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Dans son discours au 11è forum USA -monde islamique à Doha : IBK plaide pour un Pacte de sécurité internationale et le dialogue des cultures

Arrivé à Doha le dimanche 8 juin après sa participation à la cérémonie d’investiture du nouveau président égyptien, le président IBK a prononcé une allocution très ovationnée à l’ouverture des travaux du 11e Forum USA/Monde islamique dont le Mali était l’invité vedette. Dans ce discours, il était surtout question pour le Chef de l’Etat d’attirer l’attention des participants sur la lutte contre le terrorisme, la promotion d’un islam modéré et surtout le rapprochement entre les peuples.

Organisé par l’Emirat du Qatar et le Brookings Institute en vue de renforcer le dialogue formel entre l’Occident et le monde musulman, le Forum de Doha réunit, chaque année, des dirigeants du monde musulman, leaders politiques, dirigeants du monde des affaires, de la société civile et des médias.

L’objectif est d’échanger sur des thèmes aussi divers que la liberté d’expression, la religion et leur impact sur le changement social et sur l’intolérance raciale, ethnique et religieuse. Le Mali y était l’invité vedette cette année et le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, y a prononcé un discours très ovationné à l’ouverture de la rencontre lundi 9 juin.

Pour lui, le Forum de Doha «constitue aujourd’hui un cadre idéal de dialogue politique et socioculturel, ainsi qu’un précieux instrument de promotion des principes démocratiques, des idéaux de justice, de tolérance, de solidarité, de paix et de sécurité au bénéfice du développement de la confraternité entre nos nations .»

A le croire, la paix et la sécurité internationales sont soumises à rude épreuve. Les événements liés au terrorisme montre qu’aucun pays n’est à l’abri du fléau. IBK a indiqué que c’est dans ce contexte que fleurissent l’intolérance religieuse et la violence qui sont aux antipodes de notre sainte religion. Il a appelé à la création d’une riposte efficace pour barrer la route au terrorisme international.

Les défis à relever

Parmi les défis qu’il faut relever, il a noté la défense de la justice, la paix et la sécurité au bénéfice de nos communautés et de l’humanité. Il a rappelé qu’il faut « évoluer vers un Pacte pour la Sécurité internationale» .

Un instrument qu’il juge nécessaire et même indispensable pour enrayer efficacement le terrorisme. Le Président IBK en a profité aussi pour rappeler à l’assistance la crise sécuritaire qui a ébranlé notre pays et l’a scindé en deux en 2012.

Et ce, suite à une expédition menée par des indépendantistes soutenus par des illuminés sans foi ni loi. Il a insisté sur le fait que ces derniers n’ont aucun rapport avec la religion car ils n’ont fait que commettre des atrocités. Pour lui, il s’agissait d’un » projet purement et simplement criminel, destiné à fédérer les actions malveillantes de bandes organisées, sans foi ni loi « . Ces bandits, a-t-il rappelé, voulaient faire de notre pays un centre névralgique de la criminalité organisée.

Un combat pour un monde plus juste et plus solidaire

Le Président IBK a voulu démontrer à l’assistance que ce qui s’est produit au Mali n’épargne aucun pays. Pour lui, notre pays, bien qu’il soit affaibli par ce fléau mène, de concert avec ses partenaires, « une guerre contre ce projet macabre et arriéré, qui a été imposé à une vieille nation, une nation paisible, millénaire et creuset de civilisations».

Le Mali, a indiqué le Chef de l’Etat, est et demeure une Terre d’Islam. C’est ainsi qu’il a prôné un « Islam respectueux de la dignité humaine, engagé dans la protection du faible et de l’orphelin, déterminé à être solidaire et à porter l’assistance à son voisin» .

Ainsi, il a souligné que dans ce combat que mène le Mali pour « le respect de la dignité, le respect de notre souveraineté et de l’intégrité territoriale, le respect de la forme laïque et républicaine de l’Etat » il a obtenu le soutien actif de toute la communauté internationale. D’où sa mobilisation au chevet de notre pays en janvier 2013.

Le président IBK a précisé que même si le terrorisme a été vaincu avec l’intervention salutaire de la France « l’hydre n’a pas encore rendu l’âme.» .

Il a aussi rappelé les efforts déployés par les nouvelles autorités en vue d’un règlement définitif et global de la crise dans notre septentrion (Etats généraux de la Décentralisation, Assises du nord, libération des rebelles, nomination d’un haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-Maliens). Par ailleurs, le président IBK a rappelé les défis dont la région du sahel de manière générale est confrontée. D’où l’appel lancé en vue de soutenir la Plateforme de Coordination de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel dont le Mali assure la présidence.

Pour IBK, il est aussi nécessaire d’instaurer un dialogue des cultures et des civilisations pour mettre fin au climat de méfiance qui règne entre certaines nations. C’est donc pour un monde plus juste et plus ssolidaire que le Chef de l’Etat a fait ce plaidoyer, rappelant, que « nous devrions éviter léguer aux générations futures un héritage de souffrances qui serait la preuve accablante de notre indifférence, voire de notre incapacité à maitriser et à résoudre les problèmes auxquels nous sommes actuellement confrontés». Il a ainsi lancé à un appel à l’unité et à la solidarité.

Signalons que le Mali, était à l’honneur tout au long de la journée du lundi dernier. C’est ainsi qu’un débat s’est tenu sur un important projet relatif à la «Renaissance culturelle et cultuelle de Tombouctou ».

Parmi ses animateurs, figuraient le ministre des Affaires religieuses, Thierno Hass Diallo, la ministre de la Culture, Ramatoulaye N’Diaye, l’ancienne ministre de la Culture, Aminata Dramane Traoré et plusieurs autres experts de la culture malienne et amis de Tombouctou venus du Mali et des États-Unis.

Massiré DIOP

SOURCE: L’Indépendant du 11 juin 2014.