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Dr Dietrich Fritz Reinhold Polh est l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Burkina depuis 2014, année où il a été appelé à ces fonctions en remplacement de Christian Germann. C’est après l’obtention de ses deux doctorats, l’un en Droit et l’autre en Lettres, qu’il a définitivement embrassé la carrière de diplomate. « Très discret», le diplomate allemand roule sa bosse dans l’administration diplomatique depuis plus de vingt ans. Il a servi à divers niveaux de responsabilités, dans plusieurs ambassades d’Allemagne à l’étranger, notamment en Egypte, en Macédoine, en Ethiopie et en Iran. Depuis qu’il a déposé ses valises au pays des Hommes intègres, il ne cesse de mettre à profit son expertise diplomatique pour le renforcement de la coopération entre Berlin et Ouagadougou, capitale de son pays d’accueil, le Burkina. C’est dans une atmosphère bon enfant qu’il nous a reçu le 18 mai 2016 dans les locaux de l’ambassade d’Allemagne sis à la Rue Romuald Kafando, à La Rotonde, à Ouagadougou. Dans cet entretien, nous avons abordé avec lui, les questions de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Sans langue de bois, le diplomate allemand a aussi donné son avis sur la coopération germano-burkinabè, la gouvernance politique et économique au Burkina et l’avenir des relations entre le Burkina et l’Allemagne. Lisez !

une-3147.jpgLe Pays : Quelle est, à ce jour, la part contributive de l’Allemagne dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel ?
Dr Dietrich Fritz Reinhold Polh :
Merci de l’intérêt que vous accordez à notre ambassade. Avant de parler de la part contributive de l’Allemagne dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, permettez-moi de rappeler que le Secrétaire général adjoint pour la politique de sécurité et de défense commune du service européen pour l’action extérieure (SEAE), Pedro Serrano, était au Burkina le 12 mai dernier. Sa visite témoigne une fois de plus que l’Europe s’intéresse beaucoup à l’Afrique. Cette visite témoigne aussi de l’engagement pris par le continent européen d’apporter son soutien au continent africain sur le plan sécuritaire et de la lutte contre le terrorisme. Pour le cas de l’Allemagne, on peut dire que depuis des années, ce pays a apporté un soutien substantiel aux efforts de lutte contre le terrorisme. A titre illustratif, depuis 2013, on a envoyé des soldats et déployé du matériel sophistiqué dans la région, surtout dans le cadre de l’AFISM-CAR (NDLR : African-led International Support Mission in the CAR). On a aussi fourni des avions, notamment des airbus, pour soutenir l’engagement international et rendre possible l’engagement de nos partenaires, en l’occurrence les partenaires français.

Quel est le nombre de soldats allemands présents au Mali en particulier et dans le Sahel en général dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ?
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, nous sommes un peu partout en Afrique. Nous sommes déjà au Mali dans le cadre de la Mission de formation de l’Union européenne au Mali, en abrégé EUTM-Mali (ndlr : en l’anglais European union training mission in Mali). C’est dans la capitale de ce pays, Bamako, où se trouvent environ 200 soldats allemands qui assurent fréquemment l’entraînement et la formation de l’armée malienne. Cette mission a été aussi délocalisée vers le Nord du Mali, notamment à Tombouctou et à Gao où nous avons planifié des entraînements pour renforcer les capacités opérationnelles des forces armées maliennes.

« On ne doit pas faire un lien entre le terrorisme et l’immigration »
A Gao, il y a 200 soldats allemands qui sont en train d’aménager un camp militaire pour accueillir un contingent allemand d’environ 650 soldats. Il s’agit d’un bataillon de reconnaissance doté de blindés et d’outils nécessaires, notamment des drones et tout le matériel technique qu’il faut pour ce genre de missions. L’idée est de soutenir les forces internationales présentes dans cette région avec l’expertise et le potentiel technique allemand. Depuis des années, l’Allemagne fait partie également de la mission hybride déployée au Darfour, avec des conseillers techniques et des experts dont des médecins, selon le besoin de la mission. Il s’agit d’un groupement généralement limité à 50 personnes par notre parlement. On est aussi présent dans le Sud-Soudan avec 50 soldats déployés pour protéger non seulement les civils, mais aussi faire respecter les droits de l’Homme et assister les civils par des aides humanitaires. On fait aussi partie de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Cette mission est, entre autres, composée d’observateurs dont la mission est de contrôler l’implication du couvre-feu entre le Maroc et le Polisario. On est aussi présent à Djibouti dans le cadre de l’opération d’Atalante dont la mission est de combattre la piraterie. Cette opération est soutenue par un dispositif substantiel de marine composé de plus de 600 soldats allemands.

