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Dans le but de faciliter une meilleure compréhension des avantages d’une approche axée sur la gouvernance démocratique et le respect des droits de l’Homme, un colloque de deux jours se tient au Centre international de conférence de Bamako. Initié par l’Alliance en faveur des Droits de la personne et de la démocratie (AFDPM), ce séminaire sera animé par des experts chinois et africains, notamment du Sahel, sous le thème « Priorités des droits de l’Homme dans les pays du Sahel ». Il se veut un cadre de réflexion et d’échanges, de partage d’expériences et de points de vue sur les problématiques des droits fondamentaux. L’ouverture des travaux a été faite en présence du Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, garde des sceaux, Mamoudou Kassongué et son collègue des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop. L’on notait aussi la présence du Président de l’AFDPM, Amadou Biga et de l’ambassadeur de la République populaire de la Chine au Mali, son Excellence, Chen Zhilhong.

Le Mali, à l’instar des autres pays du Sahel, fait l’objet d’une attention politico-médiatique croissante depuis quelques années. Le pays est de plus en plus confronté aux problématiques des groupes islamistes dits radicaux et du crime organisé sur fond d’instrumentalisation des conflits locaux avec des conséquences sur la cohésion sociale et sur le plan humanitaire. La résurgence de la violence dans le pays ainsi que la persistance de la menace liée aux groupes terroristes mettent au goût du jour la problématique de la protection des droits humains dans un environnement sécuritaire difficile. C’est dans ce contexte que l’Alliance en faveur des Droits de la personne et de la démocratie (AFDPM) a initié ce séminaire international qui regroupe une centaine de participants dont le Mali, le Niger, le Sénégal, le Burkina, la Guinée Conakry et la Chine. « Le Sahel est certes en crise, mais l’Afrique est en mouvement. Cette Afrique en mouvement, la Chine veut être à ses côtés. Elle veut l’accompagnement dans sa marche de survie et de développement. Elle veut construire avec elle un partenariat équilibré et moderne. Le combat pour le droit à la survie et au développement participe d’une lutte engagée depuis des siècles, des décennies pour la dignité humaine», a indiqué le Président de l’AFDPM, Amadou Biga.

Intervenant à l’occasion de ce séminaire, l’ambassadeur de la République populaire de la Chine au Mali, Son Excellence, Chen Zhilhong a précisé qu’aucun système n’est parfait dans le domaine des droits de l’Homme. « Il faut avoir une attitude ouverte et modeste. La Chine soutient le renforcement des échanges et de la coopération en matière de droits de l’Homme entre différents pays sur la base du respect mutuel, mais s’oppose aux recours au deux poids, deux mesures pour attaquer et dénigrer d’autres pays et à l’ingérence dans les affaires intérieures d’autrui sous prétexte des droits de l’Homme », a déclaré le diplomate chinois.

Le chef de la diplomatie malienne a abondé dans le même sens que l’ambassadeur de la Chine au Mali. Pour le ministre Abdoulaye Diop, les droits de l’Homme constituent aujourd’hui un facteur d’ingérence de beaucoup de pays. « Il faut que nous ayons une approche holistique du développement. La sécurité n’est pas que militaire seulement, il faut un dialogue et il nous faut un Etat fort avec des militaires bien formés », a dit le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

De son côté, le Ministre la Justice, des Droits de l’Homme garde des sceaux, Mamoudou Kassongué, a rappelé que les populations du Sahel font l’objet d’attaques terroristes meurtrières et restrictives de leurs libertés. A l’en croire, le thème de ce séminaire international cadre parfaitement avec les visions de la transition. De façon spécifique, dit-il, il vise à améliorer les connaissances sur l’importance des droits à la survie et au développement ; d’identifier et d’approfondir la réflexion sur les causes, les difficultés et les contraintes du non-respect des droits humains au Sahel ainsi que des stratégies et mécanismes de promotion du droit à la survie et au développement.


Sidiki Dembélé

Source: Le Républicain