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S’il y a des traits du parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) qui retiennent l’attention, c’est bien entendu ses engagements aux côtés du Président de la République pendant près de quatre ans. Des randonnées rurales pour vulgariser la loi agricole aux chaudes heures de la défense de l’Accord d’Alger, le Parena aura été à l’avant garde de nombreuses initiatives qui n’ont certainement pas manqué de flatter Koulouba. Mais cette idylle semble avoir pris un sérieux coup de froid depuis quelques mois. C’est dans ce contexte que s’ouvre le 2e congrès extraordinaire du parti, événement beaucoup plus introspectif qu’il n’y paraît.

Dans une brève interview, le secrétaire à la Communication du Parena, Djiguiba Kéïta dit PPR, nous a livré ses opinions sur les enjeux de ce congrès. Le Parena finira-t-il par rejoindre la plate-forme d’alliance pour soutenir ATT ? Sera-t-il amené à s’allier au Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéïta ? Tiébilé Dramé, le président du Parena, sera t-il candidat à l’élection présidentielle de 2007 ? Telles ont été autant de questions que le secrétaire à la communication du parti du bélier blanc a voulu aborder, sans détour, tout en précisant ce qui est attendu du congrès en la matière.


Le Républicain : Aujourd’hui s’ouvre le 2e Congrès extraordinaire de votre parti. Sous quel signe placez-vous ces assises ?

Djiguiba Kéïta : Je placerais ce congrès sous le signe du renforcement des partis, sous le signe de la lutte contre l’affaiblissement, de la marginalisation et la mise à l’écart des partis politiques dans la gestion des affaires de l’Etat.

Le Républicain : Les élections à venir domineront sans doute les débats au cours de ce congrès. Que prévoit le Parena par rapport à ces échéances ?

Djiguiba Kéïta : Le Congrès va aborder toutes ces questions-là. Le Parena est un parti très démocratique, les débats sont ouverts, les opinions sont diverses… Mais rassurez-vous, il en sortira une décision fondamentale qui va être la position du congrès et qui va être la décision que nous allons défendre.

Le Républicain :Quel est votre point de vue sur la situation politique en ce moment, notamment la signature d’une plate-forme pour soutenir éventuellement la candidature du Président Amadou Toumani Touré ?

Djiguiba Kéïta : Nous avons suivi ce travail fait par quelques partis politiques pour soutenir un candidat qui n’en est pas encore un, et dont l’engagement à leurs côtés n’est pas certain. Sur ce dossier, le Parena, dans un premier temps, avait participé aux travaux préliminaires.

Mais comme on a vu qu’on avait été mis à l’écart et qu’il avait été mis en exergue l’Adéma et l’URD et après coup on a couru à nous pour nous demander d’en parler, nous avons accepté. Mais, il y a quelque moment, on avait parlé de quelques préalables avec certains partis politiques qui semblent avoir mis cela sous le boisseau. Nous avons donc dit non. L’homme que nous voulons soutenir, il faut qu’on soit sûr d’abord qu’il est candidat, premièrement.

Deuxièmement, quel engagement il prend vis-à-vis des partis qui vont signer (la plate-forme) ? Mais le Parena n’est pas de la qualité de ces partis qui vont soutenir quelqu’un les pieds et mains liés sans un engagement de cet autre partenaire. Grosso modo, c’est ce qui s’est passé et nous avons dit qu’étant un parti qui respecte sa base,… à une semaine du congrès, le parti ne pouvait pas aller prendre un engagement quinquennal.

Donc nous sommes un parti qui respecte sa base, nous avons convoqué un congrès pour parler de ses sujets. Et c’est seulement après que la position qui doit être la nôtre sera connue.

Le Républicain :Vous avez rencontré, il y a deux jours, la direction du RPM au moment où des voix annoncent une éventuelle alliance entre vos deux partis. Avez-vous abordé ce sujet ?

Djiguiba Kéïta :Ce sujet, nous ne l’avons pas abordé frontalement. Parce que nous avons dit à nos amis du RPM que nous nous félicitons de l’occasion. Malgré le programme chargé du président du RPM, président également de l’Assemblée nationale, il a conduit une forte délégation de 12 membres qui est venue rencontrer une délégation de 16 membres du Parena. Nous avons abordé ce sujet-là. Le RPM nous a parlé de ses inquiétudes pour les élections à venir, de sa mise à l’écart de la CENI, contrairement au bon sens. Choses que nous avons partagées, parce que le président du Parena a dit effectivement que ce n’est pas normal que le RPM soit mis à l’écart dans la mise en place de la CENI tout comme dans la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale. Les sujets fondamentaux, nous les aborderons avec le RPM après notre congrès. Une éventuelle alliance avec le RPM, je l’ai dit il y a plus d’un mois, pourquoi pas. Si l’intérêt du Parena qui a toujours été confondu à l’intérêt du peuple malien commande que nous soyons en alliance avec le RPM sans une hésitation quelconque, le Parena le fera.

Le Républicain : Le Parena donc va participer à toutes les échéances électorales en 2007 ?

Djiguiba Kéïta :Le congrès va trancher la question. Mais mon point de vue personnel est que je n’imagine pas les élections présidentielles de 2007 sans la candidature de notre président Tiébilé Dramé. En tout cas, je souhaite et j’espère que Tiébilé Dramé soit candidat à l’élection présidentielle d’avril 2007.

Propos recueillis par Soumaïla T. Diarra

15 décembre 2006.