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Doumazana petit-paris n’offre plus ce havre de paix qu’il était d’antan. Le milieu périurbain Bamakois connaît une démographie galopante et une précarité avérée comme tous. Cette situation impute sur beaucoup de domaines comme la sécurité.

Les crimes sont presque quotidiens dans ce quartier. Dans le compte de ces bandits qui y opèrent à coup de kalachnikove : la mort d’un chef de famille dans sa chambre pour prendre sa moto et aussi trois familles cambriolées en série. Le plus inquiétant, c’est que les agents de sécurité appelés au secours des victimes au moment des faits se retranchent dans leur commissariat. Des prétextes ?

En tout cas, ce qui est une certitude, c’est l’angoisse que ces évènements tumultueux provoquent dans ce gros quartier de la commune I. La milice d’autodéfense qui a décidé de prendre la sécurité en main, avec l’autorisation du chef de village, des commissariats de la commune et de la mairie de la commune I du district depuis peu règne en maître une fois la nuit tombée. Ils ont commis « une gaffe » meurtrière qui a provoqué un tollé général dans la capitale et ses environs. En ôtant la vie à trois innocents citoyens à la place de leur cible susmentionnée.

L’avis de certains bamakois sur les troupes d’autodéfense dans certains quartiers :

ibrahim-keita.gifIbrahim Keïta, étudiant en informatique

« L’Etat devrait organiser les campagnes d’information sur les médias publics et privés contre ces milices citoyennes. Que les peines d’emprisonnement soient plus lourdes contre ceux qui se livrent à l’assassinat des personnes « coupable . C’est gravissime de savoir que les forces de police patrouillent et rackettent plutôt que de veiller à la sécurité des personnes et des biens, surtout dans les quartiers comme Doumazana. Nous avons pris l’habitude de tout cautionner sans rien dire, ce qui parait anormal »

Abdoulaye Keïta, ingénieur de Bâtiment

« C’est un sujet assez complexe. Il engage trois catégories de personnes, l’Etat, les milices bénévoles et les Bandits. Ce qui se dégage est que l’Etat (représenté par la police) s’avoue presque impuissant face à cette situation. Et ce qui est gênant dans ce contexte, c’est que ces crimes sont commis sans aucune impunité. L’Etat dans son rôle régalien, devrait prendre des dispositions allant dans la sécurisation des personnes et des biens. Il s’avère qu’il semble être impuissant face à cette insécurité ambiante. Il s’insurge par ailleurs contre les méthodes mises en place par des jeunes, qui s’organisent en groupe afin de sécuriser la population. C’est paradoxal. Que le gouvernement prenne des mesures fortes sinon la population s’improvisera policier ! »

tenin-keita.gifTénin Keïta, stagiaire en comptabilité

« A Sébénikoro, les voleurs sont immédiatement brûlés. On ne peut pas comparer Doumazana à notre quartier mais j’ai peur que Bamako ne devienne un vrai far-west. Je propose une vraie sensibilisation à ce sujet. La justice fait déjà bien sont travail lors des enquêtes. La population n’a aucune compétence pour se rendre justice soi-même.»

Aboubacar Moro, repasseur

« C’est inadmissible. Aujourd’hui, c’est Doumazana. Demain ( Que Dieu nous en garde) se sera tous les quartiers de Bamako qui seront empestés de bandits-malfrats sans vergogne. Dans cette histoire des 3 bouchers, leur mère aurait succombé après avoir entendu cette triste nouvelle. Par ailleurs, le nord se plaint des rebelles, nous nous plaignons de l’insécurité à cause du manque de professionnalisme de certains policiers. S’il faut se rendre justice sois-même. L’anarchie règnera dans cette capitale. Notre sécurité ne tient qu’à un fil désormais ».

founecamara.gifFounè Camara, ménagère

« Heureusement que les autorités du 6ème arrondissement sont sorties de leur mutisme. Ils ont interpellé des présumés coupables dans l’affaire des bouchers assassinés. C’est quand même un pas en avant pour rétablir la vérité concernant cette affaire. Les bavures populaires sont irréparables, ce qu’on peut éviter c’est de commettre de nouveaux lynchages publics .

Alhassane Albaldé, professeur

« Ces phénomènes sociaux que nous pourrons classée dans la catégorie des fléaux sociaux peuvent s’interpréter sous plusieurs angles. Inscrits dans les problématiques de société, la question que nous devons nous poser est de comprendre l’origine de ces bavures sociales, les causes sous-jacentes et l’impact en termes de mauvaise pratiques ».

M.T réalisé par Aisata Keita

Bamako, le 09 Novembre 2018

©AFRIBONE