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Conscient de son enjeu politique et de développement d’une nation, l’école malienne à travers son enseignement supérieur n’a pas été occultée par le Premier ministre Moussa Mara dans sa Déclaration de politique générale (DPG) livrée à la nation en langue Bamanan. C’était dimanche soir.

La Déclaration de politique générale, à travers le Programme d’actions du gouvernement (PAG), se propose de prendre en charge les priorités du président de la République, à travers le renforcement des institutions et l’approfondissement de la démocratie, la restauration de l’intégrité du territoire et la sécurisation des biens et des personnes, la réconciliation des Maliens, le redressement de l’école, la construction d’une économie émergente et la mise en œuvre d’une politique active de développement social.

S’agissant de l’école, le Premier ministre a indiqué que l’action du gouvernement sera placée dans le cadre d’une vision globale. Il s’agit de voir l’école malienne recouvrer le plus rapidement possible les deux vocations essentielles d’un bon système éducatif : construire un bon citoyen et lui procurer une formation qui puisse lui permettre d’avoir un emploi. Cette vision se décline en trois phases d’action : « stabiliser le malade« , « le redresser et le renforcer » et « le transformer en athlète« .

La première phase est celle dite d’urgence, à mettre en œuvre sur une période de trois ans. La seconde, intérimaire pour engager les réformes, dans le cadre d’un programme décennal et une troisième phase de moyen terme, pour remettre le dispositif du système dans un cadre approprié avec des fondamentaux solides pour le futur. Ceci constitue les grandes lignes.

Un peu en profondeur, il s’agit pour le gouvernement de réorienter l’éducation vers les filières scientifiques et faire inverser la tendance des produits formés par le système (80 % de littéraire contre seulement 20 % de scientifique). Avec ce ratio, le ministre indique qu’aucun pays ne peut se développer.

Dans le supérieur, l’objectif du gouvernement est de doter chaque étudiant d’ordinateur portable. A noter qu’il y a à peu près 100 000 étudiants dans les universités du Mali. Un défi colossal dans l’optique de faire des nouvelles technologies un outil incontournable dans l’enseignement supérieur. La DPG prévoit de créer des pôles universitaires régionaux dont une université agronomique.

Après la phase d’urgence, les orientations seront appuyées dans le plan décennal avec le soutien des partenaires de l’école. Ces 10 ans vont déboucher sur un système d’éducation bien organisé, dont les orientations de formation seront adaptées aux forces et réalités du Mali, sur la production, l’agriculture et l’agro-industrie.

Si l’on ne se trompe pas, ce sera dans à peu près 13 ans, selon les prévisions de la DPG de Moussa Mara que le Mali pourra dire qu’il dispose d’un système éducatif émergent et performant fier de son université et de ses produits finis. Pendant ce temps, des milliers de jeunes déjà sur le marché et ceux qui vont venir dans les cinq ans ont leur avenir hypothéqués.

Afin d’accompagner ces reformes, l’Etat s’engage à affecter environ 40 % des ressources publiques à l’éducation. Un taux revu à la hausse !

Aminata Traoré

08 Mai 2014