Partager

Le mardi 4 Novembre 2008, le Chef de cabinet du ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat, Mme Dao Sanata Traoré, a présidé l’ouverture d’une rencontre tripartite sur la représentativité syndicale, en présence du président de la cellule tripartite du PAMODEC, du représentant du Directeur du bureau sous-régional de l’OIT à Dakar, des partenaires et des responsables des deux grandes centrales syndicales.

Cette rencontre, organisée à la demande du gouvernement et des partenaires sociaux, et placée sous l’égide du ministère du Travail, s’insère dans les objectifs de promotion et de vulgarisation des normes fondamentales du travail.

Selon le Coordinateur régional du PAMODEC représentant le Directeur du bureau sous-régional de l’OIT à Dakar, M. Jules Oni, c’est une étape dans l’opérationnalisation du plan national d’action de mise en oeuvre des principes et droits fondamentaux du travail adoptés en Février 2007 pour les mandants tripartites nationaux.

Pour mémoire, la déclaration de l’OIT, relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par la Conférence Internationale du Travail en Juin 1998, procède de la volonté des États membres (dont le Mali) de respecter, promouvoir et réaliser lesdits principes et droits, dira M. Jules Oni.

Le projet PAMODEC, selon lui, se propose d’appuyer les gouvernements et les partenaires sociaux, dans les différents pays concernés, pour la mise en œuvre des conventions fondamentales du travail, le renforcement de leurs capacités organisationnelles et opérationnelles, la mise en conformité de la légation nationale aux normes internationales du travail, la diffusion et la vulgarisation des normes fondamentales du travail.

Le Mali, selon lui, a depuis longtemps fait la preuve de sa volonté politique de mettre en œuvre et de promouvoir les principes de la liberté d’association et de la négociation collective, en ratifiant tour à tour la Convention n°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, et la Convention n°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective.

Grâce à la reconnaissance de ces droits et principes fondamentaux, le mouvement syndical s’est considérablement développé, aux dires de l’orateur. Ce qui, selon lui, s’explique par le fait que depuis des années, le Mali vit une ère de pluralisme syndical avec deux grandes centrales de travailleurs légalement constituées.

Toutefois, a-t-il reconnu, cette diversité du paysage syndical (qui, rappelons-le, répond à un besoin de représentation plurielle des travailleurs) ne va pas sans quelques difficultés, notamment d’ordres juridique et pratique.

Dans un contexte de prolifération ou d’émiettement des organisations de travailleurs, la nécessité de la détermination se pose au niveau de représentativité des organisations. Aussi,la mesure de la représentativité syndicale par des moyens objectifs, consensuels et démocratiques apparaît-elle souhaitable, a déclaré le représentant du Directeur du bureau sous-régional de l’OIT à Dakar.

Pour y parvenir, le gouvernement malien et ses partenaires sociaux ont sollicité l’appui et l’assistance du BIT qui, selon Jules Oni, a tenu à répondre à leur demande en mettant à leur disposition des spécialistes de la question., qui livreront aux participants des informations pertinentes sur le sujet, les familiariseront avec les principaux outils et instruments du BIT, et les entretiendront de quelques expériences étrangères.

Les principaux objectifs de cet atelier sont de parvenir à une meilleure compréhension des enjeux et mécanismes, ainsi que des différentes méthodes de mesure de la représentativité syndicale ; de capitaliser les expériences étrangères en vue d’aboutir à une approche consensuelle de mesure de la représentativité au Mali. Aussi, le Chef de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction Publique, Mme Dao Sanata Traoré, a-elle tout d’abord insisté sur l’importance de cet atelier.

L’avènement du pluralisme syndical dans notre pays a eu comme conséquence majeure, la multiplication des interlocuteurs de l’Etat dans la gestion des problèmes économiques et sociaux des travailleurs. Ce pluralisme syndical conduit dans la pratique, à faire évoluer côte à côte des organisations qui tout en étant égales en droit, sont inégalement aptes à représenter les travailleurs“, a-t-elle laissé entendre.

Au cours des travaux qui s’étendront sur deux jours (du 4 au 6 Novembre), les participants, en plus d’une introduction sur la problématique générale de la représentativité syndicale par PAMODEC et ACPRAV, auront des discussions et échanges sur plusieurs autres sujets.

Notamment, la représentativité syndicale au Mali sur différents aspects ; les normes internationales du travail, ainsi qu’un partage d’expériences avec des experts venus de l’étranger : Bénin, Sénégal…

Laya DIARRA

05 Novembre 2008