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DR Cheik Modibo Diarra, PM, : «Je ne démissionnerai pas, mon équipe est là compétente»

La célébration des 100 jours du gouvernement de la transition a été marquée vendredi par un débat télévisé sur les antennes de l’ORTM et de l’Africable. Au cours de ces débats, Cheick Modibo Diarra, le Premier ministre du gouvernement de la transition a, sans ambages, indiqué qu’il ne « démissionnerai pas ». Selon le PM, il n’y a jamais eu au Mali un gouvernement plus compétent que son équipe gouvernementale.

Nommé à la tête du gouvernement de la transition le 24 avril, deux missions ont été confiées à Dr. Cheick Modibo Diarra et son équipe, à savoir la récupération du Nord et l’organisation des élections libres et transparentes.

Au cours du débat télévisé animé par quatre journalistes en l’occurrence Youssouf Touré de l’ORTM, Sékou Tangara de l’Africable, Madiba Kéita de L’Essor et Dramane Aliou Koné de l’Assep, Dr. Cheick Modibo Diarra a fait un bilan élogieux de ses 100 jours d’activités à la tête du gouvernemental de la transition.

Sur la reconquête du Nord, Cheick Modibo Diarra a dit que la situation est complexe dans la mesure où les partenaires qui devraient accompagner notre pays sont gênés par le fait que certains des occupants du Nord sont des maliens. « Il va falloir que nous nous préparions pour la guerre qui est inévitable. Avant de faire cette guerre, il va falloir que notre armée occupe une place centrale« . Il a ajouté qu’il est important qu’on négocie. A en croire Cheick Modibo Diarra, ce n’est pas en trois mois qu’on peut libérer le Nord.

A ses dires, la récupération du Nord à commence au moment où on a commencé à équiper l’armé, au moment où on a commencé à réfléchir à libérer le Nord, au moment où on a commencé à souder la chaîne de commandement. »Ce n’est pas le bruit du premier coup de feu qui déclenche la libération du Nord« , a-t-il ajouté. A quand la libération du Nord ? Il dira que le gouvernement est en train de travailler pour libérer le Nord le plus rapidement possible.

« Je resterai debout »

« Le gouvernement n’a aucun intérêt à retarder cette guerre. Je demande aux jeunes qui sont impatients d’aller au Nord d’intégrer l’armée« , a-t-il préconisé.

Le PM a fait savoir que notre armée est pour le moment impuissante à déloger les mouvements islamistes au Nord. « Ces terroristes se sont installés progressivement au Mali depuis plus de 10 ans. Même si on a tous les moyens, cela va nous prend des années pour pouvoir chasser ces islamistes du désert. Regardez le cas d’Afghanistan où la plus grande puissance du monde, les Etats-unis sont en train de se battre avec tout le soutien de l’Europe depuis 10 ans ».

Concernant la force de la Cédéao, Dr. Cheick Modibo Diarra a noté qu’au départ, la Cédéao voulait envoyer des militaires pour sécuriser seulement les institutions, ce qui n’était pas ni de son avis ni de l’avis du président Diouncounda Traoré. A l’entendre, quand la Cédéao a décidé d’envoyer des hommes pour restructurer notre armée et sécuriser les institutions, il l’a demandé d’amener un chronogramme précis.

Sur sa démission et la formation d’un gouvernement d’union nationale, Cheick Modibo Diarra a dit : « Je ne démissionnerai pas pour la simple raison que même si je veux, je ne peux pas démissionner. L’accord-cadre dit que le président de la République ne doit pas prendre ma démission. Si je démissionne qui va prendre ma démission ?

La deuxième chose, je suis un enfant de ce pays. Quand ce pays me confie une mission, je vais rester debout, je ne vais jamais démissionner« . A l’en croire, il n’y a jamais eu au Mali un gouvernement plus compétent que son équipe gouvernementale, car selon lui, cette équipe parvient de s’en sortir sans l’aide extérieur.

A propos de l’ultimatum de la Cédéao, il dira que nous avons un président et nous sommes un pays souverain. « Le président dit qu’il va faire des consultations. Quand il finira avec cette consultation, je formerai le gouvernement« . La date butoir de la Cédéao n’est qu’une date indicative, a-t-il indiqué. A ses dires, le nouveau gouvernement aura à la charge la mise en œuvre de sa feuille de route.

Se prononçant sur l’agression du président de la République et des journalistes, il a dit que des enquêtes sont en cours. « Je ne pardonne pas et je ne tolère la moindre insécurité ». Le PM a fait savoir que deux personnes arrêtées ont reconnu d’avoir porté la main sur le président de la République et deux militaires suspects sont en fuite. Il a promis qu’il instruira à son ministre de la Sécurité intérieur de poster certains éléments devant les rédactions pendant les heures de travail pour assurer la sécurité des journalistes.

Sidiki Doumbia

Les Echos du 30 JUILLET 2012