2000 jeunes volontaires de l’APEJ, des syndicats du bâtiment et travaux publics, de l’éducation et de la culture, de l’alimentation, de l’hôtellerie, des mines, de la métallurgie, des banques et institutions financières, de l’administration d’Etat, de la surveillance et prestation de service, des télécommunications.

Si, à travers banderoles et autres pancartes, ils ont rendu hommage à la centrale syndicale et à la fête du travail, certains d’entre eux ont profité de l’occasion pour exhiber des messages forts. Ainsi le Projet d’encadrement et de formation des aides ménagère a sollicité l’instauration d’une journée de repos par semaine pour les « bonnes », les jeunes volontaires de l’APEJ ont demandé un travail permanent après le stage. La section syndicale de la filière coton a dénoncé la privatisation de la CMDT qui dit-elle va aggraver la pauvreté en milieu rural.

Les travailleurs de la poste s’interrogent quant à l’application du plan stratégique de relance de la poste adopté par le gouvernement depuis le 4 janvier 2006.
», écrit L’Indépendant du 02 mai 2007.

Le 1er mai n’est pas un simple évènement festif. Il est l’occasion pour les syndicalistes de faire le point des revendications et de se projeter dans l’avenir…

« Dans son allocution en prélude au défilé, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, a planté le décor en parlant de l’élection présidentielle du 29 avril 2007. Il s’est gardé de se prononcer sur le déroulement du scrutin par respect à la charte du syndicalisme qui ne rime pas avec la politique.

Toutefois, M. Diakité a rappelé que l’UNTM, à la veille de la présidentielle, a posé aux huit candidats, neuf questions. Ces questions vont de la vision du Mali qui gagne dans l’environnement actuel de notre sous-région à l’atteinte de l’Education pour tous (EPT) en 2015 en passant par la lutte contre l’analphabétisme, la mise en place d’une médecine de pointe, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, etc. « A cette date, seul le candidat du Rassemblement pour le Mali nous a répondu », a indiqué le patron de la Bourse du travail.
», écrit Les Echos du 02 mai 2007.

Points de satisfactions pour l’UNTM…

« En termes de bilan, Siaka Diakité a noté l’adoption du plan social de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), la reprise des travailleurs licenciés de Transrail, l’augmentation de la valeur du point d’indice, du paiement du rappel lié à la correction de la grille B1 et B2. », écrit Les Echos du 02 mai 2007.

Insatisfactions pour l’UNTM…

Siaka Diakité «… a par ailleurs souligné les lenteurs excessives qui ont été constatées dans le traitement des différents dossiers, alors que les délais suffisants permettant de leur apporter des réponses crédibles ont été concédés. Selon lui, ils ont déjà alerté l’opinion publique nationale et internationale sur les risques de dérives qu’ils ont la responsabilité d’éviter tous. Il a ensuite souligné qu’il est temps de sortir de la littérature politique lyrique à laquelle les gouvernants les ont habitués.

Le nombre des jeunes augmente considérablement et le marché de l’emploi ne parvient pas à les absorber. « Pauvreté ne rime pas avec démocratie ». Et c’est pour permettre à l’UNTM d’agir plus efficacement en faveur des jeunes que notre 11ème congrès ordinaire a créé un bureau auprès du Bureau Exécutif un Département Chargé de l’insertion des Jeunes. Ainsi, il a rassuré qu’ils sont disposés à s’associer avec d’autres partenaires pour agir vivement, à travers des plans et des politiques en matière de Jeunesse.

Aussi, il a souligné qu’il est urgent et nécessaire de prendre des mesures visant à encourager la création et la croissance des entreprises, à créer des conditions qui permettent à la multitude d’unités informelles de s’intégrer dans l’économie et d’attirer l’investissement étranger.

Pour résoudre ces problèmes, selon lui, il faut parvenir à une réforme de la méthode utilisée jusqu’ici, améliorer la gouvernance et innover résolument dans plusieurs directions. En plus, les préjugés juridiques ou culturels auxquels les femmes entrepreneurs sont confrontées doivent être pris en charge prioritairement, pour libérer et contribuer à l’épanouissement de ce groupe important.
», écrit Nouvel Horizon du 02 mai 2007.

