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La Journée internationale de l’enfant célébrée samedi, offre toujours l’occasion d’évaluer l’état de la protection des enfants

jpg_droit-enfant.jpgIl y a 21 ans, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Ce texte est devenu un instrument de référence sur le plan international pour la survie, le développement et la protection des enfants. La Journée internationale de l’enfant est toujours l’occasion de mesurer le chemin parcouru par cette convention. Elle a été célébrée samedi. Chez nous, la cérémonie marquant la Journée a été présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé. Plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba.

L’on notait aussi la présence du représentant résident du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) au Mali, Marcel K. Rudasingwa, du directeur national de la Promotion de l’Enfant et de la Famille, Aliou Barry. Cette année, la Journée internationale de l’Enfant avait pour thème : « Un monde digne des enfants, le Mali s’engage ». Elle a été une nouvelle fois l’occasion de rendre compte des nombreuses injustices faites aux enfants à travers le monde.

Elle tente aussi de faire valoir la CDE. Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba, a réaffirmé que la promotion des droits des enfants est une priorité pour les pouvoirs publics dans notre pays. Comme en témoignent les moyens mobilisés par l’État et ses partenaires pour créer les conditions propices à l’épanouissement et au bien-être des enfants. Et depuis la ratification de la CDE en 1990 par notre pays, les autorités et leurs partenaires œuvrent à faire de cet instrument un canal de délivrance des enfants.

De nombreux chantiers: Mme Maïga Sina Damba a cependant souligné qu’en dépit des efforts fournis, notre pays reste confronté à des difficultés persistantes en matière de promotion et de protection des droits des enfants. Les raisons de cet état de fait sont nombreuses : la conjoncture économique internationale, la fragilisation des familles, l’exode rural, l’urbanisation massive, la paupérisation croissante, les problèmes d’accès aux services sociaux de base notamment en zones rurales etc…

Et pour ne rien arranger, la persistance de certaines traditions, coutumes et pratiques font obstacle à la pleine application des droits et liberté des enfants et compromettent la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Pour inverser la tendance et satisfaire les différentes recommandations du Comité national des droits de l’enfant, le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a ouvert de nombreux chantiers dont le plus important est l’élaboration de la politique nationale de promotion et de protection de l’enfant.

À ce propos, le ministre a sollicité l’implication de tous les acteurs pour placer les enfants au cœur des priorités du développement en leur facilitant l’accès à une bonne santé, à une éducation de qualité, tout en luttant contre toutes les formes de violence, d’abus et d’exploitation. Parallèlement, il conviendrait de développer une justice pour les mineurs. Ces différentes actions consolideraient l’image du Mali comme étant un pays résolument engagé dans la préservation des droits de l’homme, particulièrement ceux des enfants. Elles relèveront le niveau des indicateurs concernant la santé, l’éducation et la protection des droits de l’enfant. Le président du Parlement des enfants, Boncana Maïga, estime que la CDE, a permis de porter un nouveau regard sur l’enfant dans notre pays. Plusieurs actions ont été menées à cet effet.

Lesquelles ont amélioré les conditions de vie des enfants grâce à l’élaboration et la promulgation du code de protection de l’enfant, la participation accrue des enfants dans les prises de décision, la réduction du taux de mortalité infantile. Malheureusement, a déploré le jeune Maïga, certains fléaux qui nuisent au développement harmonieux de l’enfant persistent encore. Il s’agit entre autres de la méconnaissance des textes régissant les droits de l’enfant, du faible taux d’accès aux soins de santé et de la mendicité.

Pour la promotion de journaux scolaires.

Le représentant résident de l’Unicef au Mali, Marcel Rudasingwa, a pour sa part rappelé que cet organisme onusien s’appuie sur la CDE et œuvre pour que les droits de l’enfant s’inscrivent dans une logique d’éthique sociale et dans un code de conduite international en faveur des enfants. Selon lui, au cours des dix dernières années, des progrès considérables ont été obtenus dans le cadre des OMD et du respect des droits des enfants à la survie, au développement et à la protection. Mais au Mali encore, 307 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour. Plus de 84 % des filles de 0 à 14 ans subissent la pratique de l’excision et 66 % des femmes de la tranche d’âge entre 15 et 49 ans sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Au regard de ces statistiques fournies par l’enquête démographique et social de 2006, le défi au cours des 20 prochaines années consistera à prendre appui sur les progrès déjà réalisés pour atteindre ces enfants à qui l’on refuse encore certains droits à la survie, au développement, à la protection et à la participation. « De même, la scolarisation des filles reste une condition préalable pour améliorer l’éducation au Mali », a expliqué Marcel Rudasingwa. Le Premier ministre, Modibo Sidibé a renouvelé l’engagement des pouvoirs publics à poursuivre les programmes destinés à la promotion, la protection et l’épanouissement des enfants.

Le chef du gouvernement a promis qu’un accent particulier sera mis sur la santé et l’éducation notamment celle des petites filles. En marge de la cérémonie, l’Unicef a remis des prix aux lauréats de concours de meilleurs articles de presse et d’émissions radiophonique produits par les enfants sur le thème « Droits, tradition et culture ». Ce concours ambitionne de favoriser la promotion des journaux scolaires dans notre pays.

Les lauréats ont reçu du matériel informatique et de reportage, des fournitures scolaires, des dictionnaires et des supports de lavage de mains au savon. Des diplômes de reconnaissance ont été remis à Moussa Sissoko, conseiller chargé de l’enfance à la présidence de la République et à Marouf Keïta, le président de l’Association malienne des villages enfant SOS (AMVESOS).

Mariam A. Traoré

Essor du 22 Novembre 2010.