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L’occupation anarchique des espaces publics et l’insalubrité sont des questions récurrentes constantes dans le District de Bamako. Les autorités successives du District de Bamako ont vainement tenté de redonner au district une bonne image. Pourquoi toutes ces vaines tentatives? C’est la question que l’on se pose au sein de l’opinion publique sans parvenir à une réponse satisfaisante.

Mais d’ores et déjà, on a l’impression que, dès fois, on a surtout tendance à mettre la charrue avant les boeufs. Pour preuve, il y a eu beaucoup de cas de déguerpissements mais, peut-on nous démontrer qu’en cette approche d’hivernage des dispositions ont été prises pour curer les caniveaux à ces endroits?


L’embellissement en dehors de l’assainissement?

L’embellissement d’une ville est-il possible sans l’assainir? Rien n’est moins sûr pourtant, c’est à cela qu’on assiste au Mali et singulièremebnt à Bamako.

En effet, il suffit qu’il pleuve abondemment pour que les maisons dans les quartiers de plusieurs communes qui comptent parmi les plus anciens et dont l’état de certains laisse à désirer soient inondées. Et en cas d’écroulement de ces maisons, les autorités du District de Bamako sont les premières à accourrir pour manifester, dit-on, leur solidarité.

N’est-ce pas là le médecin après la mort? Les récentes pluies qui se sont déversées sur le district ont mis en exergue le sempiternel problème de l’insalubrité du district, tant à tout bout de champ il n’y avait que des ordures dans les rues, voire sur des artères principales.


Entre incivisme de la population et laxisme des autorités

D’un côté on parle de l’incivisme des populations qui font elles mêmes peu dans l’entretien de leur cadre de vie. Mais, au-delà de cet aspect, les autorités qui ont en charge l’entretien des caniveaux, collecteurs et routes sont accusées de ne pas faire correctement et régulièrement leur travail.

Comme cela peut leur paraitre bizarre, les populations les indexent également et à juste titre, puisqu’autant elles reçoivent l’argent du contribuable autant elles doivent veiller à l’amélioration de leur cadre de vie, à la réunion des conditions de sécurité et du bien-être de l’ensemble des habitants de la ville.

Malheureusement ce n’est pas toujours le cas et cela pose du coup la problématique de la gouvernance qui doit attirer davantage l’attention des décideurs au même titre que les populations. En effet, si les décideurs n’assument pas suffisamment leur responsabilité, il appartiendra alors aux populations de les contraindre à jouer pleinement leur rôle.

Un spectacle effrayant et une indifférence coupable

Le spectacle qui s’offre ainsi effraie celui qui n’y est pas habitué. Mais c’est cela aussi le quotidien dans les vieux quartiers du District de Bamako pendant l’hivernage en tout cas. Et pour cette même raison, les eaux de ruissèlement qui ne sont plus canalisées n’ont d’autre voie d’accès que les rues et les artères principales.

C’est cela l’explication que les rares caniveaux qui existent sont bouchés et les autorités du District: le maire et le Gouverneur du District , les maires des communes assistent indifféremment à spectacle aussi désolant.

Quand il s’agit de déguerpir les occupants d’espaces publics, c’est à la limite de l’acharnement, mais lorsqu’il s’agit de s’adonner à des travaux qui sont considérés comme obligatoires pour la préservation de la santé des populations ainsi que leur sécurité, il n’y a malheureusement pas d’engouement. Que c’est dommage!

Un Quiproquo?

Il semble qu’il y a un quiproquo entre les populations et les autorités du District au sujet de la notion même d’embellissement de la ville. En effet, en considérant certains phénomènes dans la ville de Bamako, on ne peut s’empêcher de croire que les autorités du District de Bamako ont renoncé à l’embellissement de la ville, à moins qu’on ait des interprétations différentes de la notion d’embellissement.

Logiquement l’hivernage n’est pas le moment idéal de prendre du recul par rapport à la mise en oeuvre d’actes dont l’apport est significatif dans l’amélioration du cadre de vie des populations. Espérons que ces autorités auront le sursaut salutaire pour mettre fin au quiproquo qui persiste depuis un bon moment entre les populations et les autorités du District.

De la Dégradation des routes

Une autre situation qui mérite qu’on y accorde aujourd’hui une attention particulière est sans doute l’état de dégradation continue des routes dans le District de Bamako. Les premières pluies de cette années ont déjà beaucoup contribué à accentuer l’état de leur dégradation.

Alors, on se demande ce qu’il en sera en pleine période d’hivernage. Ne vaut-il pas mieux prévenir? Au moins cela sera moins coûteux à l’Etat à travers l’Autorité Routière dont l’une des missions est l’entretien des routes que quand on attend que toute l’asphalte s’envole pour commencer les travaux.

C’est seulement à cette condition qu’on utilisera l’argent du contribuable de façon judicieuse. Ceux qui ont en charge ces travaux ne comprennent-ils pas cela?


Moussa SOW

28 Mai 2008