Partager

inondation1.jpg

L’unique pont qui sert de cordon ombilical entre la capitale et la localité a, en effet, cédé sous la poussée des eaux du marigot « Woyowayanko« . L’inondation n’a, heureusement, pas fait de victime humaine mais a occasionné des dommages considérables.

Le maire de la commune de Dogodouma, Ganglé Traoré, s’est transporté sur place pour mesurer les dégâts et rassurer ses administrés. « Nous sommes consternés par ce qui s’est arrivé. C’est la deuxième fois que cela se passe en cette période de l’année.

L’année dernière, nous avons été frappés par une inondation similaire« , a confié l’édile. Construit en août 1989, l’ouvrage ne répond plus à l’intensité du trafic actuel avec des gros porteurs et autres engins de transports en commun qui dépassent ses capacités de résistance.

Il y a donc urgence à réhabiliter cet ouvrage qui est le seul point de passage pour rallier Bamako. Le maire a déploré à ce propos l’indifférence de la mairie de la Commune IV qui a la responsabilité de la réfection du pont.

L’ouvrage, selon le dernier découpage administratif, relève en effet de cette circonscription. « Puisque c’est nous qui avons besoin de l’ouvrage, nous le réhabiliterons pour permettre à nos populations de rallier la capitale« , a nuancé Ganglé Traoré avant de préciser que « l’État n’a pas investi un centime dans la réalisation de l’ouvrage« . La main d’oeuvre et l’ingénierie ont été assurées par les populations, a t-il ajouté.

C’est peut-être l’absence de cette expertise qui explique aujourd’hui l’état défectueux de l’ouvrage dont les remblais ont été emportés par les eaux. La position du pont ne semble pas idéale. En effet, le site de son implantation correspond à la zone de concentration d’une grande quantité d’eaux de ruissellement dévalant la colline qui surplombe la commune.

une-133.jpgQue s’est-il passé exactement ? « Ce matin, explique Dado Kanouté, l’une des sinistrés, l’eau a envahi nos habitations ». « Lorsque nous sommes sortis, nous avons constaté que le pont était submergé. Nous avons mis nos enfants à l’abri et abandonné nos ustensiles à la merci des flots », explique notre interlocutrice. Comme Dado Kanouté et sa coépouse, Djamoussou Souko, nombreux sont les riverains qui ont assisté impuissant à la perte de leurs biens.

Karba Camara n’a ainsi pu récupérer qu’un battant de porte de son atelier de menuiserie arraché par la furie des eaux. « Je suis déçu. C’est l’économie de plusieurs années de labeur qui est emporté par les flots« , confie-t-il, dépité. Son malheur côtoie celui de Lassina Koné « Djéliba » qui a vu une tonne et demi de ciment se dissoudre dans les eaux comme beurre au soleil.

À notre passage, les jeunes de la commune s’attelaient à colmater les brèches du pont avec l’aide de la mairie qui a acheté du ciment chez … Lassina Koné.

L. DIARRA

21 Août 2008