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La cérémonie de lancement officiel des activités du Comité consultatif de sécurité (CCS) du District de Bamako s’est déroulée le lundi dernier au Gouvernorat de la capitale. L’ouverture des travaux était présidée par le commissaire à la Réforme du secteur de la sécurité (RSS), le général de division Abdoulaye Coulibaly. Étaient aussi présents le gouverneur du District de Bamako, Baye Konaté, le représentant du Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF), Alexis N’Dayizeye et plusieurs invités.

Depuis 2012, notre pays vit dans un contexte sécuritaire en plein changement, caractérisé par le terrorisme et la prolifération des milices et groupes armés, engendrant des violences sans précédent. Seule une approche cohérente de gestion concertée de la sécurité permettra aux acteurs de la securité d’y faire face.

Le gouverneur du District de Bamako a ainsi relaté l’évolution de la notion de sécurité et la nature changeante des conflits exigeant la mise en place d’un cadre de concertation et de collaboration entre les différentes composantes de la société, y compris les Forces de défense et de sécurité. Selon lui, c’est la seule alternative pour faire face aux menaces multiples et hybrides que connaît notre pays aujourd’hui.

Baye Konaté a insisté sur la nécessité de la réforme du secteur de la sécurité qui est de nos jours considérée par bon nombre de spécialistes comme préalable à la paix et au développement durable. Pour lui, elle garantit la sécurité humaine dans le respect des droits de l’Homme. Le gouverneur dira que les comités consultatifs de sécurité forment le dernier niveau du cadre institutionnel de la sécurité au Mali.

Alexis N’Dayizeye a, pour sa part, rappelé que le DCAF a commencé ses activités au Mali depuis 2014 mais son bureau a été officiellement ouvert en 2019. Selon lui, sa mission est de promouvoir la sécurité de l’État et des populations en appuyant les initiatives de l’État et des partenaires qui les appuient à améliorer la gouvernance du secteur de la sécurité. Et ce, grâce à des réformes participatives et inclusives.

Pour Alexis N’Dayizeye, le DCAF qui vient de passer ses quatre ans, a mis en œuvre un projet d’amélioration de la gouvernance du secteur de la sécurité (2017-2020) qui visait à renforcer l’efficacité et la redevabilité des institutions étatiques de sécurité comme la police nationale, la gendarmerie nationale, entre autres.

Le DCAF a aussi appuyé les acteurs de la société civile jouant un rôle de contrôle du secteur de la sécurité. La deuxième phase de ce projet pour quatre ans (2021-2024) vise spécifiquement à renforcer la confiance entre la population et les institutions de sécurité.

De son côté, le commissaire à la RSS a rappelé que conformément aux articles 3 et 4 du décret n°2019-0041 /PM-RM du 29 janvier 2019, les comités consultatifs de sécurité sont présidés au niveau régional par le gouverneur et au niveau communal par le maire.

Selon lui, ils regroupent, outre les Forces de défense et de sécurité, l’ensemble des structures techniques de l’État, les représentants de la société civile, les notabilités, entre autres. Pour le général Abdoulaye Coulibaly, ils ont pour missions d’évaluer la situation sécuritaire de leur ressort, de faire des propositions à l’endroit de l’exécutif local, des acteurs de la sécurité et de contribuer à l’échange d’informations, à la sensibilisation et à une meilleure prise en compte des préoccupations des populations.

L’officier général a indiqué qu’à l’instar des dix comités installés dans les Régions de Ségou, Dioïla, Mopti, Gao, Sikasso, Koulikoro, Kayes, Taoudéni, Tombouctou et Koutiala, le Commissariat à la réforme du secteur de la securité vise à rendre opérationnel le Comité consultatif de sécurité (CCS) du District de Bamako à travers cet atelier de deux jours.

Au cours de cet atelier, les membres du CCS seront formés par les cadres du commissariat sur différents modules, entre autres, les généralités sur la RSS, l’état des lieux, la stratégie nationale RSS ainsi que les rôles et responsabilités des comités consultatifs de sécurité (CCS). L’atelier s’inscrit dans le cadre du renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Mais aussi de l’amélioration des relations de confiance entre les Forces de défense et de sécurité et les populations.

Aminata DIALLO

Source: L’Essor