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«  Le bureau mis en place n’est ni légitime, ni légal « .

Après la publication de notre article dans l’Indépendant N°2037 du jeudi 4 septembre intitulé  » CCIM Sikasso : Un bureau de consensus pour enterrer la hache de guerre « , Docteur Bema Ouattara, tête de liste B lors des élections consulaires de la délégation régionale de la CCIM de Sikasso a saisi notre collaborateur Zhao Ahmed Bamba, pour lui livrer sa version des faits à travers une interview que nous vous proposons ci-dessous.

L’Indépendant : Docteur Béma Ouattara vous étiez tête de la liste B, à Sikasso, lors des élections consulaires des Chambres de commerce et d’industrie du Mali, et, après près de deux années de tractations judiciaires, il a été dit que finalement votre tendance et celle de Daouda Konaté sont parvenues à un accord, qui aurait abouti à la mise en place d’un bureau de consensus à la tête de la CCIM de Sikasso ?

Docteur Béma Ouattara : Je vous remercie d’être venu à moi, pour en savoir plus sur la CCIM de Sikasso où rien n’est clair. Je ne suis pas au courant de la mise en place d’un bureau de consensus, je l’ai appris à travers votre journal, c’est pourquoi, j’ai tenu à vous rencontrer afin de vous relater les faits réels concernant la Chambre consulaire de commerce et d’industrie dans la capitale du Kénédougou. Dans cette affaire, il y a beaucoup de non-dits

Toutes les vérités ne sont pas dites. C’est l’occasion pour moi de porter à la connaissance des uns et des autres que ma tendance a remporté les sections industries et services au cours des élections consulaires et la tendance du président sortant (liste A) n’a remporté que la seule section commerce. Mais en parlant de façon objective, chacune des deux tendances s’en est sortie avec 16 élus et, actuellement, le dossier relatif au litige de la section commerce se trouve sur la table des magistrats. Pour le moment, il ne peut y avoir une quelconque mise en place de bureau sans que le verdict de ce contentieux ne tombe.

L’Indép : Dans le bureau qui a été mis en place, le 1er septembre dernier, il y a pourtant les noms de certains de vos partisans qui figurent ?

BO : Ce bureau dont vous êtes en train de faire allusion, n’a aucune légitimité sur le plan administratif, voire juridique. Puisqu’au moment de sa mise en place, il n’y avait aucun représentant de l’Etat tant du côté administratif que juridique. Il y avait, en revanche, la présence d’un huissier de justice qui n’avait pour rôle que de prendre des notes d’une séance de travail et dresser un procès-verbal à la fin.

Cela va de soi, puisque que c’est dans cela que l’huissier aussi gagne son prix de pain. Je n’ai rien à reprocher à l’h uissier Dramane Kokè Sacko qui n’a fait que répondre présent pour la bonne exécution de la mission qui lui a été confiée.

En tout cas, je suis prêt à dire partout que ce bureau n’est pas légal. Mais jusqu’à preuve du contraire, je suis derrière la justice de mon pays, en laquelle je fais confiance. Sinon, dans aucun pays au monde on ne peut mettre un bureau en place tandis qu’il y a un litige qui est pendant. Dans ce cas précis, le dossier relatif à la section commerce (litigieux) se trouve dans les mains des juges et je trouve qu’il n’est pas normal qu’une des tendances se donne le luxe de procéder à la mise en place d’un bureau. Peut-être qu’en la matière, il y a deux poids deux mesures.

Sinon comment comprendre que, sans attendre que le verdict d’un litige ne soit rendu public que certains se mettent au-dessus de la loi, pour élire un bureau d’une institution aussi importante comme la CCIM. Le dossier, je vous le dis est actuellement entre les mains des magistrats et il sera jugé dans les semaines, voire les jours à venir.

L’Indép: Qu’allez-vous faire, après la publication de la liste des membres du nouveau bureau de la délégation régionale de la Chambre consulaire de commerce et d’industrie ?

BO: Pour le moment, je ne peux rien dire à ce propos, d’autant plus que le dossier n’est pas jugé. Je tiens à vous dire que s’il arrivait que la justice donne raison à la tendance de Daouda Konaté, j’irais en personne le féliciter. Mais, si le verdict disait le contraire, je serais heureux de prendre la tête de la délégation régionale de la Chambre consulaire de commerce et d’industrie de Sikasso. Je crois qu’aucune personne ne peut outrepasser un verdict rendu public par la justice de son pays. Un adage de chez nous dit que nul n’est au dessus de la loi et tout le monde est derrière la loi.

Je sais bien que cette affaire de la CCIM Sikasso a duré, mais tant que toutes les vérités ne sont pas dites, on ne peut assister à la mise en place d’un bureau dirigeant. Avant de terminer je tiens à dire, une fois de plus le journal l’Indépendant est un exemple au sein de la presse malienne, voire de la sous-région.
L’Indépendant est un journal où tout le monde a droit à la parole et c’est en donnant la parole à toutes les parties que la vérité est connue de tous.

Zhao Ahmed BAMBA

09 Septembre 2008