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Suite à l’assignation en justice des sociétés d’exploitation aurifère du Mali par une association dite «Action pour l’Environnement et la Santé (AES)» qui leur réclame 150 milliards de F CFA- rien moins que çà- pour de prétendus dommages causés à l’environnement, nous avons rencontré le Docteur Mark Bristow, le PDG de Randgold Resourses Limited au Mali, au cours d’une visite effectuée la semaine dernière sur les sites miniers.

Il est véritablement l’homme qui a fait entrer le Mali dans l’ère de l’industrie minière, le propulsant au rang de troisième producteur d’or en Afrique, après son pays, l’Afrique du Sud et le Ghana. Il est serein: «Mon défi, c’est de participer à la réduction de la pauvreté au Mali, en créant des emplois pour les jeunes.

Le problème, ce sont ces ONG qui sont en train de m’empêcher d’aller dans ce sens. J’ai toujours invité Oxfam à venir rencontrer Randgold Resources Limited afin qu’ensemble on construise quelque chose pour protéger l’environnement. En vain. En tout cas, je dis haut et fort qu’à Randgold, c’est la politique de la porte ouverte».

L’image de la mine d’Abouassi au Ghana, qui a plus d’un siècle d’exploitation, la mine de Loulo au Mali va perdurer. La date officielle de la fermeture de ce gisement est 2024. Mais ce n’est là qu’une hypothèse très approximative. Car les études prospectives, qui ont estimé cette durée de vie, n’ont concerné que les 30% du permis d’exploration. Les 70% restant du permis recouvrent, probablement, d’autres gisements importants qui vont rallonger la durée de vie de la mine.

La mine de Loulo se caractérise par deux types d’exploitation. A ciel ouvert et souterraine. Dans le cadre de l’exploitation à ciel ouvert, des carrières sont faites tandis que les galeries sont creusées dans le cadre de l’exploitation souterraine.

Il convient de souligner que la durée de la mine de Loulo repose sur cette dernière forme d’exploitation, plus coûteuse et très complexe. L’exploitation souterraine de la mine de Loulo a commencé en octobre 2006. De nos jours, la mine a extrait 250 000 tonnes de minerais dans les galeries de Yalea, qui seront traitées cette semaine. Il faut s’attendre à une grande quantité d’or quand on sait que la teneur d’une tonne de minerai est estimée à 3, 5 à 4 grammes d’or.

Cette information a filtré de la visite qu’un groupe de journalistes a effectuée dans la mine de Loulo, mardi 20 mai, pour apprécier sur place l’état de l’environnement, au moment où les sociétés d’exploitation minière, Randgold Resources Limited, AngloGold Ashanti, entres autres, sont assignées en justice pour pollution et dégradation de l’environnement. Les hôtes de Loulo S.A ont eu droit à une visite guidée sur les carrières de Gara et de Yalea.

A Gara, la carrière est longue de 900 m et large de 600 m. Sa profondeur actuelle est estimée à 60 m sur les 200 m de profondeur finale.

Dans la carrière, les journalistes ont découvert des Bulldozers et des camions bennes en pleine manœuvre. A côté de ces engins, des individus habillés en tenue de minier, portant des casques et des chaussures, contrôlaient les activités.

Dans la carrière de Yalea, plus grande que celle de Gara, les hommes de médias ont aperçu les mêmes activités qui se déroulaient dans la carrière de Gara. Après la visite des mines à ciel ouvert, les journalistes ont été invités à descendre dans la mine souterraine de Yalea appelée « Underground » où l’extraction des minerais bat son plein.

La descente, effectuée à bord de petites voitures a concerné, en plus des journalistes, Mark Bristow, Directeur général de Randgold Resources Limited et des banquiers américains venus visiter la mine. Entre autres. Tous les visiteurs étaient habillés en équipement approprié.

Dans la mine souterraine, les visiteurs ont découvert dans les galeries des engins comme les scoops CAT R1300G et R1700G utilisés pour le déblayage au fond de la mine. Dans le souterrain, l’aréage était assuré par des ventilateurs primaires de type Howden de 500 Kw.

Le clou de la visite a été la découverte de l’usine de traitement de l’or. Laquelle était en mouvement. Au niveau de la section de broyage des minerais, les techniciens s’attelaient à revêtir l’intérieur du moulin.

A souligner que l’usine de Loulo est une grande consommatrice d’énergie. Elle est dotée de 15 générateurs d’une puissance de 2,5 Mw chacun. Deux générateurs d’une puissance de 3,6 Mw chacun augmentent la capacité de l’usine. En somme, la capacité énergétique de l’usine est estimée à 25 Mw.

A rappeler que ce sont les directeurs de l’usine, Abdoulaye Cissé et du Service de maintenance, Mamadou Kanouté, qui ont guidé le pas des visiteurs au sein de leur industrie.


Quand la mine de Loulo se « malianise« 

Aujourd’hui, la mine de Loulo figure parmi les grandes sociétés pourvoyeuses d’emplois au Mali. Elle emploie présentement 1 881 employés dont 139 expatriés et 1 742 nationaux. Parmi les nationaux, il convient de souligner qu’un nombre important occupe des postes de directeur dans différentes structures de la mine. Ce qui fait la fierté du Mali.

Il faut citer, entre autres, le Directeur général de la mine, Amadou Kounta, le Directeur du département des mines, Tahirou Ballo, le Directeur des recherches minières, Chaka Berthé, le Directeur des ressources financières, Amadou Maïga. S’y ajoutent le Directeur des Ressources Humaines, Ibrahima Diané, le responsable par intérim de la mine souterraine, Mamou Touré, le Directeur de l’usine, Abdoulaye Cissé. Et la liste n’est pas exhaustive. Nombreux sont ce qui se plaisent à dire que la mine se « malianise » considérablement.

Le Directeur Général de Randgold Resources Limited, Mark Bristow a, dans un entretien qu’il nous a accordé, déclaré que l’exploit de Randgold à Morila et à Loulo s’explique par la compétence, le courage et la persévérance des cadres maliens.

L’orateur a saisi l’occasion pour évoquer le différend qui oppose les exploitants miniers du Mali à Oxfam et à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). Deux ONG de droit international qui accusent les sociétés minières au Mali de pollution et de dégradation de l’environnement. Dr Bristow de déclarer : « Mon défi, c’est de participer à la réduction de la pauvreté au Mali, en créant des emplois pour les jeunes.

Le problème, ce sont ces ONG qui sont en train de m’empêcher d’aller dans ce sens. J’ai toujours invité Oxfam à venir rencontrer Randgold Resources Limited afin qu’ensemble qu’on construise quelque chose pour protéger l’environnement. En vain. En tout cas, je dis haut et fort qu’à Randgold, c’est la politique de la porte ouverte ».

Pour terminer, il faut rappeler que les réserves totales à Loulo s’élèvent actuellement à 11, 94 millions d’onces d’or dont 9, 51millions sont dans les catégories mesurées et indiquées. Les réserves de mine à ciel ouvert, basées sur un prix de l’or d’US$550 l’once et les dépôts de minerai, s’élèvent actuellement à 1, 07 million d’onces et les réserves souterraines se situent autour de 6,33 millions d’onces.

Abdoul Karim KONE

Envoyé Spécial à Loulo

27 Mai 2008