Quels liens faites-vous entre immigration et terrorisme ?
C’est une question pertinente, mais nous, nous ne faisons aucun lien entre l’immigration et le terrorisme. Ces deux phénomènes sont différents. Il faut se méfier des explications faciles et des liens que certains font entre le terrorisme et la religion. Le terrorisme est un phénomène d’intolérance, de chauvinisme et d’hypocrisie. Il n’est pas lié forcément à une religion. C’est un phénomène à travers lequel des individus mal intentionnés exploitent leurs semblables pour atteindre leur but, parce qu’ils savent très bien que l’homme est faible dans sa foi religieuse. On ne peut pas et on ne doit pas faire un lien entre le terrorisme et l’immigration. Ce qu’on peut dire, c’est que ces deux phénomènes peuvent créer les mêmes situations et parfois, les mêmes problèmes, liés entre autres aux bouleversements sociaux, à l’instabilité politique, à la crise sociale ou à l’effondrement des bases sociales et morales.

En matière de développement, quels sont les domaines prioritaires de l’Allemagne en Afrique ?
Là, il s’agit d’un grand tableau que je vais vous présenter. L’Allemagne s’est dotée en 2014 d’une nouvelle stratégie de coopération avec l’Afrique. Cette nouvelle stratégie est inscrite dans les lignes directrices de la politique africaine du gouvernement fédéral allemand. Elle traite de plusieurs points. Par exemple, sur le plan de l’engagement que l’Allemagne a pris vis-à-vis de l’Afrique, nous cherchons à renforcer davantage l’intégration régionale. L’objectif est, entre autres, de promouvoir la coopération politique et économique, réduire les tensions, associer les Etats fragiles aux communautés, créer des marchés plus grands assurant la libre circulation du travail et des capitaux. En outre, nous nous attelons à consolider les institutions via le respect des normes en matière de bonne gouvernance et de droits de l’Homme. Nous nous sommes engagés aussi à promouvoir la paix et la sécurité, soutenir l’Architecture de paix et de sécurité africaine (APSA). L’objectif est de permettre à l’Afrique de prendre la responsabilité réelle et entière de la gestion des conflits en lui fournissant un soutien ciblé en matière de formation, de conseils et d’équipement des forces armées et de sécurité. Par ailleurs, nous nous battons pour éliminer la fragilité, réduire les conflits et la violence et empêcher les violations des droits de l’Homme. A ce niveau, nous cherchons à prévenir les crises en amont, lutter contre l’effondrement des structures étatiques. Un autre engagement et pas des moindres que nous avons pris vis-à-vis de l’Afrique, est le renforcement de la coopération de l’Allemagne avec les Etats fragiles. C’est pourquoi nous nous préoccupons en particulier de l’avenir des jeunes, à travers la création d’activités génératrices de revenus, le financement de projets, l’éducation, la formation, etc. A titre préventif, de même qu’en période de conflit, nous nous engageons avec une détermination accrue en faveur des réformes du secteur sécuritaire et de l’instauration de l’Etat de droit.

