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A deux semaines de la fête de l’Aïd El Kebir au Mali, en dépit de leur situation de précarité économique, les pères de familles font pieds et mains pour se procurer l’indispensable mouton avant le jour de la fête. Et pourtant, les prix des moutons ont grimpé dans les marchés de la capitale que notre équipe de reportage a sillonnée. Le constat est le même partout (Kati, Sotuba, Kalaban, Lafiabougou Koda, Hipodromme…). Malgré l’abondance des moutons dans les parcs animaliers, leurs prix font grincer les dents des clients. En effet, la valeur des béliers a grimpé à des niveaux de plus en plus inaccessibles pour les petites bourses. Et pour ne rien arranger aux choses, cette fête tombe juste après la rentrée des classes. De nombreux maliens rencontrés sur les marchés à bétail ou en ville jugent que les prix sont assez élevés et accusent les vendeurs de moutons d’être de mauvaise foi. Ces derniers boutent en touche et expliquent la cherté des moutons par l’arrivée des étrangers (sénégalais, ivoiriens…) sur le marché et les conditions difficiles d’acheminement des moutons sur la capitale.

L’Aïd El Kebir, appelé en Afrique de l’ouest Tabaski ou « fête du mouton » est une fête du calendrier musulman au cours de laquelle le fidèle musulman qui en a les moyens offre un mouton en guise de sacrifice. Dans les grands marchés de bétail de Bamako, les moutons se comptent par centaines de têtes mais ces importants effectifs ne contribuent pas à fléchir les prix pour permettre aux fidèles musulmans confrontés à des dépenses monstrueuses de s’acquitter du sacrifice d’Abraham.

En effet, cette fête de tabaski intervient alors que les maliens vivent encore dans leur chair les affres des conséquences des crises qui ont durement frappé le pays , auxquelles viennent s’ajouter les séquelles économiques des préparatifs notamment de la fête du ramadan et de la rentrée scolaire, toutes choses qui occasionnent des dépenses ostentatoires, à un moment où le pays connait une flambée des prix exagérée des produits de première nécessité. Et le prix du mouton pourrait monter au fur et à mesure que l’Aïd El Kebir approche, surtout que le cheptel malien est orienté en partie en cette période de pré Tabaski vers les marchés ivoiriens et sénégalais.

En prenant en compte le salaire moyen d’un malien et la cherté de la vie, s’offrir ne serait-ce qu’un agneau est devenu plus que jamais un luxe et les maliens ne manquent pas de le signaler. D’aucuns sont unanimes à dirent que cette fête sera un véritable calvaire au cas où les prix affichés restent en l’état actuel. Les ménages vont être saignés à blanc, une fois de plus, et vont devoir faire les frais de ces mirobolants prix du mouton au risque de déroger à cette tradition religieuse. Et beaucoup de maliens sont encore indécis. Ils ne savent pas s’il faut attendre les derniers jours avant la fête religieuse pour acheter leurs moutons, espérant que les prix baissent un peu, ou bien se risquer à acheter aux prix actuels, de peur que la flambée s’accentue.

Madiassa Kaba Diakité

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Parc de mouton de Kabala: La surenchère perceptible

En prélude à la fête des moutons, les maliens se préparent activement afin d’acquérir le fameux sésame. A seulement deux semaines de la fête de l’Aïd El Kébir, l’affluence n’est toujours pas au rendez-vous au parc des moutons de Kalaban Coro Kabala.

Dans quelques jours, la communauté musulmane malienne à l’instar de la communauté islamique du monde, célébrera la fête de Tabaski. Une fête réputée dépensière à cause des moutons qu’on doit sacrifier. Les préparatifs vont bon train dans le cercle de Kati et dans la capitale des trois caïmans nonobstant la cherté de la vie, corollaire de la grave crise qui a secoué le pays tout récemment. Si certains clients déplorent le prix excessif des moutons qui ne sont pas à la portée du citoyen lambda, certains marchands se défendent bien et trouvent les prix abordables par rapport à l’année dernière.

Au parc des moutons de Kabala, les prix oscillent entre 50 000 FCFA et 400 000 FCFA, souligne le vendeur Karim Keita. « Nous nous approvisionnons à Bankass, Koro et Konobougou, des localités éloignées de la capitale avec les tracasseries de nos douaniers à chaque poste de contrôle », a-t-il fait savoir. La population trouve la situation très difficile vu le prix exorbitant des moutons.

