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« Officiers généraux, officiers supérieurs, officiers, sous-officiers, militaires du rang des forces armées et de sécurité, Notre pays célèbre dans la communion, le 45è anniversaire de notre armée nationale. Cette commémoration m’offre l’occasion de renouveler l’hommage de la nation aux autorités politiques qui, sous la direction du président Modibo Keïta, ont conduit le Mali à l’indépendance.
Dans le même élan patriotique, elles avaient perçu l’absolue nécessité de doter le nouvel État d’une Armée nationale et républicaine, dédiée à la défense de ses intérêts supérieurs. Nous leur témoignons un devoir de reconnaissance qui s’adresse aussi aux anciens qui ont rejoint spontanément la nouvelle armée, aux prix de sacrifices qui les honorent.
Parmi ces pionniers, véritables héros, j’éprouve toujours une réelle émotion à saluer la mémoire d’un officier émérite, un homme hors du commun qui forçait respect et admiration : le général de brigade Abdoulaye Soumaré.

Officiers, sous-officiers, militaires du rang des forces armées et de sécurité,
Vous êtes les héritiers de ces glorieux aînés. La pérennité du flambeau placé entre vos mains, exige une adaptation permanente des hommes et des femmes ainsi que des structures à nos besoins de sécurité humaine globale. Les mesures de réforme et d’organisation de l’État-major général que j’encourage, entrent dans ce cadre.
Je me réjouis de tous les efforts que vous déployez au quotidien pour rester à la hauteur de vos missions. Dans ce sens, je tiens à féliciter nos Forces armées et de sécurité pour leur brillante prestation lors du défilé du 22 septembre 2005 marquant le 45è anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance.
De la même manière, nos compatriotes ont apprécié le bon accomplissement de votre tâche de sécurisation des différentes manifestations que notre pays a abritées au cours de l’année écoulée, notamment le 23è Sommet Afrique-France. Je vous en félicite et vous invite à cultiver le professionnalisme dont vous avez fait montre en cette circonstance.
Vous pourrez toujours compter sur mon engagement personnel et celui du gouvernement pour l’amélioration constante de vos conditions de vie et de travail qui déterminent, pour l’essentiel, l’opérationnalité des troupes. Le renforcement des moyens de transport, de communication et de reconnaissance, la revitalisation de l’aviation de chasse, la réhabilitation des casernes et le prochain chantier de la rénovation des infirmeries de garnison traduisent cette volonté politique.
J’apprécie hautement, par ailleurs, toutes les autres initiatives en complément des efforts de l’État. À titre d’exemple, je citerai la mutuelle de logements de l’Armée de l’air, qui envisage, dans une dynamique coopérative, la réalisation de maisons d’habitation pour ses membres à la fin de leur service.

Officiers, sous-officiers, militaires du rang des forces armées et de sécurité,
Pour promouvoir la relève, le recrutement des jeunes sera poursuivi. L’Armée nationale, tout en renforçant ses effectifs, continuera ainsi à prendre sa part dans la bataille pour l’emploi des jeunes qui est au cœur de nos politiques. En parlant des jeunes recrues, je voudrais insister sur l’instruction et la formation qui sont une exigence pour toute armée moderne.
Face à un matériel de plus en plus sophistiqué, la formation des hommes et des femmes reste un défi qu’il nous faut relever. Les stages organisés, ici au pays à ou à l’étranger auprès de pays amis, doivent être maintenus et renforcés.
L’École de maintien de la paix pour l’Afrique dont nous saluons l’implantation dans notre pays, les écoles nationales à vocation régionale (État-major, administration), l’École militaire inter-armes, l’École supérieure de la gendarmerie et l’École nationale de la police contribuent efficacement, à cette perpétuelle et nécessaire mise à niveau. J’exprime à leurs instructeurs et directions, ma satisfaction.
Je me félicite, par ailleurs, de l’exemplarité de la politique du genre au sein de nos Forces armées et de sécurité. Des femmes, des filles sont présentes à tous les niveaux du service et du commandement, du grade de colonel à celui de militaire de 2è classe. C’est une bonne source d’inspiration pour l’ensemble de nos institutions.

