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Le monde du cinéma malien et africain a rendu hommage à la comédienne Maïmouna Hélène Diarra, à l’occasion du quarantième jour de son décès. C’était le samedi dernier dans la salle de cinéma Magic-ciné, en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, de l’artiste comédien et président de la Commission en charge de la culture au sein du Conseil national de Transition, Magama Gabriel Konaté et du cinéaste et ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko. Les délégations sont aussi venues du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin et du Sénégal.  

Cérémonie très émouvante au cours de laquelle près d’une dizaine de personnes a pris la parole pour témoigner des qualités et valeurs qu’incarnait Maïmouna Hélène Diarra, figure emblématique du théâtre et du cinéma malien et africain. Pour le ministre Guindo, cet hommage vaut également pour d’autres professionnels du cinéma décédés au cours de ces dernières années. Au nom du président de la Transition et du Premier ministre, il a rendu hommage à Maïmouna Hélène Diarra qui aura tout donné pour la promotion de la culture de notre pays.

Quant à Diaraha Sanogo dite Bougnéri, comédienne et conseillère technique au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, et amie proche de la défunte, le théâtre et le cinéma malien perdent une grande personnalité. «Elle avait l’art de faire la paix entre les gens. Elle était entière et n’hésitait à dire ce qu’elle avait sur le cœur», a-t-elle témoigné. 

Une autre comédienne Georgette Paré, venue du Burkina, a mi l’accent sur le talent de Maïmouna Hélène Diarra. «C’est son talent qui lui a permis de séduire des réalisateurs aussi difficiles comme Sembène Ousmane. C’était une artiste engagée pour la cause du cinéma du Mali et d’Afrique», a-t-elle dit. Pour le chef du Département festival du Fespaco, François Akouabou Adianaga, c’est l’Afrique qui perd une maman, une artiste et une très grande amoureuse du cinéma. 

Pendant le Fespaco, a-t-il relevé, Maïmouna se battait pour les conditions de vie et de travail des artistes. La présidente de l’Union des professionnelles femmes africaines de l’image et du cinéma, Mme Aminata Traoré, a aussi témoigné qu’Hélène était une battante pour la cause à la fois du cinéma et de la femme africaine. Le rappeur Mylmo Sahel, le dernier avec lequel Maïmouna Hélène Diarra a travaillé, a dit avoir été particulièrement impressionné par la simplicité que dégageait cette «grande maman». 

La cérémonie avait commencé par la projection de son nouveau clip, puis celle du long-métrage «Guimba, le tyran» de Cheick Oumar Sissoko. Un film dans lequel Maïmouna Hélène Diarra joue à merveille le rôle de la vieille mère. Ce film est lauréat de nombreux prix et récompenses internationaux dont le grand prix l’étalon du Yennenga du Fespaco en 1995.

Le lendemain dimanche, une délégation a participé à la messe organisée à la cathédral de Bamako et à la cérémonie de lecture de Coran dans la famille Diarra à Hamdallaye.


Youssouf DOUMBIA

Source: L’Essor