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Le Mali est-il devenu la Colombie ou Chicago des années 1930 ? Il faut bien le craindre eu égard aux expéditions punitives organisées contre les journalistes, dont les auteurs sont connus mais qui restent impunies. Les élections truquées de ce mois d’avril ont encore fait monter la tension d’un cran.

Des vandales à la solde du mouvement citoyen ont saboté dans les régions les meetings de campagne des candidats du FDR comme si on n’était pas en pleine démocratie. Pire, face à toute velléité de contestation le pouvoir sort les muscles. La répression sauvage qui s’est abattue sur les jeunes manifestants du RPM début avril, place de la liberté, est une des nombreuses manifestations des dérives totalitaires du régime.

Désormais dans ce pays, pour peu qu’on soit en vue, n’importe qui peut se faire rosser copieusement sans autre forme de procès. Des députés aux milices privées genre « jeunes patriotes » de Laurent Gbagbo en passant par des militaires bon teint chacun s’adonne à cœur joie sur de pauvres victimes. Jusqu’à présent le juge de la commune II n’a pas répondu à la plainte de notre collaborateur Chahana Takiou que Hawa Gassama Diaby, dans un accès de delirium tremens, voulait étrangler à Bagadadji. Il n’en sera rien comme de tous les autres dossiers de ce genre.

Après le cas des journalistes serait-ce le tour à présent de certains responsables politiques, notamment ceux du Rassemblement pour le Mali ? Même si on ne peut pas le dire avec certitude, en cette période de tension, aucune précaution n’est inutile. Si les responsables politiques de l’ADP peuvent vaquer tranquillement à leurs affaires parce qu’ayant bu à la sauce ATT, ce n’est pas le cas chez les tisserands et pour cause. Dans cette formation politique après IBK président du parti, c’est le docteur Bokary Tréta qui apparaît nettement au premier plan. Organisateur en chef et coordinateur de toutes les activités du parti, il apparaît comme la cible privilégiée de gens mal intentionnés.

L’homme pourtant est très modeste, il n’aime pas les apparitions politiques publiques ni ne tient de discours haineux sur la place publique. Même son ancien camarade de l’Adema, Dioncounda Traoré, avec qui pourtant, il n’est plus du même bord l’appelle amicalement « monsieur le tout puissant secrétaire général du RPM ». Alors qui peut en vouloir à un homme aussi affable? Par Manitou, par les temps qui courent sait -on jamais ! Même s’il n’aime pas les compagnies musclées, Bokary Tréta est, en tout cas, obligé de porter cette camisole de force qu’est la présence à ses côtés d’une protection rapprochée formée de gros bras capables d’affronter des gladiateurs dans le Colisée. Il y va de sa propre sécurité.

14 mai 2007.