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Au cours d’un point de presse, samedi dernier à l’Espace Bouna, le secrétaire général du Parti citoyen pour le renouveau (PCR), Dr. Modibo Soumaré, a réclamé la tenue d’un congrès de clarification pour freiner la descente aux enfers d’une formation dont c’est apparemment le compte à rebours depuis qu’elle a été recalée à la formation du gouvernement du 3 octobre 2007. Au demeurant, a-t-il rappelé, le PCR n’a pas encore organisé son congrès constitutif et reste donc dirigé par un bureau provisoire.

« C’est un impératif qu’on aille au congrès pour clarifier les choses, notamment les résultats du parti aux législatives, les résolutions de la dernière instance. Beaucoup de militants aujourd’hui sont déçus » , a expliqué Dr. Modibo Soumaré.

De l’avis du secrétaire général, le climat de violence qui prévaut au sein du parti n’est pas favorable à l’adhésion de nouveaux militants à laquelle il travaille. « Le PCR est à bout de souffle. Les militants ont besoin d’informations et d’être rassurés. Ça va mal au PCR. Il y a nécessité de le refonder ». Et d’ajouter qu’il a le soutien des « doyens » et de tous ceux qui sont sincèrement engagés pour la cause du PCR.

Il faut dire que c’est deux jours après la formation du 1er gouvernement de Modibo Sidibé que les choses ont véritablement commencé à se gâter au sein de ce parti membre de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, majorité présidentielle), qui a obtenu un député élu en Commune III de Bamako sur 54 candidats présentés aux dernières élections législatives.

« Deux jours, après la formation du gouvernement, j’ai été invité à une rencontre. Ma position sur l’absence du parti ne se justifiait pas aux yeux du président. J’ai failli être agressé, mais je n’ai pas réagi. J’ai dit que je ne suis pas satisfait de notre résultat aux législatives. Je pense que notre parti méritait, avec ce résultat, de figurer ou pas dans le gouvernement comme d’autres qui sont sortis ou qui ne sont pas rentrés. On ne doit pas rougir de ne pas être au gouvernement » .

C’est cette réflexion de Dr. Soumaré qui aurait provoqué l’ire d’Ousmane Ben Fana Traoré, le président du parti. Et les altercations qui s’en sont suivies ont obligé le secrétaire général à annoncer la suspension de sa participation aux instances du parti et provoqué les démissions du 1er vice-président (Mamadou Diakité), du 3e vice-président (Dr. Sékou Kéita), du secrétaire à l’organisation (Moussa K. Sissoko) et de la secrétaire adjointe aux relations extérieures (Adam Aïché Diarrah). « Des décisions jugées de faits mineurs », a regretté Dr. Soumaré.

Pour Modibo Soumaré, en créant le PCR, lui et ses camarades voulaient faire la politique autrement. « On a certes fait de bonnes choses ensemble, mais je dis que la politique doit surtout nous permettre de garder notre honneur et notre dignité. Il faut éviter de se trahir, de médire des uns et des autres, de se réunir par petits groupes, mais accepter le débat public et contradictoire duquel éclate la vérité ».

Initialement programmé pour ce mois de décembre, Dr. Soumaré craint cependant que d’aucuns travaillent pour que le congrès ne se tienne pas. Il avertit : « Si je dois retourner au PCR, ce n’est pas, pour paraphraser l’autre, regarder les Sotrama passer. Je suis prêt à tous les sacrifices pour des termes nouveaux, des attitudes nouvelles, un nouveau projet de société mais pas pour les compromissions ».

Dr. Soumaré a félicité le Premier ministre pour le choix porté sur sa personne et a dit soutenir le gouvernement dont la composition reflète les résultats de l’ADP aux législatives de 2007.

A. M. Thiam

10 Décembre 2007.