Partager

État de la nation, processus électoral, reforme de la constitution, blocage dans la mise en place de la CENI et candidature éventuelle de la FCD, ce sont-là autant de questions que Djibril Tangara président du parti Force Citoyenne démocratique aborde sans détours dans cette interview. Lisez !

Le Républicain : Quelle analyse faites-vous de l’état de la nation ?

Djibril Tangara : Aujourd’hui, nous apprécions l’état de la nation à tous points de vue, notamment sur le plan du fonctionnement des institutions et des réalisations. A la FCD nous pensons que la vision du Président ATT traduit en mission en 2002 avec le regroupement ACC a donné un visage nouveau au Mali. De 2007 à aujourd’hui, le Programme de développement économique et social est en train d’être appliqué à notre convenance par le Gouvernement, avec notre soutien et celui de l’ADP. Au-delà de quelques difficultés telles que l’école et la gouvernance, nous estimons que le Président Amadou Toumani Touré a comblé les espoirs que tous les Maliens attendaient de lui en 2007. Même sur le plan strictement politique, l’opposition parlementaire et non parlementaire joue son rôle de complémentarité avec la majorité parlementaire et non parlementaire. Cela est un avantage certain pour notre jeune démocratie.

Le Rép : Des difficultés sont enregistrées dans l’élaboration d’un fichier électoral. Quelles appréciations ?

D.Tangara : L’organisation des élections a commencé depuis longtemps. L’Etat a mis en place un cadre de concertation entre l’adinismtration et les partis politiques. La classe politique a accepté d’être membre de la Commission de réflexion sur le fichier électoral. Elle occupe convenablement sa place dans la Commission mise en place pour la relecture du Code électoral. A la date d’aujourd’hui, la Commission de réflexion sur le ficher électoral a déposé son rapport judicieusement exploité par le Ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales pour aboutir à un ficher électoral consensuel. Il faut préciser que mon parti s’était déclaré favorable à un fichier électoral tiré du RACE amélioré.

En ce qui concerne la relecture du Code électoral, nous attendons que la Commission dépose son rapport pour donner notre point de vue. Ceci étant, il faut dire qu’à la dernière réunion du Cadre de concertation entre l’Administration et les partis politiques, après la présentation du projet de plan d’action de mise en œuvre du fichier électoral consensuel par le Général Siaka Sangaré de la DGE, il y a eu beaucoup de questions pertinentes dans le sens d’améliorer le document.

Cependant, nous avons eu le regret de constater que toutes les propositions d’amendements n’étaient pas en phase avec les propositions de l’administration. Je constate simplement que si l’administration devait prendre en compte tout ce qui est demandé, il n’y a aucun doute, nous ne pourrons pas respecter les délais et cela n’est pas une bonne chose pour la démocratie malienne. Il reste pertinent qu’une bonne élection ne peut pas se faire sans liste électorale fiable.

Le Rép : L’opposition et la majorité sont à couteaux tirés dans le processus de la mise en place la CENI. Quelle est votre analyse ?

D.Tangara : La mise en place de la CENI est bloquée par la question de quota. A la FCD, nous pensons que la démocratie malienne devait aujourd’hui dépasser ce genre de problème. Il y a sûrement une crise de confiance entre la majorité et l’opposition. Nous souhaitons l’application des textes et une définition claire du mot équitable. A mon sens, ce mot n’est pas totalement cerné par la classe politique. Pour moi, équité ne veut pas dire égalité. J’invite la classe politique à s’entendre sur le sens du mot équité afin d’éviter de donner l’impression que la CENI est un gâteau à partager. Par ailleurs, je souhaite que la fougue avec laquelle chacun se bat pour le quota soit utilisée pour défendre la démocratie et la justice au niveau de la CENI.

Le Rép : Sur initiative du Président de la République, l’Assemblée nationale vient d’adopter le Projet de loi portant reforme de la constitution de 1992. Que pensez vous de cette reforme de la constitution ?

D. Tangara : Le Président ATT a pensé que les textes ont souffert de vingt années d’utilisation. Avec la réalité du terrain, il a estimé apporter une modification à certaines dispositions et quelques fois en supprimer d’autres. A la FCD, nous disons que la constitution de 1992 ne nous a pas déçus. Mais, elle mérite un toilettage. Cependant, je constate qu’il y a certaines voix qui s’élèvent par-ci et par-là pour contester cette reforme. Mais, je pense que nous devons voir les avancées notables que ce texte va donner au Mali en le dotant d’un régime semi-présidentiel digne de nom. La FCD demande au Peuple malien de voter « OUI » au référendum.

Le Rép : Bientôt, ce sera les élections présidentielles. Est-ce que Djibril Tangara sera candidat pour le compte de la FCD ?

D. Tangara : Non. Mais la FCD sera sur le terrain et va prendre une part active aux élections. N’oubliez pas que la FCD est la branche politique du Mouvement citoyen. Cela nous fait obligation de soutenir le candidat que le Président ATT va nous proposer. Mais, il se peut que le Président ATT n’en désigne pas un. Dans ce cas, FCD doté d’un programme de développement va s’affilier à celui qui est le plus proche de ses idées. Il faudra aussi satisfaire à un minimum de critères : la reconnaissance et l’engagement pour la valorisation de notre culture, une ambition pour l’école malienne, l’emploi des jeunes, la santé de la population, la mise en valeur du monde rural et la promesse ferme de doter le pays d’infrastructures de tous genres sans oublier la reconnaissance de l’appui que le candidat aura apporté à ATT lors de son mandat à la tête du pays.

Interview réalisée par

Asane koné et S.El Moctar Kounta

Le Républicain du 22 Août 2011.