Certains clients disent qu’il sera difficile de se procurer le mouton dans cette situation car acheter un petit mouton à 50 000 FCFA voire plus est inexplicable. Alou Konta et Daouda Koné désapprouvent cet état de fait et affirment que certains vendeurs de moutons risquent de faire la surenchère à l’approche de la fête de Tabaski. La plupart des clients interrogés au moment de notre enquête ont affirmé leur ras-le-bol et pensent qu’il faut impérativement avoir des moyens financiers afin de juguler le problème. Le portefeuille du citoyen lambda n’est pas assez fourni pour acheter les moutons à ces prix exorbitants. A cet effet, le gouvernement d’Oumar Tatam Ly doit prendre des mesures idoines pour changer la donne.

Oumou Koné, stagiaire

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Hausse des prix: Le parc de l’Hippodrome ne fait pas exception

La fête de Tabaski doit se tenir probablement le 15 octobre prochain. Et les fidèles musulmans sont à pied d’œuvre pour se procurer au moins un mouton. Une visite au parc de mouton de l’Hippodrome permet de se rendre compte que le prix est cher. Les chefs de familles, déjà affaiblis par la rentrée scolaire devront faire face au sacrifice du mouton de la fête de Tabaski et d’autres dépenses y afférant.

Ces événements arrivent dans un contexte financier très difficile pour les maliens. Situation qui est due à la crise multidimensionnelle qui a secoué notre pays. Moussa Coulibaly, revendeur de mouton a fait savoir qu’il y’a plus de 10 ans qu’il exerce ce métier. A l’en croire, ses moutons proviennent de Nara, Kati Dralle, Toubacoro, Sirakorola, Fankasso et il revend au parc de mouton de l’Hippodrome. « Depuis le coup d’état jusqu’à maintenant les prix du mouton ne sont pas abordables. On a trop de clients par jour mais ils n’achètent pas. Ils viennent demander les prix et repartir», a-t-il expliqué. Notre interlocuteur a donné les raisons qui font que les prix du mouton sont chers.

En prenant l’exemple sur l’alimentation des moutons. Les aliments bétails sont vendus plus cher cette année que l’année précédente. Autre fois les étrangers venaient s’approvisionner sur le marché avec intermédiaire mais maintenant ce n’est plus le cas. Car ils vont eux-mêmes acheter les moutons au prés des bergers. C’est pourquoi on ne gagne pas beaucoup d’argent, remarque-t-il.

Malgré tout cela il n’y a pas un prix unitaire sur le mouton. Le prix varie entre 50 000 FCFA et 300 000 FCFA. Samba Diallo, policier de son état indique que chaque année, lui et ses collègues achètent des moutons en groupe. « Je dirige ce groupe. J’achète les moutons et revendent à mes collègues », a-t-il conclu.

FANTA TRAORE (stagiaire)

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Parc à bétail de l’Hippodrome: Moutons chers, clientèle rare

Dans deux semaines, la communauté musulmane célébrera la fête de Tabaski. Pour voir la situation des marchés de bétail, nous avons fait un tour au marché de l’Hippodrome en commune II du district de Bamako, sur la route de Koulikoro, le 2 octobre 2013. Un constat s’impose pour l’instant : le marché commence à être approvisionné petit à petit mais le bétail demeure toujours cher et l’affluence des clients est lente.

Cette fête de Tabaski recommande de la viande de mouton sacrifié. Le marché est rempli de milliers de têtes de bétail. Particulièrement des moutons, d’autant plus que la chair de mouton est la plus prisée pour des raisons économiques. Selon Madou Coulibaly, vendeur de mouton depuis 25 ans le prix n’est pas fixe, ça varie entre 40 000 FCFA, 50 000 FCFA, 150 000 FCFA. Mes moutons viennent de Mopti, Nara, Touba, Fatoma. « Si les moutons restent dans notre pays ça serait moins cher mais en acceptant de recevoir les acheteurs des autres pays tels que : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée, qui viennent acheter des moutons dans les villages, il faut s’attendre à la surenchère.

Avant ils, venaient acheter dans les parcs de moutons mais maintenant ce n’est plus le cas », a dit le vendeur Coulibaly. Mais quant à Sounkalo Samaké qui pratique ce métier depuis 30 ans, il estime une grande augmentation des prix « ceux de cette année sont plus chers que ceux de l’année passée », a-t-il dit. Selon lui, cela est dû au coût élevé du transport des moutons. Par exemple, un mouton est transporté de la campagne vers la ville à 2 500 FCFA. « Le prix de mes moutons varie entre 30 000 FCFA, 35 000 FCFA, 40 000 FCFA, 60 000 FCFA, 75 000 FCFA, 100 000 FCFA. Après demain les prix des moutons risquent de monter car au fur et à mesure que la fête s’approche, le prix grimpe.

