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La «patate chaude kidaloise» qui avait précipité la chute d’ATT le 22 mars 2012, avec les «bénédictions» du capitaine-putschiste Amadou Haya Sanogo et de ses acolytes, aujourd’hui en détention, continue de défrayer les chroniques. Et pourtant, au sortir de la crise multidimensionnelle et de la guerre que nous ont imposées les jihadistes et leurs alliés, notamment du Mnla et l’élection démocratique du président de la République, l’on croyait que la rébellion du Nord du Mali allait appartenir au passé. Mais, depuis son arrivée à la Magistrature suprême, IBK ne cesse d’aller des tâtonnements à l’amateurisme.

En effet, dans la résolution de l’équation «Mnla à Kidal», l’attitude du président de la République paraît incompréhensible. A la limite, elle choque les Maliennes et les Maliens qui commencent à douter de sa carrure d’homme d’Etat pour régler cette affaire de Kidal où, faut-il le rappeler, les bandits armés du Mnla règnent en «saigneurs».

Premier constat. Avec l’élection démocratique d’IBK à plus de 77% par les Maliens et l’organisation des législatives qui ont permis à notre pays de se doter d’une Assemblée nationale digne de ce nom, l’on pensait que toutes les conditions sont désormais bien réunies pour que le président de la République exerce pleinement son pouvoir, en toute indépendance et souveraineté. Mais, le constat est amer : alors qu’il doit résoudre les problèmes de la Nation, à l’intérieur du pays, malheureusement, comme au temps d’ATT ou de Dioncounda Traoré (ex-président de la République de République du Mali), on préfère discuter et négocier à l’extérieur du pays.

Second constat. Dès son élection facilitée par les Accords de Ouagadougou et la Communauté internationale, IBK avait deux options pour ramener très rapidement la région de Kidal dans le giron de la République du Mali, Un et Indivisible : la négociation ou le langage des armes. Visiblement, il a opté pour la négociation. «Ma main reste tendue. Mettons la kalachnikov de côté et discutons…», déclarait-il.

Pourquoi ne pas insister que ces rebelles du Mnla viennent à Bamako pour les négociations ? De quoi ont-ils peur, s’ils veulent réellement la paix ? Il faut en tout cas craindre qu’ils ne fassent courir IBK dans tous les pays voisins et de la Cédéao pour le distraire, le temps qu’ils puissent se recomposer et se réarmer. D’ailleurs, ces temps-ci, on parle de leur recomposition à Kidal et à Tombouctou. Attention donc à la dérive !

Dernier constat : le choix du médiateur dans les négociations de l’Etat malien avec les groupes armés du Nord du Mali, notamment du Mnla. D’abord, dans la crise malienne, c’est le président de la République du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui avait été choisi par la Communauté internationale. Puis, contre toute attente, nos plus hautes autorités se sont tournées vers l’Algérie, puis vers le Maroc dont le Souverain venait d’effectuer une visite d’amitié et de travail dans notre pays.

Et ce n’est pas tout. Alors qu’au dernier sommet de Yamoussoukro tenu récemment en Côte d’Ivoire, les Chef d’Etat de la Cédéao ont «sommé» le président Ibrahim Boubacar Kéïta de revenir aux Accords de Ouagadougou, donc au médiateur Blaise Compaoré, voilà que son ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Sidi Ould Mohamed, court encore en Algérie et parle des négociations avec les groupes armés du Nord du Mali. Que veulent en réalité IBK et son gouvernement ?

Sur quel pied voulons-nous en fait danser ? Nos plus hautes autorités ont-elles oublié qu’alors que les pourparlers inclusifs se poursuivaient tout récemment à Bamako, certains rebelles du Mnla et leurs alliés ayant accepté leur désarmement et leur cantonnement, d’autres étaient en «aventure» en Russie, en Italie et même à Paris pour des tapages médiatiques afin que leur fantoche «République de l’Azawad» soit reconnue ? Ces questions méritent d’être posées.

Non, il est temps, grand temps que l’Etat malien cesse de tergiverser, surtout que la Communauté internationale n’attend que sa position claire et nette pour l’aider à trouver une solution au «problème Mnla» qui n’a que trop duré. Même si c’est par la force, car «trop, c’est trop» !

Bruno LOMA

01 Mai 2014