« Nous nous attelons à organiser une politique migratoire préventive axée sur le développement et la lutte contre les abus »
Dans les pays sortant d’un conflit, nous renforçons notre action en faveur de la réintégration des réfugiés et des déplacés internes ainsi que pour la reconstruction économique à laquelle les femmes devront participer activement. Dans les contextes fragiles, notre action en politique étrangère, de sécurité et de développement, fait l’objet d’une approche intégrée. Ainsi au Sahel, notamment au Mali, nous nous sommes engagés à approfondir notre engagement dans le cadre de l’Union européenne et des Nations unies en vue d’assurer la formation des forces de sécurité, continuer à soutenir activement le processus de réconciliation nationale et développer, au sein de la coopération au développement, la priorité nationale. Nous nous attelons aussi à lutter contre la pauvreté et la faim afin d’assurer la sécurité alimentaire dans plusieurs pays d’Afrique. C’est pourquoi nous encourageons les projets agricoles, le développement rural et l’urbanisation durable. Cela, parce que l’agriculture est un secteur-clé du développement de l’économie africaine. Par des initiatives concrètes, nous orientons les activités vers le soutien à une croissance durable de la production et de la productivité de l’agriculture africaine tout en ménageant non seulement les ressources naturelles, mais aussi en accordant la priorité aux Pays moins avancés (PMA), aux pays à fort potentiel agricole et aux pays connaissant une grande insécurité alimentaire. Nous faisons la promotion des structures d’Etat de droit et de bonne gouvernance et luttons contre la corruption. L’objectif est de consolider les conditions générales en vue de l’instauration d’un Etat de droit efficace et d’une société ouverte fondés sur un développement économique durable. Notre engagement porte en particulier sur l’amélioration et le renforcement des capacités d’intervention des acteurs de la société civile dans les pays africains. Cela vise également à améliorer la situation, encore insuffisante aujourd’hui, des droits de l’Homme dans de nombreux pays. Nous cherchons à réduire les faits occasionnant la fuite des populations et mieux, protéger les réfugiés. C’est pourquoi nous nous attelons à organiser une politique migratoire préventive axée sur le développement et la lutte contre les abus. L’objectif est de combattre de façon ciblée les migrations involontaires et illégales ainsi que les répercussions de la migration sur les personnes concernées. C’est ce qui nous permettra de mieux gérer les phénomènes migratoires régionaux et transcontinentaux ainsi que les migrations illégales. Nous voulons par-là, lutter contre la traite des êtres humains et renforcer les droits de l’Homme, surtout ceux des réfugiés en les intégrant économiquement dans les pays de transit important. De concert avec des partenaires de l’Union européenne, nous voulons renforcer l’approche globale des migrations et de la mobilité. Nous voulons aussi apporter un soutien ciblé aux pays d’Afrique du Nord. Nous souhaitons assurer une utilisation responsable des matières premières comme instrument de stabilité et de développement économique de notre cadre de vie. Pour atteindre cet objectif, nous intensifions nos efforts pour conserver la biodiversité, protéger et valoriser les ressources naturelles. Nous comptons ouvrir le potentiel des marchés africains aux entreprises allemandes, favoriser la formation à tous les niveaux et intensifier la coopération dans les domaines de la science et de la recherche car, pour nous, l’éducation est la clé d’un avenir meilleur et autonome. L’éducation pour tous, et non limitée aux élites, permet de lutter contre les réalités qui entravent le développement d’un pays, comme la corruption et la répartition inégale des richesses. Nous nous sommes engagés aussi à aider les pays africains à limiter le changement climatique et à faciliter leur adaptation au changement climatique. C’est pourquoi nous comptons intensifier la coopération, particulièrement dans le domaine de la protection du climat, du soutien à la mise en place de systèmes énergétiques à même de protéger l’environnement. Nous comptons aussi participer activement à la réorientation du partenariat G7/G8 avec l’Afrique. L’objectif est d’appuyer efficacement la réforme du « Forum pour le partenariat avec l’Afrique », afin d’inclure des partenaires stratégiques de l’Afrique en dehors du G7/G8, notamment la Chine, l’Inde et le Brésil et de renforcer l’appropriation, par les Africains, du processus du dialogue. Nous sommes aussi présents dans le domaine culturel où nous formons et aidons les pays africains à prendre conscience de leurs racines culturelles et par conséquent, à résister aux tentatives extrémistes.

« Ce n’est pas à nous de décider à la place des Burkinabè »
C’est pourquoi la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel ainsi que le dialogue interethnique et interreligieux sont au cœur de l’engagement culturel du gouvernement fédéral allemand en Afrique. Toutes les actions citées témoignent une fois de plus de l’intérêt et de l’attention de l’Allemagne pour le développement de l’Afrique. Il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de diversités en Afrique qui méritent notre soutien. C’est pourquoi nous cherchons à comprendre tout ce qui s’y passe et n’hésitons pas à apporter notre soutien, de quelque nature que ce soit. C’est la preuve aussi qu’il y a une très bonne collaboration entre les institutions allemandes et celles des pays africains. Par exemple, au Burkina, il y a WASCAL, une Organisation non gouvernementale (ONG) soutenue par notre ministère en charge des recherches.

L’Allemagne s’est montrée en pointe dans l’accueil des immigrés en Europe. Quelles sont les conséquences de cette politique d’ouverture ?
Il faut noter qu’en 2015, l’Allemagne a reçu plus d’un million d’immigrés. Sur cette question, je voudrais m’attarder sur une citation de notre Chancelière qui a pris à bras-le-corps le problème des immigrés. Dans un de ses discours sur l’immigration, elle a dit ceci: « Je suis heureuse que l’Allemagne d’aujourd’hui soit devenue un pays que beaucoup de populations, en dehors de l’Allemagne, associent à l’espoir ». Je trouve cette citation très pertinente, même si ouvrir grandement nos frontières à d’autres pays pourrait paraître, aux yeux de certains, une menace pour la sécurité du pays. Pour nous, c’est une réponse morale pour faire face aux grandes crises, surtout la crise syrienne qui perdure. C’est une manière pour nous de soutenir nos partenaires qui sont au bord de la Méditerranée dont la Grèce et l’Italie, débordés par l’accueil de ces immigrés. C’est aussi une manière pour nous de faire respecter non seulement nos propres valeurs, mais aussi d’honorer nos responsabilités et nos engagements internationaux. Ce n’est pas facile. Car, intégrer, nourrir et trouver des emplois pour ces immigrés coûte cher à notre pays. Ce sont des milliards d’euros qu’il faut investir dans tous les domaines. En tant que pays membre de l’UE, nous avons aussi soutenu l’idée de cette institution qui a lancé à la Valette, à Malte, un fonds spécial d’urgence de 1,8 milliard d’euros pour lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière.

