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Au Mali, rendre la justice en conscience et selon les règles de l’art semble être devenu aujourd’hui un exercice difficile. Au moment où certains juges privent le justiciable du droit à la justice, c’est-à-dire du droit d’être jugé conformément à des procédures honnêtes, dans le respect de la loi, d’autres se battent pour donner une meilleure image à la juridiction malienne. C’est le cas du magistrat Boubacar Moussa Diarra, nommé à la tête de la Justice de paix à compétence étendue de Diéma, il y a de cela 7 mois. Quelques heures passées dans cette localité ont suffi pour l’apprendre car toute la population de Diéma et environs se dit rassurant de par son comportement dans l’exercice de sa fonction.

Comme le laissait entendre le maire de la commune rurale de Diéma dans l’interview qu’il nous accordée et publiée dans notre édition précédente, la délinquance tend à devenir un fléau de par son étendue. Il a tenu à préciser que c’est pourtant le fait de jeunes ressortissants du cercle de Diéma et nous avait invités à faire un tour à la prison de la ville pour nous en rendre compte. Dès lors, la Justice se trouvait interpellée et naturellement, nous avons voulu en savoir davantage.
C’est ainsi que nous avons interrogé la population sur le fonctionnement de la Justice de paix à compétence étendue de la dite localité et plusieurs témoignages affirment, sans réserve, que l’arrivée du juge Boubacar Moussa Diarra a donné une nouvelle orientation à la Juridiction. Cela s’explique en grande partie par la conduite des affaires et le comportement du juge dans l’exercice de sa fonction.

En effet, on nous rapporte qu’en 7 mois passés à la tête de la juridiction de Diéma, le juge Boubacar Moussa Diarra a vidé plusieurs dossiers qui paraissaient très encombrants par la nature des faits incriminés ou au regard des personnes en cause. Il n’a cédé ni aux menaces ni au chantage. Plus difficile encore, il a tourné le dos aux promesses qui ont très souvent ont un parfum de corruption. Selon toujours nos interlocuteurs, il est toujours resté ferme dans sa prise de décision.
Selon le conseiller du chef de village de Diéma, Ibrahima Sissoko, 43 ans: «A part le premier juge à servir à la Justice de paix à compétence étendue de Diéma, je n’ai jamais vu un magistrat aussi correct et serein comme Boubacar Moussa Diarra. En outre, il sait comment distinguer le social du travail». Abondant dans le même sens, Aïdine Sow, éleveur à Diéma dira: «Depuis sa prise de fonction à la Jpce de Diéma, je peux vous assurer que même le nombre de vols de bétail a diminué».

A son tour, Cheick Traoré, commerçant de la localité, affirme aussi que cet homme doit servir d’exemple à tous ses collègues et il mérite d’être félicité. «L’histoire se rappellera de cet homme qui au risque de sa vie et de sa liberté a refusé de condamner injustement un citoyen. Un juge qui veut appliquer la loi et rien que la loi, est une denrée rare au Mali. Ce juge a redonné espoir à toute la population», a-t-il martelé.
Garantir les droits et libertés, résister à toute forme de pressions politiques, économiques, médiatiques et religieuses, s’opposer à toute immixtion ou interférence dans le fonctionnement de la Justice, c’est ce que le peuple, au nom duquel la justice est rendue, attend des magistrats. Et des professionnels du droit comme le juge Boubacar Moussa Diarra, il en existe encore au Mali. Il suffit tout simplement de les mettre dans les conditions d’exercice de leurs fonctions.

En effet, au Mali, il existe bien des juges incorruptibles, des magistrats intègres. Bien sûr, ceux-là ne baignent pas dans l’opulence. Ils vivent dignement le standing que leur profession leur permet de vivre. Ni plus misérable, ni moins honorable que celle des milliers de fonctionnaires qui n’ont rien à se reprocher.

Ibrahim M. GUEYE

Le Prétoire du 25 Février 2013