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Si le ridicule tuait, ceux qui se réclament dirigeants du Mnla ne seraient plus de ce monde. Ou peut-être à force de nager dans le fleuve de la criminalité pour ensuite se sécher sous le soleil de la duplicité, ils se sont taillé une carapace d’hommes et de femmes sans foi ni loi ni honte.

Cette organisation mafieuse piteusement baptisée Mouvement national de libération de l’Azawad avait presque moisi quelque part dans le vaste désert malien parce que chassée de «son territoire» par ceux à qui elle avait pourtant servi de cheval de Troie pour l’occupation de Tombouctou, Gao et Kidal. De nos jours, ce fanfaron de mouvement veut profiter de l’opération serval dans le Nord de notre pays pour se replacer dans le jeu politique et même militaire du Mali. Pour ainsi prétendre être le seul interlocuteur local crédible de l’Etat malien lors d’éventuelles négociations.

Pour arriver à ses fins, Bilal Ag Achérif et sa bande de narco sont, depuis, passés maîtres dans la diversion et l’opportunisme à travers des déclarations intempestives. A preuve, il y a peu, le Mnla, sous l’effet de la puissance de feu des forces malienne et française, tendait une main criminelle à la France de François Hollande tout en affirmant, de façon péremptoire, qu’il est disposé à aider la France dans la lutte contre des terroristes d’Aqmi, Ançar dine et Mujao. Il a ensuite annoncé la capture des responsables desdits mouvements. Ceux-là mêmes, aux cotés desquels il avait pourtant combattu il y a un an, se rendant tout aussi coupable des pires formes d’exactions dont le nord du Mali fut le théâtre, notamment les exécutions sommaires d’Aguel Hoc. Crimes pour lesquels notre pays vient de lancer des mandats d’arrêt afin de punir les auteurs dont des responsables du Mnla.

En tout cas, les Maliens savent que tout le malheur qui leur arrive aujourd’hui est imputable à ce mouvement criminel, pour avoir, dès le 17 janvier 21012, déclenché les hostilités dans cette partie du territoire du Mali. Pour en rajouter à la diversion, cette organisation criminelle a publié un communiqué en date du 11 février 21013. Communiqué dans lequel le Mnla dit abandonner l’idée d’indépendance de son prétendu Etat, mais rappelle l’existence de l’Azawad en tant qu’entité. Aussi, le Mnla réclame l’ouverture immédiate des négociations avec l’Etat malien et demande à cet effet la désignation d’un négociateur neutre. Or, si négociations il devait y avoir, elles devraient impliquer toutes les communautés du Nord et non pas un quelconque groupuscule qui, du reste, est désapprouvé par les populations qu’il prétend représenter. On en veut pour preuve les propos tenus samedi dernier par le président du Conseil régional de Kidal, Homény Belco Maïga, et celui des ressortissants de Kidal à Bamako, par la voix de Akory Ag Iknan. C’était le samedi dernier à la faveur de l’émission «Sur la ligne de front» de l’Ortm.

«Le Mnla n’a jamais eu de soutien à Kidal. Il veut simplement profiter d’une situation pour s’imposer », précisait M. Maïga, souhaitant que tous ceux qui sont sous mandat soient traduits devant la justice afin qu’ils répondent de leurs actes. Ses propos avaient été corroborés par ceux de M. Iknan.
Ce dernier fit savoir que, lorsqu’en son temps le Mnla a cherché à rencontrer les populations de Kidal, ces dernières ont refusé l’offre pour la raison que les élus de la région, leurs dignes représentants, ont dû tous fuir par la faute du Mouvement. Par ailleurs, l’irrédentiste du Mnla clame son attachement à la déclaration universelle des droits de l’Homme. A se demander si nous avons la même compréhension de cette notion quand on sait que le même mouvement a, des mois durant, foulé aux pieds les mêmes droits. Et cela, sous les pires formes.

Il reste à dire que le Mnla qui, en réalité, n’est plus que l’ombre de lui-même, s’il a existé, doit enfin se réveiller de sa chimère. Il a tout intérêt, s’il n’est trop tard, à laisser les armes et à venir dans la République afin qu’ensemble, dans un esprit de démocratie et surtout de justice, qu’on se penche sur les problèmes du Nord. Cela, à travers un dialogue avec les véritables représentants de toutes les communautés. En tout cas, le peuple malien ne semble plus prêt à cautionner une «énième reconduite de l’impunité et d’arrangements bancals avec les rentiers de la violence», pour reprendre les propos de notre confrère Souleymane Drabo de l’Essor.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 21 Février 2013