Mes frères vont acheter des bétails à Kimparana, Niono, Nara. Le prix d’aliments bétails a aussi augmenté surtout le sac de tourteau qui est de 6500 FCFA, les herbes 100kg à 1500 FCFA. Tous ceux-ci font que le prix des moutons devient excessivement cher. Il est à noter également que certains commerçants font la surenchère sachant que les gens ont besoin du mouton lors de la fête d’El Kebir. Tout comme les Hommes les moutons eux aussi recommandent de l’eau potable», a-t-il dit. Malgré l’annulation des taxes par le gouvernement, le prix du mouton reste toujours cher.

Mariam Cheick Diallo (stagiaire)

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Fête de TABASKI: Le parc de Kati « Drale » convoité par les Bamakois

Situé sur la route de Kati en allant vers Kolokani, DRALE est un marché réputé et convoité par les Bamakois. C’est pourquoi en cette veille de la fête des moutons, l’équipe de reportage du Républicain a décidé le samedi dernier d’aller tâter la réalité du terrain.

Comme précédemment annoncé, le marché de Drale est hebdomadaire (tous les samedis) où pas mal de personne quitte Bamako et ses environs pour l’achat des aliments et le bétail. Après avoir fait le tour du parc et demandé les uns et les autres sur leurs avis par rapport aux pris des moutons pratiqués cette année. Le revendeur et le berger Amadou a déclaré que pour cette année, le marché des moutons se fait petit à petit et l’affluence n’est pas au rendez-vous comme les autres années et cela peu traduire le fait qu’il y’a encore quelque jours avant la fête. On remarque que le marché est bien approvisionné de moutons. « En ce qui concerne les prix, chacun a son prix.

Il n’y’a pas un prix unitaire, mes prix varient entre 50 000 FCFA à 200.000 FCFA par tête de mouton », indique le revendeur Amadou. Le client Yacouba Traoré dit être surprit par le prix. Après avoir parcouru plus de 60 km, il a été déçu de constater que les moutons se ventent à des prix vraiment exorbitants. « Il faudra que les bergers diminuent les prix. Depuis le matin, je suis ici pour acheter un mouton à 60 000 FCFA, je n’arrive pas à trouver mon choix » ajoute t-il. Par contre le client Cheick Karamoko Coulibaly n’a pas caché son sentiment de joie. Selon lui, les prix sont abordables par rapport aux prix de Bamako.

Il a fait savoir que dans ce marché, il y’a beaucoup d’intermédiaires entre le berger et les clients et cela complique d’avantage le marché. La troisième personne a souligné que chaque année, lui et ses amis se regroupent en cette période et prennent toutes les dispositions nécessaires y compris les moyens de transports pour venir acheter des moutons au marché de Drale. Un conducteur de triporteur qui s’occupe du transport des moutons achetés, a indiqué que les moutons se transportent par convoie de 15 têtes, en raison de 1000 par tête entre Drale et Bamako et ses environs.

Boubacar Sidiki Traoré, Stagiaire

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L’aïd el-kébir: Les moutons, une denrée intouchable à Bamako

Les préparatifs de la fête vont bon train. L’achat du bélier est la priorité des chefs de famille et le marché de bétail ne désemplit pas. Au parc des moutons de Lafiabougou Koda les clients déambulent, mais peu achètent.

Sékou Diawara, un vendeur de moutons à Lafiabougou Koda « Mes moutons viennent de Nara, le transport est cher et les conditions de voyage laissent à désirer, car nous voyageons à bord des camions avec les animaux chaque tête se paye ; les gros font 5000 et les moyens 2500 FCFA. Les prix varient suivant la valeur, de 75 000 à 225 000 FCFA ». Cela prouve que le mouton est salé, alors tous les familles auront-elles la chance d’égorgé un le jour J ? A défaut de l’animal fétiche de la tabaski, une chèvre fera l’affaire ? Hamidou Diabaté lui emboite le pas « les gros moutons d’origine Tchadiennes sont à 300 000 FCFA et plus, généralement c’est les sénégalais qui les achètent » ajoute-t-il. Bourama Togo parcourt 800 km avec ses bêtes.

« Les prix prennent l’ascenseur cette année car nos voisins viennent s’approvisionner chez nous », témoignage-t-il. Un client à bout de souffle lance « Je suis à mon deuxième marché, mon budget ne me permet pas d’acheter un mouton de mon choix, c’est une fête religieuse tout doit être moins cher ». Il y a un double sacrifice lors de cette fête ; celui d’accomplir le devoir religieux mais aussi de débourser une somme exorbitante pour le sacrifice ‘’d’Abraham’’ sans compter le prix du Bazin.

Assa Sidibé, stagiaire

04 Octobre 2013