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Conciliabules avec des réligieux en quête de repère dans le landerneau politique, approche des syndicalistes et autres acteurs de la société civile, tenue de propos subjectifs et dilatoires, annonce de la tenue d’une conférence internationale sur le Nord Mali… Autant d’indices qui prouvent que l’adrénaline monte à la tête du président du FDR, Tiébilé Dramé.

Si ces comportements et agissements de l’homme ne surprennent guère ceux qui sont mieux “au parfum” de son parcours politique, ils sont aussi la preuve évidente qu’il ne bénéficie pas des conseils et propositions de son entourage, ou peut-être qu’il n’en tient aucun compte.

Certes, se retrouver à la tête d’un regroupement politique significatif confère à la fois, pouvoir privilège. Mais s’il s’agit du FDR, il ne faudrait pas réflechir deux fois avant de s’en réjouir ou s’en enorgueillir. Et s’il s’agit encore de la présidence tournante d’un regroupement qui ne dépasse guère les six mois, la prudence doit être doublée d’une certaine réserve.

Pourtant, ces détails semblent aujourd’hui échapper à Tiébilé Dramé. Ce qui aurait pu être compris de la part de quelqu’un d’autre. Mais venant de lui, cet oubli relève du suicide politique.

Après tous ces espoirs déçus qu’il avait suscités, d’abord sur l’élection présidentielle d’avril dernier, puis sur les législatives de juillet -où il fut disqualifié avant même le début de la compétition-, Tiébilé Dramé doit garder le profit bas, avant d’être complétement blanchi par la justice, relativement à sa gestion des fonds du Comité d’Organisation du Sommet Afrique-France.

Le schéma tracé était au moins simple : à défaut d’être Président de la République ou d’aligner un candidat sorti des rangs du FDR, l’Enfant du Nioro du Sahel voulait coûte que coûte s’assurer une immunité parlementaire pour pouvoir dormir paisiblement sur ses lauriers, au moins, pendant cinq bonnes années, sans être inquiété.

Mais puisque les dieux de la chance n’ont pas été de son côté, l’homme vit aujourd’hui dans une hantise au quotidien. En effet, ce genre de souci embête même le simple citoyen lambda, à fortiori un responsable politique, aussi turbulent soit-il.

L’on comprend alors plus aisément le mobile des agissements actuels de Tiébilé Dramé, pimentés de sautes d’humeurs et d’inconsistances verbales. Aussi, l’annonce de la tenue, par le Président de la République, d’un Sommet sahélo-sahélien sur la Sécurité aurait poussé Tiébilé à sortir de ses gonds pour annoncer à son tour… l’organisation d’une conférence internationale sur la question Nord Mali.

Une question qui, selon lui, était au menu du Forum organisé à Sikasso par le parti du “Bélier-blanc”. Dans cet ordre d’idée, une autre question s’impose d’elle-même : pourquoi Tiébilé tient-il à l’organisation d’une conférence internationale sur le Nord Mali ? Avant de tourner casaque, le PARENA n’étai-il pas le premier parti politique à avoir officiellement soutenu les Accords d’Alger?

Sans nier le droit aux responsables du FDR d’avoir des idées superflues, fantaisistes ou fantasmagoriques, la sagesse aurait quand même du leur imposer de suivre la ligne directrice de l’Etat, chaque fois qu’il s’agit de questions engageant la vie de la nation.

Ici, il ne s’agit nullement, pour eux, d’épouser obligatoirement les voies tracées par l’Etat -sinon l’Opposition n’aura aucun sens,… si opposition il y a-, mais plutôt de faire des propositions concrètes à l’Etat par rapport aux points qui suscitent des divergences de vue.

Au delà d’une telle volonté, c’est vouloir incarner l’Etat dans un Etat, ce qui ne pourrait se faire. Aussi, comme l’aurait dit Ibrahim Boubacar Kéïta lui-même, il faut savoir raison garder. Aussi, faut-il se poser la question, à propos de Tiébilé Dramé : à quoi d’autre s’accrocherait-il, après sa présidence du FDR ?


Adama S. DIALLO

28 novembre 2007.