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Un mort et quatre blessés par balles…réelles. Tel est le bilan du drame survenu, ce lundi 10 Novembre 2008, à Léré, une localité située dans le cercle de Niafunké, en sixième région : Tombouctou.
De sources sûres, ce bilan tragique fait suite à des rafales tirées par un Garde républicain en service dans ladite localité sur les populations qui manifestaient. Mais comment en est-on arrivé jusque-là?…

Nos sources en provenance de cette localité indiquent que la drame s’est déclenché lorsque les autorités municipales ont pris la décision de procéder à la privatisation d’un château d’eau qui, en fait, était la seule source d’approvisionnement des populations de la localité en eau potable.

Mais les habitants ne l’entendirent pas de cette oreille. Aussi ont-elles décidé de protester, en organisant une vigoureuse manifestation en direction de la mairie. Mais avant ce jour, les mêmes sources ont précisé que plusieurs rencontres s’étaient tenues, entre le maire et ses conseillers, en vue d’envisager la voie à suivre pour le règlement du problème.

C’est ainsi qu’au cours d’une de ces rencontres, certains conseillers ont proposé de soumettre ledit problème à un vote, sans pour autant parvenir à un accord unanime. En effet, le maire et certains conseillers étaient d’un côté ; tandis que d’autres conseillers étaient d’un autre avis. L’appartenance politique des élus de la localité aurait-elle joué dans ce désaccord?…

Toujours est-il que c’est le jour même du vote, et avant même le dépouillement, c’est-à-dire, le décompte des voix pour ou contre, que la mairie a été assiégée par les manifestants qui ont tout saccagé : chaises, armoires, machines, et même… les documents administratifs. Pire : le Maire été copieusement molesté, séance tenante, avant l’arrivée des forces de l’ordre qui ne sont néanmoins pas parvenues à maîtriser la marée humaine.

Parmi les agents des forces de l’ordre se trouvait un garde, un neveu du maire tabassé et blessé à certaines parties du corps. Ayant constaté l’état critique de son oncle (le maire), le garde, un tamashek, chargea son arme et tira au jugé sur les manifestants. Le bilan a été lourd, car on a déploré et un mort et plusieurs blessés atteints par balles.

Ces blessés ont été immédiatement évacués à l’hôpital de Niafunké où ils suivent un traitement médical, apprend-on. Et immédiatement après le malheureux incident, les autorités ont été mises au courant. Ainsi, la nuit du lundi, c’est-à-dire le jour même du drame, un communiqué du ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales a été diffusé pour annoncer la triste nouvelle.

Que comptent faire les hautes autorités, après ce drame? Nul doute que des enquêtes seront menées en vue de voir clair dans ce problème, et même de situer toutes les responsabilités. Mais la question qui reste en suspens, c’est de savoir : les auteurs de cette tragédie -dont l’auteur du crime- resteront-ils impunis? Les prochains jours nous en donneront sans doute la réponse…

Laya DIARRA

12 Novembre 2008