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Le maire du District de Bamako, Adama Sangaré, a entrepris depuis plusieurs mois une opération de lutte contre les «nids criminogènes». Elle consiste à recenser dans la ville des trois caïmans les lots non occupés qui servent très souvent de lieu de retrouvaille pour certains bandits et malfaiteurs de la capitale. Ensuite, ces «nids criminogènes» seront attribués à des personnes qui pourraient les mettre en valeur dans un délai raisonnable.

Cette opération dirigée par les techniciens de la mairie du District de Bamako a commencé par les secteurs I, II et III de Magnambougou. Au finish, une centaine de lots ont été identifiés. Certains ont été attribués à des citoyens depuis une vingtaine d’années mais jamais construits. D’autres sont des poches issues des différents lotissements, sans propriétaire. Ce qu’il faut surtout savoir, c’est que la parcelle n° 8/Q du lotissement rural secteur I de Magnambougou (un îlot), recensée sans nom de propriété dans le registre de la commission interministérielle de 1992,a été morcelée en 15 lots à usage d’habitation.

Seulement voilà : au niveau du bureau spécialisé des Domaines et du cadastre, il a été retrouvé un permis d’occuper établi sur la même parcelle, sans numéro, ni date au nom de Monsieur Tidiani Diallo s/c de Madame Diallo: Présidence Dakar. Les frais d’édilité n’ont pas été payés et le permis d’occuper n’a jamais été retiré par l’intéressé.

En tout, une centaine de lots a donc été recensée et attribuée par le maire du District de Bamako, Adama Sangaré à des personnalités de la République notamment des ministres, anciens ministres, gouverneurs, administrateurs civils et responsables de la haute administration.

Lorsque la décision d’affectation de ces terrains à ces citoyens peu ordinaires, il faut en convenir, a été rendue publique, des spéculateurs fonciers se sont mis à l’œuvre. Rapidement, un illustre inconnu qui revendique sans aucun titre de propriété l’îlot en question a érigé deux chambres en dur et une clôture sur la parcelle n° 81Q, issue du morcellement de cet îlot.

Il se trouve que ladite parcelle a été attribuée au chef de cabinet du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le colonel Boubacar Baba Diarra. Très pacifiste, ce dernier a même renoncé à ce terrain «conflictuel». Mais, il s’est rendu compte de la réalité, avec toutes les preuves à l’appui, qu’on a voulu le spolier sur la base d’un faux.

C’est pourquoi, le maire du District a, sans ménagement, ordonné à la Direction des Services Urbains de la Voirie et de l’Assainissement (DSUVA), de procéder à la démolition, sans délai, des constructions faites sur ce terrain. Ce qui a déjà été exécuté le jeudi 11 septembre. Force est donc revenue à la loi.

Rappelons que cette opération anti-criminogène se poursuit actuellement au niveau de Baco – Djikoroni et de Kalaban – Coura.

Les parcelles qui seront recensées, au terme de cette mission, seront également distribuées ou redistribuées aux citoyens de la capitale. A

suivre.

Chahana TAKIOU

16 Septembre 2008