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Comme tout système éducatif, celui du Mali a toujours eu des difficultés de fonctionnement, qu’elles soient mécaniques ou autres. Pour résoudre les problèmes qui persistent à l’école depuis des décennies, il est temps de faire recours à la bonne gouvernance, qui est l’art de bien gérer l’institution scolaire et faire en sorte que les études soient menées dans les bonnes conditions, que les enfants puissent préparer leur avenir de la meilleure façon possible et que les agents qui travaillent dans cet espace puissent s’épanouir.

La gouvernance se résume à l’ensemble des modes et stratégies, des objectifs, des techniques que l’on utilise pour diriger un système donné. Que ce soit un système économique, politique, éducatif. Elle peut être bonne ou mauvaise. Mais dans tous les cas, l’avantage de cette gouvernance est l’exploitation des personnes responsables de qualité, la clarté dans les objectifs et l’énergie dans leur réalisation dans le temps imparti.

Le directeur national de l’éducation de base, Souleymane Koné, souligne que « dans une bonne gouvernance, il y a un partage conséquent des responsabilités, une vision commune et claire des objectifs et des stratégies qui prennent en compte toutes les spécificités qui permettent au système éducatif d’être cohérent. Notamment dans notre cas où les spécificités doivent être culturelles et aussi les objectifs politiques doivent être suffisamment intégrés. Lorsque tous ces facteurs sont intégrés, nous avons un ensemble cohérent, qui permet d’évoluer vers des buts bien perçus ».

Comme pour apporter de l’eau à son moulin, son homologue de l’enseignement secondaire ajoute que la gouvernance dans un établissement scolaire se doit d’être bonne. « Le premier rôle doit être confié au directeur ou chef d’établissement, qui à son tour doit avoir une perception claire des droits et devoirs des enseignants et des élèves. Il faut une connaissance approfondie du règlement intérieur, de la morale et de la législation scolaire qui doivent être appliqués pour une gouvernance plus adéquate dans l’espace scolaire », précise Gabriel Dabo.

Aux dires du DNEB, ce sont tous ces actes qui concourent à la gouvernance politique. Les règles de cette forme de gouvernance sont connues mais appliquées très difficilement à l’école. Les chefs d’établissement en général connaissent leur rôle. « Mais il y a ce qu’on appelle le facteur individuel même si les gens connaissent les règles, ils ne les appliquent pas ».

Pour M. Dabo « nous sommes dans une économie dont les ressources sont limitées.Dans ces conditions, il y a lieu d’utiliser de manière très réfléchie et très utile les maigres ressources que nous avons pour pouvoir atteindre nos objectifs. L’enseignement secondaire est financé essentiellement par le budget d’Etat. Chez nous, il n’y a pas de partenaire technique et financier (PTF). Mais nous saluons l’effort de la Bad qui nous a permis de réfléchir à une redéfinition de nos services et à la rédaction de certains de nos nouveaux programmes ».

Selon lui, il faut responsabiliser le proviseur, lui permettre de procéder à l’application des textes réglementaires qui régissent la vie de son établissement. Ce qui fera dire à M. Koné qu’il faut d’abord avoir une idée claire des orientations du système éducatif par rapport aux orientations politiques du pays, c’est-à-dire une école vraiment adaptée aux orientations politiques du pays .

Pour la formation initiale ou continue des enseignants au niveau interne et externe, le DNEB avoue qu’il y a plusieurs sortes de formations dispensées essentiellement au sein des instituts de formation des maîtres (IFM) et dans des écoles de formation préscolaire.

Au niveau de l’enseignement secondaire, les professeurs sont formés à l’Ecole normale supérieure (EN Sup) de Bamako. A l’externe, ils sont recrutés à partir de la maîtrise. Il y a aussi des titulaires du diplôme d’études approfondies (DEA) qui, depuis quelque temps, servent dans l’enseignement secondaire général.


Les enseignants sont de deux types : les fonctionnaires et les contractuels

La deuxième catégorie des contractuels sont de non-enseignants, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas suivi de formation initiale. Ils sont recrutés parmi les diplômés titulaires du certificat d’aptitude professionnelle (Cap), du brevet de technicien (BT) ou du baccalauréat. Et ils sont utilisés aussi dans nos écoles.

Une troisième forme de contractuels est celle qui prévaut chez les maîtres des écoles communautaires qui sont recrutés par les communautés villageoises sur la base de contrat entre les villages ou la communauté et l’enseignant. Ce type de maître est subventionné par l’Etat. Mais le contrat le lie à la communauté.

Aujourd’hui de moins en moins, il y a dans l’enseignement secondaire général des vacataires et de plus en plus on les rencontre surtout à l’Université. Le niveau de prestation de ces enseignants est acceptable dans l’ensemble.

Nos interlocuteurs ont conclu que la rentrée scolaire 2008-2009 va se passer de façon ordinaire sans accroc majeur tout en espérant également qu’ils passeront une bonne année scolaire parce que les deux ministères chargés de l’Education sont en train de travailler inlassablement, étroitement avec l’appui du gouvernement et les partenaires pour qu’on puisse ramener la paix dans les écoles et aussi pour que l’on puisse améliorer les conditions d’enseignement apprentissage et au niveau de tous les établissements.

Assitan Haïdara

16 Octobre 2008