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Le gouvernorat du District prépare de nouvelles mesures pour déguerpir les occupants indésirables des voies publiques et modifier les heures de rotation des camions remorques en ville. Les responsables du district de Bamako s’apprêtent à engager la vitesse supérieure dans lutte contre l’occupation anarchique du domaine public et pour l’assainissement de la circulation routière.

Il faut dire que malgré les multiples mesures envisagées jusque là pour la libération du domaine public, notamment du temps de l’ancien maire de Bamako, feu Moussa Badoulaye Traoré, l’occupation anarchique des espaces publics -trottoirs, bas-côtés des rues, etc.- se poursuit. Certaines habitudes que l’on croyait définitivement révolues commencent même à faire leur réapparition. Il s’agit notamment du commerce illicite de carburant aux abords des grandes artères.

L’autre casse-tête auquel la capitale doit faire face est la circulation qui est véritablement devenue aujourd’hui une jungle. Si la multiplication des motos est pointée du doigt pour expliquer la fréquence des accidents, les véhicules ne sont pas sans reproche. Surtout les gros camions. Les images de gros porteurs couchés à la suite d’une chute accidentelle sont assez fréquentes dans nos colonnes pour attester du danger représenté.

De fait, le spectacle des poids lourds circulant tranquillement en ville durant la journée, longtemps critiqué agace de plus en plus. En sus des chutes dont ils sont souvent victimes et des accidents qu’ils provoquent, les gros porteurs gênent énormément la circulation. Autres source de nuisance à la fluidité du trafic : les charretiers.

Le gouvernorat du district de Bamako entend mettre le holà à ces deux infractions : l’occupation anarchique du domaine public et la circulation des gros camions dans la ville en dehors des heures prévues à cet effet.

Ces sujets ont fait l’objet d’une réunion qui a regroupé le 9 août dernier autour du gouverneur du District, Ibrahim Féfé Koné, des agents de la sécurité routière, des commerçants détaillants, des responsables des syndicats de transporteurs et des représentants des services techniques concernés.

Le gouverneur du District a ainsi annoncé à ses interlocuteurs les mesures envisagées dans le cadre de cette nouvelle initiative contre ces infractions. Ces mesures concernent le déguerpissement des occupants des voies publiques (commerçants détaillants, revendeurs, charretiers) et la démolition pure et simple des installations.

Pour les véhicules gros porteurs qui créent les embouteillages pendant les heures de grande affluence et qui barrent les voies au moment des chargements et déchargements, ils ne seront plus autorisés à circuler en ville qu’entre 22h et 6h du matin. Actuellement, ils circulent théoriquement de 20h à 6h du matin.

Ces nouvelles mesures qui auraient dû entrer en vigueur dès cette semaine comme l’avait annoncé le gouverneur Ibrahim Féfé Koné, ne le sont pas encore.

Mardi, à la Direction de la régulation de la circulation et des transports urbains, policiers de la Compagnie de la circulation routière (CCR) et responsables routiers du District étaient en concertation pour voir comment appliquer les nouvelles mesures tout en évitant les dommages collatéraux.

« Pour le moment, on ne peut rien vous dire concrètement sur les nouvelles mesures. Nous sommes en concertation avec les policiers en attentant que le maire du District prenne l’arrêté d’application de la décision du gouverneur« , a indiqué un responsable de la Direction de la régulation de la circulation et des transports urbains approché pour obtenir des précisions sur les mesures envisagées.

Si au niveau de la population bamakoise dans l’ensemble, l’annonce des nouvelles mesures a été favorablement accueillie, du côté des transporteurs (et on s’en doutait), on fait grise mine. Certains transporteurs ne cachent même pas leur mécontentement.

C’est ainsi que le syndicat des transporteurs de gros porteurs estime que sa proposition n’a pas été prise en compte par le gouvernorat lors des négociations.

« Nous pensons que la décision du gouverneur a été très unilatérale. Nous avons proposé l’entrée des camions dans la ville à 21h et la sortie à 6 h du matin. Mais cette proposition n’a pas été prise en compte. Nous l’avons fait en tenant compte du problème de sécurité pour nos collègues qui comme tout le monde le sait ne sont pas à l’abri des attaques et des vols« , fait remarquer un responsable syndical.

Le syndicaliste reconnaît cependant que les gros porteurs font plus que leur part de dégâts en ville. Mais il persiste à penser que les obliger à circuler uniquement la nuit n’est pas non plus la solution miracle aux accidents. « Ce n’est pas de gaieté de coeur que les conducteurs de camion entrent en ville. Ils n’en ont pas envie en réalité rien qu’à cause des tracasseries policières dont ils font l’objet et qui leur coûtent cher. C’est pourquoi nous avons suggéré aux autorités d’aménager des espaces à l’entrée de la ville où les camions pourront faire leur déchargement. Mais personne n’a sérieusement exploré cette alternative. Pourtant nous, nous pensons que la solution passe par là« , assure le responsable syndical.

L’Essor

16 août 2007.