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La cour du Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni-Para s’est vidée de tous ses habitants. Les combats entre bérets rouges et bérets verts sont passés par là.

Situé à proximité de l’Institut Marchoux de Bamako, le Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni est très connu des Bamakois.

Mercredi 2 mai 2012, le camp du Régiment des commandos parachutistes donnait l’image d’une cour fantôme. Les usagers de la principale artère qui passe devant ainsi que de nombreux curieux venus de loin satisfaire leur soif d’info. Et pour cause, le camp avait été victime des assauts des militaires de Kati.

La prise du camp des parachutistes commandos de Djicoroni s’est déroulée dans la nuit de mardi 1er mai à mercredi 2 mai. Selon des témoignages recueillis auprès de personnes qui habitent à proximité, « c’est la peur au ventre que nous les habitants qui sommes à proximité du camp, sommes restés terrés chez nous. Ceux qui avaient des parents qui n’avaient pas regagné le domicile étaient informés par téléphone portable de ce qui se passait et priés de rester en ville en attendant que les hostilités cessent », explique H. T., un habitant proche du camp.

Pillage

O. D., un autre habitant du quartier, côté est, ajoute : « On entendait des bruits sourds et des rafales de tirs. Certains habitants ont ramassé des douilles dans leurs cours. D’autres m’ont dit qu’ils avaient entendu le bruit des ricochets de balles sur leur mur. J’ai personnellement un voisin dont le mur de clôture porte un impact de balle ».

Y a-t-il de morts parmi la population civile qui vit à l’extérieur du camp ? « Aucune idée », répondent la plupart des personnes rencontrées, mais qui pensent qu’à l’intérieur du camp, il aurait pu y avoir de victimes civiles vu l’intensité de l’attaque et le fait que le camp abrite des familles de soldats parachutistes.

En plus des bâtiments administratifs, de magasins, la cour du Régiment abrite les familles de parachutistes. Toutes ces familles ont dû fuir mardi, laissant parfois derrière elles de biens meubles et autres matériels de confort (télévision, matériel informatique ou électronique, etc.) qui ont été pillés, selon certaines personnes qui seraient probablement des locataires du camp avant les événements de mardi.

Mercredi 2 mai, les portes d’accès du camp étaient sous surveillance renforcée. Des vigiles en civil montaient la garde et ne laissaient personne entrer à moins que… Les personnes qui y pénétraient affirmaient aller récupérer leurs biens qu’elles avaient laissés. Mais aux environs de midi, les vigiles avaient décidé de ne plus laisser personne passer au motif que de personnes malintentionnées pouvaient profiter de leur mansuétude pour s’introduire illégalement chez leurs voisins.

Denis Koné


Oumar Mariko en médiateur entre bérets verts et bérets rouges

Certains des commandos parachutistes désapprouvent le comportement des militaires de Kati. C’est ce que rapporte Oumar Mariko, secrétaire général du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance, un parti membre du Mouvement populaire du 22-Mars (MP-22) pro CNRDRE. Aux dires d’Oumar Mariko, des bérets rouges l’ont approché pour lui demander qu’il soit médiateur entre eux et les bérets verts de Kati afin que les hostilités cessent entre ces deux entités de l’armée. Selon Mariko, ces bérets rouges déplorent que « tous au camp para de Djicoroni aient été frappés par le même bâton ». « Ceux qui sont allés à Kati sont une minorité », a précisé le SG de Sadi.

Denis Koné

Les Échos du 03 Mai 2012