Partager

L’international français, Lassana Diarra, qui a remplacé notre compatriote Mahamadou Diarra « Djila »au Réal Madrid, a également pris son numéro traditionnel, le 6. Ce dernier épisode a fait l’objet d’interprétations diverses aussi bien dans la rue que par voie de presse, à l’extérieur qu’au Mali. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de vous donner la version du capitaine des Aigles du Mali, joint au téléphone.

Il n’y a pas le feu à la maison, les admirateurs et sympathisants de Mahamadou Diarra, sociétaire du prestigieux Real Madrid d’Espagne, peuvent se tranquilliser. L’arrivée du Franco-malien Lassana Diarra et l’attribution à lui du dossard numéro 6 du club, traditionnellement porté par Djila, ne devraient pas constituer pour eux un motif d’inquiétude

. C’est en tout cas ce qui ressort des propos du joueur, qui est indisponible jusqu’à la fin de la saison, à la suite d’une opération du genou. Et c’est la blessure de l’ancien joueur du CSK, qui a poussé les responsables du club Merengue à recruter un récupérateur. Beaucoup de noms, dont celui de l’Ivoirien Didier Zokora, avaient été cités. Le club a finalement porté son choix sur Lassana Diarra après le faux bond de Zokora.

Pour Mahamadou Diarra, le Français qui a le talent et l’engagement nécessaire pour valablement le remplacer dans la récupération. C’est dire que les responsables Merengue ont fait le bon choix. Mais l’ambiguïté demeure dans la décision d’attribuer le dossard numéro 6 à Lassana, quoique floqué « Lass » d’autant que l’international français avait été présenté avec le numéro 30. Si bien que de nombreuses interprétations ont été faites à travers le monde.

«Chaque pays a ses règlements, et en Espagne, les joueurs professionnels sont numérotés de 1 à 25. Et quand on recrute un joueur professionnel au cours de la saison, il prendra forcement le numéro d’un des joueurs blessés indisponibles pour le reste de la saison ou l’un des numéros disponibles libérés par les partants, donc compris entre 1 et 25.

Jamais, il ne pourra prendre les numéros 26, 27, 30 ou autres. Ces numéros supplémentaires sont réservés aux joueurs issus du centre de formation du club en question. C’est ainsi, que vous pourrez voir de nombreux jeunes joueurs avec des numéros 28, 29 ou autres. Par exemple, avec l’indisponibilité de Van Nistelroy, son numéro restant le seul numéro de professionnel libre, la prochaine recrue du Real l’hériterait forcement.

Sinon, c’est difficilement admissible de voir son numéro porté par un autre joueur au cours de la même saison. Seulement, c’est leur règlement, ce n’est pas parce que les dirigeants n’ont pas de respect pour moi, pas parce qu’ils non plus besoin de moi, non plus parce qu’ils veulent me pousser à la sortie. D’ailleurs, si le Real veut se débarrasser de moi, il ne va pas se gêner, car il a déjà libéré beaucoup de joueurs qui étaient meilleurs que moi. S’ils ne m’ont rien dit, c’est que je ne suis pas encore sur le départ. En plus, être libéré n’est pas un problème pour un joueur, mais ne pas savoir où aller, c’est çà le problème.

Si je pars du Real demain, j’aurais un club après demain, j’en suis sûr. Toutefois, je voudrais seulement que mes fans comprennent que ce problème de dossard s’explique seulement par les obligations réglementaires » a dit en substance Mahamadou Diarra. Ce qui voudrait dire qu’il retrouvera son numéro dès la saison prochaine, mais le plus dur pour Djila sera de se battre pour retrouver sa place au regard de la rude concurrence à ce niveau.

« On verra tout çà quand je serai rétabli. Je sais qu’il y a des joueurs de qualité au même poste, mais celui qui a le meilleur rendement fera l’affaire de l’équipe », a confié celui qui est aujourd’hui reconnu comme l’un des meilleurs récupérateurs du monde.

Aujourd’hui, il se tient à distance de toute activité sportive, prenant sa situation avec philosophie. «Cette fois, c’est vraiment dur. Je n’ai jamais fait trois mois d’indisponibilité, depuis que j’ai commencé à jouer au ballon. S’il me faut faire 6 à 9 mois d’indisponibilité, j’avoue honnêtement que c’est très dur. Mais, je le prends avec philosophie d’autant que les blessures ont mis fin à la carrière de beaucoup de joueurs ».

Il se réjouit du soutien de ses camarades qui ne lui a jamais fait défaut. Au cours des moments forts de sa blessure, un fait l’a particulièrement marqué. «Pourtant limogé un jeudi, mon ancien entraîneur, Bern Schuster, a tenu à me rendre visite le vendredi. Çà, je ne l’oublierai jamais, car il n’est pas courant qu’un entraîneur limogé rende visite à son joueur hospitalisé, dès le lendemain de son limogeage», a affirmé le capitaine des Aigles du Mali qui dit avoir également reçu la solidarité de ses coéquipiers de l’équipe nationale.


SD

15 Janvier 2009