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Rien ne va plus à l’Institut national des Arts (INA). Il est en pleine ébullition car la confiance entre les premiers responsables dudit institut est sérieusement entamée. Pour cause, les ordinateurs de la salle informatique de l’école ont tous disparu. Ce qui a poussé la directrice à convoquer ses collaborateurs à la Brigade d’investigation judiciaire pour élucider la situation.

Depuis un certain temps, nous attirons l’attention des plus hautes autorités sur les pratiques malsaines qui régnaient à l’Institut national des arts aussi bien au plan pédagogique qu’administrative. Dans de précédentes parutions, nous annoncions que ces pratiques se faisaient avec la complicité du directeur National de l’action culturelle. Si ce dernier a été relevé, les deux autres, à savoir la directrice, Fofana Aminata Diombana et son adjoint, directeur des études, Oumar Coulibaly dit Barou, sont restés impunis comme si le Mali était en manque de ressources compétentes pour les remplacer. La conséquence est amère et triste, car l’institut est en ébullition. Après la dégradation du système éducatif, les outils de travail de l’Institut viennent de disparaître entre eux. Faut-il le rappeler, suite à une lutte syndicale pour l’équipement de la salle informatique de la bibliothèque de l’INA, le ministère de la culture a envoyé 16 ordinateurs bureaux pour la salle informatique en 2009-2010. Ayant pris des ordinateurs pour l’administration, la direction a installé 14 ordinateurs dans la salle informatique. Il a suffi quelques mois pour que cette salle soit la cible des voleurs de l’institut.

Selon un responsable de l’INA, après avoir constaté le vol de 6 ordinateurs dont deux (2) Macintosh d’une valeur de plus de 2 millions chacun, il a informé le directeur des études, Oumar Coulibaly. Mais ce dernier a banalisé l’affaire en affirmant que «de toutes les façons, ils vont les remplacer». Selon des sources concordantes, le surveillant général a aussi informé la directrice du vol de 6 appareils. Cette dernière a instruit de ne rien toucher dans la salle informatique jusqu’à l’arrivée des policier pour constater les faits. Mais, quelques années plus tard, aucun policier n’a mis les pieds dans la cour de l’INA. En 2012, une deuxième vague d’ordinateurs a disparu. Alors, le surveillant avait gardé les 3 ordinateurs restants dans la salle audio. Partant, il avait gardé une clé, confié une clé à la directrice et une autre au directeur des études. Son ordinateur tombé en panne en juin 2013 en plein calcul des notes de fin de cycle, le surveillant a voulu récupérer un ordinateur des trois restants.

Mais sa surprise fut grande. Car il n’y avait plus rien dans la salle audio. Jusque-là, la directrice et le directeur des études avaient fermé les yeux sur cette affaire. Il a fallu que le surveillant refuse la falsification de certaines notes pour qu’ils essaient d’éclairer les circonstances de la disparition des ordinateurs. Encore là, la directrice est fortement soupçonnée d’être une des responsables de cette affaire. Car d’aucuns estiment que non seulement son silence coupable après les premières pertes peut justifier cela, mais aussi, qu’à cette époque, sa fille était dans le besoin d’un ordinateur portable. Or les étudiants et les professeurs ont appris que cette dernière est en possession d’un ordinateur bureau. Cela a coïncidé avec la disparition d’un ordinateur portable de la salle informatique. Ce qui a accentué le soupçon qui pesait sur la directrice. Dès lors, les autres responsables se sont sentis en quartier libre de prendre ce qu’ils veulent dans cette salle informatique de l’école.

Faut-il le rappeler, cette histoire d’ordinateurs était au centre des revendications des élèves de l’Ina. Pendant leur grève en mars 2013, ils étaient descendus dans la rue pour manque de matériel didactique, notamment d’ordinateurs. A cela s’ajoutait le manque de peinture. A l’Animation socioculturelle, il n’y a pas une seule caméra, ni d’appareil photo expliquaient les grévistes en mars dernier. Au métier d’Art, les besoins se faisaient sentir en Scies, rabots, ciseau etc.
Décidément, ce dernier évènement à l’Ina n’est que l’épilogue d’une longue histoire.

Affaire à suivre !!!

Oumar KONATE

Le Prétoire du 12 Septembre 2013