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Depuis 6 ans que le lycée de Djenné est officiellement créé. L’espoir était immense pour les parents d’élèves qui avaient des soucis sur l’orientation de leurs enfants hors de Djenné. Mais sur le terrain, il n’en est presque rien sauf la présence d’un lycée fantôme inachevé.

Pourtant sur le même décret pris en conseil de ministre il y avait aussi la création du lycée Ténenkoun.

Celui-ci serait debout flambant neuf depuis… Question : Pourquoi le lycée de Djenné reste jusqu’à présent un chantier? Où se trouve le blocage ? Des questions qui restent sans réponse à tous les niveaux. D’abord, au niveau local, ni l’administration, ni les collectivités n’ont la moindre information sur l’infrastructure qui se trouve sur leur « territoire« .

Le gouverneur de Mopti Hama Ibrahim Traoré a avoué, lors de la restitution de sa tournée dans le cercle de Djenné, n’avoir aucune information à ce sujet et avait promis de s’informer auprès du département en charge de l’Education.

Le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues Bocar Moussa Diarra, non plus n’a la moindre information à propos du lycée de Djenné. Il l’a confessé lors de sa visite à Djenné au mois d’avril suite à une interpellation du directeur du Centre d’animation pédagogique.

Le Conseil régional reste non seulement muet, mais aussi et surtout inactif. Dans le cadre de la décentralisation, c’est lui qui a en charge les écoles secondaires. Il est de son droit d’interpeller l’entreprise qui a la responsabilité de la construction du lycée ou d’expliquer au moins où sont partis les fonds. Mais à tous les niveaux, c’est le flou total !

A présent, le lycée « fictif« est divisé en deux établissements. Des classes d’un premier cycle sont affectées aux élèves de la 11e et de la terminale. Des élèves de la 10e sont dans 3 classes inachevées. Entre les deux il y a environ 5 km ! La navette entre les deux sites est extrêmement difficile pour un enseignant.

Le comble est que cela n’émeut personne. Même les élus n’en font pas mieux. Pourtant, ils ont le « pouvoir« de faire avancer les choses. D’ici la rentrée scolaire prochaine, si rien n’est fait nous assisterons certainement à un entassement des difficultés.

Lévy Dougnon

(Radio Jamana Djenné)

10 Juin 2013