Cette année, la CSTM a placé la fête du 1er mai sous le signe du respect des engagements, gage de stabilité sociale. Le grand défilé de la CSTM a eu lieu sur la Promenade des Angevins, en présence du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bah Hawa Kéïta, accompagné de son homologue de la Jeunesse et des Sports, Natié Pleah.

La CSTM a haussé le ton en dénonçant le non respect des promesses tenues par les autorités…

« Ce thème, vient à point nommé confirmer la lassitude des syndicats des travailleurs face au gouvernement qui ne fait que prendre des promesses sans les honorer. La CSTM n’entend plus rester passive. Elle exige, désormais, que les choses changent. A cet effet, elle vient attirer l’attention des autorités sur les conséquences que peut engendrer le non respect des promesses sur le climat de confiance entre les parties en négociation. La conséquence de la non tenue des promesses est la frustration chez les syndiqués. Alors, bonjours la violence, l’irrespect et la désobéissance.

Amion Guindo, secrétaire général de la CSTM de déclarer :  » le garant de la paix et d’un climat social apaisé se trouve être le respect des autres et le respect de soi à travers des agissements qui favorisent la confiance mutuelle. Les promesses non tenues, des engagements sans lendemain, les échéances non respectées entraînent la frustration, la révolte et l’indignation des partenaires qui se sentent trahis par ceux qui doivent être le reflet et les gardiens de la moralité par leur bonne conduite dans la cité. Nul ne peut présager le comportement de l’homme ou du groupe d’hommes qui sont victimes de trop de frustrations « . L’orateur de rappeler que de 2005 à nos jours, nombreux sont les accords qui ont été signés entre le gouvernement, le conseil national du patronat malien et la CSTM. Amion Guindo a déploré le fait que tous ces engagements et promesses sont restés sans suite.

Selon lui, l’autorité publique n’est plus respectée. M. Guindo estime que le changement de cette situation passe d’abord par le changement de comportement des premiers responsables. Ainsi, déclare-t-il : « A quels travailleurs allons-nous parler de ponctualité, de travail, ou de productivité alors que nous mêmes en tant que premiers responsables, nous avons banalisé la chose publique, la fonction publique, nous érigeons l’impunité en système. A quel peuple allons-nous parler d’autorité pendant que nous-mêmes floklorisons l’activité autant gouvernementale que parlementaire. Nous déconsidérons l’autorité de la chose jugée et nous entretenons la discrimination en violation de nos lois et règlements ».

S’agissant de l’état de la démocratie au Mali, l’orateur de constater qu’aujourd’hui au Mali, les hommes et les femmes sont incapables de s’assumer, de respecter leurs convictions, leurs engagements. Selon lui, le taux de participation aux élections du 29 avril dernier prouve à suffisance que les Maliens ne croient plus aux politiques, à l’Etat.
», écrit L’Indépendant du 02 mai 2007.

Réponse du berger à la bergère …

« Mme Bah Awa Kéïta, ministre de l’Emploi, comme pour répondre au secrétaire général de la CSTM, a donné l’assurance aux travailleurs que l’Etat fera tout pour honorer ses engagements. », écrit L’Indépendant du 02 mai 2007.

« Mme Bah Hawa Kéïta a mis l’accent sur l’intérêt que le gouvernement accorde à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et à la lutte contre la pauvreté dans notre pays. Elle a ensuite salué l’esprit du pacte de solidarité pour la croissance et le développement avant de réitérer la détermination des pouvoirs publics à renforcer la cohésion sociale. », écrit L’Essor du 02 mai 2007.

Syndicats constituant la CSTM …

Les syndicats constituant la CSTM sont « … la Fédération nationale du pétrole, commerce, assurances, banques et établissements financiers (FENAREC), la Fédération de l’éducation nationale (FEN), le Syndicat autonome des personnels des centres de santé communautaire (SYNAP-CSCOM) et le Secteur informel composé de vendeuses de poisson et d’exploitants de sable et gravier, entre autres, … », écrit L’Indépendant du 02 mai 2007.