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Les responsables du mouvement populaire du 22 mars (MP22) ont organisé un point de presse pour dénoncer les exactions policières dont sont victimes les militants du MP22 et les élus communaux du parti SADI dans la capitale de l’or blanc. La conférence était présidée par le secrétaire général du parti, Dr Oumar Mariko. Il était entouré par la présidente du MP22, Dr Rokiatou Sanogo.

Lors de cette rencontre, on notait la présence des trois responsables organisateurs de la marche du 13 juin dernier à Koutiala pour soutenir l’entrée de l’armée à Kidal et dénoncer les accords préliminaires de Ouagadougou.

Selon le représentant de la COPAM de Koutiala, Sidiki Diabaté, le mardi 11 juin, les organisateurs de la marche ont informé les autorités civiles et militaires sur l’objet, le lieu de rassemblement et l’itinéraire de la marche. Et le mercredi 12 juin les organisateurs ont été convoqués par le préfet adjoint de Koutiala en présence du commissaire de police. L’objectif de la convocation était d’intimider les initiateurs de la marche, compte tenu des dispositions de l’état d’urgence, de tenir un meeting en lieu et place de la marche.

A en croire Sidiki Diabaté, le jeudi 13 juin aux environs de sept heures, les forces de l’ordre ont investi le terrain des martyrs, le lieu de rassemblement. Il avait tenté dans un premier temps de rentrer en contact avec le commissaire sans succès. C’est en ce moment qu’il a décidé de se rendre au commissariat.

Après son arrivée, il a été arrêté et tabassé sur instruction du commissaire adjoint Mamadou Mounkoro. Sidiki Diabaté a été autorisé de passer un coup de fil, c’est ainsi qu’il a appelé Aly Dembélé, un coorganisateur de la marche de se rendre à la radio Kayira pour appeler les manifestants à regagner le siège du parti SADI. Après l’émission, ce dernier a été lui aussi arrêté par le commissaire Mounkoro. Le premier adjoint au maire de la commune rurale de Koromo, cercle de Koutiala, Moussa Sangaré s’est rendu au commissariat pour s’informer des circonstances de l’arrestation de ses collègues.

Lui aussi se fera alpaguer par les limiers. Après leur audition, les trois personnes ont été présentées au procureur. Ce dernier a inculpé les trois personnes tout en notifiant qu’elles seront jugées le 9 juillet prochain pour opposition à l’autorité légitime.

Dr Oumar Mariko en réaction à ces arrestations a fustigé le commissariat de Koutiala. Il a jugé ces pratiques dignes d’une autre époque. Les interpellations ainsi opérées ne sont pas dignes d’un Etat de droit.

Boubacar PAITAO

L’Indépendant du 20 Juin 2013