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Arrivé au pouvoir presque par hasard en mars à la faveur de l’effondrement du régime de son prédécesseur lâché par tous, le président centrafricain Michel Djotodia, qui apparaît désormais bien seul à son tour, cultive une image d’homme énigmatique et parfois paradoxal.
En position de quasi-accusé dans la communauté internationale pour avoir conduit en quelques mois son pays au bord du gouffre avec des tueries intercommunautaires, des déplacements massifs de population et une crise humanitaire sans précédent, Michel Am-Nondroko Djotodia, né en 1949 – on ignore sa date de naissance exacte – est convoqué jeudi par ses pairs d’Afrique centrale à un sommet extraordinaire consacré la crise centrafricaine. Tout aussi rapidement, il a perdu tout crédit international face à son incapacité à assumer les charges de sa fonction et à « tenir » ses troupes issues d’une coalition hétéroclite de groupes armés, la Séléka (Alliance en langue nationale sango). Ceci malgré des appels répétés à la « réconciliation » devenus inaudibles pour ses compatriotes. De retour au pays, entre 2011 et 2012, il réussit à rallier ses anciens partisans et fonde la Séléka en juin 2012, avant de se lancer dans une marche rapide et irrésistible vers Bangui, qui tombe le 24 mars 2013. Depuis, déboires et désillusions ne font que s’accumuler pour Michel Djotodia. AFP.