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«Corruption et valeurs sociétales au Mali», c’est le thème d’une conférence débat que l’Armée du Développement de l’Afrique (ADA) a organisée le samedi 28 avril 2012 à l’hôtel Colibris. Elle était animée par Dr Mamadou Fanta Simaga. Le conférencier y a martelé que ce sont les Européens qui ont introduit la corruption dans notre pays. Il était assisté par le Président d’ADA, Sékouba Yaffa.

Dr Simaga est convaincu que c’est par la notion d’argent que les Européens ont introduit la corruption chez nous. «On avait une monnaie chez nous, c’était le cauri. Impossible de le falsifier et il ne pourrissait pas non plus. Si tu voulais corrompre quelqu’un, il fallait remplir une charrette de cauris. Tout le monde allait la voir, donc ça freinait la corruption. Mais, quand les Toubabs sont venus avec le papier monnaie, tu le mettais en poche. Si ton père t’envoyait acheter quelque chose, tu revenais avec la moitié de la monnaie et tu mettais le reste en poche».

C’est pourquoi, pour parler de la première monnaie en papier, les vieux bambaras ont dit «dou bali». C’est-à-dire que les chefs de famille allaient être empêchés de nourrir leurs familles. La sous-monnaie a été «tama (ni ma tama itè tama sôrô) (si tu ne marches pas, tu n’auras pas de monnaie).

Selon le Dr Simaga, c’est ce qui a amené la fuite vers les plantations ivoiriennes et les champs arachidiers de Kaolack, à la recherche de «tama». Le sous-multiple de «tama» a été «tanga», c’est-à-dire la respectabilité. Car, à cette époque, l’argent était assimilé au respect. Pour mériter le respect, il fallait donc avoir de l’argent.

Pour le conférencier, la solution pour une nouvelle gouvernance en Afrique est qu’il faut qu’il y ait des hommes patriotes. Car l’Afrique est atteinte par la mal gouvernance, la corruption et la gabegie. «Il faut enlever ces maux de nos pays. Les dirigeants s’emparent du pouvoir pour s’approcher du trésor et en disposer. Pendant ce temps, le peuple meurt de faim. Partout en Afrique, c’est l’uniformité dans la médiocrité, l’incompétence et la corruption», a-t-il ajouté.

S’adressant aux jeunes, il les a incités à s’armer de courage et d’abnégation. Ils doivent aussi puiser dans certaines valeurs sociétales leurs repères. «Notre jeunesse est déboussolée, elle est le fruit incompris de l’Europe. La jeunesse est devenue un écho sonore et déformé de l’Europe. Quand les bouches blanches crient à Paris Panthéon, les oreilles noires des jeunes captent Néon. Entre le Néon et le Panthéon, quelle différence! Il faut que les jeunes africains apprennent à être eux-mêmes et qu’ils cessent d’être une image déformée des jeunes de l’Europe».

Et Dr Simaga d’ajuter qu’aujourd’hui les Européens inculquent à la jeunesse africaine une civilisation de divertissement et de loisirs, au détriment de l’école. C’est pourquoi, selon lui, ils sont mal formés, obtiennent des diplômes sans contenu et en conséquence ne travaillent pas.

Youssouf Diallo

30 Avril 2012