On n’a pas trop senti l’Ambassadeur d’Allemagne dans la crise qu’a connue le Burkina en 2015, contrairement à ceux des USA et de France. Pourquoi ?
Le travail d’un ambassadeur d’Allemagne au Burkina est très facile. C’est facile en ce sens que nous sommes ici pour communiquer, représenter et aménager une politique de coopération sans chercher à cacher quoi que ce soit, une politique de collaboration claire et constructive. A cette grande collaboration de soutien, il faut ajouter que c’est un privilège d’avoir parfois des idées personnelles. Il faut comprendre que l’insurrection populaire, la Transition et le renouveau démocratique devraient être l’œuvre des Burkinabè et ils l’ont réussi avec brio, même s’il y a eu parfois des moments très difficiles comme le putsch manqué du 16 septembre 2015. Nous avons suivi tous ces évènements avec beaucoup d’attention, mais ce n’est pas à nous de décider à la place des Burkinabè.

« Des ONG allemandes ont construit plus de 500 écoles au Burkina »
Ce que je peux dire, c’est que je suis très satisfait de ce que j’ai pu faire pour le Burkina en termes de développement et de renforcement de sa coopération avec mon pays. En tant que partenaire international du Burkina, nous avons soutenu les partenaires burkinabè dans leur choix. Nous avons beaucoup dialogué avec les autorités de la Transition en apportant notre soutien. Nous continuerons à apporter notre soutien au Burkina.

Le Burkina Faso traverse une phase financière très difficile. Que peut faire l’Allemagne pour aider ce pays ?
Nous sommes un partenaire traditionnel du Burkina. Au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, l’Allemagne a décidé de poursuivre ses programmes de soutien et de collaboration économique avec le Burkina. Des chiffres sont impressionnants car durant les trois années à venir, on compte, dans le cadre du processus courant, soutenir le Burkina avec un montant de 55 milliards de F CFA. Pour la décade passée, nous avons soutenu le Burkina avec un montant de 285 milliards de F CFA. C’est un soutien substantiel dans le domaine du développement. Des ONG allemandes ont construit plus de 500 écoles au Burkina. Cela veut dire qu’il y a une grande machine de collaboration qui est en pleine marche. On définit généralement les secteurs d’intervention selon les besoins des populations, et nos programmes sont généralement axés sur l’eau, l’assainissement, l’éducation, la santé et l’agriculture qui constituent le socle de tout développement.

Quelle est la politique d’immigration de l’Allemagne vis-à-vis des Africains ?
Il faut retenir que l’Allemagne a une politique d’asile, une politique humanitaire. Ce n’est pas une politique active qui consiste à transporter des migrants vers l’Allemagne pour le travail. C’est une approche plus morale que politique car on ne veut pas profiter des ressources, de quelque nature que ce soit, d’un pays. Il y a beaucoup de pays africains qui perdent leurs élites, leurs bras valides parce que ceux-ci veulent aller en Occident pour travailler. Notre politique d’asile ne cible pas un pays. On espère qu’avec le Fonds de la Valette (Malte) injecté en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique, on pourra ouvrir des perspectives dans beaucoup de pays africains, afin de permettre aux jeunes de trouver du travail chez eux.

Quel jugement portez-vous sur la politique du Burkina post-Transition ?
Je suis au Burkina comme un simple citoyen. Mais, ce n’est pas à moi de porter un jugement sur la politique post-Transition comme cela se fait généralement dans les médias. Ce qui est bien, c’est que le renouveau politique du Burkina est à saluer. C’est très encourageant de vivre la démocratie en marche au Burkina. Nous souhaitons que ce renouveau démocratique puisse réussir. Nous souhaitons que le gouvernement, les députés et les maires qui seront élus au soir des municipales du 22 mai, puissent prendre à cœur les problèmes des populations, surtout les jeunes. Nous continuerons à les accompagner tant que besoin y sera. Le Burkina a des hommes politiques bien expérimentés, qui savent ce qu’ils font. Ils savent aussi généralement comment trouver des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés.

Quelles sont les conclusions que vous pouvez tirer de la récente tournée des ministres des Affaires étrangères allemand et français dans le Sahel ?
C’est un signal fort qui témoigne une fois de plus que l’Allemagne est là pour assumer ses responsabilités, surtout dans le Sahel. En Allemagne, nous nous sommes dit que la sécurité du Sahel est aussi notre sécurité. Alors combattre le terrorisme et stabiliser les partenaires dans le Sahel y va de notre intérêt également. Cette tournée montre aussi que le tandem germano-français est en marche. C’est une approche qui permet de renforcer les liens de fraternité et de coopération entre ces deux pays.

Propos recueillis par Mamouda TANKOANO

Lepays.fr – 09 Juin 2016