Officiers, sous-officiers, militaires du rang des forces armées et de sécurité,
Malgré les nombreux motifs de satisfaction et de fierté que je viens d’évoquer, nous ne devons ni baisser la garde, ni occulter les difficultés. L’insécurité dans nos centres urbains constitue un sujet de préoccupation. Les États généraux de la sécurité convoqués en novembre dernier, ont fait un diagnostic sans complaisance du phénomène.
Les pistes de solutions préconisées sont également d’une grande pertinence. Leur mise en œuvre diligente interpelle les pouvoirs publics pour l’accroissement des moyens existants et l’adaptation de notre arsenal juridique à la complexité du fléau ; les collectivités locales, dont l’action doit davantage prendre en compte les questions de sécurité et les populations dont l’aide et l’appui demeurent précieux dans la lutte contre le banditisme, la délinquance et pour la préservation des mœurs.
J’attache du prix au suivi des recommandations des États généraux sur la sécurité.

Officiers, sous-officiers, militaires du rang des forces armées et de sécurité,
L’insécurité routière est devenue, de nos jours, une des plus graves menaces sur la vie et la santé des populations dans le district de Bamako et dans certaines de nos régions. Ses causes sont connues, tout comme les conséquences dramatiques des accidents de la route qui font chaque année de nombreux morts et blessés dans notre pays. Il s’avère donc urgent de repenser notre politique de sécurité routière.
Le facteur humain est déterminant dans les drames que nous enregistrons dans nos villes. Il se manifeste par l’incivisme, le manque de courtoisie et la méconnaissance des règles du code de la route par les usagers ; la complaisance coupable dans la délivrance des permis de conduire, le manque de rigueur des services de contrôle et l’absence de fermeté des agents chargés de la répression des infractions au code de la route. Ces comportements sont inacceptables et ils doivent cesser !
La réponse à l’insécurité routière réside aussi dans l’adéquation entre le parc automobiles et les infrastructures routières. Nos politiques de développement urbain tiennent largement compte de cette nécessité, mais il nous faut continuer à améliorer l’offre aux usagers.
J’encourage toutes les initiatives visant à renforcer la sensibilisation de nos compatriotes et souscris à l’idée d’inclure dans l’enseignement fondamental, un programme de formation technique et théorique sur le code de la route et la conduite. Je salue, par la même occasion, le personnel de la Protection civile qui se mobilise, de jour comme de nuit pour les premiers secours aux victimes des accidents. J’associe à cet hommage les structures de santé et la Croix-rouge malienne pour leur assistance.

Officiers généraux, officiers supérieurs, officiers, sous-officiers, militaires du rang des forces armées et de sécurité,
En 45 ans d’existence, l’Armée malienne a acquis une grande expérience qu’elle met aujourd’hui au service du maintien de la paix en Afrique et hors de notre continent. La célébration de la fête du 20 janvier est pour moi une belle occasion de féliciter et d’encourager tous les militaires des Forces armées et de sécurité mobilisés sur le terrain dans le cadre des missions de l’ONU, de l’Union africaine et de la CEDEAO.
Je n’oublie pas les cadets qui, demain dans la vie militaire ou civile, assureront la relève : il s’agit des enfants et des jeunes élèves du Prytanée militaire de Kati et ceux qui, pour le compte de notre pays, poursuivent leurs études aux Prytanées militaires de Saint-Louis au Sénégal, de Kadiogo au Burkina Faso, de Niamey au Niger, de Libreville au Gabon et de Lomé au Togo.
C’est donc fier de notre passé de résistance et de nos traditions militaires ancestrales, confiant dans nos capacités actuelles et rasséréné sur le futur de notre Armée nationale que je souhaite une bonne fête à toutes les Maliennes et à tous les Maliens.
Vive l’armée, au service de la République ! »

Sources: L’Essor du 23/01/2006.